Pascal Bruckner : «En France, l’adversaire a toujours le visage du nazi»

Dans «Un bon fils» (Grasset), le romancier et essayiste Pascal Bruckner révèle le passé nazi de son père issu d’une famille de huguenots qui avaient été contraints de quitter la France pour se réfugier en Allemagne. Extraits d’un long interview sur Atlantico.

Je crois que l’Europe de l’Ouest voudrait tranquillement sortir du temps, être simplement engagée dans les joies de l’économie et de la consommation et se poser en exemple pour le monde entier. Mais tout ce qui passe nous prouve qu’on ne peut pas sortir de l’Histoire, sauf à disparaître complètement.

Pour vous, l’antisémitisme est une des formes de la haine de l’autre ?

Le Juif, ce n’est pas l’autre. Ce peut être n’importe qui. C’est le Même dans l’Autre, ou l’Autre dans le Même. On apprend que M. Untel est juif, et tout à coup, on réinterprète toute sa conduite. Un Arabe ou un Africain, on voit tout de suite que c’est l’Autre. Le Juif, c’est « le poison qui corrompt la nation ». Ce n’est pas la même chose. L’antisémitisme s’adresse aux presque semblables, à ceux qui ont tout comme nous sauf le petit détail qui les fait basculer dans une altérité sournoise alors qu’on reconnaît tout de suite les Arabes, les Africains, les Indiens : les jeux sont clairs. La haine du Juif, c’est le bacille qui dévore la nation française. C’est une idée qui date du XIXe siècle. L’antisémitisme est beaucoup plus ancien. […]

Vous dites que le roman familial de la France, c’est la Seconde Guerre mondiale, dont elle n’est pas sortie, qu’aujourd’hui encore, nous «rejouons sans fin l’Occupation»…

Tout le temps, sans cesse… La France s’est arrêtée en 1944, avec la libération de Paris et de l’Alsace-Lorraine. On a l’impression qu’on n’est pas sorti de là.

Il y a vraiment deux mémoires qui s’affrontent en France : la mémoire de la colonisation et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Mais on s’aperçoit que la mémoire de la colonisation concerne en fait très peu de monde. Cela concerne évidemment les Algériens, mais eux-mêmes sont peut-être mieux chez nous que chez eux. La France a été un grand pays colonialiste, un Empire, mais un Empire peut-être pas si populaire que cela. […]

La mémoire de la guerre a donc été plus traumatisante que la mémoire de la colonisation ?

Je crois, oui. La France a quand même été occupée trois fois en un siècle : en 1870, tout l’Est et le Nord en 1914 et l’intégralité du pays en 1940. Je pense qu’on a beaucoup de mal à se relever de cela. Tout le monde aujourd’hui parle en terme de résistants, de fascistes, d’occupants… L’adversaire a toujours le visage du nazi. Chacun se drape dans la pose du Résistant. Il y a trois semaines, les manifestants contre le pacte de responsabilité sont passés en dessous de chez moi. Ils ont chanté «Le chant des partisans» et «L’Internationale». Comme si refuser le pacte avec le patronat, c’était finalement de nouveau dresser le pays contre l’abomination nazie. Il y a une folie française.

Et vous, vous avez «joué au Juif»… Alors que vous êtes d’origine protestante, vous n’avez pas démenti quand certains vous ont présenté comme juif. C’était votre «revanche» sur ce père nazi : «J’ai joui, dites-vous, de corrompre le nom de l’intérieur»…

Exactement. Et cela s’est accentué avec les années. Petit à petit, j’ai reçu du courrier de toutes les associations juives. A chaque fois, je répondais : «Mais non, vous savez, je ne suis pas juif». Soit, les gens disaient : «Ce n’est pas grave», soit ils disaient : «On respecte votre choix si vous ne voulez pas le dire». J’étais toujours pris entre deux feux. Finalement, j’ai laissé faire. C’est une ambiguïté qui, finalement, est plutôt plaisante. […]

Le Figaro

Bernard-Henri Lévy et Marc Bonnant parlent de l’antisémitisme au travers du ‘procés’ de Wagner (vidéo)

Marc Bonnant : « Il y a une particularité, il y a une singularité, que moi je considère comme une supériorité de l’esprit (…) Pourquoi ce peuple est infiniment plus intelligent avec des exceptions en marge »


lien direct sur : VK
source : compilation de Pardonnez-moi : Marc Bonnant & Bernard-Henri Lévy – RTS.ch

Le Cas Wagner
« Procès » mis en scène au Grand Théâtre en trois actes et une péroraison de contrastes.

