Paris. Claude Askolovitch :«J’ai distribué de la soupe aux nouilles…» avec des musulmans

Claude Askolovitch, journaliste, a participé à une distribution de soupe aux nouilles pour les SDF.

Et enfin, juste ceci: les gamins qui nourrissaient les roms à la nuit sont musulmans, pas vraiment laïques, et leur association a été créée au nom d’une obligation mahométane, la charité. Ca ne résume rien, et il est aussi des laïques et des croyants de tous poils qui s’émeuvent de la misère, mais si cela peut rassurer les 75% de braves gens qui redoutent les adeptes du Prophète et s’imaginent déjà subvertis, hier soir, il n’y avait même pas de viande halal dans la soupe aux nouilles.

Hier soir, pour un bouquin, je me suis promené sous la pluie un peu glaciale sur les trottoirs de Paris, dans ce qu’on appelle une «maraude», dans le jargon social, avec trois mômes d’une vingtaine d’année d’une association, «Au coeur de la Précarité». J’ai distribué avec eux de la soupe aux nouilles et du café, du pain aussi, ça ne change pas le monde et ne m’a pas empêché de rentrer chez moi, sec et chaud, et il n’y a nulle gloire à en tirer. […]

Marianne/ Blog de Claude Askolovitch (Merci à Zatch)

Strasbourg : En maraude avec une équipe de Médecins du monde

Les Inrocks ont accompagné une équipe de Médecins du monde à Strasbourg.

On trouve au camp de Roms des pathologies de pays en voie de développement.

Après quelques cahots, le camping-car de Médecins du monde s’immobilise à l’entrée du campement rom de Wodli, aux abords de Strasbourg. […] Une jeune femme de 20 ans voudrait que le médecin vienne voir son troisième enfant, un bébé de 3 mois.

Mirabella, 12 ans, est montée dans le camping-car. Beau visage, un pâle sourire, elle a suivi sa mère, une quarantaine d’années, deux autres enfants. Le père est en prison pour vol de cuivre et les bénévoles redoutent qu’elles ne tombent sous la coupe d’un homme. Un type, ivre, a attrapé la jeune fille par le bras quand elle grimpait dans le véhicule, l’a fait pleurer. […]

Si la mission Roms est hebdomadaire, le Centre d’accueil, de soins et d’orientation est, lui, ouvert tous les matins. Les bénévoles y prennent en charge les patients, à 95 % étrangers, de toutes nationalités.

Au Centre d’accueil et d’hébergement municipal où ils ont déposé un sans-abri coiffé d’une casquette de l’armée bulgare, très soviétique, les bénévoles prennent en charge Aïcha. La petite vieille, toute pliée, une tête d’oiseau mangée par un large fichu, doit être redirigée vers un foyer réservé aux femmes. Égarée, égrenant un délire où se mêlent le français et l’arabe, elle refusera toute assistance et continuera d’errer dans les rues. […]

Hormis les consultations médicales et dentaires, l’une des premières tâches est de faire rentrer les malades dans le «droit commun». Assistante sociale, Johanna les accompagne dans le dédale administratif qui conduit à l’AME et à la CMU. […]

Les Inroks