L’UE accorde 60 millions d’euros d’aides au Maroc et 60 millions d’euros à la Côte d’Ivoire

L’Union européenne (UE) vient d’approuver un projet d’aide de 60 millions d’euros au Maroc, une contribution financière inscrite au titre de leur coopération bilatérale dans le domaine de la gouvernance et des droits de l’homme, a indiqué, mercredi, le ministère marocain de la Justice dans un communiqué. Les montages administratif et technique de cette aide -en cours d’élaboration par le Groupe interservices d’appui à la qualité- seront clos en juin prochain, selon la même source. A rappeler que l’UE a contribué à la rénovation ou à la construction de 40 tribunaux dans le cadre d’un financement de 34 millions d’euros accordés entre 2003 et 2010, toujours selon la même source.

Le 360

La Côte d’Ivoire va bénéficier d’un appui budgétaire de 60 millions d’Euros, soit environ 36 milliards FCFA, de la part de l’Union européenne (UE), pour soutenir la mise en œuvre de la loi sur le foncier rural.

Selon un communiqué du ministère publié mercredi, la première tranche porte sur la moitié, soit € 30 millions (20 milliards de FCFA) sur trois ans. « Nous avons eu une bonne discussion technique. Il est prévu de faire un appui de 30 millions d’euros pour aider la côte d’Ivoire dans l’application de la loi sur le foncier rural », a annoncé mardi à Bruxelles, le responsable des politiques de développement rural, sécurité alimentaire, nutrition, Pierre-Yves Baulain.

Abidjan.net

 

Le sommet UE-Afrique en quelques chiffres

Quelque 80 dirigeants européens et africains sont réunis mercredi et jeudi à Bruxelles pour le 4e sommet UE-Afrique, avec à l’agenda les questions de sécurité, notamment en Centrafrique, l’immigration et les échanges commerciaux.

Au cours des dix dernières années, l’UE a mené, en incluant la dernière mission lancée en Centrafrique, 15 missions de paix en Afrique, dont sept militaires notamment au Mali, en République démocratique du Congo et en Somalie. Depuis 2004, plus de 1,2 milliard d’euros ont été versés pour soutenir les opérations de maintien de la paix de l’Union africaine, dont la moitié pour la Somalie. Depuis 2007, l’UE a envoyé des missions d’observateurs pour 38 élections en Afrique.

L’UE est de loin le premier contributeur à l’aide au développement de l’Afrique, avec 45% de l’aide publique au continent. En 2012, l’UE a déboursé 681 millions d’euros pour l’aide à l’Afrique, soit la moitié du total de l’enveloppe européenne pour l’aide humanitaire.

Au cours des sept prochaines années (2014-2020), l’UE prévoit 8,54 milliards d’euros d’aide pour l’Afrique de l’Ouest, quelque 5 milliards pour l’Afrique de l’Est et autant pour l’Afrique australe.

Entre 2007 et 2012, l’UE a participé à fournir l’électricité à plus de 600.000 foyers en Afrique.

Le commerce entre l’UE et l’Afrique a presque doublé entre 2007 et 2012, et représente aujourd’hui pour près du tiers du total des échanges commerciaux internationaux de l’Afrique. En 2012, les importations de l’UE en provenance d’Afrique ont atteint 186,2 milliards d’euros (contre 129,7 milliards en 2007), soit environ 10% du total des importations européennes.

L’UE reste le principal partenaire commercial de l’Afrique, avec 26% des importations du continent et 31% des exportations en 2012. En 2007, les entreprises européennes ont investi 17,6 milliards d’euros en Afrique, tandis que les entreprises africaines investissaient 5,4 milliards en Europe.

SlateAfrique

Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux États-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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Les signes d’une troisième guerre mondiale s’accumulent

Par Eberhard Hamer

Les USA traversent, non seulement en raison du rachat des dettes des banques par l’Etat, mais aussi de leur dette publique qui avait déjà énormément augmenté – leurs crédits à l’étranger leur coûtent 1 milliard de dollars par jour –, leur pire crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale. Si les flux financiers cessent, ou s’ils se détournent du dollar, les USA sont en faillite.

Pourtant, les USA ne font pas un effort d’économie suffisant pour réduire leur dette publique croissante. Ils n’augmentent pas les impôts pour accroître leurs recettes, ne tentent guère de rogner sur les budgets publics, surtout pas sur leur budget militaire, celui qui a le plus augmenté.

