L’Express : « Surveillée par l’Occident, la Libye vante l’islam modéré »

La Libye s’applique à convaincre qu’elle ne deviendra pas un nouveau foyer de l’extrémisme islamique et ses dirigeants n’ont que l’expression « musulmans modérés » à la bouche.

A la veille du dixième anniversaire des attentats du 11-Septembre, le nouveau président de facto de la Libye a souligné qu’il surveillerait de près l’évolution de l’islam dans son pays: « Quatre-vingt dix pour cent des nôtres sont des musulmans modérés (…), 5% sont aux extrêmes droite et gauche », a dit Moustapha Abdeldjalil pour sa première apparition publique à Tripoli depuis la défaite des partisans de Mouammar Kadhafi.(…)

l’Express

Kadhafi offre les « plus jolies filles » à ses partisans

Mouammar Kadhafi, toujours introuvable, a promis à ses partisans «les plus jolies filles» s’ils réussissaient à garder le pouvoir à Bani Walid.

[...] Le «Guide» de la révolution libyenne aurait réussi à faire passer ce message sur les ondes d’une radio locale, rapporte la chaîne de télévision Al-Jazeera. Une nouvelle provocation de la part de Mouammar Kadhafi, qui avait déjà incité ses soldats à consommer des aphrodisiaques pour permettre le viol de civiles. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) annonçait déjà en juin ces exactions, cachets et préservatifs donnés par les forces loyales au colonel à l’appui.[...]

L’image de celui qui se vantait de ne s’entourer que de gardes du corps de sexe féminin a déjà été sérieusement écornée lorsque certaines de ses «amazones» se sont retournées contre lui. [...] D’après le «Telegraph», les «amazones» devaient passer par le lit du Colonel, puis de ses fils, voire même des hauts-officiers.[...]

Paris-Match

Libye : voyage surprise de Sarkozy

L’agenda présidentiel ne le prévoyait pas, mais Nicolas Sarkozy doit s’embarquer pour la Libye jeudi matin, en compagnie de 80 CRS, ce qui est totalement inédit dans ce genre d’opération

Nicolas Sarkozy en Libye jeudi ? Le secret est bien gardé, mais le président de la République pourrait décoller pour l’ancien pays de Kadhafi dès jeudi. On sait que l’Elysée cherche à récolter tous les fruits de la victoire de l’OTAN, au terme d’une guerre largement inspirée par Paris. Sauf imprévu de dernier moment, l’heure est donc venue.

La logistique est déjà calée, avec une curiosité qui serait inédite dans les voyages présidentiels : une compagnie de CRS devrait être acheminée sur place à bord d’un Transall de l’armée française. Soit près de 80 hommes, appartenant à la CRS basée à Quincy-sous-Sénard, en région parisienne, dont aucun n’a jamais servi hors des frontières de la France. Consigne leur a été donnée de se tenir prêt à un départ mercredi autour de minuit, à partir d’Evreux, retour prévu dans la nuit de jeudi à vendredi.

Marianne

(Merci à DESOUCHENAUTE)

Des loyalistes de Kadhafi attaquent une raffinerie, 15 morts

Quinze gardes ont été tués et cinq autres grièvement blessés lorsqu’un groupe de loyalistes du dirigeant libyen déchu Mouammar Kadhafi ont attaqué lundi matin une raffinerie près de la ville côtière de Ras Lanuf, dans le nord de la Libye [...]

Les forces du Conseil national de transition libyen (CNT) ont repoussé l’agression et ont assiégés les assaillants dans la zone industrielle de Ras Lanuf, a ajouté al-Jazira.

Selon la chaîne de télévision, un convoi de véhicules s’est rapproché de la raffinerie depuis le désert au sud et des hommes armés à leur bord ont lancé une attaque inattendue à l’entrée de la raffinerie.

Al Jazeera via Afriqinfos

A Tripoli, trop de joie peut tuer

Parfois, les balles de Kalachnikov tirées en l’air en signe de joie dans la capitale libyenne atteignent les civils.(…)

Une terrasse intérieure dans un grand hôtel du centre de Tripoli. A la table voisine, à quatre solides Libyens dissertent autour d’un café. Tuniques traditionnelles, lunettes de soleil, bagues au doigt et téléphone portable à portée.

