La ville de Paris choquée de l’enseignement de la morale catholique dans un établissement…catholique (maj 2)

Maj 16/04/2014 22h10 : L’association Alliance Vita porte plainte pour diffamation

Deux membres de l’association ont été accusées anonymement de propos outranciers qu’elles n’ont jamais tenus. Ces termes sont étrangers non seulement au vocabulaire de VITA mais aussi à son état d’esprit et à son approche des questions liées à la vie. VITA dénonce donc fermement le mensonge, et le procédé lâche visant à salir son image et à jeter le discrédit sur son travail ; elle va porter plainte pour diffamation. Les accusations anonymes sont inquiétantes et inacceptables, et VITA souhaite que la lumière soit faite sur ces propos calomnieux.

Alliance Vita


Maj 16/04/2014 18h57 : l’établissement va être inspecté

Sur fond de polémique à propos de l’intervention de l’association Alliance Vita au lycée Gerson, pendant les heures de catéchèse, le ministère de l’Éducation nationale a choisi de lancer une inspection. Objectif : «faire la lumière sur l’affaire».

Le ministère a décidé de lancer une enquête administrative au lycée privé catholique Gerson, dans le XVIe arrondissement parisien. Cette «inspection de vie scolaire» aura lieu après les vacances de Pâques. «Nous n’avons eu aucune remontée des parents ou des professeurs. L’information selon laquelle des familles auraient été heurtées par certains propos nous est parvenue via la presse», dit-on rectorat de Paris.

Le Figaro


Article du 15 avril 2014 à 22h15

Communiqué de la ville de Paris : Respectons la neutralité de l’éducation scolaire

C’est avec la plus grande stupéfaction que nous apprenons les propos auxquels auraient été exposés des élèves du lycée privé Gerson, dans le 16e arrondissement.

Le lycée reconnait avoir fait intervenir sans contrôle, auprès de jeunes élèves, l’association Alliance Vita, proche du mouvement Opus Dei. Les propos contre la contraception et l’avortement qui auraient été proférés hier par cette association au sein du Lycée ont manifestement pour but de manipuler les consciences des jeunes élèves.

Nous dénonçons fermement ces propos qui soumettent les élèves parisiens à une guerre idéologique d’un autre temps. Nous tenons ici à rappeler que les moyens de contraception sont une avancée pour l’ensemble des femmes et des hommes de ce pays, et le recours à l’avortement un droit acquis par les femmes pour disposer de leur corps.

La Mairie de Paris demeure vigilante quant au respect du droit de chaque adolescente et adolescent d’être informé sur sa sexualité et les moyens de contraception existants, au moyen d’informations validées par les professionnels.

Nous demandons aujourd’hui au Rectorat de diligenter une enquête administrative au sein de ce lycée privé sous contrat, soumis au respect des devoirs et règles républicains, et faire toute la lumière sur les évènements du lundi 14 avril. Il est urgent de revenir à un débat raisonné et de rassurer l’ensemble des parents sur la neutralité des enseignements dispensés à leurs enfants.

Paris.fr

Europe 1 titre « Des dérives intégristes agitent un lycée catholique »

Cette fausse polémique intervient alors que le 17 avril (Jeudi Saint), le Sénat débattra en deuxième lecture d’un article du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Cet article, le 5 quinquies C, supprime la notion de détresse de la Loi Veil, de 1975,  sur l’avortement.

via Le Salon Beige

 

 

Les forêts françaises en danger d’industrialisation : «On va tout cramer»

Le projet de loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt arrive au Sénat. Un projet qui privilégie une gestion productiviste et industrielle de la forêt, et contre lequel de plus en plus de voix s’élèvent.

“On va tout cramer et dans vingt ans on n’aura plus de bois, s’inquiète Régis Lindeperg de l’Association Adret Morvan. Nous sommes à une période charnière.”

Lire la suite sur Fortune

Le Parlement andalou autorise les enfants à changer de sexe

[Les lecteurs parlant espagnol sont invités à compléter cet article, à le corriger le cas échéant, à faire une recherche plus globale , et à nous traduire les passages importants - en citant leur source]

[traduction automatique adaptée au mieux - extraits]

MADRID – Le Parlement d’Andalousie a approuvé mercredi une loi qui oblige les écoles à traiter les élèves selon le sexe qu’ils ont choisi, indépendamment du sexe anatomique.

Cette loi, dite «loi du transsexualisme » a été approuvée malgré les 36 000 signatures présentées contre. Le « projet de loi global pour la non-discrimination fondée sur le sexe et la reconnaissance des droits des personnes transgenres de l’Andalousie » a été approuvé par le parti socialiste, les Verts et le parti Populaire.

