« Main basse sur la mémoire, les pièges de la loi Gayssot  » (vidéo)

Vingt ans après l’adoption de la loi Gayssot, de nombreux historiens, philosophes, hommes politiques de tous bords, dénoncent les dérives qu’elle a engendrées. La « mère de toutes les lois mémorielles », votée en 1990, pénalise la contestation de l’existence des crimes contre l’humanité, tels que définis par le Tribunal de Nuremberg. Présentée à l’époque comme un rempart contre l’antisémitisme, son bilan est pourtant aujourd’hui désastreux : atteintes aux libertés, concurrence génocidaire, surenchère victimaire, renouveaux identitaires et racistes, gigantesques détournements financiers.

(Merci à Sos raciste)

Lois mémorielles, le génocide Arménien avec Annette Becker (France Culture)

France Culture ‘Questions d’éthique’ par Monique Canto-Sperber le 1/03/2012

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Annette Becker est Professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Paris-Ouest / Nanterre la Défense.

France Culture

NDLR   La référence par 2 fois (3’30 & 15’00) au génocide/populicide de la Vendée et à l’historiographie de la Révolution Française est-elle, à sa façon, une marque de défiance de Monique Canto-Sperber, à l’égard des censeurs de sa précédente émission ? Il est permis de se poser la question.

Relire France Culture censure l’historien de la Vendée, Reynald Seycher

(merci à Emrys Myrdyn)

Déclin intellectuel et dictature de la pensée en France : reviens, Voltaire !

La France des années 2010 ressemble de moins en moins à la France des Lumières et des libres penseurs occidentaux du 19ème siècle, qu’ils soient allemands, anglais ou français. Tel est le sévère constat tracé par Philippe Nemo qui dans un court essai, entre analyse et pamphlet, nous confie qu’il ne reconnaît plus le grand pays intellectuel que fut la France il y a quelques décennies (La régression intellectuelle de la France, Texquis, 2011).

En spécialiste de la pensée libérale et de la philosophie politique, Nemo fonde ses conclusions sur une analyse très fine des lois votées par le Parlement qui, sous prétexte de protéger la mémoire et les communautés, interdisent, pour ne pas dire censurent, des propos qui pourtant, bien que pouvant choquer, ont toute leur place dans le débat public.

La loi Gayssot est visée, servant d’illustration édifiante à une ambiance d’époque assez bien croquée par l’auteur qui voit l’émergence d’une censure généralisée de l’exposé de certains sujets qu’il ne faut pas aborder et qui font prendre à celui qui s’y engage le risque d’être sévèrement condamnée par la juridiction.

(…) Ce « droit censuriel » va plus loin puisqu’il accorde à des associations dûment estampillées par l’Etat la possibilité de saisir la justice pour instruire un procès contre ceux dont les propos « suintent » le racisme ou l’antisémitisme. Comme le fait justement remarquer Nemo, ces associations ne sont ni des victimes, ni des représentants du ministère public. Cette étrangeté du droit français permet à ces associations d’être les auxiliaires d’une police de pensée qui au bout du compte, finit par devenir arbitraire (ou contingent, par opposition à nécessaire), à la fois par l’aspect sectoriel, voire sectaire, idéologique, de ces associations mais aussi par les difficultés qu’on les magistrats à évaluer s’il y a racisme ou antisémitisme. A la limite, tout énoncé contenant le mot « juif », « arabe », « noir » et maintenant « homo », « handicapé », devient potentiellement suspect.

Ce dispositif judiciaire ressemble à un tribunal d’inquisition comme ceux du Moyen Age où les contrevenants devaient prouver qu’ils pensaient conformément à la loi théologale.

La charge est terrible mais efficace. Sont visés les cercles maçonniques où règnent les idéologies exclusives, les pédagogues de l’ère mitterrandienne qui ont propulsé l’école produisant des crétins et celle religion de gauche qui tel un clergé sans théologie, s’arroge la légitimité de dire le bien et le mal. On pourra reprocher à Nemo d’être lui aussi idéologiquement orienté. C’est possible mais le diagnostic sur la perte de sens et de liberté dans les débats publics est recevable. Les intellectuels de gauche lui mettront sans doute l’étiquette de nouveau réactionnaire, au côté d’Eric Zemmour, de Natacha Polony et d’Alain Finkielkraut.

