Avec le FN à la mairie, «triple galère» pour bâtir une mosquée (saphirnews)

Aux élections municipales, le Front national a remporté 13 villes. Selon le site saphirnews, «des temps difficiles sont attendus pour les musulmans compte tenu du rejet explicite du FN envers l’islam, qui s’illustre avec le refus catégorique de voir s’ériger des mosquées».

Des maires de gauche ou de droite d’abord réticents à l’édification de mosquées peuvent céder pour s’assurer le vote de l’électorat musulman mais tel n’est pas toujours le cas. Les candidats frontistes choisissent, eux, d’emblée de faire campagne contre des mosquées, qui dénatureraient, à leurs yeux, l’identité de la France, pour être élus. Dans les deux cas, les associations cultuelles musulmanes se trouvent prisonnières de situations qui vont à l’encontre de la laïcité, laquelle garantit le libre exercice du culte à tous.

Le FN, par la voix de sa présidente Marine Le Pen, a montré sa détestation des prières dans les rues. Paroxysme de l’incohérence : dans ce parti, on reste hostile à tout projet de mosquée. Les membres du parti se mobilisent alors farouchement contre toute édification de mosquée. Cela fut largement le cas au cours de la campagne des élections municipales. […]

saphirnews

Laïcité : Va-t-on supprimer tous les signes chrétiens du paysage public ?

Jean- François Chemain est diplômé de l’IEP de Paris, diplômé de Droit international, agrégé et docteur en Histoire, déplore la multiplication des procédures judiciaires contre les symboles catholiques dans l’espace public.

La nature, enfin, a horreur du vide. Croire n’est pas seulement une liberté fondamentale de l’Homme, c’est aussi pour lui un besoin: qu’on fasse place nette du christianisme en France, et d’autres croyances prendront cette place, qui n’ont pas forcément le même rapport à la liberté, et à la laïcité.

«Tout est chrétien» se désolait Sartre au lendemain de la Guerre … Deux mille ans de christianisme ont laissé dans notre culture, notre langue, nos paysages, nos mentalités des traces si profondes qu’on voit mal comment on pourrait les effacer. Interdire aux cloches de sonner, détruire ensuite les églises, briser les calvaires, cacher les statues, travailler le dimanche, et à Noël, et Pâques, et ne plus prononcer le nom de ces fêtes, ne plus dire «battre sa coulpe» ni «avoir voix au chapitre»… Débaptiser villes et villages portant un nom de saint… Interdire à Madame Taubira de s’appeler Christiane, qui signifie «chrétienne»…

Les «libertaires» qui veulent effacer toute trace de christianisme ont régulièrement fait le lit des totalitarismes.

Allons plus loin: s’il est convenu de prétendre que les valeurs «républicaines» se sont construites contre le christianisme, il est pourtant évident qu’elles en sont, sécularisées, les héritières. D’où peut bien provenir, chez nous, ce souci constant du plus faible, cette compassion pour les prisonniers, cet accueil de l’étranger, cette recherche frénétique de l’égalité, cette méfiance de la richesse, sinon du message évangélique ? […]

Allons encore plus loin: l’idée même de laïcité n’est pas religieusement neutre, puisque c’est une exigence chrétienne ! […]

Le Figaro (Merci à Joyeux luron)

Une «note confidentielle» évoque le communautarisme musulman qui «défie» l’école

Une note confidentielle des services de renseignements, portée à la connaissance du Figaro, «révèle» que, de manière insidieuse, une forme de repli identitaire se fait jour dans certains établissements scolaires».

Port du voile dans les cours de récréation, revendications de repas halal à la cantine, absentéisme chronique au moment des fêtes religieuses, prières clandestines dans les gymnases ou les couloirs… De manière insidieuse, le communautarisme musulman cherche à gagner du terrain dans le système éducatif français. Une note confidentielle des services de renseignements portée à la connaissance du Figaro dresse un état des lieux édifiant. Ce document, épais d’une quinzaine de pages et daté du 28 novembre dernier, est émaillé d’environ 70 exemples précis à travers toute la France.

