« Sur le terrain, nous sommes toujours confrontés à la même merde »

Un officier de police d’Ile-de-France – vingt ans d’expérience –  a décrypté pour Libération, les effets pervers de la culture du résultat initiées en 2002 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur :

«Qu’on ne vienne pas me dire que la délinquance baisse, c’est de la flûte, de la démagogie. Sur le terrain, nous sommes toujours confrontés à la même merde, à des bandes de jeunes déracinés et désœuvrés qui se reconnaissent dans une culture des cités teintée d’américanisme et d’islamisme, et s’affrontent entre eux. Il existe toujours des zones de non-droit comme en Seine-Saint-Denis, et des grandes cours de récré de la délinquance comme dans les quartiers nord de Paris. (…)

Un jeune qui fume un joint dans le Ve arrondissement de Paris sera embarqué alors qu’un zy-va avec cinq barrettes de cannabis à Saint-Denis ne le sera pas.»

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Diversité, sécurité, autorité : l’aveu

Bernard Lassus, directeur général adjoint Ressources Humaines et Communication, parle des action menées par Electricité Réseau Distribution France (ERDF), une filiale d’EDF, en faveur de l’embauche de «personnes issues de la diversité».

La diversité, une autre mission de service public…

(…) Nous faisons aussi d’autres choses notamment sur l’embauche d’un certain nombre de personnes, en travaillant sur le processus d’intégration. Notre entreprise est une entreprise de main d’œuvre. Il y a donc des règles en matière de sécurité ou d’autorité. Cela nécessite un accompagnement vis-à-vis de ces jeunes.

Vous êtes donc très engagé en matière de diversité à l’interne ?

(…) Si on veut jouer la carte de la proximité dans les territoires, il faut que l’entreprise ressemble à ce que sont ces territoires. (…) Quand nos agents peuvent avoir des difficultés à entrer dans certaines cités, c’est important d’avoir des salariés qui soient le reflet de la société.

(Source)

Caillassage du Paris-Beauvais : le contrôleur témoigne

Rencontre avec le contrôleur du train caillassé samedi soir par une trentaine de jeunes en gare de Méru. En onze ans de carrière, ce Beauvaisien d’une trentaine d’années n’avait jamais connu un tel déchaînement de violence.

Ce contrôleur est encore sous le choc. Samedi soir, il a été agressé – avec cinq agents de police – par une trentaine de jeunes qui ont caillassé le train avec des pierres tirées du ballast.

En poste depuis onze ans sur la ligne Paris-Méru, il avoue avoir cessé de contrôler les jeunes les plus menaçants : il a peur. Les voyageurs aussi. Les wagons occupés par des bandes deviennent des zones de non-droit. Quand des usagers se retrouvent par hasard dans ce genre de wagon, ce contrôleur n’hésite pas à  « simuler un problème sur leur billet, pour permettre aux voyageurs, s’ils le souhaitent, de changer de wagon sans provoquer les jeunes ».

Depuis l’épisode du caillassage de samedi, il fait des cauchemars : «Je dors deux heures la nuit et je me réveille, pensant encore à cela. Je dois retourner chez le médecin ». «Quand j’ai donné l’ordre de partir, j’étais couché dans le train pour éviter les pierres. Tout est allé très vite. Les gens étaient choqués, certains ont même cru qu’il y avait eu des coups de feu tellement le choc des pierres contre la tôle faisait du bruit ».

En onze ans de carrière, ce contrôleur a connu « les insultes, les menaces », mais jamais une telle agressivité. Il sait cependant qu’il a de la chance : il n’a pas fini « inconscient sur le quai » comme l’un de ses collègues, quelques jours plus tôt, agressé à coups de barre de fer.