Soudain, une détonation sèche et un grand bruit de verre brisé. Une balle est tombée, quasiment à la verticale, sur la table entre les hommes, à une dizaine de centimètres du bras du plus grand. La table en verre a explosé, les quatre hommes, sidérés, n’ont pas bougé, l’un d’eux examine son bras à peine écorché, ils ont échappé à la mort. (…)

La balle de Kalachnikov a été tirée en l’air quelque part dans le quartier, en signe de joie et de célébration de la libération de la ville. Le problème, avec la loi de la pesanteur, est que toute balle tirée en l’air finit par retomber. Et que les Libyens, libérés, passent une partie de la journée et toute la nuit à rafaler le ciel, à la Kalachnikov, à la mitrailleuse lourde de 12,7 mm, voire au petit canon de 14,5 mm fait pour truffer l’ennemi de petits obus gros comme le poing. (…)

Quand la fête est à son comble, ce sont des milliers de projectiles qui illuminent le ciel, entament une courbe, ascendante puis forcément descendante et erratique, au-dessus de la tête de la population civile, hommes, femmes et enfants.

A ce rythme, les tirs de célébration font, chaque semaine, une dizaine de morts et de blessés dans tout le pays. (…)

Le Nouvel Observateur

(Merci à Zatch)

Berlusconi : La rebellion libyenne n’est «pas un soulèvement populaire»

La rebellion libyenne, qui a renversé le colonel Mouammar Kadhafi, «n’a pas été un soulèvement populaire» mais un acte d’ «hommes de pouvoir» décidés à le chasser», a déclaré aujourd’hui le président du Conseil Silvio Berlusconi.

Cela n’a pas été un soulèvement populaire parce que Kadhafi était aimé de son peuple comme j’ai pu le constater quand je suis allé en Libye

«Cela n’a pas été un soulèvement populaire » comme dans d’autres pays nord-africains, « où un vent de liberté commence à souffler», a déclaré le Cavaliere devant des jeunes de son parti, le Peuple de la liberté, rassemblés à Rome. Au contraire, a-t-il observé, à Tripoli, «des hommes de pouvoir ont décidé de donner vie à une nouvelle ère en mettant Kadhafi dehors».

Jusqu’au soulèvement au début de l’année, le président du Conseil italien avait entretenu des rapports étroits avec le régime libyen. La réconciliation avec le régime de Tripoli «m’a apporté la sympathie non seulement de la Libye mais de nombreux dirigeants de pays africains», et «ainsi nous avons pu consolider notre présence, importante pour les fournitures de gaz et de pétrole», s’est-il justifié devant ses jeunes partisans.

Le Figaro

Chasse aux Noirs et viols en Libye (vidéo i>Télé)

Les Africains de la zone subsaharienne tentent d’échapper aux représailles des rebelles libyens. Ils essaient de fuir Tripoli et toutes les zones contrôlées par la rébellion de peur de devenir victimes d’exactions. Kadhafi et son régime avaient engagé des mercenaires africains pour tenter de mater la rébellion. (i>Télé, 5/09/11)

http://www.dailymotion.com/video/xkvtsr

Algérie – France : Un autre motif de brouille

Si les officiels français démentent l’existence d’une lettre transmise à l’émir du Qatar dans laquelle les membres du Conseil national de transition libyen (CNT) reconnaissent réserver 35% du pétrole de leur pays à la France, ils avouent cependant officiellement que la guerre qu’ils mènent contre Maâmar El Khadafi leur permet d’avoir des privilèges dans ce sens. L’acharnement de Sarkozy contre El Khadafi commence ainsi à dévoiler ses arrière-pensées. Ce n’est pas tant cette voracité dont il fait preuve qui étonne, puisqu’elle est évidente, mais c’est surtout le fait qu’elle soit exprimée aussi tôt, avant même que la guerre sarkozienne contre la Libye ne soit finie et ses nombreuses victimes ne soient enterrées. Les frappes de l’OTAN continuent de faire des ravages en vies humaines au nom de l’instauration de la démocratie et des droits citoyens. Mais il est clair que le président français n’a pas prévu de s’arrêter à «des détails » qu’il classerait volontiers dans le chapitre des dégâts collatéraux. Les intérêts dans la région sont trop importants pour qu’ils soient confondus ou remis en cause par le nombre de Libyens morts, aussi élevé soit-il.