Tous sont révélateurs et, parfois, surréalistes. Disséquant au scalpel un phénomène relevant d’«initiatives isolées» susceptibles de «déstabiliser les équipes enseignantes», les policiers révèlent comment les adeptes de la «tradition islamique rigoriste» tentent de contourner la loi de mars 2004 prohibant les signes religieux à l’école.

Lancés dans une guerre «d’usure» face à la laquelle le corps enseignant est démuni, d’autoproclamés «jeunes gardiens de l’orthodoxie» exercent au sein même de certains établissements des pressions sur les jeunes musulmanes. «Lors des fêtes musulmanes, et plus particulièrement lors de l’Aïd-el-Kebir, des classes sont désertées par les élèves», souligne le rapport qui révèle des taux d’absentéisme frisant les 90% dans des quartiers sensibles de Nîmes ou Toulouse.

À Marseille, un proviseur de lycée des quartiers nord témoigne que certains de ses élèves prient avec une telle ferveur qu’ils en ont le «front bleu». Interrogée par Le Figaro, la philosophe et spécialiste de la laïcité Catherine Kintzler considère que «ce n’est pas en se taisant sur les revendications communautaristes que la République finira par gagner.» Plongée dans les coulisses d’un repli identitaire qui inquiète la police.

Le Figaro

Port du voile : Des vêtements dits «traditionnels» pour contourner la loi

De plus en plus de jeunes essayent de faire passer le port du vêtement « traditionnel » comme un simple accessoire de mode.

«Tous les chefs d’établissements des quartiers sensibles soulignent que leur premier problème, au quotidien, reste la gestion des jeunes filles en jilbab». Sans ambages, les spécialistes estiment qu’il «conviendrait de trouver une solution au plus vite».

Pour contourner l’interdiction du voile et des signes religieux ostensibles à l’école, de plus en plus de jeunes adoptent le port du vêtement «traditionnel». Ainsi, les filles portent le jilbab, habit large et ample couvrant les cheveux et tout le corps hormis les mains, le cas échéant protégées de gants fins. Cette pièce de tissu noir est prônée par le Coran, qui stipule: «Ô prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de resserrer sur elles leur mante (jilbab), elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées.»

Les garçons enfilent quand à eux le khamis, longue tunique tombant jusqu’aux genoux. Cette mode, selon les experts du Renseignement territorial, se répand en particulier dans les quartiers sensibles. Présentés officiellement par les élèves comme des tenues «culturelles» et portés pour des motifs à l’évidence religieux, «ces vêtements atteignent évidemment au principe de laïcité sans pour autant contrevenir à la lettre de la loi», notent les analystes de la Place Beauvau, qui relèvent le «vide juridique dans lequel les plus rigoristes ne manquent pas de s’engouffrer».

Dans un lycée des quartiers nord de Marseille, huit adolescentes débarquent quotidiennement revêtues d’un jilbab depuis la rentrée 2012-2013. À l’injonction du corps éducatif, elles acceptent volontiers d’ôter le voile, mais «ergotent longuement sur le reste de leur tenue, affirmant avoir acheté leur maxi-jupe dans une grande enseigne, ce qui en ferait un accessoire de mode».

Dans les Yvelines, à Mantes-la-Jolie, aux Mureaux et, dans une moindre mesure, à Magnanville, les élèves multiplient aussi les «subterfuges». Alors que les adolescents dissimuleraient leur djellaba dans le pantalon, les filles aussi adeptes du hijab noir ou marron couvrant la tête et les épaules ou de la tunique appelée abaya «gardent de surcroît leurs gants, y compris pendant les cours, au prétexte fallacieux “d’avoir froid”. Les mêmes mains gantées ont aussi été dénoncées à Nîmes ou dans le sud du Finistère», précisent les auteurs du rapport. Constatant que «dans certains collèges, ce phénomène trahit l’existence d’un “contrôle vestimentaire” imposé par leurs familles à de jeunes musulmanes, dont les garçons sont chargés de veiller à la bonne morale à l’extérieur et à l’intérieur des établissements scolaires», les policiers notent que «certains établissements nordistes n’ont pas transigé en établissant un nouveau règlement intérieur».

