Européennes : Le « Parti Européen », une liste jeune, anti FN et pro Roms

Note de FDeSouche : le site du Parti Européen affiche sur sa page d’accueil (descendre pour le voir) un beau logo barré du FN avec la mention « Nous ne sommes pas la génération FN ! » ainsi que sur cette page la phrase  « Grâce aux Tsiganes, j’ai compris l’Europe !« .


Le Parti Européen présente sa première liste aux européennes du 25 mai prochain. Moyenne d’âge? 23 ans. Convictions politiques? «Fédéralistes, pour une Europe qui avance».

«Nous sommes la génération de l’ouverture, du fédéralisme, de l’écologie, de la transparence», plaide Louis de Gouyon Matignon le fondateur de ce tout nouveau parti pro-Europe, créé en janvier 2014.

Leur tête de liste en Ile-de-France, seule région où le parti apparaît, n’est autre que Louis de Gouyon Matignon, 22 ans. Si son nom ne vous est pas inconnu, c’est que vous avez déjà entendu parler de l’association «Défense de la Culture Tsigane», qu’a créée ce jeune étudiant en droit en 2012. Adepte des médias, Louis a un discours bien rôdé, qui laisse entrevoir une carrière politique ambitieuse. Investi depuis ses 16 ans auprès de la communauté des gens du voyage, il a fait de la question Rom son cheval de bataille.

A l’origine de ce nouveau projet, un constat: «Personne, quand vous demandez dans la rue, ne connaît le nom du Président de la Commission européenne» s’insurge Louis. «Nous voulons plus d’Europe, et même un président de l’Union européenne élu au suffrage universel direct» pour plus de visibilité.

«Que l’Europe cesse d’être un agglomérat de pays, pour devenir une vraie union qui se démarque parmi les superpuissances internationales. Arrêtons de perdre du temps: l’Europe fédérale est la solution du futur, alors développons ensemble la culture européenne»

Le Figaro

Nersac (16) : voitures vandalisées en série

Une bande de voleurs à la roulotte sévit depuis plusieurs jours dans les environs d’Angoulême. « Elle est en quête de tous les objets de valeur qui ont pu être laissés dans les véhicules », explique la gendarmerie qui en recherche activement les protagonistes. Elle vient de frapper à Nersac où c’était la consternation samedi matin.

Alors que des véhicules ont été visités plus tôt dans la semaine place de l’Union, quatre voitures ont encore été fracturées et dégradées la nuit précédente, route d’Angoulême et rue des Fontenelles. Des vitres cassées, des bris de verre, mais aucun vol constaté. Certains, comme Marcel Genereux, employé communal domicilié rue des Fontenelles et dont les deux voitures garées sur le parking face à sa maison ont été fracturées, parlent du « plaisir de casser ».

Samedi de bon matin, les cambrioleurs semblent avoir été dérangés plus que d’ordinaire. Marcel Genereux les a mis en fuite en ouvrant son volet roulant. Un peu plus loin route d’Angoulême, c’est un voisin de Dominique et Michel Dolineau, victimes également d’une dégradation mais aussi d’une tentative de substitution de leur autoradio, qui les a perturbés.

Il témoigne: « Vers 3h30, j’ai entendu du bruit, je suis sorti pour voir ce qu’il se passait. Il y avait deux jeunes dans la rue, j’ai à peine vu leur visage. L’un s’occupait de la voiture de mes voisins, l’autre cassait une vitre à une autre voiture. Je leur ai demandé s’ils voulaient de l’aide, ils sont montés à toute vitesse dans une voiture qui a filé à vive allure en crissant des pneus. »

Ce témoin parle d’un véhicule « plutôt sportif » dont le bruit, reconnaissable, se fait « souvent entendre à Nersac la nuit entre 2 heures et 3 heures du matin », mais aussi « quelquefois dans la journée », ce qui lui laisse penser qu’il s’agit « sûrement de jeunes du coin ». L’enquête se poursuit et les gendarmes recommandent de ne rien oublier dans les véhicules qui pourrait avoir de la valeur.

Charente Libre

Européennes : le «Happy voting», remède à l’abstention des jeunes ?

Avec «Happy Voting» et «Eye 2014», l’Union européenne tente de motiver ses troupes avant les élections du 25 mai. Deux nouvelles campagnes de communication visant à donner une autre image de l’Europe.

