Djihadistes français en Syrie: «La possibilité d’attentat en France n’a jamais été aussi grande»

Aujourd’hui, les instances dirigeantes de l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant) n’ont pas donné d’ordre en ce sens. Leur objectif reste la construction d’un Etat transnational entre la Syrie et l’Irak. [...] Le groupe est préparé pour mener des attaques en France et en Europe en cas de besoin, c’est-à-dire si des actes de la part des autorités françaises suscitent leur réprobation.

Mais cela ne veut pas dire que des «loups solitaires» ne perpétreront pas d’attentat en France, bien au contraire. On est même déjà dans cette phase-là, comme l’a montré l’annonce mercredi de l’arrestation d’un jeune à Mandelieu. Selon mes sources, il a combattu dans les rangs de l’EIIL et était rentré en essayant de masquer son retour, en passant par la Grèce et l’Italie. Et ce qui a été retrouvé dans l’appartement de Mandelieu prouve que certains de ces jeunes sont déjà dans la préparation d’attaques en France. Ils sont animés des mêmes intentions que Mohamed Merah, et quand ils passeront à l’attaque, ils le feront de la même façon, sur le modèle du djihad individuel.

La DCRI l’a pourtant interpelé avant une telle action. C’est un signe positif, non?

L’épisode de Mandelieu montre au contraire que la DCRI est dépassée par les événements. Comment trois jeunes, dont les noms ressortaient dans l’affaire de la cellule dite de Cannes-Torcy, ont pu en toute tranquillité quitter le territoire national pour rejoindre Al-Qaida en Syrie? Selon les chiffres officiels, 700 Français se trouvent en Syrie aujourd’hui. Or, tous les djihadistes que j’ai interrogés m’ont indiqué être partis avec l’assentiment des autorités françaises.

20 minutes

Diner du Crif : Hollande se trompe sur la confession catholique d’une victime de Merah

Albert Chennouf-Meyer, le père d’Abel Chennouf, militaire tué par Mohamed Merah à Montauban, a protesté aujourd’hui dans une lettre ouverte à François Hollande, après que celui-ci a qualifié dans son discours devant le Crif son fils de musulman, alors que le jeune homme était catholique.

«Lors de votre intervention au dîner du Crif (…), vous affirmiez dans votre discours (…) que Merah avait assassiné quatre juifs et trois musulmans », indique Chennouf.

«Mon épouse Katia, Tony et Sabrina mes enfants et moi-même, nous nous élevons et condamnons fermement votre inculture, votre agression verbale et votre mépris vis-à-vis de notre enfant Abel Samy Arnaud, qui est catholique de son état et non musulman», écrit Chennouf.

«C’est le fanatisme et non l’islam, qui a guidé le bras assassin de Merah à Toulouse et à Montauban lorsqu’il a abattu Jonathan, Gabriel, Arieh, Myriam, Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf. Quatre juifs, trois musulmans. Tous Français», a déclaré François Hollande, mardi, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

« J’ajoute qu’être musulman n’est pas une tare », précise le père du soldat victime de Mohamed Merah, tout en dénonçant «le mépris» manifesté selon lui par le chef de l’Etat « envers les familles de victimes, notamment Abel et Mohamed Legouad». «Je vous saurai gré de ne plus citer le prénom de mon fils, laissez-le dormir en paix», conclut Chennouf.

Les familles Chennouf et Legouad avaient déjà dénoncé en novembre les «deux poids deux mesures » dans le traitement réservé, selon elles, par l’Elysée aux familles des victimes du tueur au scooter.

Le Figaro (Merci à pierre le poulchre )

Manuel Valls : «L’antisémitisme et le racisme : mes combats»

Après l’affaire Merah, les épisodes de jeunes jihadistes partis pour la Syrie, et les récents tags antisémites sur les murs de la ville, peut-on dire qu’il existe à Toulouse et dans sa région des foyers islamistes ?