« Il faut démystifier les opérations de changement de sexe. Elles mettent de l’ordre là où il ya du désordre, elles recomposent le lien entre le sexe physique et le cerveau, elle réparent la corrélation entre le sexe physique et intérieur « .

Cette loi va par exemple obliger les écoles à autoriser dans les toilettes et les vestiaires résevés aux filles des élèves qui seront anatomiquement des garçons. Les enseignants seront également obligés de changer tous les papiers des élèves en fonction de leur nouvelle identité. Les parents des autres élèves seront tenus d’accepter qu’un garçon aille à l’école habillé en fille, et qu’il partage les lieux réservés aux filles.

Le changement de sexe de l’enfant sera également accompagné. Le processus pourra aboutir à des traitements hormonaux et chirurgicaux.

aciprensa.com (en espagnol)

EELV va déposer une loi pour les transgenres

Le député écologiste Sergio Coronado et va déposer une «proposition (de loi) pour faciliter le changement d’Etat civil pour les personnes transgenres», a-t-il assuré aujourd’hui sur LCP.

Sergio Coronado né au Chili, naturalisé en 1994, a fait son «coming out» à la Gay Pride de 2012.

«C’était un engagement pris par la porte-parole (du gouvernement) Najat Vallaud-Belkacem au moment de la campagne présidentielle, il ne s’est rien passé depuis», a rappelé le député des Français établis hors de France.

«Najat Vallaud-Belkacem a dit qu’elle était partante pour étudier des propositions parlementaires sur cette question. (…) Donc je dépose une proposition de loi permettant que ce débat ait lieu et que les personnes transgenres aient les mêmes droits que les autres, un accès plus facile au logement, au travail… Ca me semble nécessaire », a-t-il ajouté, évoquant une ‘question d’égalité des droits. […]

Figaro

Loi du 15 mars 2004 : Rym porte le voile «pour changer l’image de l’islam dans la société française»

A l’occasion du dixième anniversaire de la loi du la loi du 15 mars 2004, sur les insignes religieux, le Monde publie 3 témoignages de musulmanes portant le voile en France.

A 12 ans, Maryam n’a pas non plus l’intention d’enfreindre la loi : son foulard bleu, elle le porte «tout le temps, sauf au collège» de sa ville de province. […] Sa mère, Bénédicte, est voilée depuis dix-sept ans, sa sœur aînée, lycéenne, attend, selon sa mère, «d’être à l’université pour le porter, même si elle craint qu’on lui mette des bâtons dans les roues». Maryam, elle, n’exclut pas un jour de «négocier» avec les responsables de son établissement le droit de conserver son voile tout le temps. Elle est scolarisée dans l’enseignement privé catholique.

Rym, la jeune Toulousaine le reconnaît : la loi du 15 mars 2004, qui depuis dix ans interdit le port de signes religieux dans les établissements scolaires, lui est un peu «passée à côté». Pourtant, venue témoigner lors d’un colloque organisé le 8 mars à Paris par le Comité 15 mars et libertés, qui lutte pour l’abrogation de ce «texte injuste», Rym se dépeint en «victime indirecte». Son propre frère, avocat, l’avait prévenue qu’en se voilant elle allait « outre [sa] vie en l’air».

Dès la terminale, convaincue de sa foi et déterminée à s’afficher musulmane «pour changer l’image de l’islam dans la société française», Rym souhaitait se voiler. Mais, «à cause de la loi», la jeune fille, issue d’une famille peu pratiquante, décide d’attendre un an pour être «tranquille» à la fac, où ne s’applique pas l’interdiction.

Aujourd’hui inscrite en master 1, Rym admet suivre sans problème les cours théoriques mais témoigne de sa difficulté à trouver des stages «avec son voile». «J’ai cherché des avocats avec des noms à consonance [musulmane], mais même eux refusent. Ils sont dans une optique d’assimilation et ne veulent pas qu’une fille voilée les ramène à leur condition», assure-t-elle avec dépit. […]
Sara, originaire d’un petit village des Vosges «sans musulmans», la collégienne, dont la mère et la sœur aînée étaient voilées, avait dès l’âge de 11 ans «décidé de préserver [sa] pudeur sous un voile». […]

Elle est aujourd’hui en deuxième année de médecine… en Belgique, où elle peut suivre ses stages voilée. « Mais mon but est de m’installer en France, pédiatre ou généticienne, et de soigner tout le monde. Je ne vois même pas pourquoi des patients seraient gênés par un bout de tissu sur mes cheveux. » […]

Le Monde

Loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux : Une loi «pseudo-républicaine, anti-féministe, islamophobe et discriminatoire»

Alain Gabon, professeur à l’Université Wesleyenne de Virginie, demande la suppression de la loi du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Une loi «discriminatoire» puiqu’elle ne concerne pas les athées…

Dans les faits, de par sa formulation même (la prohibition de signes et tenues religieuses «ostensibles»), se retrouvent donc exclues uniquement les religions qui ont, justement, des pratiques vestimentaires hautement visibles, alors que d’autres (catholicisme, protestantisme…), ne se distinguant pas par des tenues vestimentaires particulières, n’ont pas à s’inquiéter.

