Des squatteurs étrangers expulsés de la Basilique de Saint-Denis (MàJ) Le MRAP indigné (+ vidéo)

Addendum 17/12/13 

Une centaine de policiers du département ont convergé très vite, hier, vers la basilique de Saint-Denis, qui venait d’être occupée, quelques heures plus tôt par des mal-logés.

Il s’agit de célibataires expulsés en juin de logements insalubres, situés aux nos 50 et 103 de la rue Gabriel-Péri, sans solution de relogement. Ils campent depuis six mois place du Caquet, épaulés par un collectif de soutien.

Sans papiers en règle pour un bon nombre, « mais pas tous », assure le porte-parole, Mamadou Sissoko.

Source

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Communiqué de presse du MRAP

Le MRAP indigné de l’évacuation par la police des sans-abris de la Basilique de Saint-Denis

Dimanche 15 décembre 2013, la police a investi la basilique Saint-Denis pour déloger des sans-abris et leurs soutiens qui s’y étaient réfugiés.

« Depuis quand la police armée pénètre-t-elle dans une cathédrale ? Quelle honte
pour notre police, notre préfet, notre pays » a déclaré Jean Courtaudière, curé de
la Basilique, alors qu’elle accueillait des personnes expulsées de leur logement
depuis le 7 juin 2013.

Pour le Maire de Saint-Denis, Didier Paillard, molesté par les forces de l’ordre,ou
l’ancien Evêque de Saint-Denis, Olivier de Berranger, empêché d’entrer dans
sa cathédrale, la la police, sous l’ordre de sa hiérarchie, s’est déshonorée en
pénétrant par la force dans ce lieu sacré.

La brutalité de la méthode rappelle celle qui avait conduit à l’évacuation de
l’église Saint-Bernard le 23 août 1996. Il est devenu impossible de distinguer les
méthodes policières d’aujourd’hui de celles d’hier.

Le MRAP dénonce avec la plus grande fermeté ces méthodes indignes.
Par ailleurs le MRAP, avec d’autres organisations et les expulsés, exige le
relogement immédiat de l’ensemble du groupe dans les logements disponibles du
centre d’hébergement qui vient d’ouvrir à Saint-Denis.

Cette exigence est d’autant plus forte que la sous-préfète s’y était engagée le
mardi 3 décembre pour se contredire 2 jours après…

La régularisation administrative est une condition indispensable pour permettre
aux personnes de nationalités malienne et ivoirienne d’entrer dans un logement
pérenne.

Le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Manuel Valls, et la Ministre du Logement,
Madame Cécile Duflot, doivent prendre leurs responsabilités et donner une
réponse positive à cette situation.

Paris, le 16 décembre 2013.

MRAP

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Leur opération coup-de-poing n’aura duré que quelques heures. Dimanche vers 18 h 15, 27 squatteurs qui avaient commencé à déplier leurs tentes pour s’installer dans la Basilique de Saint-Denis ont été expulsés des lieux par les forces de l’ordre.

Ces célibataires sans domicile originaires du Mali, de Côte d’Ivoire ou du Pakistan entendaient ainsi attirer l’attention sur leur situation de détresse.

Ils avaient été expulsés en juin dernier de deux immeubles insalubres de la rue Gabriel-Péri à Saint-Denis. Seules les familles avaient été relogées. Ces hommes seuls, épaulés par un collectif de soutien, avaient alors monté un campement place du Caquet.

Le Parisien

Paris débloque 280 millions d’euros pour le Mali

L’Union européenne devrait proposer plus de 500 millions d’euros d’aide pour le Mali et la France 280 millions, lors de la conférence des bailleurs internationaux organisée mercredi à Bruxelles, où près de 80 pays seront représentés.

Le Mali évalue à près de deux milliards d’euros le montant nécessaire pour reconstruire le pays, où une action armée a été lancée en janvier avec l’aide de la France pour chasser les rebelles islamistes qui occupaient le nord du pays.

Dans un document rédigé pour la conférence, le gouvernement malien déclare ne pouvoir financer qu’un peu plus de la moitié d’un plan de 4,34 milliards d’euros pour cette année et l’année prochaine, évaluant à 1,96 milliard l’aide nécessaire.

« Demain, nous engagerons 520 millions d’euros pour le Mali entre 2013 et 2014″, a déclaré à la presse le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso.

Une source diplomatique à Paris a évoqué pour sa part « un engagement d’à peu près 280 millions d’euros » pour la France.