Distinguons bien : un tag antisémite et partir faire le jihad, ce sont deux choses très graves, mais ne relevant pas du même registre. Toulouse et sa région, comme la plupart des grandes agglomérations françaises, sont touchées par la radicalisation. Mais une spécificité existe : la mouvance islamiste y est anciennement ancrée. Dès les années 1990 et 2000, il y avait des filières vers l’Irak puis l’Afghanistan. Et le terrorisme a meurtri la région avec les crimes de Merah. À ce jour, une vingtaine d’individus du bassin toulousain sont impliqués dans les filières syriennes sur les 700 Français détectés, dont 240 présents sur place et 23 tués. Ces filières concernent 2 000 à 3 000 individus en Europe : c’est sans doute la menace actuelle la plus préoccupante. Voici quelques jours, deux membres de la cellule qui avait agi contre une épicerie casher de Sarcelles, en septembre 2012, ont été interpellés. On a trouvé des explosifs chez l’un d’eux : c’est la première fois que l’on arrête des individus revenus de Syrie en France avec, de toute évidence, un projet d’action….

Quand ferez-vous vos propositions au président de la République pour lutter contre l’embrigadement de jeunes jihadistes français ? Et quelles sont les pistes à l’étude ?

Je ferai de nouvelles propositions dans les quinze jours qui viennent. Il s’agit de traiter plus efficacement des cas individuels concernés par la radicalisation. Il y a la réponse judiciaire, indispensable, mais il faut aussi entraver les déplacements des jihadistes. Nous devons être plus audacieux dans les mécanismes de prévention et développer le suivi individuel et la réinsertion de ceux qui reviennent. Certains réalisent, bien tard, que le «combat» qu’ils croyaient mener n’est qu’une illusion mortifère. Et il faut aider les parents concernés qui appellent à l’aide. Nombre d’entre eux, et je les encourage à continuer de le faire, nous signalent la radicalisation de leur enfant souvent sur Internet.

L’antisémitisme a-t-il augmenté en France ?

Soyons précis : les actes antisémites mais aussi anti-musulmans ont augmenté de manière significative après les assassinats de Merah. Pour l’année 2013, en tendance, les actes antisémites sont en baisse, mais cette diminution s’explique par la violence de l’année 2012.

En revanche, le climat a changé : s’ils sont statistiquement moins nombreux, les actes et les propos antisémites sont aujourd’hui revendiqués, assumés, clamés comme on l’a vu à Paris dans la rue, sur Internet, ou ici, à Toulouse, avec les inscriptions sur les murs. Je suis inquiet de ces propos, de ces actes antisémites, anti-musulmans, anti-chrétiens, homophobes, de ces profanations de cimetières, de lieux de cultes, de ce racisme latent. Ce sont des atteintes profondes à nos valeurs. C’est pourquoi il faut être vigilants, réactifs et ne rien laisser passer.

C’est ce que vous direz à la communauté juive à Toulouse lors du dîner du Crif Midi-Pyrénées ?

Oui, même si, à travers la communauté juive, je veux aussi m’adresser à la société française dans son ensemble. Ce soir, je dirai que cette ville de Toulouse est très importante pour le judaïsme de France et que c’est aussi une terre de brassage, de laïcité, de tolérance. Je redirai également la détermination de l’État à lutter contre l’antisémitisme, le négationnisme, le racisme. Je connais l’inquiétude de la communauté juive de Toulouse, mais elle sait ma conviction et mon engagement total dans ces combats.

À Toulouse, certains Juifs voulaient aller porter la contestation à Dieudonné lors de son récent spectacle. Était-ce judicieux ?

….Si je n’avais pas pris l’initiative d’une interdiction, avec le soutien du président de la République, au mois de décembre, Dieudonné M’Bala M’Bala aurait continué sa tournée de la haine. Aujourd’hui, il a dû changer son spectacle. De plus, cette initiative a permis de mettre en lumière les actions judiciaires et fiscales à son encontre. Le rôle du politique et des ministres notamment, c’est de dire ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Dieudonné n’est pas un humoriste. Il tient un discours antisémite, ce qui est un délit puni par la loi. Si c’était à refaire, je le referai cent fois, car il s’agit des principes essentiels de notre République….