Lire l’article

Emeute du «lâcher de billets» : le témoignage des journalistes victimes

Lu dans Paris Match :

«Deux cents jeunes déchaînés d’un côté. De l’autre, à peine 50 CRS immobiles. Quand ils vous tombent dessus, qu’est-ce que vous voulez faire ?» demande Morgan, un jeune photographe de 21 ans passé à tabac pendant la manifestation. «Ils voulaient clairement frapper des journalistes, affirme-t-il, encore en colère. Et les forces policières, témoins de cette agressivité, n’ont rien fait pour les en empêcher»

Laissant leur proie au sol, les «racailles» partent ensuite à l’assaut des autres «journaleux»

Frappé à la tête avec un marteau brise-glace, Morgan s’écroule sur la chaussée, le crâne entaillé de 3 cm. Au-dessus de lui, ses assaillants le lynchent à coups de pied. Sur le trottoir, les témoins sont indifférents. Certains s’amusent même de ce véritable massacre. «Je ne pensais qu’à me relever, raconte Morgan. Cela les excite lorsqu’on fait le mort, ils frappent encore plus fort». Ses agresseurs profitent de son impuissance pour lui arracher son matériel photo. Laissant leur proie au sol, les «racailles» partent ensuite à l’assaut des autres «journaleux» : un cameraman de France 2 est molesté, puis un reporter.

«L’atmosphère s’est tendue, raconte un reporter. Enervées, les bandes ont commencé à arracher les sacs à la volée, ont insulté les journalistes avant de les courser sur l’avenue de La Motte-Picquet.» «Ils ont cassé des vitrines, ont essayé de mettre le feu aux poubelles, ont frappé des gens innocents…»

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Relire : Chasse aux Blancs après l’annulation du lâcher d’argent

Suisse : la commune de Martigny livrée aux bandes (mise à jour)

21/11/2009 : le journal suisse le Matin tente de minimiser le déferlement de violence à Martigny

Plusieurs articles récents de la presse suisse ont fait état de la multiplication des agressions et des rixes à Martigny. De manière sans doute un peu trop alarmiste aux yeux des autorités. Machine arrière toute pour le journal suisse le Matin, qui tente visiblement de calmer le jeu et de minimiser les faits. Même si un passant s’est fait poignarder le 20 novembre dans une «bousculade de trottoir».

Lire l’article du Matin

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Depuis plusieurs semaines, la violence fait rage à Martigny, où les altercations entre bandes se succèdent à un rythme impressionnant.

Les dernières échauffourées remontent à samedi dernier, sur la place Centrale. La bagarre met aux prises des «ressortissants portugais et suisses», selon le Matin. Un véhicule de police sera démoli.

«A Martigny, les flics ont peur! », assène un tenancier de bistrot. Le 26 octobre, rue de la Gare, des policiers se sont fait démolir par une quinzaine de Cap-Verdiens. «Un des policiers a été assommé», précise le gérant d’un établissement stupéfait par la violence des affrontements. Deux jours auparavant, une autre altercation laissait sept personnes blessées. Face à ce déchaînement de violence, les autorités de la ville préfèrent rester discrètes, redoutant la mauvaise
publicité liée à ces émeutes.

«J’ai beaucoup de jeunes qui entrent à l’UDC. Quand on leur demande pourquoi, une des réponses systématiques est: ‘On ne veut plus se faire bastonner par des Kosovars le week-end‘…», commente Oskar Freysinger (UDC), qui prédit une aggravation de la situation.

Sources : Le MatinLe Nouvelliste Le Nouvelliste – A noter : il semble que les «ressortissants portugais» cités dans l’article du 28 octobre du Nouvelliste soient d’origine Cap-Verdienne.

Oise : «Fait divers» en France profonde

Le procès de trois «jeunes», Amadou Sow, Ercan Uyanic et Harouna Sarr qui avaient agressé un couple de retraités à Verneuil-en-Halatte a commencé ce matin à la Cour d’assises de Beauvais. Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité pour vol avec violence ayant entraîné la mort.

Marcel Flinoy, 77 ans, et son épouse Colette, 74 ans, étaient de simples retraités, lui de la SNCF, elle d’un emploi d’aide cuisinière. Des gens ordinaires.

Le 30 janvier 2007 sur le coup des 11 heures, Marcel et Colette sont de retour chez eux. Marcel gare son Audi A4 dans le garage qui jouxte la maison. C’est alors que trois malfaiteurs encagoulés leur tombent dessus. Marcel se défend, arrache une cagoule, mais il doit abandonner les clés de la voiture.