Ce 15 mars, les simili-républicains et faux laïcs à la Badinter, Boughrab, Fourest, Finkielkraut et leurs alliés objectifs — néo-réactionnaires, islamophobes de tous bords, racistes de tout poil et sectes identitaristes style Bloc Identitaire et Riposte (anti) Laïque — ne manqueront pas de s’auto-congratuler en clamant gratuitement, sans le début du soupçon d’une preuve, que la loi contre le port du voile à l’école représente une «victoire pour la République et le droit des femmes». […]

Ainsi, la France se retrouve maintenant régulièrement classée dans la catégorie « orange » des pays qui restreignent les libertés religieuses. Et dans les études des instituts de recherche les plus prestigieux comme le Pew Forum on Religion, elle est même désormais dans la zone rouge, celle des pays où «l’hostilité sociale» contre les religions est « élevée ». Bel exemple de tolérance républicaine ! […]

Si la loi du 15 mars n’est pas discriminatoire dans son texte, qui ne cite aucune religion spécifique et dont l’intitulé est générique (on parle de « tenues et signes religieux ostensibles »), elle l’est bel et bien à la fois dans son esprit et sa généalogie et dans la réalité de son application sur le terrain. […]

A qui fera-t-on croire que ces débats et la loi qui en découla s’en prenaient aux croix chrétiennes ou aux kippas juives ? Non, c’est bien une religion en particulier, l’islam, et une pratique islamique spécifique, le hijab, que l’on visa. […]

Discriminatoire dans les faits, les conséquences concrètes (certaines religions en souffrent plus que d’autres), son esprit et son origine, cette loi est aussi par là anti-républicaine puisqu’elle viole de facto le principe égalitariste selon lequel tous doivent être égaux devant la loi. On en conviendra, c’est loin d’être ici le cas puisque les musulmanes voilées en souffrent de façon absolument disproportionnée, voire souvent exclusive. Ce qui du reste redouble la discrimination religieuse initiale d’une seconde discrimination, celle-là sexiste car elle frappe les musulmanes bien plus que les musulmans. Sans même parler des athées, qui, pour le coup, n’ont, eux, les veinards, rien à redouter. Bel exemple d’égalitarisme républicain que cette loi qui n’a fait que du mal aux musulmans et aux valeurs de la République.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres, elle doit être supprimée.

saphirnews

L’interview par Frédéric Haziza du député Meyer Habib spécialiste en loi sur la quenelle (vidéo)


source : Le député du jour – LCP – 18 02 2014

rappels :

LCP sur wikipédia :
officiellement LCP – Assemblée nationale ou LCP-AN, dont l’acronyme signifie littéralement « La Chaîne Parlementaire Assemblée nationale », fondée le 20 mars 2000, est la chaîne de télévision de l’Assemblée nationale française.

La proposition de loi est disponible sur assemblee-nationale.fr :

Cette proposition de loi vise donc à pénaliser les gestes et comportements portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la victime ou d’un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

Les députés présentant ce texte de loi :
Meyer HABIB UDI, Jean-Louis BORLOO UDI, Charles de COURSON UDI, Stéphane DEMILLY UDI, Maurice LEROY UDI, Bertrand PANCHER UDI, Rudy SALLES UDI, Sylvain BERRIOS UMP, Philippe COCHET UMP, Alain MOYNE-BRESSAND UMP, Jean-Luc REITZER UMP, François SAUVADET UDI, Jean-Christophe FROMANTIN UDI, Jonas TAHUAITU UDI, Philippe VIGIER UDI

Portrait de Meyer HABIB à l’origine de cette proposition de loi :
wikipédia : En 2013, il est élu à l’élection législative partielle dans la 8e circonscription des Français établis hors de France, sous l’étiquette de l’UDI (parti de Jean-Louis Borloo). Il bénéficie du soutien officiel du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, pour qui il fut un temps son conseiller.
Il est vice-président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), où il est responsable de la commission Israël. Cela l’a amené à tisser des relations amicales avec de nombreuses personnalités politiques françaises, dont l’ex-président Nicolas Sarkozy, et le président actuel, qu’il considère comme des amis d’Israël.

