France : Les Espagnols et les Italiens affluent dans l’enseignement supérieur

Alors que les universités des pays européens secoués par la tempête économique subissent de sévères coupes budgétaires, les étudiants espagnols et italiens arrivent en masse dans les établissements d’enseignement supérieur français. Globalement, la France figue au quatrième rang des pays les plus attractifs. Le pays a accueilli 288 544 étudiants étrangers en 2011-2012, soit 4% de plus qu’en 2009 (et 1 % sur un an).

Selon les chiffres donnés par Campus France, l’organisme public chargé de promouvoir l’enseignement supérieur français à l’étranger, en citant des statistiques publiques, le nombre d’Espagnols suivant leurs études en France a progressé de 17 % depuis le début de la crise, en 2009 (ils étaient 5 740 en 2011-2012 contre 4 904 en 2009-2010). Quant aux Italiens, la progression est de 13 % (à 7 954).

Ce sont les progressions les plus fortes sur la période. Même si ces deux communautés nationales ne sont pas les plus représentées en France. Ce sont les étudiants maghrébins les plus nombreux puis les Chinois. […]

Le Monde

La couleur de peau influencerait le vote

Selon une étude inédite de l’INED, les personnes issues de l’immigration votent surtout à gauche. Les immigrés africains ou maghrebins auraient une forte tendance à plus voter à gauche, selon l’étude. Les Asiatiques, Espagnols ou Italiens «sont appelées à se fondre dans la population».

Selon cette étude publiée en janvier par l’Institut national d’études démographiques (INED) et relayée mardi par Le Monde, «être né d’une certaine origine (ethnique) aurait un impact sur le placement gauche-droite» qui dépasserait celui de «la position sociale ou le niveau d’éducation».

En clair, les personnes issues de l’immigration voteraient particulièrement à gauche, selon l’étude intitulée La fabrique du citoyen. Les résultats qu’en ont tirés les deux chercheurs en charge de l’étude, Vincent Tiberj et Patrick Simon, sont intéressants.

Chiffres à l’appui, ils estiment que les immigrés aux origines extra-européennes ou d’outre-mer voteraient beaucoup plus à gauche que la population «classique>. Jamais plus de 10% d’entre eux ne déclare être «de droite>. Toutefois, la tendance s’estompe lorsqu’il s’agit d’immigrés d’ascendance européenne ou asiatique. […]

Europe 1

A la recherche d’Aubervilliers «la rouge»

Remi Hattinguais, du Bondy Blog, lui-même issu d’une famille ouvrière originaire de la banlieue rouge, évoque les villes de Seine-Saint-Denis comme Aubervilliers, La Courneuve, ou Bobigny au temps où elles étaient le bastion du Parti communiste. Un temps où cohabitaient main d’œuvre immigrée venant d’Espagne, d’Italie et du Maghreb

Au parti on ne sait pas comment représenter ces nouvelles populations immigrées, ne parlant pas français, souvent au chômage, c’est un vrai défi. (Marie George Buffet, PCF)


Aubervilliers, 1925, mon arrière-grand-mère arrive d’Italie. 1935, ma grand-mère Giselle voit le jour à la veille de l’arrivée au pouvoir du Front populaire. […]

A travers le récit de cette ancienne militante communiste c’est une autre banlieue que je découvre. Il est étonnant de voir que dans sa bouche le mot cité n’a rien de péjoratif. La population n’était pas la même qu’aujourd’hui.

«Tu comprends, c’était beaucoup plus mixte socialement parlant. Il y avait beaucoup d’ouvriers c’est vrai, Au temps des cama mais aussi des cadres et des enseignants.». «On était très solidaires. Chaque année on se débrouillait avec ceux de l’Amical des locataires pour organiser une fête. On allait voir les commerçants qui nous offraient des lots pour notre tombola. Et avec ça on achetait des frites, des saucisses et des boissons.» […]

«Il faisait bon vivre, la convivialité de cette époque je ne l’ai jamais retrouvé nulle part.», avoue ma grand-mère. Si les Albertivillariens étaient issus de pays différents, ce n’était aucunement source de conflits. Dans le quartier du Landy par exemple, Espagnols et Italiens cohabitaient en toute tranquillité, réveillés un dimanche sur deux par la fanfare municipale qui défilait pour le plus grand bonheur des enfants. […]

Bondy Blog

Serg Mokanda : «La République française tient un discours schizophrénique»

Serg Mokanda, a publié Un Noir en Colère (ed. afromundi) en mars dernier. Français d’origine camerounaise, il est diplômé en gestion des entreprises et dirige l’association Afro’Events qui participe à la «promotion de la diversité culturelle africaine». L’auteur tente dans son livre de «cerner les obstacles qui freinent l’élan de la société française vers un mieux vivre-ensemble».

L’intégration des Noirs et des Arabes n’est pas plus compliquée que celle des autres immigrés. Les immigrés italiens du début du siècle dernier ont rencontré les mêmes difficultés. L’intégration n’a rien à voir avec la couleur de peau ou la religion.

Pensez-vous que dans le cas de l’arrivée des immigrés clandestins tunisiens sur l’île de Lampedusa, par exemple, il s’agisse d’un pur fantasme ?

Il faut distinguer l’immigration naturelle, qui est à l’origine d’une population métissée, de l’immigration humanitaire que rencontre actuellement l’Italie. L’immigration n’a jamais été un problème en soi. Le déplacement d’un individu d’un point A vers un point B est naturel. C’est la confusion entre ces deux formes d’immigration qui est instrumentalisée. […]

A la lecture de votre livre, on pourrait penser que la France est un Etat communautaire…

Ce que je défends dans mon livre, c’est que les communautés, les identités existent. La république française tient un discours schizophrénique qui consiste à dire que ces communautés n’existent pas. Il vaudrait mieux reconnaître que la France est constituée d’identités multiples. Le modèle assimilationniste français est à bout de souffle. Les émeutes de 2005 étaient des révoltes de reconnaissance. Le nier consisterait à rentrer dans une logique conflictuelle. Mon discours est pragmatique. Vivre-ensemble, c’est connaître et reconnaître les identités. […]

Quelle est votre position sur le racisme anti-blanc ?

On ne peut pas renvoyer dans le même coin racisme anti-blanc et négrophobie. Il existe par exemple une différence numérique, en termes de chiffre. Les deux formes de racisme existent mais la négrophobie est dominante. Il ne s’agit pas de faire une hiérarchisation. […]

Afrik.com

Eric et Ramzy : « Plus le temps passe… plus la France devient beige. »

Eric et Ramzy parle de leur film « Halal police d’Etat ». Extraits.

On peut continuer à discuter du voile pendant mille ans, ça va bien se finir parce que c’est l’évolution naturelle des choses. On ne va pas élever des barricades et couper la France en deux, impossible.

Halal police d’Etat donne une vision de la société française d’aujourd’hui. Comment ressentez-vous l’évolution de la France sur l’intégration et la diversité ?

Ramzy – Toute cette histoire va bien finir, c’est obligé. On a beau rencontrer des problèmes, parler des mosquées, du FN à 18 %, plus le temps passe…

Eric -… plus la France devient beige.

Ramzy - On a vu la même chose avec les Polonais ou les Italiens. Nous, c’est un peu plus dur parce qu’on a une autre religion et que la guerre d’Algérie est passée par là, mais ça ne peut que bien finir. Je ne suis pas optimiste en disant cela, mais réaliste. Dans vingt ans, c’est réglé. On ne repartira jamais chez nous, puisque chez nous, c’est ici. Et on fait des enfants avec vous. [...]

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