Ayrault appelle les Français à accepter la mondialisation

La France doit tirer parti de la mondialisation et encourager la prise de risque sans renier son modèle économique et social, qui doit être «renouvelé», estime le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, dans une tribune publiée jeudi par Le Monde. Ce long texte précise le cap du gouvernement, qui entame avec son premier conseil des ministres de l’année douze mois difficiles sur le plan économique avec une feuille de route pour les six mois à venir.

«La France est à la croisée des chemins», écrit Jean-Marc Ayrault, qui souligne que le modèle politique, social et économique fondé depuis deux siècles est aujourd’hui fragilisé par les inégalités, la dette publique et le chômage. La montée des extrêmes dans les urnes et la défiance qui «paralyse nos relations sociales et politiques» obligent également la France à réinventer son modèle, sans rupture mais en refusant un prétendu «âge d’or», ajoute-t-il.

«La crise que nous traversons est d’abord économique et sociale. La tentation est grande d’en reporter la responsabilité sur autrui, d’accuser la libéralisation des échanges commerciaux et financiers, la concurrence des pays à bas coûts et les politiques conduites en Europe», poursuit le Premier ministre.

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Nouveau gouvernement : de la diversité pour divertir ?

Le gouvernement Ayrault avait promis parité et diversité. Le compte est bon. Mais sur le fond, l’équipe toute belle toute fraîche tiendra-t-elle la route ?

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François Hollande avait promis un gouvernement paritaire et tenant compte de « la diversité » de la  société française. Il a tenu parole. La parité a été respectée jusque dans le protocole et avec sept personnalités issues  des « minorités visibles », son gouvernement est aux couleurs de la France.

Au-delà de leur indéniable talent, Najat Vallaud-Belkacem, née dans la campagne marocaine et diplômée de Sciences-Po Paris, et Aurélie Filippetti, fille de mineur de fond et petite-fille d’immigré italien « sauvée par la littérature », représentent des symboles forts de la méritocratie républicaine. Mais les symboles ne sont pas toujours gage d’une politique juste.

Souvenez-vous en 2007, Nicolas Sarkozy avait ouvert la voix en nommant Rachida Dati, Rama Yade et  Fadela Amara dans son gouvernement. Dans les médias, ces dernières étaient intronisées « icônes de la diversité ».

Depuis, faute de légitimité politique, elles ont explosé en plein vol : Dati mise sur la touche à Paris et exilée à Bruxelles, Yade bannie du gouvernement et de l’UMP, Amara disparue de la circulation.

Plus grave, derrière l’affichage « diversité », la politique menée a souvent été synonyme d’inégalité : bouclier fiscal pour les plus riches, destruction du modèle social français, immigrés transformés en boucs émissaires, promotion du prince Jean à la tête de l’EPAD, tandis que les écoles de campagne et de banlieue étaient délaissées.

En terme de casting, le gouvernement de François Hollande, comme celui de Nicolas Sarkozy il y a cinq ans, est une réussite. Sur le plan politique, on peine encore à distinguer une ligne cohérente.

Comment le « démondialisateur » Arnaud Montebourg va-t-il pouvoir opérer « le redressement productif » de la France  sans tenir les cordons de la bourse jalousement gardés par le strauss-kahnien et très libéral Pierre Moscovici ?

Cécile Duflot doit-elle son poste de ministre de l’Égalité des territoires et du Logement à ses seules compétences ou au souci de François Hollande de ménager les écologistes ? De même, Christiane Taubira était-elle réellement plus légitime sur les questions de justice qu’Eva Joly ou Arnaud Montebourg, qui ont consacré une grande partie de leur carrière à lutter contre la corruption ? (…)

Bondy Blog

Les devoirs à la maison, «facteur d’inégalité» ?

La Fédération des Conseils de Parents d’Elèves (FCPE), principale fédération de parents d’élèves et l’Institut coopératif de l’école moderne (ICEM), pédagogie Freinet, ont appelé aujourd’hui parents et enseignants à respecter une «quinzaine sans devoirs». Le débat est ouvert : véritable «plaie» et «facteur d’inégalités» pour les uns, «indispensable» pour les autres…

Pourquoi ? «Parce que les devoirs à la maison n’ont jamais prouvé leur utilité pédagogique, rétorque Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE. Si l’élève n’a pas réussi à faire un exercice à l’école, je ne vois pas comment il réussirait chez lui. En fait on sous-traite aux parents le travail qui devrait être fait en cours».