Alain Carré incarnera Richard Wagner. Bernard-Henri Lévy et Marc Bonnant l’accuseront ou le défendront. En alternance, sur un coup de dé, selon leur pensée profonde ou – qui sait? – en contradiction avec elle…
Seront cités à comparaître – viendront-ils ? – des témoins à charge et à décharge : Kant, Bakounine, Marx, Feuerbach, Schopenhauer, Meyerbeer et Mendelssohn, Nietzsche et Baudelaire, mais aussi Gobineau, Cosima Wagner, Houston Stewart Chamberlain, Winifred Wagner… et, peut-être, Adolf Hitler.
Les textes seront analysés. Ce qu’ils disent et ce qu’ils font naître. Les images et la musique seront évoquées et les symboles de leur sillage.

Wagner était-il antisemite ?
Dans l’histoire de l’antisémitisme moderne, le rôle joué par Richard Wagner est aussi important qu’incomparable. Par son factum laborieux publié en 1850 et réédité en 1869, La juiverie dans la musique, où il dénonce l’influence selon lui corruptrice des juifs dans la musique, il a largement contribué à la formation des énoncés de l’antisémitisme moderne. D’autres pamphlets suivront, d’une judéophobie flagrante, brutale et, parfois, terrifiante.
La philosophie et l’esthétique du siècle, mais aussi l’esprit du Festival de Bayreuth seront convoqués. Sans oublier, naturellement, la grande ombre de la tragédie du XXème siècle et de ce qu’il faut bien, hélas, appeler le wagnérisme politique.

source : geneveopera.ch

Paris : Un juif agressé par des Maghrébins (MàJ vidéo)

Addendum 28.03.2014 :

Addendum 22.03.2014 :

Selon le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA). Les jeunes lui crient «mort aux juifs, sale juif, sale fils de pute, ainsi que des expressions en langue arabe qu’il n’a pas comprises», détaille l’association. c’est l’arrivée sur les lieux d’une personne âgée qui met en fuite les agresseurs décris par la victime comme des jeunes «mesurant 1,70 à 1,80 m, portant des casquettes de couleur claire, vêtus d’un jean et d’origine nord-africaine».

Le Parisien (Merci à Margo)


Un homme de 59 ans a déposé plainte vendredi pour agression antisémite, affirmant avoir été insulté et frappé la veille à Paris par trois hommes qui lui ont dessiné une croix gammée sur la poitrine, a-t-on appris de sources concordantes.

Plusieurs élus parisiens ont condamné cette agression, David Alphand (dissident UMP, XIVe) dans un tweet et le maire PS Bertrand Delanoë dans un communiqué. «Cet acte d’une lâcheté inqualifiable constitue une trahison des fondements de la République et des valeurs de Paris», a écrit Bertrand Delanoë.

La victime, un enseignant résidant à Saméon (Nord) qui porte la kippa, a raconté qu’à sa sortie vers 22 heures d’un restaurant du XIXe arrondissement de Paris, trois hommes d’une vingtaine d’années lui avaient crié: « Mort aux juifs, sale juif, sale fils de pute ».

Selon ses déclarations, les trois agresseurs lui ont asséné de nombreux coups au visage avant d’ouvrir sa chemise pour dessiner sur sa poitrine avec un marqueur un semblant de croix gammée, a expliqué une source proche de l’enquête. Les trois agresseurs ont ensuite pris la fuite. L’enseignant a été transporté à l’hôpital, où ont été constatées de nombreuses lésions au visage.

Une enquête est en cours pour retrouver les trois agresseurs. «L’affaire est prise très au sérieux», a expliqué une source proche de l’enquête.[…]

Le Point

Valls : « les juifs de France sont plus que jamais à l’avant-garde de la république et de nos valeurs » (vidéo)

A l’invitation du CRIF avait eu lieu ce mercredi 19 mars (deux ans après les meurtres de Mohammed Merah à Toulouse) un rassemblement contre l’antisémitisme au Trocadéro.

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a appelé à «être lucide», à «réfléchir» et à «résister» face à l’antisémitisme.

Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, il faut faire preuve d’une «très grande lucidité», a déclaré le ministre devant des centaines de personnes réunies à l’appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) sur l’esplanade du Trocadéro.

« Les juifs de France sont plus que jamais à l’avant-garde de la république et de nos valeurs »

Les «actes antisémites sont en progression depuis quelques années» et ils sont le fait «d’une partie de l’extrême droite française», mais «l’antisémitisme se nourrit aussi de l’antisionisme», a-t-il dit. «Il se nourrit dans nos quartiers populaires des ambiguïtés sur l’Etat d’Israël», a ajouté le ministre, en disant : «nous devons résister, résister, résister face à cet antisémitisme».