Pharrell Williams pensait-il que sa chanson aurait un tel écho? Après les étudiants qui font la promotion de leur école, la Ligue des jeunes électeurs européens a décidé de danser sur son tube «Happy» pour promouvoir l’acte de voter lors des élections européennes prévues pour le 25 mai 2014.

Avec cette vidéo typique de la culture jeune, l’électorat des 18-30 ans est directement visé. Pourtant la crise les concerne aussi: le chômage des jeunes Européens est en hausse, et les programmes comme Erasmus sont remis en cause malgré leur succès. En 2009, le scrutin avait été boudé par 59,5% des électeurs français. Du jamais-vu.

Pour éviter que ce taux d’abstention ne connaisse un nouveau record, le service de communication de l’Union européenne a créé «Happy Voting» un clip «revigorant et amusant, qui montre des morceaux de vie d’Européens, qui dansent».

Ils sont «comptables, enseignants, nudistes, étudiants, drag-queens, ouvriers…» bref différents, mais Européens. Des membres du Parlement européen ont même participé à cette initiative, comme Ska Keller, candidate écologiste à la présidence de la Commission européenne avec José Bové.

Cette vidéo sera notamment diffusée lors de l’évènement EYE 2014 à Strasbourg du 9 au 11 mai, où 5000 jeunes entre 16 et 30 ans sont invités à venir participer aux débats européens.

Sous le slogan «Des idées pour une meilleure Europe», l’évènement proposera des débats, des ateliers, des concerts et un festival de rue. Les thèmes principaux abordés seront le chômage des jeunes en Europe, la révolution numérique, l’avenir de l’UE, les valeurs durables de l’Union.

Le Figaro

Jeune ? Sans diplôme ? Sans qualification ? Entrez dans la fonction publique avec le PACTE

Le PACTE (parcours d’accès aux carrières territoriales, hospitalières et de l’Etat) est un mode de recrutement, sans concours, dans la fonction publique pour des emplois de catégorie C.

Il s’adresse aux jeunes de 16 à 25 révolus sortis du système éducatif sans diplôme et sans qualification professionnelle reconnue et à ceux dont le niveau de diplôme est inférieur à celui attesté par un diplôme de fin de second cycle long de l’enseignement général, technologique ou professionnelle.

Travail-emploi.gouv.fr

 

Le Chesnay (78) : les braqueurs du magasin Apple de Parly 2 interpellés et relâchés.

Agés de 20 à 23 ans, Nabil, Alex (qui ont été libérés) et Rachid (en attente de l’être) ont pourtant passé des aveux complets. La moitié du butin a été retrouvée, ainsi que l’arme ayant servi au braquage. Mais les juges en charge du dossier au TGI de Versailles (Yvelines) ont mis en avant leurs casiers judiciaires vierges et estimé qu’ils devaient être relâchés en attente de leur procès.

Le Parquet de Versailles (Yvelines) a décidé de faire appel aujourd’hui, 4 avril, de ces libérations réclamant l’incarcération des deux malfaiteurs déjà libérés.

Cette affaire tombe particulièrement mal pour Christiane Taubira qui vient d’être reconduite au ministère de la Justice. Elle ne manquera pas de relancer le débat sur le « laxisme » de l’institution judiciaire sous sa conduite.

Très médiatisé, le braquage de l’Apple Store de Parly 2 s’était déroulé le 16 décembre 2013 à 19h 30. Les trois malfaiteurs, grimés, dont l’un armé, étaient parvenu à faire main basse sur plus de 100 000 euros de téléphones portables, essentiellement des IPhone 5S, entreposés dans la réserve du magasin.

Valeurs Actuelles

Nîmes (30) : cinq jeunes de 14 à 18 ans interpelés après une agression au couteau

Les faits remontent au 26 mars. En fin d’après-midi, un jeune homme se fait attaquer par une bande des jeunes près des arches de la gare SNCF. Blessé par arme blanche à la joue et au cuir chevelu, il est pris en charge par les sapeurs-pompiers qui le conduisent à l’hôpital.

Quelques jours plus tard grâce au dispositif de vidéosurveillance, la police nîmoise parvient à mettre la main sur cinq jeunes âgés de 14 à 18 ans. Placés en garde à vue, l’auteur des coups a fini par reconnaitre les faits sans expliquer réellement les motivations de son geste. A l’issu de cette garde à vue l’un des jeunes a été laissé libre, quant aux autres ils devraient être entendus ce soir par le parquet.