La Dépêche

 

6 mois de prison avec sursis pour un jeune qui se prenait pour Mohamed Merah sur YouTube

Un jeune homme qui s’était présenté comme le « nouveau Mohammed Merah » et avait proféré des propos antisémites sur YouTube a été condamné à six mois de prison avec sursis mardi à Lons-le-Saunier.

Agé de 23 ans, il comparaissait pour « apologie d’un acte de terrorisme » et « provocation à la haine envers un groupe compte tenu de son origine » devant le tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier, qui l’a également condamné à verser 800 euros d’amende.

En janvier dernier, le jeune homme avait diffusé sur le site internet YouTube une vidéo de 40 secondes, dans laquelle il proclamait: « Je suis le nouveau Mohammed Merah. (…) Celui qui dit le contraire, je le crible de balles », puis « dans ton domicile, je fais péter une grenade ».

Dans une seconde vidéo, il tenait des propos antisémites. [...]

Lors de son procès, le 11 février dernier, le prévenu avait dit qu’il voulait simplement faire parler de lui et « faire le buzz » sur internet.
« Je ne savais pas qu’il (Mohammed Merah) avait tué des enfants. C’est en garde à vue que j’ai compris que ce que j’avais fait était grave. Je ne recommencerai plus à faire ce type de vidéo », avait-t-il assuré. [...]

source : midi-pyrenees.france3.fr

Patrick Cohen tire à boulets rouges sur Laurent Ruquier (maj vidéo)


Le présentateur de la matinale de France Inter n’a pas du tout apprécié l’humour d’Olivier de Benoist, lors de « L’émission pour tous » mercredi sur France 2.
C’est la blague qui n’est pas passée pour Patrick Cohen. Le présentateur de la matinale de France Inter devait regarder la nouvelle « Emission pour tous », animée par Laurent Ruquier sur France 2 mercredi soir. Et il n’a pas apprécié l’humour.

Ce soir là, l’humoriste Olivier de Benoist y jouait un sketch dans lequel il faisait dire au président François Hollande : « Moi, Président de la République, je suis pour l’IVG. L’interruption de Valérie pour Gayet. En plus prendre un scooter pour tirer, je n’ai rien inventé, Mohamed Merah le faisait déjà« .

Alors jeudi matin, dans son billet d’humeur, Patrick Cohen fait part de son effarement : « Place au professionnel de la poilade, Ruquier donc. Et c’est vrai qu’on rit beaucoup chez Ruquier. On rit grassement, mais on y rigole très fort, ce qui fait que le gras se voit un peu moins. Et on y rit de tout, c’est ça qui est bien et qui fait vendre. Le nec plus ultra pour un comique, c’est de mélanger dans un même sketch plusieurs sujets d’actualité, comme Julie Gayet, François Hollande, l’avortement, Dieudonné, François Hollande, Julie Gayet, Mohamed Merah. Non, ils ont fait une blague sur un tueur d’enfant ? Oui, ils l’ont fait. »

Sur Twitter, certains défendaient l’animateur. D’autres rappelaient que le présentateur est un concurrent de Laurent Ruquier à la télévision, dans l’émission C à vous sur France 5, diffusée à la même heure que « L’Emission pour tous ». Et qu’il avait vivement défendu Sophia Aram – ancienne chroniqueuse d’Inter – qui animait l’émission de cette tranche horaire avant l’arrivée de Laurent Ruquier.

Le Point

Six cents euros d’amende pour avoir loué Mohamed Merah

REIMS (51). Le 16 juillet, à Reims, Arthur revient de la mosquée, conduit en scooter par un ami. Contrôle de police. Les fonctionnaires immobilisent le deux-roues. Agacé, Arthur aurait, selon deux des trois policiers, dit : « Je vais quitter ce pays de merde. Il faudrait plus de Mohamed Merah dans ce pays de mécréants ».
Aucune interpellation n’a lieu. Le lendemain, Arthur reçoit une convocation pour venir s’expliquer au commissariat. Le 22 juillet, il se rend à l’hôtel de police et à peine arrivé, se retrouve placé en garde à vue. Le voilà accusé d’apologie du terrorisme. Depuis le début, le prévenu nie formellement ces propos.

