«Nos impôts financent l’intégrisme et la haine. Il faut que cela cesse !»

Giuseppe Di Bella, historien, «citoyen engagé», conteste le statut d’association défendant «l’intérêt général» reconnu à l’association catholique Civitas. Une «aberration qui doit cesser», explique-t-il.

La coupe est pleine ! Devons-nous encore une fois tolérer qu’un tel déferlement d’homophobie, d’intolérance et de haine puisse se tenir devant le Sénat, symbole de notre République laïque, égalitaire et fraternelle ?

Le mouvement catholique intégriste Civitas, de triste renommée, appelle ses membres à se rassembler pour une veillée de prières le jeudi 4 avril devant le Sénat. La date est hautement symbolique puisque c’est ce jour-là que les sénateurs commenceront à débattre du projet de loi sur le mariage pour tous. […]

L’organisation internationale All Out n’a d’ailleurs pas attendu pour tirer la sonnette d’alarme en lançant une pétition contre le régime fiscal privilégié de l’officine intégriste. L’État – et donc l’ensemble des Français – , finance ainsi Civitas en renonçant à percevoir 60 ou 66% du montant des dons perçu par l’association au titre de la réduction des impôts acquittés par les donateurs. Cela est rendu possible par une reconnaissance d’intérêt général de l’association par les services fiscaux. […]

N’oublions pas non plus le passage à tabac des militantes Femen et de la journaliste Caroline Fourest. Le mariage homo, non, mais frapper sur des femmes, pas de problème ! Et nos impôts doivent servir à cautionner de ces dérives ? Hors de question ! […]

Le Nouvel Obs

Villepin n’exclut pas de revenir à l’UMP

L’ancien premier ministre Dominique de Villepin n’a pas exclu aujourd’hui de revenir à l’UMP, qu’il avait quitté pour fonder son propre mouvement République solidaire, si le parti retrouvait «un peu de raison» et le sens de «l’intérêt général».

Je reste fidèle à deux principes, les valeurs humanistes et gaullistes et les choses sont suffisamment graves dans notre pays pour qu’on essaye de se rassembler. Quand on voit les défis extérieurs, la situation de la Grèce ou de l’Espagne, je trouve que les européens auraient mieux à faire qu’à se battre et regarder les trains passer.

«Je n’ai jamais renié mes origines, ma tradition d’une droite républicaine, humaniste, ouverte sur le monde», a expliqué Dominique de Villepin sur Canal+. «Quand l’UMP a dévié de la route qui aurait dû être la sienne tout au long des dernières années, j’ai pris mes distances. Aujourd’hui, j’observe ce qui s’y passe», a-t-il dit. «Je regrette pour ma part ces divisions, surtout dans une période électorale mais, nous verrons bien. Nous verrons si un peu d’ordre, un peu de raison, un peu d’intérêt général prévaut dans ce mouvement», a-t-il lancé.

Le Figaro

L’affaire DSK : chronique de l’oligarchie française

Tribune libre de Paysan Savoyard

Malgré l’absence de recul, autorisons-nous à évoquer l’affaire Strauss-Kahn, qui nous paraît à ce stade pouvoir inspirer trois types de réflexions :

Les politiciens actuels semblent avoir perdu tout sens de l’intérêt général

L’affaire DSK illustre d’abord nous semble-t-il cette réalité de la vie politique. Les politiciens prétendent se placer au service de l’intérêt général : en réalité pour la plupart d’entre eux le moteur premier de leur engagement politique est l’attrait du pouvoir. Pouvoir de domination. Pouvoir de susciter l’admiration et l’envie de ceux que l’on domine. Plaisir de décider. Plaisir de changer la vie des personnes que l’on nomme ou que l’on disgracie, que l’on promeut ou que l’on évince, que l’on récompense ou que l’on punit. L’aisance financière que procure le pouvoir entre également en ligne de compte : si la politique ne permet pas en principe de s’enrichir, elle garantit du moins un train de vie élevé, lié notamment aux avantages en nature dont les politiciens bénéficient. Le pouvoir des politiciens-hommes exerce en outre manifestement un puissant attrait sur les femmes (cette constatation conduit, au passage, à mettre en doute la pertinence des analyses féministes).

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Le carriérisme, symptôme d’un Etat faible

Tribune libre de Paysan Savoyard

Le départ de hauts fonctionnaires vers le secteur privé est depuis plusieurs années un phénomène d’ampleur, qui illustre assez bien les évolutions en cours. Les hauts fonctionnaires quittent le service d’un Etat dévalorisé : sa mission et sa légitimité ne font plus recette. L’idée que l’Etat doit être servi et défendu parce qu’il est le garant de l’intérêt général apparaît aujourd’hui dépassée, comme semble d’ailleurs dépassé le concept d’intérêt général lui-même. L’idéologie individualiste est devenue dominante : dans ce contexte, l’Etat apparaît comme un archaïsme et un obstacle.

 

En outre, du fait de la décentralisation, de la construction européenne et de la privatisation des entreprises publiques, une partie croissante du pouvoir détenu jusqu’alors par l’Etat a été transféré à d’autres structures : cet Etat discrédité et vidé de ses prérogatives n’intéresse plus ses cadres (le montant des rémunérations offertes par le privé achevant de décider les hésitants).

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