Vers un Mediapartgate : Edwy Plenel tombera-t-il pour fraude fiscale ?

Addendum du 05/02/2014 : L’Assemblée Nationale a voté le 04/02/2014, à une large majorité, «  l’harmonisation des taux de TVA applicables à la presse », appliquée jusqu’à présent unilatéralement par Médiapart, de façon illégale mais «  légitime » comme l’ont souligné certains députés.

Quand Edwy Plenel dénonçait les « vieilles combines de l’État et l’argent qui corrompt » dans l’émission d’Olivier Galzi sur iTélé le 18 décembre 2013.

« La presse est au cœur du pluralisme des opinions – Ce qui est fait contre Mediapart est discriminatoire – Je suis un entrepreneur indépendant, sans subvention, sans aide publique je ne vis que de mes lecteurs – L’État est fainéant, incompétent, inconséquent – Un amendement parlementaire a effacé 4 millions de dettes du quotidien l’Humanité: les vieilles combines! »

« Réponse » d’Edwy Plenel sur Twitter le 03/02/2014 à 16:07:

Fiscalité d’exception, manipulations comptables, entorse à une directive européenne, connivence gouvernementale et parlementaire pour effacer un redressement fiscal et ainsi, sous prétexte du vote d’une loi aux motivations complaisantes, mise en place d’une mesure rétroactive au bénéfice d’un ami politique… Qu’en est-il de la prétendue indépendance et de la probité de Mediapart ? F.Desouche vous dévoile les secrets d’un scandale qui sera désormais public.

Le 17 janvier 2014, le gouvernement a annoncé vouloir modifier la loi relative aux abonnements de la presse numérique, en abaissant la TVA de 20% à 2,10%, afin d’aligner le taux applicable à la presse en ligne sur celui des journaux papier.

Une loi rétroactive votée dans l’urgence

Une proposition de loi en ce sens a depuis lors été déposée par le groupe socialiste et adoptée à l’unanimité en commission. Elle prévoit une entrée en vigueur rétroactive au 1er février. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée pour ce texte, qui passera en séance (une seule lecture par chambre) le mardi 4 février. Lire la suite

La proposition de loi “anti-quenelle” a été déposée à l’assemblée

Assemblée nationale – 29 janvier. Une proposition de loi a été déposée afin de renforcer l’arsenal juridique permettant de lutter contre le racisme et l’incitation à la haine raciale.

« Des dispositifs existent (…) mais s’avèrent aujourd’hui malheureusement insuffisants face à la multiplication d’actes d’incitation à la haine raciale.

Cette proposition de loi vise donc à pénaliser les gestes et comportements portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la victime ou d’un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

Cette proposition de loi vise également à (…) requalifier les infractions d’incitation à la haine raciale en délit, afin de rendre la sanction plus dissuasive.

Assemblée nationale - merci el tarba

complément d’information des députés présentant ce texte de loi :
Meyer HABIB UDI, Jean-Louis BORLOO UDI, Charles de COURSON UDI, Stéphane DEMILLY UDI, Maurice LEROY UDI, Bertrand PANCHER UDI, Rudy SALLES UDI
Sylvain BERRIOS UMP, Philippe COCHET UMP, Alain MOYNE-BRESSAND UMP
Jean-Luc REITZER UMP, François SAUVADET UDI, Jean-Christophe FROMANTIN UDI
Jonas TAHUAITU UDI, Philippe VIGIER UDI

Portrait de Meyer HABIB à l’origine de cette proposition de loi :
wikipédia : En 2013, il est élu à l’élection législative partielle dans la 8e circonscription des Français établis hors de France, sous l’étiquette de l’UDI (parti de Jean-Louis Borloo). Il bénéficie du soutien officiel du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, pour qui il fut un temps son conseiller.
Il est vice-président du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), où il est responsable de la commission Israël. Cela l’a amené à tisser des relations amicales avec de nombreuses personnalités politiques françaises, dont l’ex-président Nicolas Sarkozy, et le président actuel, qu’il considère comme des amis d’Israël.

Attali : «Sommes-nous tous des terroristes ?»

Jacques Attali, économiste et président de PlaNet Finance, met en garde contre les dangers de l’article 20 de la nouvelle loi de programmation militaire.

La tyrannie de la transparence, dont j’annonce le danger depuis longtemps, vient, pour la première fois, de trouver sa traduction dans une loi. Une loi française.