Objectif Gard

Paris (75) : Ils volaient les clés dans les cartables pour cambrioler leurs appartements

Six collégiens âgés de 13 à 16 ans ont été arrêtés dans le 11ème arrondissement de Paris pour plusieurs cambriolages, a révélé Le Parisien ce vendredi. Les petits malfrats avaient une technique bien rodée pour parvenir à leurs fins : ils volaient les clés dans les sacs de leurs camarades pendant la pause déjeuner, consultaient leur adresse dans leur carnet de correspondance, puis passaient faire un tour dans leur appartement pour dérober des objets.

Les adolescents opéraient dans les collèges Alain Fournier et Pilâtre-de-Rozier, à Paris. Entre décembre 2013 et début avril 2014, ils auraient cambriolé une dizaine d’appartements. De l’argent liquide, des chéquiers et de nombreux objets de valeur ont été dérobés puis revendus. Les jeunes se partageaient ensuite leurs bénéfices. Trois d’entre eux ont été arrêtés mardi dernier par la police ; le reste de l’équipe a été confondu grâce à la consultation des SMS sur leurs téléphones portables.

La Dépêche

Villeurbanne (69) : son appart devient le QG d’un trafic de drogue

Mère d’un enfant de 5 ans, une Villeurbannaise de 28 ans a vu son appartement devenir le siège d’un trafic de drogue. Huit individus, dont quatre mineurs, l’ont contrainte de se taire pendant dix jours, avant d’être arrêtés par la police.

Ce fut dix jours de calvaire pour cette Villeurbannaise de 28 ans, mère d’un garçon de 5 ans. Du 19 au 29 mars dernier, son domicile fut le quartier général d’un trafic de stupéfiants mené par huit individus, interpellés en début de semaine.

Le groupe de trafiquants, composé de six Villeurbannais (trois de 16 ans, un de 17 ans, un de 21 ans et un de 26 ans) d’un Brondillan de 18 ans et d’un Vaudais de 25 ans, avait dérobé les clefs du domicile de la victime. Ils pouvaient ainsi aller et venir à leur guise dans l’appartement, situé rue Ducroize à Villeurbanne.

Pour l’empêcher de contacter la police, les pressions furent quotidiennes: menaces sur son fils, vol de pièces d’identité, revente de son ordinateur… De plus, la jeune mère fut forcée à déposer sur son compte bancaire des chèques volés, et de fournir à ses agresseurs les sommes équivalentes en cash.

Interpellés mardi et mercredi dernier, les huit individus ont fait l’objet d’une ouverture d’information judiciaire pour trafic de stupéfiants, extorsion de fonds, séquestration, recel de vol, violation de domicile, menaces sous conditions et vol en réunion au moyen de fausses clefs. Après avoir été présentés au parquet, l’homme identifié comme le meneur du groupe a été écroué, mais les autres mis en cause ont été laissés libres par manque d’éléments.

Lyon Capitale

Compiègne (60) : Des policiers agressés pour un PV

Une intervention de la police municipale compiégnoise a mal tourné, ce mercredi 2 avril à 22h15, rue du Port-à-Bateaux. Les forces de l’ordre ont voulu verbaliser une voiture stationnée sur un trottoir. Ils n’en ont pas eu le temps.

Alors qu’ils allaient remplir la contravention, un groupe composé de cinq ou six jeunes est intervenu. Prenant à partie les policiers, ils ont permis au conducteur de la voiture mal garée de s’échapper, bousculant au passage un représentant de la loi avec une portière. Personne n’a été blessé.

Les fonctionnaires ont appelé la police nationale en renfort mais, le temps que cette dernière arrive sur place, les membres du groupe qui a empêché l’intervention s’étaient volatilisés. Il n’y a eu aucune interpellation.

 

Mantes : «Mais pourquoi on fait peur ? Qu’est-ce qu’on fait de mal ? »

[extraits] Ils sont d’origine africaine ou maghrébine et se sentent naturellement concernés par l’excellent score du FN à Mantes-la-Ville, arrivé en tête des suffrages au soir du premier tour.

