Angers : une soirée pour recruter des jeunes des quartiers

La CGPME et la CFDT organisent mercredi une journée de recrutement pour les jeunes « issus de la diversité ». L’an dernier, soixante-dix jeunes avaient pu rencontrer quinze employeurs dans des branches diverses : banque, commerce, centre d’appels, bâtiment, métiers de bouche, etc.

Pour dix d’entre eux, l’entretien a débouché sur un emploi, en CDD voire en CDI. [...]

Courrier de l’Ouest

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« Il faut envisager d’autres formes de traitement de la délinquance »

Hadja [le prénom a été modifié] connaît bien la prison. Pas comme détenue ou prévenue – non, elle n’a jamais eu affaire à la justice – ni comme surveillante, mais pour visiter des proches.

« Un groupe d’amis vient de tomber. Avant ça, il y a eu mon petit frère. Il y est encore. »

Elle l’a appris par un texto :

« Wech bien ou quoi ? R. est en prison. »

Elle s’arrête, reprend :

« Tu vois ? Pas de dramatisation, c’est la deuxième fois et c’est limite normal… »

 

Hadja hésite à témoigner, « pas envie d’être à la source d’amalgames » pourtant elle sait qu’il y a un rapport étroit, « en tout cas de là où je viens », entre quartier et prison.

« La dernière fois, je vais voir mon frère à la maison d’arrêt. Je tombe sur une copine de fac – depuis, elle a ouvert sa société. Elle venait voir son petit frère, en cellule avec…le mien. On a discuté, reparlé de nos souvenirs, de nos délires, comme si on était dans la rue, alors qu’on attendait notre parloir. » (…)

Si dans les chiffres, il est difficile de constater ce lien entre quartier et prison précise Michel Kokoreff, des élément qualitatifs permettent de l’affirmer :

« Il n’existe pas à ma connaissance de données statistiques indiquant quelle est la part de gens, en particuliers des jeunes issus des quartiers populaires, incarcérés ou sous contrôle judiciaire.

On sait que les pratiques policières et les politiques pénales sont fortement ciblées sur les habitants des quartiers populaires et les populations immigrées et/ou issues de l’immigration.

C’est une façon pour les policiers de faire du chiffre et la justice suit le mouvement.

Dans ces zones urbaines, l’expérience de la prison est quand même fréquente. (…)

Pour le sociologue, il faudrait donc trouver des solutions alternatives :

« Les politiques sécuritaires et la surpénalisation des jeunes des quartiers, ça ne marche pas ! Au contraire le remède est pire que le mal. Si le but escompté est d’éviter la récidive, ça n’a pas d’efficacité, car les délinquants y retournent.

Il faut envisager d’autres formes de traitement de la délinquance, s’attaquer à ses causes sociales profondes, remettre le paquet sur la prévention spécialisée, la scolarisation, parce que la prison ne résout rien. »

Rue 89