Personne ne peut contester l’importance de se donner tous les moyens pour lutter contre le terrorisme, y compris celui de violer la vie privée de ceux qui en sont soupçonnés. Personne ne peut contester non plus la nécessité de donner à la justice les moyens de tout savoir sur les agissements d’une personne en relation avec un crime ou un délit dont elle serait soupçonnée.

Mais en mêlant les deux, l’article 20 de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) vient de donner à l’administration tout pouvoir de traiter tout citoyen soupçonné d’un délit quelconque comme un terroriste, c’est-à-dire de pénétrer dans sa vie privée sans contrôle a priori d’un juge. […]

Autrement dit, tous les crimes et délits seront désormais traités comme les actes de terrorisme. Toutes les personnes suspectées d’un délit quelconque seront traitées comme des gens soupçonnés de terrorisme. Tout citoyen devient un terroriste qui s’ignore. […]

Il est ahurissant qu’un tel texte ait pu être voté sans que nulle voix au Parlement ou dans les grands médias ne s’élève, malgré l’indignation des associations de droits de l’homme. Comme si chacun considérait déjà qu’il était l’ennemi de tous les autres. Et qu’il devait s’en garder par tous les moyens. Ainsi meurent les démocraties.

Le JDD

Le Parlement entérine une nouvelle censure du Net dans la loi relative à la consommation

Paris, 17 décembre 2013 — Lors de l’examen en seconde lecture du projet de loi relatif à la consommation, l’Assemblée nationale a adopté hier les articles 25 et 49, autorisant de fait le ministère de l’économie (via la DGCCRF) à faire bloquer par voie judiciaire tout site contrevenant au code de la consommation.

 

Il s’agit une nouvelle fois de consacrer le blocage de sites Internet, en dépit des vives critiques exprimées à l’encontre de ce mode de régulation, notamment par le rapporteur de l’ONU pour la liberté d’expression.

Les article 25 et 49 du projet de loi relatif à la consommation adoptés hier par l’Assemblée nationale conféreront à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) le pouvoir de demander à l’autorité judiciaire, en cas d’infraction à de nombreuses dispositions du code de la consommation, d’imposer à tout hébergeur ou, à défaut, à tout fournisseur d’accès à Internet, « toutes mesures proportionnées propres à prévenir un dommage ou à faire cesser un dommage causé » par un contenu accessible en ligne.

Et ce malgré les deux amendements1 déposés par Lionel Tardy alertant les députés sur les dangers de ces dispositions, et leur offrant l’opportunité de s’y opposer avant l’adoption définitive du texte.

Cette nouvelle mesure confirme l’orientation adoptée par l’actuel gouvernement et la majorité parlementaire, qui multiplient les projets législatifs étendant la censure de l’Internet, tout en refusant l’évaluation de l’efficacité et des risques inhérents à ces pratiques. Qu’elle soit judiciaire – comme c’est le cas ici – ou privée – comme dans la proposition de loi dite contre le « système prostitutionnel » ou dans le projet de loi « pour l’égalité entre les femmes et les hommes » –, la censure de l’Internet comporte des risques techniques intrinsèques de surblocage et porte atteinte de manière disproportionnée à la liberté d’expression. En votant en faveur de la censure du Net, le législateur renonce à promouvoir des modes de régulation plus efficaces et bien moins dangereux sur le plan des droits fondamentaux (comme le blocage des flux financiers).

« Cette loi vient une nouvelle fois banaliser le blocage de sites comme mode de régulation de la liberté de communication sur Internet, et ce en dépit des graves risques inhérents à ce type de mesure comme le surblocage de contenus parfaitement licites. Pour s’attaquer aux sites commerciaux qui ne respectent pas la loi française, il est bien plus aisé, efficace mais aussi proportionné sur le plan des droits fondamentaux de s’en prendre aux flux monétaires plutôt qu’aux flux d’informations. Poursuivant les dangereuses politiques répressives de leurs prédécesseurs2, le gouvernement et le législateur s’obstinent dans leur entreprise de contrôle d’Internet, et restent sourds aux appels à protéger dans les faits la liberté de communication en ligne », déclare Félix Tréguer, cofondateur de l’association La Quadrature du Net.

  • 1. Amendements n°105 et 106 déposés par Lionel Tardy (UMP – Haute-Savoie), proposant de supprimer respectivement l’alinéa 37 de l’article 25 et l’alinéa 7 de l’article 49.
  • 2. En 2011, sous la précédente législature, La Quadrature du Net avait rédigé une note juridique expliquant les dangers de la mesure adoptée cette nuit.

La Quadrature