L’illusion du choc de compétitivité

Par Jean-Yves Le Gallou

« Choc de compétitivité » : c’est la nouvelle illusion à la mode. Industriels et économistes (de l’offre) la réclament et le gouvernement la promet. Le débat sur le calendrier fait rage : pour aujourd’hui, pour demain ou pour les calendes grecques ?

C’est pourtant une illusion de plus ! La question n’est pas de répartir autrement les charges sociales et les impôts, c’est de les diminuer. Or pour baisser les impôts, il faut réduire les dépenses.

Mais pour diminuer les dépenses publiques, il faut s’attaquer aux causes structurelles de leur croissance : le libre-échange intégral et la poursuite de l’immigration.

Car le libre-échange (et les délocalisations) ne sont supportées par l’opinion que grâce aux « amortisseurs sociaux » qui permettent de vivre sans travail : mais ces aides publiques, ces allocations chômage, ces retraites anticipées, ce RSA, qui vont encore croître en 2013, il faut bien les financer. Et donc augmenter les charges.

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Pour Jean-François Copé, critiquer l’euro est extrêmiste

David Desgouilles revient sur les propos de Jean-François Copé au Grand Journal de Canal+ fustigeant ceux qui prônent une sortie de l’euro.

On s’étonne de l’abstention dans le pays. Le dégoût qu’inspire la politique à un nombre croissant de Français a un visage, monsieur Copé.

[…] Donnant des exemples de ce que pouvaient être des propositions d’extrême droite, Copé a cité notamment la sortie de l’euro, ajoutant, dans sa grande ouverture d’esprit, qu’elle pouvait être aussi le fait d’extrémistes de gauche. Défendant cette proposition et l’assumant parfaitement, me voilà catalogué dans l’une ou l’autre catégorie.

Je ne suis pas seul à défendre cette idée sans pour autant adhérer au FN ni au Parti des Travailleurs. Mon ami Nicolas Dupont-Aignan vient de publier un ouvrage défendant cette thèse. Il a d’ailleurs interpellé Copé sur twitter hier soir, lui demandant si c’est à l’extrême droite ou à l’extrême gauche qu’il fallait désormais le classer. Il n’a pas tort, Nicolas, d’interroger ainsi le secrétaire général de l’UMP, d’autant qu’il m’a donné une idée.

Alors, d’extrême droite ou d’extrême gauche, Maurice Allais, décédé dernièrement et qui fut le seul prix Nobel d’économie français ? D’extrême droite ou d’extrême gauche, Jacques Sapir, Emmanuel Todd et Jean-Luc Gréau ? […]

Marianne 2

Maurice Allais, prix Nobel d’économie français, meurt à 99 ans

Le seul Français à avoir reçu le prix Nobel d’économie est décédé samedi à son domicile à l’âge de 99 ans.

Né le 31 mai 1911 à Paris, polytechnicien et membre de l’Institut, Maurice Allais a en particulier enseigné à l’École des mines de Paris et dirigé le Centre d’analyse économique.

Il a reçu le prix Nobel en 1988 pour ses contributions à la théorie des marchés et de l’utilisation des ressources.

Mais il est vrai qu’à force de vouloir que l’union politique précède l’union économique, Maurice Allais s’était affirmé comme un farouche défenseur d’une Communauté européenne d’abord soucieuse d’assurer sa propre sécurité économique, ce qui l’avait fait passer pour celui qui voulait bâtir une forteresse autour de l’Europe.

Un protectionnisme raisonné entre des pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire », rappelait-il ainsi l’an dernier.

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Aujourd’hui sur Fortune…

Maurice Allais et le coût de l’immigration

Peu de domaines ont fait l’objet d’autant de désinformation que l’immigration. Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie français, a remis les pendules à l’heure dans un ouvrage paru en 2002, « Nouveaux Combats pour l’Europe, 1995-2002 : Un aveuglement suicidaire. Pour une autre Europe.« 

Voici des extraits (pages 52 et 53) de cet ouvrage sans concession. Trois points méritent particulièrement de retenir l’attention :

- l’extension des allocations familiales aux étrangers est dénuée de sens commun ;
- il n’y a pas de travail que les Français ne veulent pas faire, il y a des travaux qu’ils ne veulent pas faire à un certain prix ;
- l’immigration a un coût élevé en termes d’infrastructures d’accueil.

« Il faut mettre fin à l’inconscience totale qui a caractérisé jusqu’ici la politique d’immigration de la France.

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La citation du jour

« Lorsqu’un travailleur immigré supplémentaire arrive, il faudra finalement, pour réaliser les infrastructures nécessaires (logement, hôpitaux, écoles, infrastructures de toutes sortes, installations industrielles, etc.) une épargne supplémentaire égale à quatre fois le salaire annuel de ce travailleur.

Si ce travailleur arrive avec sa femme et trois enfants, l’épargne nécessaire sera égale à vingt fois son salaire annuel, ce qui manifestement représente une charge très difficile à supporter.»

Maurice Allais, prix Nobel d’Economie 1988 – Le Figaro, 5 décembre 1990

« Sauvons nos emplois: délocalisons Pascal Lamy ! »

L’hebdomadaire Marianne nous offre un article pertinent du Prix Nobel d’Économie Maurice Allais, où ce dernier, dans une « lettre aux Français, » lance son cri d’alarme « contre les tabous indiscutés. »

Alors que nous traversons une crise importante, le seul Français Prix Nobel d’économie, écarté de la plupart des médias comme un éternel casse-pieds inclassable, n’est jamais sollicité pour donner à ses concitoyens ses explications des phénomènes dramatiques que nous vivons.

Quand, lors du dernier sommet du G20, nos dirigeants appellent à conclure au plus vite le cycle de Doha de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en faveur d’une dérégulation accrue, Allais évoque leur « ignorance criminelle ». Car pour lui, « les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. »

Lamy, affirme Allais, « ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage ! »

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