Il faut dire que les USA, en divers endroits du monde, ont engagé au total 200 000 soldats. C’est pourquoi personne n’a compris que le plus grand chef de guerre du monde ait reçu le Prix Nobel de la paix, bien qu’il ait renforcé ses troupes. Peut-être était-ce une mesure préventive, car la guerre en Iran dépend avant tout de lui.

Les exemples de chefs politiques qui, confrontés à un échec économique, ont choisi la guerre comme dernier recours pour se maintenir au pouvoir, abondent dans l’His­toire. C’est encore plus vrai lorsqu’un pays connaît des crises économiques successives et que la guerre semble le seul moyen d’en sortir.

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1er mars 1999 : l’OMC impose la dérégulation financière mondiale

La dérégulation à outrance des marchés financiers, ayant abouti à la crise des années 2007-2010, remonte au 1er Mars 1999.

C’est en effet sous l’impulsion de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) que des nations aussi diverses que Bahrein, les Etats-Unis ou l’Australie et représentant 90% du chiffre d’affaires mondial en terme de services financiers, signèrent le «Financial Services Agreement» (FSA), qui devait consacrer l’invulnérabilité des «Too Big To Fail» [trop gros pour faire faillite].

Cet accord ouvrait ainsi une voie royale aux fusions d’établissements financiers d’importance moyenne, qui avaient dès lors la bénédiction de l’OMC et de ses membres pour se transformer en mastodontes, sans devoir être inquiétés par les autorités internationales, ni devoir leur rendre des comptes…

Plus aucune restriction sur les nouveaux produits financiers, ouverture totale de leur marché à toutes les entreprises actives dans la finance et encouragements à la création de corporations géantes, telles étaient donc les directives acceptées, le coeur léger, par des pays qui considéraient cet accord comme une percée considérable dans l’histoire de la civilisation moderne.

Ces pays ont en effet, de facto, abandonné leur sort aux Too Big To Fail, en neutralisant et en limitant, de manière décisive, la marge de manoeuvre de leurs régulateurs. Wall Street peut dormir tranquille, car l’OMC veille au grain, les Etats-Unis n’adopteront pas de sitôt de lois interdisant produits à risques ou établissements financiers à buts purement spéculatifs !

De surcroît, ces Too Big To Fail poussent en faveur de la signature des accords dits de «Doha», qui exigent virtuellement une disparition pure et simple de toute régulation financière.
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La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme

Marc Rousset, auteur de « La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations » (Editions Godefroy de Bouillon, 2009), critique le dogme du libre-échangisme et prône le rétablissement du protectionnisme.

«  De tous les dogmes économiques, le libre-échange est celui sur lequel les néo-libéraux sont le plus intraitables. Formulé il y a presque deux siècles dans le contexte théorique de l’immobilité des facteurs de production (capital et travail) et de la division internationale du travail, il est toujours présenté comme le nec plus ultra de la modernité, et comme la recette du développement et de la croissance.

Ses hérauts ont réussi le tour de force de le pérenniser dans un contexte exactement contraire à celui de sa conception : aujourd’hui, le capital ne connaît plus aucune entrave à sa circulation internationale et la main d’œuvre devient, elle aussi, de plus en plus mobile. Quant à la division internationale du travail, elle appartient au passé, avec la multiplication des entreprises mettant en œuvre des technologies de pointe dans les pays à bas salaires. L’économie mondiale est devenue un bateau ivre, sans gouvernail.

(…) Alors que le discours dominant du journalisme économique proclame depuis deux décennies que le protectionnisme est le mal absolu, les travaux scientifiques les plus récents aboutissent à un résultat inverse. Il y a donc discordance entre les discours économiques médiatiques et le discours scientifique.  »

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Depuis 30 ans, les salaires baissent, sauf au sommet

Dans une note de recherche non encore publiée, l’économiste Jacques Sapir explique pourquoi, malgré la déflation salariale, la part des salaires dans la valeur ajoutée n’a pas baissé depuis 1990. En cause : la hausse des salaires les plus élevés et la transformation de revenus du capital en salaires.

Et pour les autres ? La chute des revenus.

«  Le décrochage des salaires depuis 1983 est (…) indubitable.

Le niveau du salaire moyen en 2007 peut être globalement estimé à 25% de moins de ce qu’il aurait été, si les phénomènes cités [par Jacques Sapir] n’avaient pas eu lieu.

Cependant, il est clairement plus important dans l’industrie, et il est encore plus important pour les faibles salaires. Pour ces derniers, on peut parler d’un « retard » salarial de 35% à 45%.

L’impact des importations en provenance des pays à faibles coûts salariaux semble (…) très fort (…).  »

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