L’un des voleurs entame une brusque marche arrière. Colette veut pourtant attraper son sac par la portière entrouverte. C’est ainsi qu’elle se retrouve coincée, le bassin écrasé, entre le véhicule et le montant de la porte du garage…

Elle décède le lendemain à l’hôpital de Creil, dont elle était pourtant sortie quelques heures après son admission. Les médecins n’étaient pas parvenus à déceler une hémorragie interne. Marcel, pour qui, depuis ce triste jour, la vie se résumait au silence et au tic-tac de l’horloge du salon, ne verra jamais le visage des trois responsables présumés de la mort de sa femme. Il s’est effondré dans son jardin au début de l’automne. Un mois et demi avant le procès.

Source : Courrier picard

En bref

• Elbeuf : une conductrice de bus agressée et frappée au visage. L’intervention de la police et des pompiers pour lui porter assistance déclenche une émeute. Source

• Centre-Ouest : grève des arbitres de football en réponse aux nombreuses agressions dont ils sont victimes. «Il ne faudrait pas qu’on aille arbitrer la peur au ventre, témoigne une jeune arbitre. (…) Si les agressions continuent à augmenter, le problème se réglera de lui-même; il n’y aura plus d’arbitre du tout…» Source

• Ile-de-France : le syndicat de police Alliance dénonce des «agressions à répétition» contre des policiers en dehors de leur service.
Il y a quelques jours, deux braqueurs attaquent un homme en train de faire son jogging : découvrant sa carte de police, ils lui tirent plusieurs coups de feu dans les jambes. En avril, un policier qui n’était pas en service avait été aspergé d’essence et menacé d’être immolé après avoir surpris deux cambrioleurs. «On s’attaque à l’institution, il faut absolument qu’on ait des peines sévères et vraiment l’application des peines-planchers», demande le secrétaire régional du syndicat Alliance. Sources  12

Roanne : Ahmed Chahby, 29 ans, interpellé. Condamné à 17 reprises, condamné une 18e fois en mars à 3 ans de prison ferme pour vol aggravé en récidive, conduite malgré annulation de son permis, le tout sous l’empire de produits stupéfiants et en état alcoolique en récidive. Egalement recherché pour violences et agression au couteau. (source) (via lutece)

• Saint-Jean-Bonnefonds. Gens du voyage : les riverains de l’aire d’accueil grondent toujours et dénoncent les dégradations. (source) (via lutece)

Le Cannet-des-Maures : 6 mineurs arrêtés pour jet de bombes artisanales

Dans la nuit du 1er novembre, entre 21 h 45 et 2 h 30 du matin, au Cannet-des-Maures (Var), une vingtaine d’émeutiers, les visages encagoulés, ont semé la panique dans les rues de la ville. Ils ont lancé des cocktails molotov contre les forces de l’ordre avec qui ils ont joué au chat et à la souris durant plusieurs heures.

Menée le soir de la fête de Halloween, cette opération criminelle avait fait l’objet d’une longue préparation, depuis l’achat des matières et substances en grande surface (des feuilles d’aluminium et de l’acide citrique, précise Var Matin), jusqu’à l’élaboration des cocktails explosifs dont les jeunes s’étaient procuré les procédés de fabrication sur le web.

Six terroristes en herbe, âgés de 14 à 17 ans, ont été interpellés quelques jours plus tard à leur domicile par une trentaine de gendarmes de la compagnie de Draguignan, avec le renfort d’une équipe cynophile et de techniciens en investigations criminelles. Deux des six jeunes ont été remis en liberté, les quatre autres placés dans un centre spécialisé pour les mineurs.
« Il s’est passé des actes très graves puisque des cocktails Molotov ont été lancés dans des appartements, à travers des fenêtres entrouvertes. Il pouvait y avoir des gens, un bébé, de l’autre côté… Ça n’était pas que des conteneurs poubelles en feu…De tels actes sont inqualifiables et il faudra que la justice apporte une réponse adaptée (…) Il est important de faire prendre conscience à ces jeunes de la gravité de leurs actes. Un travail en ce sens devrait parallèlement être mené avec la participation des parents », a commenté le maire du Cannet. Sources 12

Revoir : «Dans de nombreux pays européens, si vous lancez un cocktail molotov, les forces de l’ordre font feu.»