« Mais pourquoi les policiers auraient-ils entendu cette phrase? », interroge la présidente. « Moi-même, franchement, j’aimerais bien le savoir », réplique Arthur, cheveu ras, barbe imposante et djellaba. « Pas spécialement intéressé par la religion à l’adolescence », ce jeune homme de 26 ans est invité à parler de sa foi : « Oui, bien sûr, à long terme, j’aimerai partir dans un pays musulman […] car il est difficile de pratiquer l’islam en France. C’est un choix personnel, je n’éprouve pas de haine ».

Et Merah dans tout ça ? « Ce qu’il a fait est très grave […] Non, je ne suis pas islamiste, eux font partie d’un extrême dont j’estime ne pas faire partie », dit-il encore. Arthur a quatre mentions au casier judiciaire, pour dégradations et violences. Le substitut du procureur, peut-être fatigué par l’heure tardive, abrège et requiert trois mois ferme…

Article complet sur L’Union

« Voyage sans retour » avec Samy Naceri ne sortira pas dans les salles toulousaines (vidéo)

Tourné entre 2007 et 2011, au Mirail mais aussi un peu partout dans le monde, «Voyage sans retour», film du Toulousain François Gérard qui raconte le chemin vers l’islamisme radical de Kad, jeune caïd d’une banlieue toulousaine qui part dans des camps d’entraînement terroristes au Pakistan, ne sortira pas dans les salles toulousaines ce mercredi, date de sa sortie nationale.

Ni au CGR, ni au Gaumont Labège où il était pourtant envisagé. Distribué en France sur cinquante copies, «Voyage sans retour» aurait dû normalement sortir chez nous, Toulouse avec sa position de quatrième ville de France, très cinéphile et battant régulièrement des records d’entrées recevant en priorité les premières copies.

La faute à qui, à quoi ? «Sans doute au battage médiatique et à la polémique créée par Sami Nacéri qui s’est désolidarisé de ce film dans lequel il joue, et qu’il considère aujourd’hui islamophobe » explique Nicolas De Monplanet, directeur marketing d’Oréo Distribution société qui distribue le film.

Alors vu le contexte, l’affaire Merah, les salles toulousaines ont peut-être craint des incidents. Dommage. «D’autant plus que ce film est un cas unique » termine Nicolas de Montplanet. « François Gérard l’a écrit, réalisé, produit sans aide aucune et pour ce réalisateur voir son film ne pas sortir pas dans sa ville, c’est très frustrant ». Dans les prochaines semaines, peut-être.

La Dépêche, merci à Julien271

Bande annonce :

Attentats, crimes, violences : gare aux manipulations (Polemia)

Souvenons-nous des folies médiatiques qui ont suivi l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, en 1980, et la profanation du cimetière juif de Carpentras, en 1989. Sans parler de la fausse agression antisémite du RER D.

A l’époque, que de Bobards ! Que de gros bobards avaient déferlé sur l’opinion au service d’arrière-pensées idéologiques, politiques et géopolitiques !

C’est la raison pour laquelle, dès le 25 novembre 2011, Michel Geoffroy avait souligné dans les colonnes de Polémia les dangers des amalgames si tentants en période d’élections ! Nous revenons ici sur les précédentes opérations de désinformation, en invitant nos lecteurs à garder l’esprit éveillé face à un possible retour de ces méthodes de manipulation.

1980 : Les manipulations autour de l’attentat de la rue Copernic

L’attentat contre la synagogue de la rue Copernic a eu lieu le 3 octobre 1980.L’attentat est tout de suite revendiqué par un mystérieux faisceau nationaliste révolutionnaire. Les médias mettent alors en scène à l’envi la FANE, Fédération d’action nationale et européenne, groupuscule fantomatique et manifestement noyauté par la police. Cette piste est fausse puisqu’on sait aujourd’hui que l’attentat a été commandité par l’une des mouvances du FPLP palestinien, également responsable d’attentats aux Pays-Bas. Mais la rumeur suffit pour dénoncer « l’extrême droite » et finalement toute la droite. On manifeste alors en scandant « Bonnet*, Giscard, complices des assassins ».