(…) Le résultat dans les années 2000, c’est qu’on ne débat plus mais qu’on intime à la pensée de se conformer à différentes doxa sous peine d’être anathémisé, voire excommunié. (…)

Agoravox

Quand les journalistes arrangent les faits de peur d’alimenter le racisme

Alors que les racistes avérés sont devenus très marginaux dans nos sociétés, l’antiracisme s’est mué en une idéologie à la fois diffuse et contraignante qui outrepasse largement sa raison d’être. Extraits du livre de Paul-François Paoli : « Pour en finir avec l’idéologie antiraciste » (1/2).

Le « racisme », ou ce qui passe pour tel, est semblable à ce qui était perçu autrefois comme une grossièreté ou vulgarité par les bourgeois et les honnêtes gens. Parler de sexe au XIXe siècle était réprouvé. Tenir des propos critiques sur telle ou telle communauté ethnique tient aujourd’hui lieu d’obscénité chez les gens bien élevés, même s’il est notable que tous les peuples ne sont pas logés à la même enseigne.

Blaguer sur les Japonais conformistes et disciplinés n’est pas toujours mal vu. Mais suggérer que les jeunes Africains seraient moins performants à l’école que les jeunes Chinois relève de la transgression. De fait, certaines popula­tions sont plus ou moins bien loties dans l’auberge espagnole de la mauvaise conscience occidentale et cela s’en ressent dans les mille précautions séman­tiques que nous utilisons.

Les militants de l’antiracisme idéologique détestent la complexité comme la peste. Eux voient le monde en noir et blanc : les méchants racistes contre les bons immigrés. Tribalat écorche le moralisme paresseux des journalistes, qui s’en tiennent souvent à des stéréotypes, mais elle met aussi en cause cer­taines institutions. Parmi elles, la Commission natio­nale consultative des droits de l’homme, chargée, chaque année, de remettre un rapport au gouverne­ment sur le prétendu racisme des Français.

À la lec­ture du chapitre que Michèle Tribalat consacre aux sondages pratiqués par cette institution qui, depuis la loi Gayssot de 1990, peut poursuivre en justice les manifestations et les écrits considérés comme racistes, on a le sentiment inquiétant d’habiter l’un de ces régimes soviétisés qui avaient choisi de museler le réel pour se rassurer. Ainsi, « la CNCDH a réglé la ques­tion du rapport au réel en le congédiant purement et simplement », écrit la démographe. (…)

on a le sentiment inquiétant d’habiter l’un de ces régimes soviétisés qui avaient choisi de museler le réel pour se rassurer.

À cette aune, c’est non seulement des mil­lions de Français qu’il faut incriminer, mais aussi une bonne partie du personnel politique vivant, sans oublier les morts eux-mêmes, à commencer par de Gaulle qui aurait assuré à Alain Peyrefitte : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes tout de même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. » Nul doute que selon les critères ésotériques de la fameuse commission, de Gaulle aurait eu quelques comptes à rendre ! Il serait probablement rangé parmi les mauvais Français par des gens que nous n’avons pas élus…

Atlantico

Arno Klarsfeld dénonce la critique des lois mémorielles au sein de l’UMP

Arno Klarsfeld, avocat franco-israélien, critique l’invitation du journaliste Eric Zemmour par l’UMP pour débattre des normes «attentatoires à la liberté» et des lois qui des lois qui «encadrent la liberté de pensée»

Toutes ces mémoires sont différentes, parfois elles sont antagonistes, mais toutes ont été meurtries et font partie de la mémoire collective française.

Assiste-t-on aujourd’hui à une dérive idéologique au sein de l’UMP ? Est-ce à un grand parti de vouloir revenir sur des lois mémorielles votées par le Parlement, offensant ainsi un grand nombre de nos compatriotes pour ne flatter que la frange la plus extrême de la droite ?

La confrontation de la France avec son passé s’exprime avec d’autant plus de complexité que la France n’a compté longtemps que des Français de souche ou des immigrants chrétiens qui se sont rapidement intégrés. Pendant des siècles, les seuls éléments extérieurs à la chrétienté ont été les juifs. On enseignait alors légitimement à chaque jeune Français : « Nos ancêtres les Gaulois ». Aujourd’hui, la France compte aussi en son sein de nombreux descendants des anciens colonisés et d’anciens esclaves ainsi que des rapatriés des colonies et une importante communauté d’origine arménienne. […]

L’idée qu’un peuple se fait de son histoire est un facteur considérable de son avenir et il est légitime que le Parlement, qui représente la nation, puisse intervenir occasionnellement afin de fixer des perspectives et des repères moraux.

Le Monde