Lucien Pambou (UMP) : «Le combat des Noirs de France est illisible»

En ce jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a annoncé qu’il assignait en justice la Caisse des dépôts (CDC), lui reprochant d’avoir profité de la traite négrière. Ancien secrétaire général du Cran, Lucien Pambou, conseiller municipal d’Alfortvile (94) déplore les divisions entre Ultramarins et Africains qui «se regardent en chiens de faïence» et minent selon lui le combat des «Noirs de France».

Entendons-nous bien, il n’y a pas que les Noirs qui sont discriminés dans la société française et je ne tiens pas un discours de pleurnicheurs ou de pleurnicheuses.

Pour moi, la fédération des Noirs a raté une occasion historique : celle de construire un combat analytique, historique dans la société française, le combat des Noirs au nom de l’égalité républicaine et de la valorisation mémorielle.

La République, bonne fille, par la loi Taubira sur la reconnaissance de la traite négrière et l’esclavage, a fait un pas en avant. […]

Le combat des Noirs de France ne repose sur aucune lisibilité. Il ne s’agit pas de détruire la République, il ne s’agit pas non plus de la communautariser, il s’agit de dire qu’un certain nombre de discriminations doivent cesser. Le débat actuel sur le mariage contre ou pour tous est un clin d’œil de l’organisation sociétale pour certaines associations qui veulent faire triompher leur cause. […]

Le Nouvel Obs

Comment l’Union Européenne prépare la destruction de notre mémoire au nom du droit à l’oubli

oubli destruction mémoire

Au nom du droit à l’oubli, quel patri­moine pour l’Europe de demain ?

Pour éviter que de grands opé­ra­teurs pri­vés du web (Google, Facebook etc.) puis­sent conser­ver et uti­li­ser des don­nées per­son­nel­les, la Commission euro­péenne et le Parlement euro­péen se pré­pa­rent à adop­ter, pour le prin­temps 2013, une solu­tion radi­cale : un règle­ment qui obli­gera tous les orga­nis­mes publics et pri­vés à détruire ou à ano­ny­mi­ser ces don­nées une fois que le trai­te­ment pour lequel elles auront été col­lec­tées sera achevé, ou passé un court délai. La com­mis­sion veut ainsi assu­rer aux Européens un droit à l’oubli qui garan­ti­rait le res­pect de leur vie pri­vée.

Suite et commentaires sur le blog Histoire.

Plus de 50 nouveaux noms de femmes dans les rues parisiennes : Françoise Giroud, Danielle Mitterrand, Annie Girardot…

Douze noms de femmes vont être donnés à des espaces publics le 8 mars, en attendant l’attribution de 50 nouveaux noms de rues féminins dans tout Paris. Il y aura bientôt une rue Romy Schneider et une place Françoise Giroud. Quelques rues seront débaptisées.

Mais cette première salve est symbolique et montre l’importance d’inscrire des femmes remarquables dans la mémoire collective grâce à la géographie du quotidien, du coin de la rue.

Pour la Journée internationale des Femmes du 8 mars, douze femmes remarquables verront leur nom être fièrement affichée dans l’espace public parisien. Douze plaques seront ainsi dévoilées. A 11h, le maire de Paris, Bertrand Delanoë inaugurera par exemple le square Danielle-Mitterrand, rue de Bièvre dans le 5e. Résistante comme Geneviève Anthonioz de Gaulle, femme politique comme Nicole de Hautecloque, actrices comme Annie Girardot ou Silvia Montfort, leurs patronymes deviendront la dénomination d’une esplanade, ou seront plus simplement affichés sur une plaque commémorative apposée sur une adresse donnée. Ce 8 mars, seule la comédienne Delphine Seyrig donnera vraiment son nom à une rue, débouchant sur la berge du canal de l’Ourcq dans le 19e.

Cette journée du 8 mars sera suivie par une opération de dénomination plus importante. Une liste de cent noms sera examinée mardi 12 mars, par une commission had hoc. Une liste paritaire avec cinquante noms d’hommes et cinquante noms de femmes. C’est un engagement, qui avait été pris par le maire de Paris, lors de la cérémonie des vœux de janvier dernier. […]

Le JDD

La mémoire de la France loge désormais en Seine-Saint-Denis (Vidéo)

Le nouveau site des Archives nationales, érigé à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), ouvre ses portes lundi et convie les visiteurs à découvrir une petite partie de cette masse de documents.