Le Figaro (Merci à domi)

Cazeneuve : « Notre France n’a pas peur des musulmans »

Dans une tribune publiée en Avril 2012 intitulée « Comment Nicolas Sarkozy a bradé la laïcité », Bernard Cazeneuve s’élevait contre les concepts de « laïcité positive » et l’insistance de Nicolas Sarkozy sur les « racines chrétiennes de la France ». (Les fautes d’orthographe sont d’origines).

La laïcité fut en effet l’aboutissement d’un combat sans merci qui portait comme une synthèse l’aspiration de la République à voir se réaliser les trois ambitions de sa devise : la liberté, l’égalité et la fraternité.

La laïcité désirait que chaque citoyen pût trouver, dans l’indifférence du pouvoir politique à l’égard des croyances et des religions, un chemin pour le libre exercice de sa conscience. Elle fut ainsi le moyen de conforter au cœur de la République la devise de la liberté. Comme elle établissait que l’essence même de l’Homme l’emportait sur toutes les autres appartenances qui pouvaient le distinguer, elle fut un ressort puissant de l’égalité. Enfin, comme dans l’école de la République, dégagée de toute inféodation aux croyances et à leurs églises, elle garantissait l’accès de chacun à la connaissance et formait à la tolérance par l’apprentissage de l’ouverture à l’autre, elle constituait le socle solide de la fraternité.

C’est pourquoi la laïcité renvoie à la notion ancienne de peuple formant un tout, à l’idée d’une indivisibilité par ailleurs inscrite dans notre constitution, à l’unité du peuple français. Cette unité n’est pas un nivellement : elle permet à la République laïque, depuis plus d’un siècle, d’accueillir et d’intégrer en son sein l’ensemble des siens. Désigner chaque jour des boucs émissaires, entretenir l’invective, c’est pousser la République dans les bras du communautarisme.  

La France que nous désirons ardemment n’accepte pas ces discriminations qui éloignent de l’emploi, ou tout simplement de la vie, une grande partie de ses enfants en raison de leurs origines ethniques, religieuses ou sociales. La France que nous désirons ardemment n’a pas peur des musulmans de France, car elle pense la République laïque assez forte pour les intégrer dans le respect de ses valeurs. La France que nous désirons ardemment doit assurer l’égalité républicaine, plutôt que de réinventer les népotismes d’ancien régime. Elle doit tendre la main à tous les quartiers de ses villes, plutôt que de stigmatiser ses banlieues. Elle doit tout mettre en œuvre pour que l’égalité des chances et la méritocratie quittent leur statut de chimère.

Les plus faibles sont toujours les premiers à pâtir des manquements au contrat social et au pacte républicain. Si l’aggravation de leur condition devait les renvoyer à leurs seules origines, à leur dénuement, ou pire encore étendre les discriminations qu’ils peuvent subir, alors le malaise social aujourd’hui perceptible pourrait se muer demain en rage sociale. Il ne resterait plus alors qu’à dire, comme aux heures tristes du bonapartisme : « Il est tant que les bons se rassurent et que les méchants tremblent . »

Le Nouvel Obs

Municipalités FN : Marine Le Pen annonce la fin des menus de substitution au porc dans les écoles (màj)

Addendum

[...] Aussitôt prononcés, les propos de Marine Le Pen ont été vivement critiqués, notamment sur les réseaux sociaux.

«Marine Le Pen fait de la laïcité à l’envers», a pour sa part réagi le PCF dans un communiqué, dénonçant «une offensive anti-musulmans à peine masquée». «Edicter cette règle, c’est priver des enfants de repas pour faire exercer un odieux chantage contre leurs parents», a dénoncé le responsable communiste en charge de la laïcité, Pierre Dharréville.

La polémique enfle donc, certains voyant dans l’annonce de Marine Le Pen la fin pur et simple des menus de substitution sans porc proposés dans certaines écoles… ce que la présidente a réfuté sur Twitter : «Polémique artificielle: il s’agit d’interdire l’interdiction du porc dans les cantines, et polémique inutile car il y a toujours 2 menus !» [...]

Une position martelée par Florian Philippot, le vice-président du FN: «nous somme pour l’interdiction des interdictions» mais «il y a aura toujours le choix comme aujourd’hui» dans les menus, a-t-il précisé sur BFMTV, estimant que les propos de Marine Le Pen avaient été mal interprétés. [...]