Autre raison invoquée : «Ça renforce les inégalités, estime Catherine Chabrun, présidente de l’ICEM. Toutes les familles n’ont pas le temps ou les connaissances nécessaires pour faire plancher leur progéniture.» […]

Tous les parents ne sont pas de cet avis. «D’une certaine manière, cela les prépare au secondaire, à être autonomes», estime Myriam Menez, secrétaire générale de la Fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public (PEEP), l’autre principale association de parents d’élèves.

Le Parisien

« C’est vrai qu’on défend moins les convictions des croyants chrétiens en se disant qu’ils seront plus tolérants »

La poignée de fondamentalistes chrétiens qui assiègent depuis une semaine un théâtre parisien pour perturber une pièce qu’ils jugent offensante, ont fait connaissance avec la garde à vue, tandis que les intellectuels se mobilisent pour soutenir la « liberté de représentation ».

« Ces groupuscules intégristes ont toujours existé », relève le sociologue Odon Vallet (…) Mais, souligne-t-il, « il y a aujourd’hui une inégalité de traitement » entre religions, aux dépens du christianisme:

« Il est évident que, si au lieu du portrait du Christ, il y avait eu celui de Mahomet ou de Moïse, la pièce ne serait pas passée, (par) crainte d’une islamophobie raciste ou d’un antisémitisme aux relents nauséeux ».

« C’est vrai qu’on défend moins les convictions des croyants chrétiens en se disant qu’ils seront plus tolérants. Cela pose problème », dit-il.

Le Point

Les limites de la politique du « tous propriétaires »

La Fondation Abbé Pierre dénonce une politique d’accession à la propriété qui pousse les ménages les plus modestes à s’endetter. Explications.

Sans remettre en cause l’accession à la propriété en tant que telle, la Fondation Abbé Pierre en dénonce les échecs et les effets pervers actuels.

Inégalités persistantes dans l’accès à la propriété

Alors que les dispositifs d’aide à l’accession à la propriété se sont multipliés, l’étude de la Fondation Abbé Pierre note que parmi les 20% de ménages les plus modestes, seuls 37% sont propriétaires. Ils étaient 47% en 1988. Dans le même temps, les ménages les plus riches sont plus nombreux à avoir accédé à la propriété. »

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Kamel Kabtane à El-Watan : «l’inégalité, les musulmans la subissent de plein fouet»

Recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, décrit la situation des musulmans en France au journal algérien El-Watan.

 » Les derniers débats sur l’identité nationale, sur le voile intégral et sur la viande halal sont des éléments qui fondent l’injustice dont sont victimes les musulmans. »

La montée de l’islamophobie s’exprime essentiellement par des atteintes aux biens, tels que les mosquées, les commerces, les cimetières. Cette situation prend des proportions jamais atteintes. Depuis le début de l’année, plus de 20 actes de cette nature ont été dénombrés sur le territoire français. Il est vrai qu’un certain discours politique en est le ferment actif, il est le révélateur de cette détestation dont les musulmans sont l’objet en France.

Dire qu’il y a nécessité de respecter la loi, c’est une vérité qui s’applique à tous. La plupart des musulmans sont respectueux des lois existent et qui font que si tous les citoyens sont égaux en devoir, ils doivent l’être aussi en droit ; or l’inégalité, les musulmans la subissent de plein fouet.

El-Watan

« On retrouve les mêmes problèmes dans des pays qui n’ont aucun passé colonial »

Malika Sorel – France Culture – Répliques – 13 décembre 2008 – Extraits

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Esclavage, colonisation et repentance

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« Ces problèmes d’intégration, on les retrouve de la même manière dans des pays qui n’ont aucun passé colonial. C’est une manipulation. Ces lois mémorielles — et c’est une véritable inflation à laquelle nous avons assisté — ont conduit à créer des divisions au sein de la société, puisque chaque communauté revendique sa part de mémoire. D’où cette tentation de toujours vouloir culpabiliser les Français, et de demander à la France de se repentir.

« C’est au nom de l’égalité que nous allons vous imposer l’inégalité.»

Il ne faut pas se voiler la face. Ce n’est absolument pas pour construire une mémoire partagée que tous les dossiers de lois mémorielles sont mis sur la table, mais pour récupérer des avantages. La discrimination positive, c’est-à-dire l’introduction de l’inégalité, en est un exemple.

On dit aux Français : « c’est au nom de l’égalité que nous allons vous imposer l’inégalité. Vous allez payer de manière individuelle ce que vos ancêtres ont commis». Moi, en tant que descendante d’arabes, il serait pour moi tout à fait inadmissible qu’on vienne aujourd’hui me demander des comptes et payer pour ce que mes ancêtres arabes ont fait. Et tout le monde le sait, l’esclavage n’est pas l’apanage des sociétés occidentales. Il a aussi été le fait des sociétés arabes et des noirs de l’Afrique. Lire la suite