Pour certains, c’est moins glamour que le centre de Paris. Dommage. La ligne 13 n’est pas si terrible que ça », déclare un restaurateur.

Image de prévisualisation YouTube

Dans le cadre d’une opération sur deux semaines baptisée «Aux Archives, citoyens !», le public va pouvoir découvrir gratuitement les coulisses de ce bâtiment imposant qui accueille les documents de l’Etat postérieurs à l’Ancien Régime mais aussi des fonds privés.

L’original de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen (septembre 1789) sera mis en vedette et diverses animations (slam, danse, cirque, concerts) se dérouleront jusqu’au 3 février. […]

L’Etat français a mis le prix pour se doter de cet outil moderne, qui dispose de 360 kilomètres de rayonnage, ce qui en fait le plus grand centre d’archives en Europe.
Bâti sur une ancienne zone maraîchère, au pied du terminus de la ligne 13 du métro, l’édifice, conçu par l’architecte italien Massimiliano Fuksas, a coûté 195 millions d’euros. Avec les chantiers scientifiques connexes, notamment informatiques, et le déménagement, le montant des frais s’élève à 244 millions d’euros. […]

20 minutes

Bernard Lugan : «C’est pour nos sociétés européennes que la colonisation fut une catastrophe»

Bernard Lugan historien, spécialiste de l’Afrique, revient sur la «bataille des mémoires» à propos de la colonisation.

Le débat sur la colonisation est stérile car il a échappé aux historiens pour être monopolisé par des groupes mémoriels. Or, la Mémoire n’est pas l’Histoire. L’historien est un peu comme un juge d’instruction : il travaille à charge et à décharge […].

Vous avez écrit que «la question coloniale sert à désarmer moralement les Français». Pouvez-vous expliquer ?

Si nous faisons le bilan, c’est pour nos sociétés européennes que la colonisation fut une catastrophe. Aujourd’hui, elle est devenue une véritable «tunique de Nessus» qui fait peser sur les générations européennes à venir une hypothèque d’autant plus lourde qu’elles ne l’ont pas signée et dont elles demanderont un jour pourquoi elle sont condamnées à en honorer les traites.

Combien de temps encore les jeunes européens accepteront-ils en effet de se soumettre aux incantations accusatoires de ceux qui veulent leur faire croire que, puisque, et par postulat, leurs grands-parents ont «pillé» l’Afrique, ils sont donc condamnés à subir et à réparer ? D’autant plus qu’ils ont sous les yeux le spectacle de ceux qui, tout en accusant la France de tous les maux, forcent cependant ses portes pour y trouver de quoi survivre ou pour s’y faire soigner.

Laissons parler les chiffres. Il y eut au maximum 1 500 000 nationaux (ou Européens) installés dans tout l’Empire français, dont les deux tiers dans la seule Algérie. Or, aujourd’hui, les populations originaires de notre ancien empire et vivant en France, comptent plus de 6 millions de personnes, naturalisés compris, soit quatre fois plus qu’il n’y eut de «colons». Là est le vrai bilan colonial.

Atlantico

Marche blanche en mémoire des deux femmes gendarmes tuées dans le Var

Dimanche, la famille et les amis d’Audrey Bertaut et d’Alicia Champlon rendront un hommage à ces militaires tuées lors d’une intervention à Collobrières. Un mois et demi après le drame, ils luttent contre l’oubli.

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Il les appelle affectueusement « nos deux filles ». Maréchal des logis à la brigade de Pierrefeu, Gilles Bidaut ne peut oublier. « On pense à elle tout le temps » confie-t-il. « Elles sont omniprésentes. C’étaient des femmes exceptionnelles. Elles laissent un grand vide« . Un « grand vide » en partie comblé par la création de l’association Les Etoiles Bleues. « Elle permet d’apporter une aide financière aux familles d’Audrey et d’Alicia et de collecter tous les messages de soutien. On a reçu plus de 3.000 mails depuis le drame ». (…)

Même si elle ne peut éviter les récupérations, cette amie d’Alicia veut avant tout que dimanche soit un moment de recueillement. « Nous partirons de l’hôtel de ville jusqu’à la préfecture. Toutes les personnes qui ont été touchées par ce drame peuvent nous accompagner et un discours sera lu à l’arrivée ». L’occasion de partager sa douleur, mais d’exprimer aussi sa colère. « Je ne comprends pas comment un tel drame a pu arriver. L’heure n’est pas à la polémique, mais on est en droit de se poser des questions.