Le Figaro

_______________________________

Marine Le Pen a annoncé ce vendredi 4 avril sur RTL que la laïcité serait une priorité dans les municipalités FN. 

Hebergeur d'image

« Nous n’accepterons aucune exigence religieuse dans les menus des écoles », a-t-elle précisé.

Pour la présidente du FN : « il n’y a aucune raison pour que le religieux entre dans la sphère publique. » Marine Le Pen a donc annoncé la fin des menus de substitution au porc dans les écoles. [...]

RTL



Finlande : Les femmes voilées ne sont pas les bienvenues dans la police

Une femme voilée n’a pas été acceptée dans la police finlandaise. Le site musulman oumma s’en indigne.

Un rejet partagé par le gouvernement finlandais et différents ténors de la classe politique, pour qui la neutralité de la police est non négociable. «Autoriser le voile pourrait conduire à d’autres demandes liées à la religion, par exemple le droit de s’arrêter pour la prière. Et ça, c’est inconcevable !», a déclaré le porte-parole du Conseil national de la police

«Je veux faire partie de la société, mais la société ne veut pas de moi», a déploré la jeune femme devant la presse locale.»

Une seule mince frontière les sépare, et pourtant c’est un long voile de différences qui les éloigne, la Finlande et la Suède ont beau avoir en commun leurs latitudes nordiques, l’esprit d’ouverture qui les anime envers l’insertion professionnelle des femmes voilées est plus polaire d’un côté que de l’autre.

C’est peu dire que le veto de l’institution policière a brisé ses rêves en l’espace de quelques lignes, une Finlandaise de 38 ans, qui n’imaginait pas d’autre carrière que sous l’uniforme des forces de l’ordre, a dû se résoudre à ne jamais le porter après avoir échoué à infléchir la décision de la direction nationale de la police au sujet du port du hijab. […]

Pour le leader du parti démocrate-chrétien «il est important que la police soit considérée comme représentant la puissance publique, et non certaines convictions religieuses. Si nos policiers sont amenés à intervenir dans un litige qui oppose des personnes ayant des origines idéologiques différentes, alors l’uniforme officiel démontre leur impartialité, et cela c’est essentiel.»

oumma

Zehira Houfani-Berfas : «Le Parti québécois est en train de montrer la porte aux Maghrébins»

Le Québec s’apprête à élire ses députés provinciaux le 7 avril. Le débat est polarisé autour de la charte des valeurs québécoises qui va interdire le voile dans la fonction publique. L’indépendance de la province reste aussi un enjeu. Dans la série d’entretiens d’El Watan avec les Algériens de la Belle Province, discussion avec Zehira Houfani-Berfas, «écrivaine», journaliste arrivée au Canada (Ottawa) en 1994 avant de déménager au Québec en 2003.

«Le voile n’a jamais été mon combat, mais cet acharnement contre le foulard islamique en France d’abord, puis au Québec nous interpelle en tant communauté», affirme-t-elle.

Y a-t-il un danger islamiste ou intégriste au Québec ?

Autrement dit, « Les soldats d’Allah seraient-ils en train d’envahir le Québec » ? Je ne sais pas s’il y a des gens qui croient en ces inepties. Le Québec se trouve en Amérique du nord, un endroit où les libertés sont ancrées dans la vie des gens comme nulle part ailleurs.

Ce peuple a fait et réussi sa révolution tranquille alors qu’il se trouvait seul sous le joug de la puissante église et des empires anglophones. Il défend vigoureusement sa langue et sa culture face à ses voisins, dont le géant américain.

Dire que la présence du foulard islamique ou d’une mosquée le met en péril, c’est manquer de respect aux gens et dénigrer leur capacité d’évolution. [… ] Les immigrants qui arrivent au Québec en quête d’une vie meilleure se retrouvent malgré eux embarqués dans une dynamique qu’ils ne comprennent pas.

