Deux petites structures, emmenées par Jean-Marie et Marine Le Pen, ont permis au parti frontiste d’assainir ses comptes. Longtemps asphyxié financièrement, le FN retrouve aujourd’hui des couleurs.
A chacun son microparti. Jean-Marie et Marine Le Pen ont chacun la main sur d’une petite structure politique gravitant autour du Front national. Si le père a choisi un sigle passe-partout, «Cotelec», la fille a préféré un nom plus politique, «Jeanne», référence à la Pucelle de Domrémy, érigée par les frontistes en symbole du nationalisme. Mais les deux micropartis ont un but commun : contracter des prêts et récolter des dons pour renflouer les caisses du Front national.
Pour la première fois, la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) publie cette semaine dans son rapport annuel les comptes de Jeanne, parti crée en décembre 2010, au moment où Marine Le Pen s’apprêtait à accéder à la présidence du Front national. Son mandataire financier n’est autre que Steeve Briois, secrétaire général du FN et très proche de la présidente. Dans les statuts de la structure, déposés au Journal officiel, Jeanne est décrit comme le rassemblement de «toutes celles et tous ceux qui entendent participer au redressement de la France».
La réalité est beaucoup plus prosaïque : le parti, domicilié dans le XVIe arrondissement de Paris, a servi de banque au Front national. Entre 2007 et 2012, le parti frontiste a traversé une importante crise financière. Engagé dans un coûteux conflit avec son imprimeur Fernand Le Rachinel, le parti bénéficiait de très maigres subventions publiques suite à des législatives ratées. En 2010, il accusait ainsi une dette colossale de près de 10 millions d’euros. Difficile dans ces conditions d’emprunter auprès des banques à des conditions avantageuses. C’est là que Jeanne, structure vierge financièrement, intervient : comme l’expliquait Steeve Briois en 2011 au site Owni, le microparti «a réuni des fonds, notamment des prêts bancaires, à l’époque où le Front national ne pouvait pas le faire». [...]


Le 27 Juin 1472, des couvreurs qui travaillent au haut de la Cathédrale, voient surgir l’avant-garde de l’armée Bourguignonne. En un instant la ville est sur pied. La garnison ne se compose que d’environs cinquante arbalétriers et une trentaine d’archers, plus quelques compagnies bourgeoises mal armées et peu entraînées. On ne dispose que de peu de pièces d’artillerie. Le péril est extrême et les fuyards commencent à se presser aux portes, l’évêque en tête, quand l’épouse du maître de Bréquigny a la hardiesse de saisir la bride de son cheval pour lui faire rebrousser chemin. Bourgeois, bourgeoises et petit peuple font preuve d’une remarquable intrépidité en dépit que BEAUVAIS est une ville de petite défense. En hâte, les habitants s’arment de leur mieux. Femmes, filles et enfants se mêlent aux soldats, se rendent utiles en apportant des trousses de flèches, des fagots, de la poudre, des épieux. Au premier assaut de la porte du limaçon, de nombreux assaillants sont abattus à coup d’arbalète. L’autre assaut, qui a pour théâtre la porte de Bresles, n’est pas moins vaillamment accueilli par nos guerriers improvisés que femmes et filles ravitaillent en grosses pierres, en flèches et en poudre.