Immigration en Europe : stop ou encore ?

Quelle position adopter sur les flux migratoires à destination de l’Europe ? Laurent Pinsolle s’indigne contre une interview de la commissaire européenne Cecilia Malmström d’après qui « l’immigration sera nécessaire » pour l’Union dans les années à venir. Une vision caricaturale pour le blogueur, qui réclame le droit de demander la limitation des flux migratoires sans être accusé de jouer sur les peurs des citoyens.

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C’est une interview assez stupéfiante que la commissaire européenne aux affaires intérieures a donné au journal Le Monde sur l’immigration.
Un entretien révélateur de la vision dogmatique, sans nuance et sans recul qui prévaut dans les cénacles européens et la gauche sociale-libérale.
Pour Cecilia Malmström, « l’immigration sera nécessaire, étant donnée notamment l’évolution de la démographie dans la plupart de nos pays. On estime qu’en 2030, sans nouvelle immigration, la population européenne en âge de travailler aura diminué de 12% (…) d’ici à 2020, le secteur européen de la santé devrait manquer de 2 millions de personnes ».
Tout d’abord, il faudrait lui rappeler que le taux de chômage vient de battre un record, à 11% de la population active.
Pire, l’OIT estime que nous risquons d’ajouter 4,5 millions de chômeurs aux 17,4 millions déjà recensés dans les quatre prochaine années. Bref, les pays européens ont surtout besoin d’emplois aujourd’hui, bien plus que de nouveaux immigrés qui auraient toutes les difficultés à trouver un emploi. Et si le secteur de la santé risque de manquer de 2 millions de personnes en 2020, autant former des chômeurs ou des jeunes. Nous avons huit années pour le faire !
L’entretien du Monde est une caricature sans le moindre recul. Il est tout de même stupéfiant que le journaliste ne reprenne pas la commissaire européenne qui évoque la diminution de la population active européenne en lui précisant que la situation varie énormément selon les pays. En effet, si l’Allemagne et l’Italie vont connaître un vrai krach démographique, les populations actives de la France et du Royaume Uni vont continuer à progresser, d’où des besoins différents.
Les questions du « journaliste » sont incroyables de parti-pris et de condescendance : « Comment convaincre à la fois les dirigeants et l’homme de la rue qui, souvent, ressent confusément (l’homme de la rue est un peu bête, dans l’esprit de ce « journaliste ») l’immigration comme une menace ? ».
Bien sûr, il ne viendrait pas à l’idée du Monde que la montée du chômage et la crise provoquent un questionnement légitime sur les flux migratoires aujourd’hui. (…)

Le mariage pour tous : «Un véritable progrès sociétal»

L’Assemblée nationale a rejeté mardi, par 293 voix contre 222, un texte visant à «ouvrir le mariage aux couples du même sexe». Pourtant, Laurent Pinsolle, est persuadé que les lignes bougent à droite et que l’adoption de cette mesure n’est qu’une question de temps.

En refusant tout jugement de valeur entre hétérosexualité et homosexualité, l’Etat enverrait un bien beau message de tolérance et de respect.

Il est loin le temps où la droite s’opposait très largement au PACS, laissant Roselyne Bachelot isolée au sein de sa famille, faire un discours émouvant applaudi par la gauche de l’hémicycle. Même si l’UMP conserve en soin sein des députés comme Christian Vanneste ou Brigitte Barèges, qui ne lui font pas honneur par leurs déclarations assez révoltantes, on constate que plusieurs députés de la majorité ont pris ouvertement position en faveur du texte socialiste. […]

En effet, quel message envoie notre société, notre République en refusant d’accorder aux couples homosexuels le droit de se marier comme les couples hétérosexuels ? Implicitement, cela revient à dire qu’il y a deux poids, deux mesures, qu’il y a des couples de première catégorie et des couples de seconde catégorie. La loi telle qu’elle est aujourd’hui porte un jugement de valeur sur la sexualité en accordant moins de droits aux couples homosexuels. […]

Marianne 2

Crise : le système est au bord du gouffre ? Faisons un pas en avant !

La violence de la crise aurait dû provoquer une remise en question du système. Paradoxalement, la rapidité du sauvetage et les moindres conséquences de la crise par rapport à celle de 1929 font que rien n’avance. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir les solutions en main.