Du moins dans un premier temps. Des notions comme la séparation, l’indépendance du Québec n’étaient pas inclus dans leur projet d’immigration. À l’exception des Français qui, peut-être, connaissent la situation du Québec dans le Canada, de par l’histoire et l’ascendance, les autres immigrants se retrouvent plutôt incommodés de devoir choisir en le Québec et le Canada. […]

El Watan (Merci à ranelagh)

Le PS et les musulmans : La rupture

Le PS va-t-il perdre le vote des musulmans après celui des classes populaires ? A en croire les études, la réponse est oui selon Nicolas Bourgoin démographe, maître de conférences à l’université de Franche-Comté

S’il ne pèse que 5 % du corps électoral, l’électorat musulman est très marqué à gauche (entre 70 % et 90 % suivant les élections) et a joué un rôle décisif dans la victoire de François Hollande qui en a recueilli la quasi-totalité.

Le rejet anti-Sarkozy a joué pleinement : le candidat socialiste promettait de rompre avec la politique atlantiste de son prédécesseur et d’en finir avec les débats truqués sur l’identité nationale « qui ne servent qu’à monter les Français les uns contre les autres ». La suite nous a montré ce qu’il fallait en penser…

De fait, une bonne partie de ces voix risquent fort de faire défaut au PS lors des prochaines échéances électorales, bien que les tentatives de récupération menées par l’UMP semblent vouées à l’échec.

La campagne anti-Dieudonné, celles sur la « laïcité », les attaques contre les principes religieux avec l’enseignement de la théorie du genre, le mariage gay et la légalisation de la PMA et de la GPA prévue initialement dans la loi Famille, les diatribes islamophobes de Manuel Valls, les lois anti-voiles votées par le gouvernement, la ligne pro-sioniste suivie par celui-ci sur les dossiers syriens et ukrainiens, son soutien inconditionnel à Israël, et enfin l’abandon de promesses pourtant bien timides sur le droit de vote des étrangers ou les récépissés lors des contrôles de police ont achevé de dissiper ce qu’il restait d’illusions à propos d’un PS antiraciste et bienveillant à l’égard des musulmans. Opération séduction un mois avant les municipales, l’hommage de circonstance rendu par François Hollande aux soldats musulmans morts pour la France ne trompera pas grand monde.

En février 2006, SOS Racisme prend position en faveur de la publication des caricatures de Muhammad du journal Jylland-Postens dans Charlie Hebdo en signant une pétition de soutien. […] A l’opposé, SOS Racisme poursuit sans relâche les quenelliers. […]

saphirnews

Loi du 15 mars 2004 : Rym porte le voile «pour changer l’image de l’islam dans la société française»

A l’occasion du dixième anniversaire de la loi du la loi du 15 mars 2004, sur les insignes religieux, le Monde publie 3 témoignages de musulmanes portant le voile en France.

A 12 ans, Maryam n’a pas non plus l’intention d’enfreindre la loi : son foulard bleu, elle le porte «tout le temps, sauf au collège» de sa ville de province. […] Sa mère, Bénédicte, est voilée depuis dix-sept ans, sa sœur aînée, lycéenne, attend, selon sa mère, «d’être à l’université pour le porter, même si elle craint qu’on lui mette des bâtons dans les roues». Maryam, elle, n’exclut pas un jour de «négocier» avec les responsables de son établissement le droit de conserver son voile tout le temps. Elle est scolarisée dans l’enseignement privé catholique.

Rym, la jeune Toulousaine le reconnaît : la loi du 15 mars 2004, qui depuis dix ans interdit le port de signes religieux dans les établissements scolaires, lui est un peu «passée à côté». Pourtant, venue témoigner lors d’un colloque organisé le 8 mars à Paris par le Comité 15 mars et libertés, qui lutte pour l’abrogation de ce «texte injuste», Rym se dépeint en «victime indirecte». Son propre frère, avocat, l’avait prévenue qu’en se voilant elle allait « outre [sa] vie en l’air».

Dès la terminale, convaincue de sa foi et déterminée à s’afficher musulmane «pour changer l’image de l’islam dans la société française», Rym souhaitait se voiler. Mais, «à cause de la loi», la jeune fille, issue d’une famille peu pratiquante, décide d’attendre un an pour être «tranquille» à la fac, où ne s’applique pas l’interdiction.

