Philippe Villin : “Sortir de l’euro, non ! Le faire exploser, oui !”

Pour retrouver une compétitivité face à une Allemagne toute-puissante et s’engager sur la voie de la croissance, les pays de l’Europe du Sud, y compris la France, doivent initier de profondes réformes structurelles et surtout sortir du carcan de l’euro en le faisant exploser.

Je suis ravi que les Italiens aient désavoué Mario Monti: sa politique et son incapacité à rendre l’Italie compétitive rapidement ne pouvaient conduire qu’à sa ruine [...] il a plongé son pays dans la récession- déflation entraînant une explosion du chômage. En Diafoirus de la médecine allemande, il avait prodigué à son pays le même traitement diabolique que celui appliqué à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne et maintenant à la France, c’est-à-dire une augmentation massive des impôts et une tentative de baisser les salaires. Il aurait dû faire des réformes structurelles, n’augmenter les impôts qu’à la marge et surtout dévaluer.

Mais il eût fallu bien sûr pour cela que l’euro explose. En effet, l’euro est devenu intolérable pour les Italiens comme pour les Français tandis qu’il fait “crever la gueule ouverte” la Grèce et le Portugal et mourir à petit feu l’Espagne.

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Bruxelles : 100 personnes arrêtées lors d’une manifestation contre un dîner des « Amis de l’Europe »

« Une arrestation anti-démocratique », selon les manifestants. Près de 200 personnes ont protesté contre l’austérité au Petit Sablon puis au Cercle de Lorraine où se déroulait un repas entre Etienne Davigon [ndlr : membre du club "Le Siècle"], Mario Monti et José Manuel Barroso.

[...] Une action spontanée qui a rapidement été encadrée par la police lorsque « certains manifestants ont tenté d’entrer de force dans un bâtiment officiel sur la place Poelaerts », explique le commissaire divisionnaire de Bruxelles-Ville, Luc Ysebaert.

Les manifestants s’étaient d’abord réunis dans le calme vers 18h00 au Petit Sablon, pensant que le repas organisé par les « Amis de l’Europe » se tenait non loin de là. Ils se sont ensuite rendus au Cercle de Lorraine après avoir appris que le dîner se tenait en fait à cet endroit. Pendant une demi-heure, ils ont manifesté devant les grilles du Cercle de Lorraine puis ont marché jusqu’à la Porte de Namur. C’est là que la police fédérale leur a bloqué la route

[...] Une centaine de manifestants ont ensuite été encerclés puis arrêtés administrativement avant d’être emmenés aux casernes de la police fédérale à Etterbeek [...]

Le Soir

La zone euro, nouvelle victime du «consensus de Washington» ?

Dans quelques jours, les « cow-boys » de Washington s’installeront à Rome. C’est à la fin du mois de novembre que l’équipe des experts du Fonds monétaire international (FMI) est attendue dans la capitale italienne, avec sur ses talons celles de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE).

Le trio veut s’assurer que Mario Monti, le tout nouveau président du conseil et ministre de l’économie italien, met bien en oeuvre la cure d’austérité censée éponger la dette pléthorique de plus de 1.900 milliards d’euros qui asphyxie son pays. Et menace la zone euro dans son ensemble.

Avant Rome, Lisbonne, Athènes ou Dublin ont déjà dû multiplier, eux aussi, les purges sous la pression des marchés et sous l’oeil de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « troïka ».

Certains y voient le retour du « consensus de Washington », cette école de pensée libérale théorisée par l’économiste américain John Williamson en 1989, dans la ligne de l’école de Chicago. Après s’être imposée en Amérique latine et en Asie dans les années 1980 et 1990, elle serait en train de se propager à la zone euro, alors qu’elle semblait pourtant enterrée. Terrassée par le retour en grâce d’un keynésianisme planétaire destiné à sortir les pays occidentaux de la pire crise de l’après-guerre. »

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Crise : «Des juntes civiles» pour remplacer des gouvernements démocratiques ?

Après les nominations en Grèce et en Italie, de technocrates comme chefs de gouvernement Michel Colomès, directeur du Point, craint que «la crise ne fasse reculer la démocratie»

C’est Mariano Rajoy, président du Parti populaire espagnol, qui, le premier, a lancé l’avertissement : «Les gouvernements européens devraient être des représentants élus de leur peuple plutôt que des technocrates cooptés par Bruxelles.» […]

Lucas Papademos, qui a succédé à Georges Papandréou est un ancien gouverneur de la Banque de Grèce puis vice-président de la Banque centrale européenne. Quant à Mario Monti, 68 ans, successeur de Berlusconi, il est professeur à l’université Bocconi de Milan, ancien commissaire à la Concurrence de la Commission de Bruxelles jusqu’en 2004, il n’a jamais siégé dans aucune assemblée parlementaire.

On peut certes objecter que ces deux gouvernements, constitués dans la hâte après que la crise de liquidités traversée par leur pays eut fait chuter les gouvernements en place, ont bénéficié d’un vote de confiance de leurs assemblées parlementaires respectives. Il n’empêche que ces équipes issues de la société civile, dont les Britanniques disent déjà méchamment qu’elles ressemblent à des «juntes civiles», vont devoir faire rapidement leurs preuves et notamment celle-ci : sont-elles capables de faire accepter, sans débordements violents excessifs, par les peuples grecs et italiens des mesures d’austérité drastiques forcément impopulaires ?

Le Point

Le putsch de Goldman Sachs sur l’Europe

Mario Draghi est le nouveau patron de la Banque centrale européenne (BCE). Loukas Papadimos vient d’être désigné comme premier ministre grec. Mario Monti est pressenti comme président du conseil italien. Ce sont trois financiers formés aux États-Unis, dont deux anciens responsables de la sulfureuse banque Goldman Sachs. Est-il bien raisonnable de recruter les incendiaires comme pompiers ? Explications.

Ce sont les hommes de Goldman Sachs qui sont aujourd’hui poussés aux commandes. Par quels moyens ? Et pour quelles fins ? Faire prendre en charge par les peuples les fautes des banques ? Faire sauver l’Amérique par les Européens ? »

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