Le droit de vote des étrangers : «Une reconnaissance de leur apport à la culture d’un pays»

Tribune de Bernard Lamizet, professeur émérite à l’Institut d’Etudes politiques de Lyon, en faveur du droit de vote des étrangers aux élections locales.

Comment justifier le fait que les étrangers qui habitent une ville paient des impôts locaux sans pouvoir prendre part au débat et à la décision concernant l’usage de ces impôts ?

Mais cette reconnaissance de la mutation de la citoyenneté se comprend aussi, dans des pays comme la France, dans la perspective de la colonisation. Peut-être, avant de mettre en question la reconnaissance de la citoyenneté aux habitants de notre pays issus de l’immigration, la droite pourrait-elle s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils y sont venus. […]

On objectera que la naturalisation constitue une forme de reconnaissance de cet apport, mais il convient de prendre le temps de la réflexion. D’abord, il s’agit de comprendre les mots. Le terme « naturalisation » exprime une forme d’illusion, celle de croire que les institutions et les pouvoirs peuvent remplacer la nature ou la naissance. Naturaliser quelqu’un, c’est faire comme s’il était né dans le pays, c’est faire jouer à l’institution et aux pouvoirs le rôle de la naissance dans l’émergence d’une identité nouvelle. […]

Ensuite, limiter, ainsi, le droit de vote des étrangers à ceux qui sont naturalisés, c’est leur imposer un changement d’identité et les engager dans une logique de long terme, de temps long. C’est une façon d’empêcher la mobilité et d’ignorer que le temps des institutions politiques a changé, comme le temps de la culture, de l’information et de l’économie. La reconnaissance du droit de vote aux étrangers est une façon de reconnaître que le temps des identités est, lui aussi, un temps plus court qu’il ne l’était, et que les identités deviennent, elles aussi, fluctuantes, changeantes, articulant, chez la personne comme dans l’histoire, un temps long de la mémoire et un temps court des événements et des ruptures. […]

Le Monde

Grèce : les 3 mensonges des médias et des experts (1)

«Les Grecs vivent au dessus de leurs moyens.» «L’économie allemande est plus vertueuse.» «L’Euro nous protège de la crise.» Ces trois affirmations font partie du mantra néolibéral répété en boucle par les économistes invités sur les plateaux. L’économiste Jacques Sapir démolit consciencieusement ces pétitions de principe.

La Grèce serait l’homme malade de la zone Euro

Les récents événements en Grèce et dans la zone Euro ont donné lieu à beaucoup de commentaires, au sein desquels on peut constater que certains mythes ont la vie (très) dure. Sans prétendre leur faire la peau définitivement, il convient de rappeler ici certains faits, par sympathie pour les travailleurs grecs mais aussi par amour de la vérité.

La presse allemande, et même française, a usé de termes, en réalité, bien plus injurieux. On se souvient des « cueilleurs d’olives » et même de l’exécrable calembour (la « mauvaise Grèce ») par lequel un quotidien français s’est déshonoré. Il convient de rétablir ici les faits.

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Dette de la France : 1.457 milliards au 3ème trimestre

La dette publique de la France a augmenté de 29,4 milliards d’euros au troisième trimestre 2009 pour atteindre 1.457,4 milliards, soit environ 75,8% du PIB, selon les données publiées mercredi par l’Insee.

Sous l’effet de la hausse de l’endettement, la dette de l’État a augmenté de 23,4 milliards d’euros au troisième trimestre pour s’élever à 1.158,8 milliards.

La dette des administrations de sécurité sociale a augmenté de 5,9 milliards d’euros et celle des administrations publiques de 0,5 milliard, « un mouvement comparable à ceux observés lors des troisièmes trimestres des années précédentes. »

Dans la loi de finances 2010, le gouvernement prévoit que la dette publique passera de 67,4% du PIB en 2008 à 77,1% en 2009, 84,0% en 2010, 88% en 2011, 90% en 2012 et 91% en 2013.

Le seul déficit public annuel, lui, devrait représenter 116 milliards d’euros en 2009 ou 8,2% du PIB. Le traité de Maastricht, mis en veilleuse par la crise, plafonne le déficit public à 3% du PIB et la dette à 60%.

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