Une dizaine de chefs d’Etat sont attendus à la conférence de Bruxelles, co-présidée par les présidents français et malien, François Hollande et Dioncounda Traoré, et par José Manuel Barroso.

Débloqué pour deux ans, l’argent devrait notamment servir à financer des programmes d’éducation, de santé, des infrastructures et des projets de lutte contre la corruption.

Une partie de la population malienne souffre de problèmes d’approvisionnement en nourriture. Les combats ont entraîné le déplacement d’environ 467.000 personnes, soit le tiers des habitants du nord du pays.[...]

Source

 

Montreuil : 90 immigrés maliens expulsés d’un squat


90 migrants maliens issus du foyer Bara à Montreuil ont été expulsés d’un bâtiment vide appartenant au conseil général de Seine-Saint-Denis. Ils occupaient cet endroit depuis le 30 avril 2013.

Selon des témoignages, ils ont été expulsés par la police de «manière violente». Les forces de l’ordre n’ont pas hésité à faire usage de gaz lacrymogènes. Deux personnes sont actuellement hospitalisées et quatre au commissariat. «La police est entrée dans l’immeuble de force. Nous voulions sortir avec nos affaires mais ils nous ont dit qu’ils n’avaient pas le temps d’attendre. Alors ils ont commencé à gazer», explique Mamadou Fofana.

Entre 60 et 70 migrants se sont de suite dirigés devant la mairie de Montreuil pour protester contre cette expulsion et demander un endroit pour vivre de façon décente.

Riva Gherchanoc, membre du Front de gauche justifie sa présence sur place avec d’autres militants : «Nous sommes unis avec eux. Si il y a une chose qui a toujours eu lieu à Montreuil c’est la solidarité. La diaspora malienne a toujours été solidaire. Nous nous devons donc d’être là».

20minutes

Sahel : 500 000 réfugiés maliens s’apprêtent à franchir la frontière algérienne

L’amplification du phénomène de la contrebande et du crime organisé ainsi que la hausse de l’immigration clandestine en Algérie sont, de l’avis des experts présents au séminaire organisé, mercredi et hier, au centre universitaire de Tamanrasset, les retombées directes de la crise du Sahel.

Evoquant le phénomène de l’immigration clandestine, l’expert a précisé qu’entre 250 et 300 000 Africains transitent par le Sahel avant de passer en Europe. Les autres intervenants ont évoqué le problème des réfugiés : officiellement, 25 000 réfugiés ont été dénombrés au niveau des postes-frontières depuis le déclenchement de la guerre au Nord-Mali. Le chiffre risque d’augmenter, quand on sait que 15 000 autres Maliens se trouvent déjà à nos frontières attendant le feu vert des autorités algériennes et 500 000 autres personnes, vivant dans des conditions extrêmes, s’apprêtent à franchir la bande frontalière. [...]

El Watan (Merci à Benoit von Schweiz)

Hollande aux Maliens : «Nous payons notre dette à votre égard»

En «visite éclair» au Mali, François Hollande a déclaré aujourd’hui à Bamako que l’intervention de la France au Mali représentait une dette à payer.

«Je n’oublie pas que lorsque la France a été attaquée, lorsqu’elle cherchait des soutiens, qui est venu, c’est l’Afrique, c’est le Mali, merci le Mali», a expliqué le président de la République.

Puis, il a ajouté : «La France est avec vous, la France est fière de vous, et moi je veux vous dire que je viens de vivre la journée la plus importante de ma vie politique.» «La décision que j’ai prise le 10 janvier, a dit le chef de l’État, elle honore la France et à travers votre soutien, c’est à toute la France que vous donnez votre hommage. Vive le Mali, vive la France, vive l’amitié entre le Mali et la France.»

Le chef de l’État a également réaffirmé que la France restera présente le temps qu’il faudra au Mali car «le terrorisme a été repoussé, chassé» mais pas «encore vaincu.»

Le Figaro

« Ici en France c’est la merde. Si les choses s’améliorent au Mali, on est prêts à rentrer au pays »

Selon l’OCDE, 1 million de Maliens vivent à l’extérieur du Mali. Parmi eux, 90 000 expatriés en France dont 6000 (voire 10.000) à Montreuil, dans le département de la Seine-Saint-Denis. Ce qui a valu à cette ville de la banlieue parisienne le surnom de « la deuxième ville malienne dans le monde après Bamako ».

