Le racisme, facteur de défection pour certains terroristes au Mali

Les divisions ethniques et raciales ajoutent une nouvelle dimension aux rivalités internes qui agitent les groupes terroristes liés à al-Qaida au Mali.

Dans le contexte des défections de plus en plus nombreuses au sein des groupes terroristes liés à al-Qaida dans le nord du Mali, l’attention se tourne sur ce que certains estiment être des pratiques racistes de la part des groupes djihadistes présents au Sahel.

Le racisme est l’un des principaux facteurs qui incitent de nombreux jeunes Africains d’origine non arabe à faire défection et à reprendre le cours normal de leur vie dans leurs pays d’origine. Cette situation survient à un moment où la majorité de ces jeunes Africains commence à s’apercevoir plus que jamais que les promesses d’égalité, de liberté et de dignité prônées par le véritable Islam ne se concrétisent pas au sein des mouvements djihadistes.

L’un des principaux djihadistes à avoir fait défection au sein des groupes terroristes au Sahel pour cause de racisme a été Hicham Bilal. Bilal était le seul Noir commandant une brigade au sein du Mouvement pour l’unité et le djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), le groupe qui contrôle la ville de Gao.

Il a quitté le mouvement début novembre et est retourné au Niger, son pays d’origine. Dans un entretien accordé à l’AFP à Niamey à l’époque, il avait parlé du racisme au sein des rangs des groupes djihadistes maliens.

« Ces fous du MUJAO ne sont pas des enfants de Dieu, ce sont des trafiquants de drogue. Ils font tout ce qui est contraire à l’Islam, et pour eux, un Noir est inférieur à un Arabe ou à un Blanc », avait-il expliqué.

« Pour eux, les Noirs ont moins de valeur que les Arabes blancs. C’est ce qui a poussé des centaines d’Africains noirs à faire défection », avait ajouté cet ancien leader terroriste. [...]

Magharebia

Géopolitique : Les otages français dans le monde

L’Hexagone dans le viseur des Islamistes ? Alors que les prises d’otages de ressortissants français se multiplient à travers le monde, les intérêts de la France à l’étranger semblent être devenus la cible des terroristes.

Carte des zones à risques (Le Figaro)

Suite et commentaires sur Fortune

Mali : soit nous intervenons, soit nous n’intervenons pas. Mais si nous intervenons, alors faisons le vraiment…

Dans sa conférence de presse du mardi 13 novembre, François Hollande a marché sur des œufs quand il a parlé de la question du Mali.

Il sait en effet très bien que si nous intervenons, nos malheureux otages seront assassinés mais que, si nous n’intervenons pas, nous perdrons le peu d’influence qui nous reste encore sur le continent…

Face à ce dilemme, son choix peut ainsi être résumé: nous n’intervenons pas mais nous allons former ceux qui vont intervenir…en espérant que cette argutie permettra d’éviter de froisser les Algériens qui ne veulent pas entendre parler d’une action française…

Or, ce que le président de la République ne semble pas avoir compris c’est qu’une opération militaire ne se construit pas comme une synthèse entre divers courants, à l’image de ce qui se fait lors des congrès du parti socialiste. En la matière, alors qu’il faut des objectifs clairs et des moyens adaptés, nous sommes au contraire dans le flou.

(…) Bernard Lugan

Enquête à Paris après l’arrestation au Mali d’un jihadiste français

Une enquête a été ouverte mercredi à Paris après l’arrestation au Mali d’un Français tentant de rejoindre les groupes islamistes du nord du pays, qui pourrait illustrer l’intérêt que semblent désormais porter à cette zone les candidats français au jihad. Des sources proches des renseignements avaient récemment dit à l’AFP qu’elles redoutaient que les jihadistes français visent désormais la Syrie et le Sahel, plutôt que les zones afghanes et pakistanaises.

Actuellement en garde à vue au Mali, l’homme ne conteste pas que son intention était de rallier Tombouctou (nord) pour y rejoindre les groupes islamistes. Voyageant sous une fausse identité, sous le nom de Khalifa Dramé, il était arrivé jeudi au Mali en provenance de Lisbonne.