Dans la cité sensible et populaire des Merisiers, un électeur sur cinq a voté pour le candidat Cyril Nauth. « Ça fait un peu bizarre. On devinait dans le quartier qu’untel ou untel pouvait voter FN. Mais autant de gens, non. C’est vraiment surprenant », dit Bab,

« Maintenant, on se pose des questions sur les gens qu’on croise », enchaîne, presque déçu, Djibril, devant le fast-food

Le score du parti frontiste est à la hauteur de leur déception. Aucun de ces jeunes interrogés n’avait senti la montée en puissance du parti de Marine Le Pen. « Les gens du FN, on ne les a jamais vus dans le quartier. C’est la surprise totale », glisse Djibril.

« Surprise totale », aussi, tant l’ambiance, à les croire, semble bonne dans la cité.

« Quand on fait des fêtes de quartier, c’est mélangé. Des Blancs, des Noirs, des Rebeus… Personne ne se regarde de travers, on ne nous a jamais dit qu’on gênait », dit Bab, casquette vissée sur une tête bien pleine.[© Le parisien]

Comprennent-ils le vote FN ? Ont-ils voté eux-mêmes Le Pen ? Un peu plus tôt au cours d’un rassemblement anti-FN, l’un d’entre eux avait confié qu’il comprenait ce vote :

« Franchement, quand on voit comment la ville s’est dégradée et comment la délinquance est présente, je comprends. Je suis contre le Front national, mais ça ne me choque pas que des électeurs votent pour eux. »

Bab s’énerve un peu quand on lui demande si ce petit groupe bruyant a conscience de faire peur à certains habitants.

« Mais pourquoi on fait peur ? Qu’est-ce qu’on fait de mal ? Parler fort ? Il n’y a pas d’appartements au-dessus de nos têtes ! Et pourquoi ne fait-on peur qu’à 20 % des gens ? Le problème n’est pas là. » L’argumentaire du jeune homme fait mouche. Il est salué par ses camarades. Yanis douche un peu l’ambiance.

« On est indésirables ! Je comprends ces électeurs. En plus, le maire et les autres candidats ne tiennent pas leurs promesses. Les gens sont déçus et vont vers ce parti. »

« Dimanche, on va aller voter. Contre le FN, bien sûr », promet Djibril.

Le Parisien (payant) - Merci Jump124 et Poulozeudor

LICRA : « La bête se cache derrière des visages d’anges »

Leurs tags racistes et haineux sur les murs de Chamalières, en juin, ont créé l’émoi. À la barre du tribunal de Clermont-Ferrand, trois jeunes viennent de comparaître pour apologie de crime ou délit.

Ils ont 18, 19 et 23 ans. Et sont domiciliés à Clermont-Ferrand, Sallèdes et Ceyrat (*). Pas de tatouage apparent, pas de cheveux rasés. Le parcours scolaire est bref mais il a le mérite d’exister. Et puis, il y a quelques mois, fans de hard-rock, ces trois jeunes atterrissent dans des soirées « déguisées où l’on fait des signes qui marquent très clairement l’appartenance à l’extrême droite » décrit Nadine Valiergue, la présidente de l’audience.

Le 9 juin, vers 22 h 40, la police interpelle, dans les anciens entrepôts frigorifiques de Chamalières, les trois prévenus. Dans leurs véhicules, deux bombes de peintures, une matraque télescopique, une chaîne, un couteau, des cagoules et un pistolet à douille… Oui, ils voulaient tagger. Mais « c’était pas prévu du tout d’écrire ça » répond l’un. « Je ne savais pas que j’avais marqué ça. C’est venu comme ça » ajoute l’autre.

En fait, ils baignent dans ce milieu. Dans leurs ordinateurs, les enquêteurs trouvent des photos de saluts nazis, un gâteau d’anniversaire avec une croix gammée en chocolat…

La présidente insiste : « Pour beaucoup de personne cela rappelle l’horreur, c’est choquant. » Silence à nouveau. Tous les trois disent regretter, expliquent avoir compris. « C’était de l’humour noir. Il n’y avait rien de sérieux. » Le plus âgé explique : « C’était plutôt pour leur montrer que j’étais capable d’avoir ça moi aussi. » Son grand-père maternel a été déporté à Auschwitz. « Je le savais mais j’y pensais pas. »

« C’est incompréhensible, s’exclame Hervé Lhomme, le procureur de la République. Les bras m’en tombent. » La ville de Chamalières s’est portée partie civile. Son avocate, M e Anne Marion, ne croit pas à l’erreur de jeunesse. « Ils savaient sciemment ce qu’ils faisaient ». Elle présente deux factures, presque 2.000 € et demande 1 € symbolique.