L’attentat de la rue Copernic servira aussi à lancer une vaste campagne de diabolisation contre la Nouvelle Droite et Le Figaro magazine, une première du genre dans notre pays. Le fait que tout cela se produise avant l’élection présidentielle de 1981, qui verra la défaite de Valéry Giscard d’Estaing, tient évidemment au pur hasard.

1990 : Les manipulations autour de la profanation du cimetière de Carpentras

La profanation du cimetière de Carpentras est perpétrée en mai 1990. Sinistre affaire, dont les protagonistes disparaîtront curieusement de mort violente ensuite.

Mais l’orchestration de l’affaire de Carpentras a permis de diaboliser le Front national, alors en plein développement, et de lui accoler durablement l’étiquette d’antisémitisme. Après Carpentras le piège se referme donc sur la droite qui s’interdit désormais toute alliance avec un Front national aussi diabolique.
Carpentras : le témoignage du patron des « RG »

Yves Bertrand, ancien directeur des renseignements généraux, est revenu sur cette affaire dans un livre avec Eric Branca de Valeurs actuelles. Voici un extrait du dialogue entre le journaliste et le grand flic :

E. Branca : On vous a donc demandé de chercher le coupable exclusivement au sein du Front national ?

Y. Bertrand : Pas exclusivement mais tous les services de police ont été mobilisés dans ce sens privilégié.

Ce qui explique sans doute que la police a beaucoup piétiné dans cette affaire.

Y.B. : Jusqu’à ce jour de 1996 où un ancien skinhead est venu se confier (à un inspecteur des RG) (…) le repenti s’appelait Yannick Garnier et a avoué avoir agi en compagnie de Jean–Claude Gos, décédé dans un accident de moto en 1993, suite à une collision avec une voiture dont le conducteur, peu après, a lui aussi été retrouvé mort noyé dans le Rhône.

E.B. : Comment expliquez-vous cela ?

Y.B. : Je ne me l’explique pas.

Il est clair que lorsqu’un crime est hyper médiatisé, la prudence s’impose dans son interprétation.

2002 : N’exploitez pas la tuerie de Nanterre ! (Libération)

Il y a presque dix ans, le 26 mars 2002, au terme du conseil municipal de la ville de Nanterre présidé par le maire communiste Jacqueline Fraysse, un individu installé dans le public se levait de son siège et faisait usage d’armes à feu dissimulées dans ses vêtements.

Avec une absolue détermination, il tire méthodiquement sur les élus, en tue huit et en blesse dix-neuf avant d’être maîtrisé et désarmé. Conduit au Quai des Orfèvres, il se suicide en se défenestrant, après avoir reconnu son forfait.

Dans une lettre adressée à une ancienne compagne, il avouait « avoir décidé d’en finir avec une mini-élite locale dans une ville toujours exécrée ».

Richard Durn, d’origine slovène, avait un pedigree exemplaire : il avait été membre du parti socialiste avant de rejoindre les Verts et de devenir militant écologiste. En 2001, il devenait trésorier départemental de la Ligue des droits de l’homme. Dans sa jeunesse, il avait fréquenté les milieux autonomes de l’ultragauche et plus particulièrement Florence Rey et Audrey Maupin, auteurs d’une équipée sauvage qui fit cinq morts dans Paris en 1994. Autant de raisons donc pour que le journal LIBERATION se fende d’un papier intitulé « N’EXPLOITEZ PAS NANTERRE ».

Polemia

Mohamed Merah est un modèle pour moi…Dès que je sors de prison, je vais prendre mes Kalachnikov et je vais vous crever un par un et faire brûler le commissariat

« Mohamed Merah est un modèle pour moi… Dès que je sors de prison, je vais prendre mes Kalachnikov et je vais vous crever un par un et faire brûler le commissariat ».