L’enquête préliminaire vise le chef d’association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste. Le parquet tente de vérifier l’identité du Français qui pourrait être un homme connu de la justice française. Selon la source judiciaire, les enquêteurs français, qui attendent de recevoir ses empreintes, pensent qu’il pourrait s’agir de Ibrahim Aziz Ouattara.

(…) Si le suspect interpellé au Mali se confirme être M. Ouattara, se posera la question de son avenir judiciaire, puisque ce dernier possède la double nationalité française et malienne.

(…) yahoo !

L’engagement militaire de la France au Nord Mali est confirmé

La France a décidé de reprendre sa coopération militaire avec le Mali, interrompue depuis un coup d’Etat en mars, alors que se prépare l’envoi d’une force internationale pour reconquérir le nord du pays occupé par des islamistes armés, a annoncé à l’AFP un diplomate français.
La coopération militaire entre le Mali et la France, ex-puissance coloniale, avait été interrompue après le coup d’Etat militaire du 22 mars qui a renversé le régime du président Amadou Toumani Touré et précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes islamistes, dont Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Les putschistes ont rendu le pouvoir à des autorités civiles de transition, mais restent influents dans la capitale malienne.

«L’urgence» d’une intervention armée étrangère

Jean Félix-Paganon, envoyé spécial de la France au Sahel, était à Bamako pour représenter la France à une réunion internationale de haut niveau qui s’est tenue vendredi et au cours de laquelle les partenaires du Mali sont venus lui exprimer leur «solidarité» et leur disponibilité à l’aider à reconquérir le Nord.

Une force militaire composée de quelques 3.000 soldats de pays membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) est en préparation, avec l’aval de l’ONU et le soutien logistique de pays comme la France et les Etats-Unis.

 

Lors de la réunion de Bamako, le président malien par intérim Dioncounda Traoré a souligné «l’urgence» d’une intervention armée étrangère pour libérer le nord de son pays où les islamistes imposent avec brutalité la charia (loi islamique) en y commettant des exactions (meurtres, lapidations, amputations, coups de fouets en public, viols).
Des témoignages, confirmés de source sécuritaire malienne ont fait état de l’arrivée ce week-end dans le nord du Mali de «centaines» de jihadistes étrangers et armés prêts se battre au côté des groupes islamistes qui occupent la région depuis près de sept mois, en cas d’intervention armée internationale.

20 minutes

AQMI : une intervention militaire dans le nord du Mali signera «l’arrêt de mort des otages français»

L’un des chefs d’Al Qaeda au Maghreb islamique prévient qu’une intervention militaire, dont le principe est acquis, signera «l’arrêt de mort des otages français».

Yahya Abou El Hamame, nouveau chef d’Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) pour le Sahel et le Sahara, a affirmé à un média mauritanien qu’une intervention militaire dans le nord du Mali, dont le principe est acquis, signera «l’arrêt de mort des otages français» aux mains d’Aqmi.

Dans cet entretien en arabe diffusé samedi par l’Agence Nouakchott Information (ANI, privée), il fustige le soutien de François Hollande à une force africaine en préparation pour aider les militaires maliens à récupérer le nord du Mali, occupé depuis près de sept mois par divers groupes islamistes armés dont Aqmi.

La branche maghrébine d’Al Qaeda détient neuf Européens dont six Français. [...]

Libération

Les islamistes maliens menacent des otages français

Les islamistes maliens du groupe Mujwa ont menacé aujourd’hui d’ »ouvrir les portes de l’enfer » aux otages français si Paris poursuit ses appels à une intervention internationale dans le nord du Mali.

« Le premier financier des djihadistes, c’est la France », a-t-il affirmé, ajoutant que son groupe pouvait essayer d’enlever François Hollande en personne.

[...] « S’il (Hollande) continue de jeter de l’huile sur le feu, nous lui enverrons dans les jours à venir les photos des otages français, morts », a déclaré Oumar Ould Hamaha, porte-parole du groupe Mujwa (Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest), faisant apparemment référence à quatre Français enlevés en 2010 dans le nord du Niger et toujours otages. « Il ne sera pas capable de compter les corps des expatriés français en Afrique de l’Ouest et ailleurs », a ajouté Hamaha, contacté par téléphone. Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), mouvement auquel est lié le groupe Mujwa, a menacé à plusieurs reprises de tuer les otages français si Paris tente de monter une intervention militaire au Mali.