Manuel Valls a également lancé un vibrant hommage à la communauté juive de France, «à l’avant-garde de la République et de ses valeurs», en lançant «juifs de France, sans vous, la France n’est plus la France !»

Peu avant, sur la tribune, le président du Crif Roger Cukierman a estimé que le «sursaut» face à ce «mauvais climat» passerait d’abord par «l’affirmation de notre citoyenneté française». «Oui, les Français juifs sont chez eux ici !», a-t-il affirmé, ajoutant «la haine des Juifs, ça suffit».

Libération

Paris 19e : «La Communauté Juive, un atout pour notre arrondissement» et pour l’UMP ?

Subventions, crèches religieuses, serrures pour shabbat… Le candidat UMP, Jean-Jacques Giannesini, dans le 19e arrondissement mise sur les 40000 juifs de l’arrondissement pour éviter de se prendre une claque au premier tour des municipales.

«[On veut montrer] que la communauté juive est une communauté qui cherche à s’intégrer et qui (…) est prête à jouer le jeu du vivre ensemble.» (Jack-Yves Bohbot, numéro 3 sur la liste UMP et vice-président du Consistoire central )

Le tract de campagne pique les yeux. Il annonce un meeting organisé pour séduire l’électorat juif religieux. Jeudi 20 mars dans une école confessionnelle, le candidat UMP à la mairie du 19e Jean-Jacques Giannesini sera la vedette «d’une grande réunion publique» avec comme titre : «la Communauté Juive, un atout pour notre arrondissement».

A l’école Merkaz Ohr Joseph, Jean-Jacques Giannesini doit tenir meeting devant les membres de la communauté juive de l’arrondissement, en présence de ses colistiers de confession juive, starring le champion de krav-maga Avi Attlan. Egalement sur l’estrade : Claude Barouch, responsable de l’Union des Patrons Juifs de France, et le député maire du 16e arrondissement Claude Goasguen, habitué des estrades communautaires. […]

A StreetPress, Bohbot promet que son candidat va «demander aux bailleurs sociaux de poser des verrous à l’entrée des HLM». Objectif : permettre aux religieux d’aller et sortir de leur immeuble les soirs de shabbat, sans être en contact avec des objets électrifiés comme des interphones ou des digicodes.

Sur les plateaux télé, le président de l’UMP Jean-François Copé piaffe régulièrement contre la montée du communautarisme. Mais à Paris dans le 19e, l’équipe de Jean-Jacques Giannesini dénonce la pénurie de crèches religieuses et même les digicodes dans les HLM qui empêchent les pratiquants de rentrer chez eux les soirs de shabbat. […]

streetpress

La Fédération anglaise estime que la quenelle de Anelka n’est pas antisémite


Le geste de la « quenelle » contient une référence antisémite, mais Nicolas Anelka ne peut pas être reconnu coupable « d’apologie de l’antisémitisme » pour l’avoir effectué, a estimé jeudi la commission indépendante de la Fédération anglaise (FA) qui l’a jugé.

L’attaquant français de 34 ans de West Bromwich Albion, qui avait célébré un but contre West Ham en décembre en exécutant une « quenelle » – un geste créé par l’humoriste Dieudonné et considéré par certains comme antisémite – avait été condamné jeudi dernier à cinq matches de suspension et à une amende de 80.000 livres (97.000 euros).

Dans son rapport de 35 pages rendu public jeudi, la commission a insisté sur le fait que « Dieudonné est fortement associé à l’antisémitisme » et que, par conséquent, « la +quenelle+ est fortement associée à l’antisémitisme ».

Cependant, les trois juges indépendants ont tenu à distinguer le geste à l’origine de la polémique de l’intention du buteur français, pas forcément antisémite selon eux.

article complet : i24news.tv

Il dit à ses agresseurs de rentrer en Algérie, un « bobo » lui fait la morale (RMC)

Dans Bourdin & Co, un auditeur de confession juive raconte comment il a été agressé par une bande de musulmans dans le RER. Il relate également l’hallucinante réaction d’un « bobo » présent lors de l’agression.