Pour la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), M e Céline Bommelaer reconnaît : « On aura aimé l’inconscience collective… Mais il y a les cagoules, la chaîne, la matraque… Des inscriptions multiples et variées. Celle qui fait froid dans le dos : « On va rallumer les fours ». Cela interroge. L’inquiétude monte à la lecture de ce dossier. Ils sont dans cette revendication-là. Ils ont conscience de ce qu’ils font. Ce n’est pas tolérable. Ce n’est pas soutenable. » La Licra sollicite 3.000 € d’indemnisation.

« Effectivement, la bête se cache derrière des visages d’anges ! Des gens sont morts pour vous assurer la vie. Il y a le sens des mots, le sens des actes » leur dit, droit dans les yeux, avec puissance, Hervé Lhomme, le procureur de la République. Il requiert 500 € d’amende pour la jeune fille, 100 jours-amendes à 10 € pour l’un des garçons et six mois de prison avec sursis mis à l’épreuve pour le plus âgé. Et un stage de citoyenneté.

La jeune fille est condamnée à 500 € d’amende. Les deux garçons : 800 € d’amende pour l’un et 120 jours amendes 10 € pour le second.

La Montagne

Razzia dans le RER D : un an après, que sont devenus les délinquants ?

Le 16 mars 2013, une « bande de jeunes » menait une razzia dans le RER D. Des sanctions sont tombées. Que sont-ils devenus ? Enquête du Nouvel Obs.

On avait promis d’y revenir, une fois la fièvre retombée. C’était il y a un an. L’espace de quelques jours, la peu paisible cité de Grigny allait devenir le nouveau visage du sempiternel mal des banlieues. Le motif de cette soudaine célébrité ? Ni les trafics de drogue qui gangrènent l’immense cité HLM de la Grande Borne, au-delà des passerelles surplombant l’autoroute A6. Ni les malheurs de Grigny 2, deuxième plus grande copropriété d’Europe, construite jadis pour les cadres supérieurs de la ville nouvelle d’Evry, et désormais grignotée par les marchands de sommeil.

Attaqué par l’UMP, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, parrain politique du département, réagissait fissa, mobilisait les services de police, promettait des sanctions exemplaires.

Les suspects arrêtés : 13 jeunes, dont 12 mineurs, connus pour certains des services de police, mais jamais placés sous main de justice. Trois mois plus tard, ils seront jugés au tribunal d’Evry. En guise de sanctions exemplaires, quatre mineurs écoperont de peines de prison avec sursis, l’un de travaux d’intérêt général, et les autres d’avertissements solennels. Un seul d’entre eux sera placé au centre éducatif fermé (CEF) de Bures-sur-Yvette ; il vient d’en sortir. Le majeur, pour sa part, a été relaxé définitivement en octobre, après appel du parquet.

Peut-on justement les rencontrer ? « Ca sera compliqué. Vous savez, ils tiennent les journalistes responsables de leur sort. On a parlé d’attaque de diligence, alors que pour eux c’était un banal dépouillage : ‘On est venu, on a pris deux trois téléphones et puis voilà’ ».

Le décalage entre la légèreté des peines et le retentissement de l’affaire peut étonner. Dans son bureau du tribunal d’Evry, le procureur Eric Lallement l’assume pourtant parfaitement. «Ces actes sont répréhensibles naturellement, mais si l’on se penche sur le préjudice causé, il s’agit essentiellement de vols de portables, et nous n’avons eu qu’une poignée de plaintes». On lui fait remarquer que des victimes par lassitude ont peut-être omis de se faire connaître. «C’est votre hypothèse mais on peut également estimer que les faits ont été beaucoup plus circonscrits que ce que le traitement médiatique a pu laisser supposer». […]

Dont acte. La machine politico-médiatique se serait donc emballée. La question du devenir de ces jeunes, groupe plutôt que bande, délinquants oisifs plutôt que criminels organisés, n’en reste pas moins posée. Où sont-ils ? Que sont-ils devenus ? Côté institutions, personne, hélas, n’est capable de répondre précisément. Malgré les deux zones de sécurité prioritaire (ZSP) couvrant le territoire de sa commune, le maire PCF de Grigny, Philippe Rio, affirme ne disposer que de bribes d’informations. «La ZSP ne prévoit pas de suivi individuel des délinquants. Au mieux, je suis tenu au courant de l’état d’exécution des peines».[…]

Nouvel Obs