Sept employés de la société française Areva avaient été enlevés en 2010 au Niger. Trois ont été libérés depuis lors.

Oumar Ould Hamaha a précisé que les islamistes opérant dans le Sahara étaient largement financés par les rançons versées, selon lui, par la France et d’autres pays occidentaux. « Le premier financier des djihadistes, c’est la France », a-t-il affirmé, ajoutant que son groupe pouvait essayer d’enlever François Hollande en personne. « Je me demande ce que dirait la communauté internationale si nous prenions le président français en otage », a-t-il lancé.

Le Figaro

Hollande sur les cellules islamistes : «Nous les pourchasserons et les éliminerons»

Alors qu’une enquête a été ouverte à Paris après une opération antiterroriste, le chef de l’État affiche sa détermination à lutter contre l’islamisme radical.

Le président François Hollande a promis jeudi d’«éliminer» les «cellules» qui, en France, «veulent faire de l’islamisme radical une cause de haine et d’agression». «Il y a des cellules – je ne sais pas encore l’importance, des enquêtes sont en cours – qui veulent faire de l’islamisme radical une cause de haine et d’agression. Nous ne les lâcherons pas, nous les pourchasserons, nous les éliminerons», a déclaré le chef de l’État sur France24/RFI/TV5Monde, alors qu’une enquête a été ouverte à Paris après une opération antiterroriste commencée samedi. […]

«Pour couper la route des terroristes, il faut avoir une politique internationale, c’est ce que je veux faire au Mali», a ajouté le chef de l’État, qui a rappelé que la France était prête à apporter un soutien logistique à une intervention africaine sous résolution de l’ONU dans le Nord-Mali.[…]

Le président français a toutefois relevé qu’il existait «aussi un terrorisme qui peut être ici présent en France sans qu’il y ait de connexion avec des zones extérieures. Donc nous devons y veiller. C’est ce qui vient de se produire par l’interpellation d’un certain nombre de personnes», a-t-il dit.[…]

Le Point

Mali-Syrie : nouvelles terres du djihad pour les Français

On ne parle encore que de dizaines de cas, mais le phénomène inquiète déjà les spécialistes de l’antiterrorisme.

Quelques dizaines de jeunes Français sont partis ces derniers mois de l’Hexagone dans l’espoir d’accomplir le «djihad» au Mali et en Syrie. Au Sahel, les candidats à la guerre sainte cherchent à rejoindre la nébuleuse rassemblée autour d’al-Qaida au Maghreb islamique, qui contrôle le nord du Mali. En Syrie, il s’agit d’aller combattre le régime «hérétique» de Bachar el-Assad, aux côtés de groupuscules salafistes ou djihadistes, apparus récemment. (…)

L’importante communauté malienne de France pourrait constituer un terreau propice au recrutement. (…)

Au printemps, Le Figaro avait révélé qu’une demi-douzaine de Français, descendus à l’aéroport de Beyrouth, avaient ensuite été arrêtés par la sécurité libanaise, alors qu’ils s’apprêtaient à s’infiltrer en Syrie. Nul besoin de visa à l’aéroport de Beyrouth, et entre les deux pays, les passages sont organisés par les rebelles eux-mêmes.

Pour la France, le djihad en Syrie pose un problème bien particulier. «Ce sont nos amis, difficile de parler de terroristes», sourit le juge Trévidic.

La France est, en effet, en pointe dans le combat pour déloger «le massacreur en chef» Bachar el-Assad, selon l’expression de Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. Jusqu’à présent, l’impératif d’un départ du raïs a primé sur toute préoccupation sécuritaire liée au retour de ces drôles de «combattants de la liberté», qui auront acquis sur place un dangereux savoir-faire.

Comment arrêter des jeunes prêts à aller en découdre avec un dictateur, qui plus est alaouite, donc proche du chiisme, la confession vomie par les djihadistes sunnites? Une chose est sûre: avec le pourrissement du conflit, nul doute que de plus en plus d’apprentis djihadistes auront envie de rejoindre la Syrie au nom d’une guerre sainte, tacitement défendue par l’Occident. (…)

Le Figaro

Nord-Mali : Les djihadistes s’organisent en attendant la guerre

Doigt sur la gâchette, regard noir, un djihadistes de 14 ans ordonne au véhicule de se garer en contrebas du ruban de bitume reliant la frontière nigérienne à Gao, l’une des plus importantes localités du nord du Mali sous contrôle de groupes islamistes armés.