La tenue, jeudi dernier à Paris, de la conférence internationale «des amis de la Libye», une semaine à peine après la prise de Tripoli par l’OTAN, semble avoir été inscrite dans un agenda français bien ficelé avant même que la guerre ne soit déclenchée. Les pressions exercées par la France sur le Conseil de sécurité de l’ONU pour l’adoption de la résolution 1973 décrétant une zone d’exclusion aérienne sur la Libye ont été tellement fortes que l’on se demande si Sarkozy n’avait pas d’ores et déjà préparé minutieusement son plan d’attaques armées, ciblé ses objectifs et évalué ses intérêts. Il avait donc bien vu que le jeu en valait la chandelle.

Privilèges libyens sur fond de rancœurs algériennes

Les visées françaises sur la Libye ont dû prendre en compte toutes les caractéristiques de la région nord-africaine. Paris ne laisse planer aucun doute à cet effet. Il ne cache plus ses velléités de faire d’une pierre deux coups et ce, en «occupant» la Libye et en narguant en même temps l’Algérie tout en tentant de la faire plier à des exigences politiques, économiques et commerciales françaises qu’elle a toujours refusé de satisfaire. Jeudi, sur une des télévisions françaises publiques, le commentaire du journaliste en direct de l’Elysée, où se tenait la conférence «des amis de la Libye», avait bien résumé la situation. Il avait commencé par démentir l’existence de la lettre du CNT à l’émir du Qatar sur les visées de la France sur le pétrole libyen. Il a rappelé cependant « le droit » de la France de prétendre à des privilèges libyens dans ce domaine et ce, pour l’avoir aidé à se débarrasser d’El Khadafi. Le plus curieux est que le journaliste a lié cette demande de privilèges de la France à l’état de ses relations avec l’Algérie. Il a donc estimé que c’est de bonne guerre que la France veuille sa part du pétrole libyen, ce qui lui permettra de s’affranchir du pétrole et du gaz de l’Algérie «avec laquelle les relations continuent de s’envenimer». Connu des plateaux des télévisions françaises, particulièrement quand il s’agit d’expliquer les relations de la France avec les pays arabes, à leur tête l’Algérie, le commentateur de la télévision publique n’a trouvé aucune gêne à lier ce qui se passe en Libye aux rapports qu’entretient la France avec l’Algérie.

La double revanche sarkozienne

Il est clair que Paris ne pardonnera pas à Alger son refus de cautionner la démarche armée du CNT libyen sous les auspices de l’OTAN.

A ne pas oublier qu’il lui retient, par ailleurs, son manque de flexibilité à l’égard des dossiers économiques français en Algérie. Il semble en plus que sa nomination de Jean-Pierre Raffarin comme vis-à-vis du ministre de l’Industrie, Mohamed Benmeradi, n’aurait pas eu les résultats escomptés puisqu’elle reconnaît par la voix de ses journalistes que les relations avec l’Algérie se sont encore envenimées. Les déplacements de l’ex-Premier ministre français à Alger n’auraient servi, selon certaines sources, qu’à distiller un discours que la réalité des relations politiques entre les deux pays contredit en grande partie. Il semblerait d’ailleurs que la mission de Raffarin a pris déjà fin sans pour autant que les entreprises françaises n’aient pu garder au moins le même niveau d’échanges qui existait avant que les deux gouvernements ne se soient entendus pour mettre en avant l’économique pour réussir leur partenariat. La France, nous dit-on, s’attelle à faire de 2012, où coïncident la tenue de ses élections présidentielles avec la commémoration du 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, une année pour mener des campagnes médiatiques d’envergure sur la guerre de libération nationale et pour faire de l’émigration (particulièrement algérienne) un thème privilégié du discours électoral. Le feu vert aurait été donné à cet effet à tous les spécialistes français pour contrecarrer tout discours algérien susceptible de criminaliser la colonisation. C’est probablement une manière de Sarkozy de prendre sa revanche sur un pays qu’il peine à faire rallier à ses causes de type néocolonial avéré, l’exemple de la Libye pouvant en faire foi.