Ceci est un extrait des déclarations faites par un Avignonnais de 26 ans, bien connu des services judiciaires, lors de son interpellation ce dimanche pour le vol d’un téléphone portable à la gare centre d’Avignon. [...]

Conduit devant un magistrat du Parquet d’Avignon ce lundi, il devait être poursuivi devant le tribunal correctionnel, en comparution immédiate, dans la fin de l’après-midi.

Le Dauphiné Libéré

Affaire Merah : 3 nouvelles interpellations dont un militaire

Deux hommes ont été interpellés mardi soir à Toulouse dans l’enquête sur les complicités dont aurait pu bénéficier Mohamed Merah pour commettre ses sept assassinats en mars 2012.

Les interpellations ont été menées par la sous-section antiterroriste avec l’aide du GIPN (groupement d’intervention de la police nationale), l’antigang et le SRPJ de Toulouse, selon une source policière, sans autre précision sur l’identité de ces deux personnes. Selon RTL, il s’agirait de deux amis d’enfance du « tueur au scooter ».

Mercredi matin, c’est un militaire d’une trentaine d’années qui a été arrêté dans sa caserne à Castres. Il connaissait Mohamed Merah, dit une source policière. [...]

La thèse du « loup solitaire » ne tient pas [...]

Le Figaro

Bougrab : « Attention à ne pas trop en faire autour de Merah »

(…) « On s’offusque lorsque le ministre de l’Intérieur explique qu’il y a des dizaines de Merah en France. Il a bien évidemment raison », écrit-elle dans cette tribune intitulée « Attention à ne pas trop en faire autour de Merah » .

« J’entends que de-ci, de-là on continue à trouver des explications sociales aux actes de Mohamed Merah. Il vivait dans un univers fruste, de violence, les pauvres et les Arabes auraient des excuses à l’inhumanité. Mon père de 80 ans est analphabète, cela ne m’a pas empêchée de m’intégrer dans cette société », poursuit cette fille de harki, ouvrier métallurgiste.

« Des écoles coraniques s’ouvrent dans nos quartiers sans problème. Près de 30 % des Tunisiens de France qui ont voté dans les consulats français pour les premières élections du printemps arabe ont choisi Ennahda. Or, faut-il le rappeler, ce parti islamiste a exigé l’abrogation de l’égalité hommes-femmes en Tunisie, instaurée par le Code du statut personnel en 1956″, poursuit Jeannette Bougrab.

« J’attends avec impatience de voir des musulmans français descendre dans les rues pour manifester contre les crimes d’honneur, les viols dans les Émirats arabes, l’attaque contre la petite Malala au Pakistan.

Bien sûr, il y a l’attitude de la mère du soldat Imad Ibn Ziaten, assassiné par Merah, qui avec son voile et sa foi musulmane se bat contre les intégrismes, va faire la leçon aux jeunes dans les cités. Mais je la trouve bien seule sur la photographie des commémorations », conclut-elle.

Le Point

«Un des grands chocs de l’affaire Merah fut la découverte de groupes salafistes jusque dans la paisible Ariège»

Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste, tente de répondre à la question : «Qui était Mohamed Merah ?».

En visant deux musulmans d’origines marocaine et algérienne, Merah attaque une forme d’intégration particulièrement réprouvée par l’islamisme terroriste.

Albert Chennouf-Meyer, le père d’Abel Chennouf, abattu par Merah le 15 mars 2012, souligne, dans un livre récemment paru, Abel, mon fils, ma bataille (Editions du Moment, 168 p., 14,95 €), les proximités de son fils et de son assassin : proximité générationnelle, passions semblables pour le foot et les voitures, lien à l’Algérie. On pourrait ajouter un certain rapport à la guerre et à l’Afghanistan.

En rupture déclarée avec le nationalisme, le terrorisme inventé par Ben Laden est transnational, non seulement dans son recrutement mais dans son esprit.

Si ses partisans se donnent pour mission d’agir au niveau local, c’est précisément pour s’opposer à l’ouverture de sociétés qui tentent d’évoluer vers un multiculturalisme à peu près pacifié.

Le Monde