2012 : Les mesures les plus «irréalistes» et les plus «dangereuses»

Le Nouvel Obs a sélectionné les propositions des candidats qui lui paraissent les «plus irréalistes» ainsi que celles qui lui semblent «potentiellement dangereuses». Aucune proposition de François Hollande n’est citée. Extraits.

La candidate du Front national n’est pas loin de promettre l’«immigration zéro». Elle veut réduire le nombre d’entrants légaux de 200.000 à 10.000 par an. C’est faire fi du «droit d’asile» et du regroupement familial, reconnus par des conventions internationales, tarir le flux des étudiants étrangers et priver des pans de l’économie française d’une main-d’oeuvre indispensable.

Fixer un revenu maximum (Jean-Luc Mélenchon)
Impossible ! L’Etat n’a pas tout pouvoir sur les affaires privées. Et, pour plafonner les salaires des patrons et les revenus du capital à 360.000 euros par an, un des seuls moyens est d’instaurer des tranches d’impôts à 100%.[…]

Interdire les licenciements (Philippe Poutou, Nathalie Arthaud)
L’idée est généreuse. L’application ferait basculer la France dans une économie totalement administrée.

Remettre en cause les accords de Schengen. (Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan)
Pour flatter l’électorat de la droite dure, le président sortant a cru bon d’évoquer une sortie de l’espace de libre circulation des personnes établi par les accords européens de Schengen en 1985. Cette remise en cause d’une »liberté fondamentale » a été immédiatement condamnée par le gouvernement allemand. Elle impliquerait à coup sûr une renégociation du traité européen. […]

Régulariser tous les sans-papiers. (Jean-Luc Mélenchon, Eva Joly)
Le candidat du Front de Gauche veut régulariser les sans-papiers et permettre à tous les étrangers qui le souhaitent d’acquérir la nationalité française après cinq ans de résidence. Une telle disposition, unique en Europe, risque de provoquer, à terme, un afflux de migrants difficile à maîtriser. Eva Joly prône la régularisation des sans-papiers sur des critères « objectifs » comme la présence sur le territoire depuis plus de cinq ans. […]

Le Nouvel Obs

La dette, ligne de mire des présidentielles de 2012

Les élections présidentielles de 2012 auront pour principal enjeu la réduction de la dette. La campagne électorale s’annonce intéressante et le vainqueur sera obligé de prendre en compte ce paramètre pour mettre en place son programme.

La campagne présidentielle de 2012 risque d’être – enfin – une campagne sérieuse, parce que le scénario-catastrophe vers lequel nous semblons évoluer obligera enfin les différents candidats à s’en tenir aux problèmes de fond soigneusement esquivés en 2007 et en 2002.

Forte dégradation des comptes publics et des comptes sociaux, montée de l’endettement, croissance insuffisante, mécontentement social : tel est le contexte dans lequel Sarkozy risque de devoir se battre pour sa réélection… Mais il empêchera aussi l’opposition de mettre en avant un contre-projet économique et social irresponsable, sous peine d’être à nouveau battue faute de crédibilité : le « demain, on rasera gratis » ne marchera pas.

Avec une croissance prévue de 0,8 % en 2010, la France ne voit toujours pas son économie redémarrer. L’OFCE révèle que la croissance réellement perdue est de 7 % étalés jusqu’en 2020, soit 140 milliards d’euros de PIB, dont 75 de pertes de recettes pour le budget de l’Etat et des régimes de Sécurité Sociale, auxquels il faut ajouter les déficits cumulés actuels ; sur la base du scénario le plus optimiste et le moins probable, celui d’une croissance annuelle de 2,5 % et d’une baisse du chômage de 1% par an, la France mettrait 10 ans à sortir de la récession mondiale.

Suite et commentaires sur Fortune

Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux États-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

Suite et commentaires sur Fortune

La gauche entre l’Agence Fitch et les classes moyennes de Grèce et d’ailleurs

La radicalisation de la situation en Grèce fait peu réagir les dirigeants socio-démocrates européens et français. Il leur faudra pourtant bientôt choisir leur camp : soit obéir à l’agence Fitch qui menace de baisser la note de la France et [de] la Grande-Bretagne, soit affaiblir son pouvoir en légiférant contre le pouvoir des marchés financiers.

Dans son livre « La dernière bulle », publié cet automne, Jean-Michel Quatrepoint avait parfaitement prévu ce qui se déroule sous nos yeux : les masses financières des banques, renflouées par les plans de relance, vont permettre aux traders de spéculer sur la dette des Etats. Les CDS ont été l’instrument de ces manipulations. Et quand les chefs d’Etat de l’Union européenne s’intéressent enfin au sujet, il est bien tard et ils apparaissent, une fois de plus, à la traîne les opérateurs financiers.

Suite et commentaires sur Fortune