Le Quotidien d’Oran

Amesys/Bull: un parfum d’affaire d’État

L’affaire Amesys, du nom de cette filiale de Bull qui a vendu à la Libye un “système d’interception électronique permettant à un gouvernement de contrôler toutes les communications (Internet) qu’elles entrent ou sortent du pays“ est loin d’être finie, et soulève de nombreuses questions :

Quelle a été l’implication exacte des autorités françaises, de Claude Guéant, et de Nicolas Sarkozy ?

Fin août, Mediapart révélait qu’I2E (devenu, depuis, Amesys) avait vendu à la Lybie, en 2006, un système de chiffrement des communications afin d’échapper aux « grandes oreilles d’Echelon », le système anglo-saxon d’interception des télécommunications. Cette vente aurait été cautionnée par l’Elysée, mais également par la place Beauvau, du temps où Nicolas Sarkozy et Claude Guéant étaient au ministère de l’Intérieur, et qu’elle avait été obtenue grâce à l’intermédiaire libanais Ziad Takkiedine qui, pour cela, aurait touché, en violation de la loi, près de 4,5 millions d’euros de commissions.

En France, la Commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériel de guerre (CIEEMG) est chargée d’examiner les demandes d’agrément préalable en vue d’une exportation de matériels de guerre ou matériels assimilés. Or, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), dont elle dépend, a confirmé à OWNI la nécessité d’une autorisation pour les produits de guerre électronique, tout en affirmant ne rien savoir de cette affaire…

Bug Brother

35% du pétrole libyen pour la France ?

Pétrole : l’accord secret entre le CNT et la France. Les rebelles promettent d’accorder 35% du brut libyen aux Français.

Daté du 3 avril, soit moins de trois semaines après l’adoption à l’Onu de la résolution 1973 ouvrant la voie à une intervention militaire de l’Otan contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Le document évoque un accord « attribuant 35% du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre Conseil. »

« Je n’ai pas connaissance de cette lettre« , a déclaré Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, sur RTL, ajoutant ignorer l’existence d’un accord formel.

Jusqu’au début de cette année, la Libye produisait environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, ce qui la classait au 17e rang mondial. Le pays détient les plus importantes réserves de brut d’Afrique.

href= « http://www.liberation.fr/monde/01012357324-petrole-l-accord-secret-entre-le-cnt-et-la-france » target= »_blank »>Libération

(Merci à Romégas)

Libye : des femmes immigrées africaines violées par des rebelles

Des travailleurs migrants vivant dans un bidonville en dehors de Tripoli ont affirmé que plus d’une vingtaine de femmes du camp ont été violées il y a deux semaines par les forces de l’opposition qui ont lancé leur assaut final contre la capitale.

Dans un port de pêche abandonné à environ 27 km à l’ouest de Tripoli, les employées nigérianes Rose Johnson et Darcy Ikibueka ont déclaré lundi qu’elles faisaient partie d’un groupe de plus de 20 femmes du camp qui ont été violées par des hommes armés dont les identités et les appartenances restent inconnues.

[...] Les informations étaient confirmées par des travailleurs humanitaires de Médecins Sans Frontières (MSF) qui ont eu accès au camp ce samedi.[...]

Le port était devenu ces derniers mois une plaque tournante pour les trafiquants d’êtres humains dont l’activité de contrebande de migrants vers l’Europe – généralement par l’île italienne de Lampedusa – est en plein essor depuis que Kadhafi a ouvert les vannes de l’immigration clandestine.

Dans une interview avec la radio italienne Rai, Hafez Gaddour, ambassadeur de Libye en Italie, a déclaré que Kadhafi contrôlait l’immigration illégale « en personne ».

[...] Dans la nuit du 19 août, des hommes armés sont entrés dans le camp du port. Ils ont tiré en l’air, en criant « Dieu est grand ». Cette nuit-là, disent Johnson et Ikibueka , elles ont été violées sous la menace des armes.

[...] Ils enlèvent aussi les femmes au loin pour en abuser sexuellement, dit Ogiexeri.

« Nous essayons de relier les lumières entre elles afin que nous puissions nous voir la nuit, mais ils les emmènent dans des endroits sombres. »

Al Jazeera via Info Palestine