Aujourd’hui inscrite en master 1, Rym admet suivre sans problème les cours théoriques mais témoigne de sa difficulté à trouver des stages «avec son voile». «J’ai cherché des avocats avec des noms à consonance [musulmane], mais même eux refusent. Ils sont dans une optique d’assimilation et ne veulent pas qu’une fille voilée les ramène à leur condition», assure-t-elle avec dépit. […]
Sara, originaire d’un petit village des Vosges «sans musulmans», la collégienne, dont la mère et la sœur aînée étaient voilées, avait dès l’âge de 11 ans «décidé de préserver [sa] pudeur sous un voile». […]

Elle est aujourd’hui en deuxième année de médecine… en Belgique, où elle peut suivre ses stages voilée. « Mais mon but est de m’installer en France, pédiatre ou généticienne, et de soigner tout le monde. Je ne vois même pas pourquoi des patients seraient gênés par un bout de tissu sur mes cheveux. » […]

Le Monde

Prison : Les repas halal et casher compatibles avec le principe de laïcité

Servir des repas « confessionnels », c’est-à-dire halal ou casher, en prison ne contreviendrait pas au principe de laïcité, a estimé mardi le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue. Fin novembre 2013, le tribunal administratif de Grenoble a enjoint le centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) de servir des repas hallal à ses détenus musulmans au nom de la liberté d’exercer sa religion, une première. Le ministère de la Justice a indiqué qu’il ferait appel de ce jugement.

«Le principe de laïcité ne s’oppose nullement, tout au contraire, sauf discrimination fondée sur l’origine religieuse, à la confection ou à la distribution d’aliments +confessionnels+ dans les lieux privatifs de liberté », a écrit le Contrôleur dans son rapport annuel, publié mardi.

Aujourd’hui, la plupart des établissements pénitentiaires proposent des repas sans porc, mais pas de repas intégrant des aliments respectant les rites confessionnels.

«Faut-il autoriser ou non ces viandes confessionnelles ? Oui, dès lors que rien (dans les) contraintes du service public ne s’y oppose», a déclaré M. Delarue lors d’une conférence de presse de présentation de son rapport annuel.

« Ces viandes, pour nous, font partie de la manière dont une personne peut exercer ou non son culte », a fait valoir le Contrôleur, qui a cité des témoignages de détenus indiquant qu’ils « (crevaient) de faim parce qu’(ils ne pouvaient) pas se nourrir ».

M. Delarue a souligné que des repas différenciés étaient déjà servis dans les établissements pénitentiaires, le plus souvent pour des raisons médicales. Servir des repas halal ou casher n’induirait pas de coûts supplémentaires et pas de difficulté de gestion, selon lui.

Le Point

Dounia Bouzar : «Le wahhabisme est une secte, le niqab n’est pas l’islam»

Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux et également membre de l’Observatoire de la laïcité,veut prévenir le radicalisme sur le terrain. Elle défend le port du voile tout en refusant celui du niqab et considère le wahhabisme comme une secte. Le wahhabisme est la doctrine du régime saoudien.

Plus il y a des comportements de rupture, plus cela illustre les représentations négatives des gens : selon eux, l’islam apparaît bien comme une religion archaïque, incompatible avec l’égalité hommes-femmes… Quand on sait combien cette notion est, au contraire, au cœur de l’islam, c’est le comble !

Quelles sont les actions à mettre en place pour faire œuvre de prévention auprès de ces jeunes ?

Il faut travailler sur les représentations négatives de l’islam, puisque la majorité de la société le perçoit comme une religion par essence archaïque, qui invite à ne pas réfléchir… Il y a une forte notion de soumission dans les représentations qu’on se fait de l’islam dans les relations hommes/femmes, musulmans/non- musulmans, croyants/non-croyants. Les représentations négatives sont tellement partagées par l’ensemble de la société que, du coup, on ne s’étonne plus de rien. […]

Je vais continuer à former les institutions pour qu’ils arrêtent de penser l’islam négativement, ce qui mène à la discrimination, voire au harcèlement, des pratiquants mais aussi au laxisme envers les radicaux, mais je ne peux rien faire de plus. C’est maintenant à la communauté de croyants connaissant bien la théologie, qui n’est pas mon domaine, de trouver le moyen pour prendre le relais et parvenir à faire ce travail-là avec leurs propres mots, leur propre culture, leur propre mémoire de l’exil. […]

saphirnews