Des intellectuels alternatifs se sont levés

Venus de toutes les familles de pensée, de la gauche (Frédéric Lordon, Jacques Généreux, Emmanuel Todd, Jean-François Kahn ce week-end sur son blog dans un très bon papier), du libéralisme humaniste (Jean-Luc Gréau, Maurice Allais), du libéralisme étasunien (Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Robert Reich) ou d’ailleurs (Jacques Sapir, Paul Jorion), un nombre toujours plus important d’économistes et d’intellectuels nous proposent des solutions pour refonder le système économique. Laurent Pinsolle propose ici les 18 mesures emblématiques qu’il a retenues. Oui, un autre monde est possible !

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L’Europe de Maastricht et Lisbonne à bout de souffle

Depuis quelques semaines, l’Europe est sous le feu de la rampe, mais rarement de manière très positive. Refus de Barack Obama de participer à un sommet européen, crise économique et financière. Le vieux Continent va mal. La faute à une construction européenne mal conçue.

Au début des années 90, on nous avait vendu la monnaie unique comme un moyen pour les européens de retrouver une forme de souveraineté monétaire face au dollar, d’avoir une croissance plus forte. Les dix dernières années montrent bien que l’euro est un très lourd boulet accroché aux pieds des économies européennes.

Les crises irlandaises, espagnoles ou grecques, montrent que la bonne croissance de ces pays pendant les années 2000 ne reposait que sur une bulle, qu’ils paient bien cher aujourd’hui, puisque le PIB de l’Irlande a baissé de 10% en deux ans, que le chômage atteint 20% en Espagne et que la Grèce est aujourd’hui soumise à un plan d’austérité draconien. Bref, au final, personne n’a vraiment profité de l’euro et chaque jour qui passe le démontre, de manière de plus en plus claire.

Mais l’échec économique européen est complété par un échec institutionnel patent. Là encore, on nous avait vendu le Traité Constitutionnel Européen, puis le traité de Lisbonne, comme des moyens, pour l’Europe, de fonctionner de manière plus efficace. Las, même Daniel Cohn-Bendit finit par dénoncer le fonctionnement de l’Union Européenne.

2010 sera peut-être le début de la fin, pour cette Union Européenne d’inspiration fédéraliste et néolibérale. Son échec patent, sur tous les fronts, pourrait bien encourager les peuples à soutenir les partisans d’une autre Europe, plus respectueuse des peuples.

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Chine: N°1 des exportations… et de nos délocalisations

La Chine est devenue le premier exportateur mondial selon les statistiques de Pékin. Loin du discours officiel sur l’insertion de la Chine dans la mondialisation, Laurent Pinsolle montre que la Chine ne prend du libéralisme que ce qui l’arrange et souhaite une réaction de l’Union européenne.

La plupart du temps, la réussite économique chinoise est présentée comme une preuve de l’efficacité du libéralisme. Mais si la Chine profite du libéralisme des autres, sa réussite est davantage la conséquence de son dirigisme économique et de son patriotisme sourcilleux.

La première clé de sa réussite c’est tout simplement le rattrapage économique. Comme beaucoup d’autres pays asiatiques avant elle, la Chine profite tout simplement du transfert de technologies des pays développés, qui, en augmentant la productivité, permet le développement.

La Chine est patriote et pragmatique. Malheureusement, ce comportement est porteur de déséquilibres majeurs pour l’économie. Les États-Unis, dépendants de son argent, ne peuvent pas y faire grand-chose. C’est donc aux pays européens d’agir !

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Le marché libre conduit au retour des famines

Le dernier article de The Economist sur les évolutions mondiales de l’agriculture donne involontairement des arguments aux critiques de la libéralisation des échanges : ruée sur les terres des pays pauvres, volatilité des prix, et surtout succès des politiques nationales pour l’autosuffisance alimentaire. Laurent Pinsolle vous en dit plus.

Dans son édition du 21 novembre, The Economist se penche sur le thème passionnant de l’agriculture et se demande comment nous allons faire pour nourrir le monde. Devant l’envolée du prix des produits agricoles en 2007, de nombreux pays ont pris des mesures radicales, comme l’interdiction des exportations, ce qui, par ricochet, a provoqué de graves crises dans les pays importateurs. L’envol des prix a provoqué une hausse historique d’environ cent millions du nombre de personnes mal nourries dans le monde. The Economist se fait l’avocat de la libéralisation des marchés agricoles et appelle à la suppression des barrières douanières récemment mises en place.

Pourtant, ce dossier montre bien que les mécanismes du marché aboutissent aux drames que nous avons connus depuis quelques mois. En effet, la « main invisible » a abouti à une concentration de la production qui rend plus volatiles les cours des produits agricoles, menaçant les populations les plus pauvres de la planète.

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