Est-ce bien normale de laisser un multirécidiviste comme ça en pleine nature ?« .

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Condamné à plusieurs reprises depuis 2000 pour infraction à la législation sur les stupéfiants et vols, le meurtrier présumé, Abdallah Boumezar, était sorti de prison en septembre après une condamnation de 6 ans.

Peu de temps avant le drame, il avait été condamné à six mois avec sursis-mise à l’épreuve pour violences sur sa mère. Récemment condamné à 2 ans de prison par le tribunal correctionnel de Grasse pour recel d’un téléphone portable en maison d’arrêt et dégradations de sa cellule (…)

Métro

4 mars 1962 : Ces enfants de pieds-noirs qui n’oublient pas d’où ils viennent

Il y a cinquante ans, le 4 mars 1962, les négociations d’Évian reprenaient, aboutissant le 18 mars à des accords mettant fin à la guerre d’Algérie. Pour l’occasion, le patron des « Mets du Sud » a ouvert spécialement son restaurant, près de la plage du Prado, à Marseille.

L’histoire du colon qui fait suer le burnous, cela commence à bien faire.

C’est l’heure de la kémia, l’apéritif traditionnel pour ceux qui ont grandi dans l’Algérie française d’avant 1962. Un monde que la plupart des convives n’ont pas connu. À deux exceptions près, ces fils ou filles de rapatriés sont nés sur cette rive de la Méditerranée et font partie de l’association «Racine Pieds-Noirs», qui a pour vocation de rassembler la deuxième génération.

Se sentent-ils eux-mêmes pieds-noirs ? Pas tous. Ou pas tous de la même façon. «Je n’ai pas été élevée dans le culte de l’identité pied-noir et du passé, confie Muriel Kalifa, âgée de 39 ans. Je suis uniquement là pour le côté festif et convivial. Mais je comprends ce que certains peuvent ressentir.»

À côté d’elle, Christine Hébert, fille d’un père catholique et d’une mère juive, enchaîne, un verre à la main : «Moi, j’ai baigné dans la nostalgie de mes parents, qui ne se sont pas remis de leur départ. Etre pied-noir, c’est en nous. On est nés avec, on ne peut pas ne pas en parler.» Et cette quadragénaire est heureuse d’entendre un de ses fils s’exprimer en arabe avec ses grands-parents. [...]

Que transmettre et quelle identité défendre, quand une communauté s’est seulement formée lors d’un exode ayant subitement rapproché des Français d’Algérie aux origines multiples ? «Nous ne sommes pas une nation, reconnaît Philippe Domenech, entre deux bouchées. Mais avoir déplacé un million de personnes, cela a créé une vraie particularité.»

«Je ne dis pas que tout était rose, mais il y en a marre des clichés, insiste-t-il. On a fait un film, Indigènes, sur le rôle des Arabes dans la libération de la France. Pourquoi il n’y en a pas un sur les pieds-noirs qui ont fait le débarquement en Provence en 1944 ?» déclare Philippe Domenech, 44 ans. […]

La Croix

Ian Brossat, Catherine Vieu-Charier (PCF) : «Marcel Bigeard n’a pas sa place aux Invalides»

Ian Brossat, président du groupe PCF-PG au Conseil de Paris et Catherine Vieu-Charier, adjointe (PCF) au maire de Paris chargée de la mémoire dénonce la proposition de Gérard Longuet de transférer les cendres du général Marcel Bigeard aux Invalides.

La manoeuvre politique illustre cette idéologie de la fin qui justifie tout, puisque par ailleurs – pour quelques voix de plus, d’extrême droite, de nostalgiques de l’empire français – la droite vient de vendre les Invalides. Et son âme.

Si les mérites militaires du général Bigeard ne sont pas contestables pendant la seconde guerre mondiale ou à Dien Bien Phu, le flou qui entoure sa participation à des actes de torture pendant la guerre d’Algérie, ses prises de position politiques, ses dérobades, sont sujettes à caution. […] Non : les cendres de l’un des généraux les plus gradés et les plus controversés de notre histoire ne doivent pas être transférées aux Invalides.

[…]L’histoire n’est pas la justice, et la présomption d’innocence, ici, ne s’applique pas. […]

Le Monde