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«Nous avons pris la décision de renforcer la sécurité ici et de prendre les mesures qui s’imposent», lance l’adolescent malien, Aziz Maga, rencontré par l’Afp à Labézanga, localité malienne située à plus de 200 kilomètres de Gao. Une fouille minutieuse du véhicule commence aussitôt. Rangers noirs et poussiéreux, fusil en bandoulière, des djihadistes, emmitouflés dans des tenues militaires ou des vêtements kaki, inspectent tous les bagages et les passagers du véhicule.

Première surprise : de la frontière nigérienne jusqu’à Gao, quasiment tous les djihadistes croisés sont des Africains subsahariens. Ces derniers mois, on y rencontrait essentiellement de jeunes maghrébins.

«Moi même, je suis surpris», affirme le Nigérien Hicham Bilal, qui dirige, à Gao, une katiba (unité combattante). «Tous les jours, dit-il, nous avons de nouveaux volontaires. Ils viennent du Togo, du Bénin, du Niger, de la Guinée, du Sénégal, de l’Algérie et d’ailleurs». (…)

Le Soleil

Deux Français identifiés au sein d’AQMI au Nord-Mali

C’est une simple photo, mais elle illustre, pour la première fois, des craintes qui, à ce jour, n’avaient jamais pu être démontrées : la présence de nationaux français au sein des katibas (brigade combattante) d’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), opérant essentiellement au nord du Mali, l’Azawad, une région aujourd’hui sous le contrôle de groupes djihadistes et de rebelles touareg.

Récupéré, fin août, par les services secrets français, ce cliché permet de voir, notamment, deux hommes d’une trentaine d’années. Si leur nationalité semble avérée, à en croire les experts qui ont étudié cette photo, les détails de leur parcours restent encore à établir.

Il ne s’agirait pas de profil ressemblant à celui de Mohamed Merah. Ils sont plus âgés et plus aguerris et n’effectuent pas d’allers-retours avec la France. Avant d’intégrer ces structures, ils auraient œuvré dans d’autres groupes armés radicaux. L’un d’eux aurait participé à la révolution libyenne avant de rejoindre cette katiba dont le nom n’a pas été fourni au Monde pour des raisons de sécurité.

A ce jour, ni la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ni la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) n’avaient eu d’informations signalant l’intégration de Français au sein d’une katiba d’AQMI. Selon un membre de l’OTAN, à Kaboul, les seuls djihadistes français avaient été identifiés dans les zones tribales pakistanaises, soit une dizaine d’individus. Cette photo confirme le rôle de séduction joué désormais par cette région de l’Azawad auprès des djihadistes et de l’expansion d’AQMI.

L’identification de ces deux Français donne enfin du corps à des soupçons apparus après plusieurs prises d’otages de francophones dans cette région sahélienne. Certains d’entre eux, après avoir recouvré la liberté, longuement entendus par des agents de renseignement sur leur détention, avaient permis de déduire que des « binationaux » selon un diplomate français, figuraient dans ces cellules combattantes islamistes. « On les suspectait, ajoute ce diplomate, de jouer le rôle de traducteur. »

Pour prévenir le nombre d’adhésions de Français aux cellules d’AQMI, le Quai d’Orsay ne cache pas, en privé, son souhait de voir l’Algérie faire preuve « d’une plus grande transparence. » Au ministère des affaires étrangères, on rappelle que l’essentiel des chefs d’AQMI sont algériens et plusieurs figures de la rébellion touareg ont vécu en Algérie. « Même si Alger est désormais visé par des groupes dissidents d’AQMI, comme le Mujao, explique un diplomate, les Algériens veillent avant tout à leurs intérêts en contenant la menace à l’extérieur de leur frontière et on peut se demander jusqu’à quel point ils ne privilégient pas plus une sorte de pacte de non-agression avec AQMI que son éradication. » Ainsi, la chasse aux Franco-Algériens ou aux Français au sein d’AQMI ne serait pas le premier souci du département du renseignement et de la sécurité algérien, qui ne serait guère pressé de transmettre ses informations aux autorités françaises.

Le monde