Les locataires du Foyer du Centenaire, tous originaires du Mali, sont préoccupés par la Guerre au Mali. Ils suivent sans relâche l’actualité de peur que la situation s’aggrave et se retourne, éventuellement, sur leur famille restée au pays. Reportage.

Ces Maliens espèrent tous que le calme revienne au Mali. « Ici (en France) c’est la merde », lâche au micro d’Afrik.com un des quatre. « On gâche notre vie pour rien », renchérit un autre. « Qu’est-ce que la France nous apporte ? », s’interroge un troisième. Et de conclure : « Si les choses s’améliorent (au Mali), on est prêts à rentrer au pays ! »

L’inquiétude des 6000 (voire 10.000) Maliens de Montreuil reflète l’angoisse de tous les ressortissants du Mali expatriés en France, soit 90 000 personnes. « Ils ont peur de voir leur famille disparaître à cause de la guerre. Ou, alors, que le pays sombre dans l’anarchie. Et, comme toujours, la question économique préoccupe tous les Maliens », rapporte à Afrik.com Abdoulaye Jourdan, Secrétaire général adjoint du Rassemblement des Jeunes Maliens (RJM) [...]

Afrik.com

Paris : Des Maliens manifestent leur reconnaissance à la France (Vidéo)

Quelque 200 Maliens résidant en France ont manifesté samedi devant l’ambassade du Mali à Paris pour afficher leur reconnaissance après l’intervention de l’armée française dans leur pays, a constaté un journaliste de l’AFP. Dominique Voynet, maire (écologiste) de Montreuil où vit une importante communauté malienne (estimée à 10.000 personnes) a participé au rassemblement.

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Les manifestants ont observé une minute de silence à la mémoire du pilote d’hélicoptère tué au premier jour de l’engagement français le 11 janvier tandis que des drapeaux français étaient disposés devant l’ambassade.

«Les Maliens de France sont tous soulagés, parce que les nouvelles qui nous parvenaient depuis l’occupation du Nord (par les groupes islamistes) n’ont jamais été des bonnes nouvelles avant le déclenchement des opérations appuyées par la France», a déclaré Hamedy Diarra, président du Haut Conseil des Maliens de France. «L’intervention de la France est à à saluer, et vraiment, c’est une guerre légitime pour moi, il faut libérer le nord de tous les terroristes», a déclaré à l’AFP un manifestant, Gaousso Diallo.

Dominique Voynet a souligné que «l’inquiétude avait atteint des sommets» avant l’intervention française. «Ca fait des mois que les familles envoient de l’aide alimentaire, de l’aide sous forme de vêtement, de médicaments dans les villes du nord», a-t-elle témoigné. «Les Maliens de France sont tous soulagés et inquiets à le fois devant cette situation où on ne peut pas ne pas être avec eux aujourd’hui».

20 minutes

L’armée malienne accusée d’exactions contre les Touaregs et les Arabes

L’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a annoncé samedi être en possession d’informations crédibles sur de graves exactions, dont des meurtres, commises par les forces de sécurité maliennes à l’encontre de civils dans la localité de Niono, dans le centre du pays.

« Nous invitons instamment les autorités maliennes, tout comme les soldats et les autorités françaises et ouest-africaines, à faire le maximum pour garantir la protection de tous les civils », a fait savoir l’ONG, dont le siège est à New York, dans un communiqué.
D’après HRW, les Touareg et les Arabes, deux communautés assimilées aux insurgés qui contrôlent aujourd’hui les deux-tiers du Mali, sont tout particulièrement visés. [...]

Le Figaro

Le France craint une vague de terrorisme noir

Les Maliens islamistes radicaux sont le nouveau cauchemar des services de sécurité français. Le juge Trévidic pense que la crise sahélienne donne une illustration percutante de la menace terroriste.

Il se réfère aux déclarations de la France pour une intervention militaire au Sahel susceptible d’exacerber le sentiment anti-français.

Jusqu’à présent, ajoute-t-il, le racisme des chefs terroristes arabes et afghans a empêché l’apparition de djihadistes noirs. Mais la donne a changé avec la situation au Mali (…)

L’Expression

80 Maliens vivent dehors à Montreuil

C’est la cohue près du foyer Bara, à Montreuil (93). Près de 80 Maliens arrivent d’un peu partout, vêtus, pour la plupart, d’un manteau Wati B. Un cadeau de Dawala, producteur et manager du groupe Sexion d’Assaut pour ces réfugiés, arrivés en France avec presque rien sur le dos. Ces hommes attendront une heure avant de rejoindre le squat du soir : une école désaffectée.