« L’un des agresseurs me sort  : « Façon toi t’es juif, t’as pas de pays, t’as pas de patrie ». Je lui réponds : « Et toi t’es quoi ? ». Il me répond : « Moi je suis algérien, nous on est algérien, toi t’es juif t’as pas de patrie ». Quand je lui ai dit « Dans ce cas retournez dans votre pays, vous nous pourrissez la vie ici », un bobo qui n’a pas bronché durant l’agression commence à expliquer : « Ah non non mais tout le monde est Français ! » Il commençait à me faire la morale ! Le type il a pas bougé pendant l’agression et il me fait la morale ! » – Lévi

Mais pourquoi les Juifs se tiennent-ils toujours les coudes ?

Article de Benoît Rayski

Ça se dit beaucoup. Et peut-être bien que c’est vrai. Vous voulez savoir pourquoi ?

Des Juifs, il y en a des biens. Et des pas biens. Des crétins. Et des intelligents. Des riches (on ne parle que de ceux-là). Des pauvres (on n’en parle jamais). Des gros. Et des minces. Des escrocs. Des qui sont honnêtes. Des qui sont de gauche. Des qui sont de droite. Des prix Nobel (il y en a pas mal). Des analphabètes (il n’y en a pas trop). Des mafieux. Des écrivains. Des cinéastes. Et des marchands de fringues. Mais ils ont tous quelque chose en commun : ils sont juifs ! Et depuis la nuit des temps on le leur rappelle.

Avec cette phrases répétée ad nauseam : ils se tiennent toujours les coudes ! Ça se dit dans les bistrots. Et les derniers bistrots où l’on cause, c’est le Net. La plupart des commentaires, fort nombreux, publiés sous l’article « Pourquoi Bernard-Henri Lévy suscite-t-il tant de haine ? » n’ont pas échappé à cette règle. Du moins, ceux qui n’ont pas été supprimés, la loi française interdisant toute incitation à la haine raciale. Et le « ils se tiennent toujours les coudes » y est remarquablement représenté.

Ils se tiennent toujours les coudes ? Mais bien sûr que c’est vrai ! Et pourquoi donc ?

Lire l’explication de Benoît Rayski sur Atlantico

Les 5 associations mentionnées sur le site du ministre socialiste Dominique Bertinotti (màj)

mise à jour du 17 févier 2014

On notera également sur son site :
http://www.dominique-bertinotti.fr/
une étoile de David en haut de la page à droite sur le bandeau en plus de l’arc-en-ciel homosexuel :

complément : en 2007, Dominique Bertinotti est invitée de la commission des élus locaux du CRIF

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article original du 16 févier 2014

Le site est : http://www.dominique-bertinotti.fr/

  • HES : Homosexualités et Socialisme
  • Association CONTACT :L’association CONTACT Paris – Île-de-France a pour objectifs : d’aider les familles et leurs amis à accepter l’orientation sexuelle de leurs proches – d’aider les lesbiennes, gais, bisexuel-le-s, à communiquer avec leur entourage – de lutter contre les discriminations, notamment l’homophobie
  • Le SNEG : le SNEG (Syndicat National des Entreprises Gaies) est une association loi 1901, comprenant 15 administrateurs élus, répartis sur tout le territoire.

Twitter : La France représente 87% de toutes les demandes mondiales de suppression de contenu (maj)


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Au premier semestre de l’année 2013, les autorités françaises ont déposé seulement trois demandes de suppression de contenu auprès de Twitter. Au second semestre, ce chiffre est multiplié par 100 : entre le 1er juillet et le 31 décembre 2013, les autorités se sont tournées 306 fois vers Twitter, visant un total de 146 comptes.

Tout aussi surprenant, les demandes de suppression de contenu émanant des autorités administratives françaises représentent 87 % du nombre total de requêtes similaires dans le monde. C’est donc essentiellement à la France que l’on doit le rebond du nombre mondial de demandes de retrait, de 60 au premier semestre à 365 au second.

Le réseau social précise sur son site que « plus de 300 demandes » émanent d’une « association nationale » et concernent des contenus « illégaux et discriminatoires ».

Ce chiffre s’explique-t-il par le rapprochement opéré à la fin de l’été 2013 entre l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) et le réseau social ? Après une bataille légale et politique dans laquelle s’était impliqué le gouvernement, Twitter avait été obligé de fournir des informations liées à certains comptes ayant proféré des blagues à caractère raciste et antisémite : mais il s’agit là d’une autre catégorie de demande, et pas d’une demande de retrait.

Joint par Le Monde.fr, un porte-parole de l’UEJF s’est étonné de ces 306 demandes, tout en reconnaissant avoir établi un « contact privilégié » avec le réseau social concernant la lutte contre les contenus illicites.

Article complet : Le Monde

En complément, l’article du 28 janvier 2014 : Manuel Valls annonce que la censure de Twitter est effective en France