Il leur faudra patienter 20h30 pour investir l’école. Chaque soir, le même rituel. Les migrants installent leurs sacs de couchages dans les salles de classes. Une odeur de peinture fraiche sature l’air ambiant. Puis, ils se réunissent tous pour l’appel. « Il faut être sûr que tout le monde est bien là. Qu’aucun accident n’a eu lieu. Et éviter que d’autres viennent profiter de la situation pour s’incruster » raconte Baba Traoré, délégué des 80 réfugiés. Vient alors le ravitaillement : « la Brigade Anti Négrophobie veille à nous apporter à manger. » Ne seront distribués que des aliments non-périssables comme des barres céréalières ou des boites de conserves.
[...]

« On nous a expliqué que la municipalité avait déjà beaucoup œuvré pour les Roms et les foyers africains. D’après eux, Montreuil ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Et la meilleure solution serait d’aller toquer à la porte d’une autre ville. »

« Ce n’est pas dans les attributions des villes de gérer le logement des réfugiés politiques, affirme Claude Reznik, délégué à la coopération internationale et aux populations migrantes à la mairie de Montreuil. Nous n’avons pas les compétences nécessaires. C’est à l’État de s’en charger. 6000 personnes sont en attente d’un logement sur Montreuil. »

« Ces Maliens ont fui la Libye il y a un mois, explique Almamy Kanouté, conseiller municipal à Fresnes. Depuis la fin de l’intervention de la communauté internationale en mars 2011, les Noirs sont massacrés dans ce pays. Kadhafi s’était entouré de mercenaires noirs africains. À sa mort, une partie de la population libyenne s’est retournée contre tous les citoyens de couleur. Les 80 migrants souhaitaient retourner au Mali. Mais l’invasion du Nord du pays, par les islamistes, a poussé ces migrants à se tourner vers l’Europe.

Ils ont d’abord débarqué en Italie, puis en France. Nous occupons cette école sans attendre l’aval de la municipalité de Montreuil. Cécile Duflot, ministre du logement, disait bien dans son discours qu’il fallait réquisitionner les lieux et espaces pour les personnes dans le besoin.

C’est le cas pour eux. Si cette situation s’était présentée dans une autre ville, nous aurions fait la même chose. »

[...]

Une détresse partagée par Baba dit Issa Togola, 19 ans : « Tout ce que je voulais, c’était fuir la Libye. Nous ne sommes plus en sécurité là-bas. Mon meilleur ami a été tué sous mes yeux.

Je ne pensais pas qu’on se retrouverait à la rue en arrivant en France. »

RespectMag

« En prison, il y a beaucoup de Maliens et d’Arabes. Ce sont eux les chefs »

Six mois après son acquittement lors du premier procès en France pour piraterie au large des côtes africaines, les longs mois passés en prison hantent encore le pêcheur somalien Abdulahi Guelleh Ahmed, qui attend à Paris son procès en appel. (…)

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Le pêcheur s’en effraie encore: l’hélicoptère qui l’a réveillé en pleine nuit, les menottes tellement serrées qu’il a eu des hématomes aux poignets pendant un mois, le transfert à Paris, dont il n’avait jamais entendu parler.

« J’avais vu des films américains, alors j’ai eu peur qu’il me tuent avec une seringue » comme dans les scènes de peine de mort, dit-il.

Quand les gardiens de la prison parisienne de la Santé ouvraient les portes en criant « promenade », Abdulahi Guelleh Ahmed était terrifié. »Personne ne m’expliquait. J’ai compris après trois semaines quand un Arabe m’a dit: +Viens!+.

En prison, il y a beaucoup de Maliens et d’Arabes. Ce sont eux les chefs »,

juge-t-il, avant de soupirer: « trois ans et trois mois, c’est long ».

« Je ne veux pas retourner en prison »

« Dans ma cellule, il y avait deux autres personnes, des bagarres », dit-il avec dégoût.

« Quand on allait au procès, je regardais Paris par la fenêtre (du fourgon cellulaire, ndlr). Il y a beaucoup de maisons, les Parisiens marchent vite, ici tout le monde travaille », découvre-t-il. « Chez moi, à Louk (sud de la Somalie), il n’y a pas d’électricité dans les maisons ». (…)

Slate Afrique