Hortefeux : « Il faut dénoncer les propositions ubuesques du FN »

INTERVIEW – L’ancien ministre de l’Intérieur, proche de Nicolas Sarkozy, estime que « le seul vrai gagnant dans les urnes en 2013 a été l’UMP » et estime qu’avec la gauche, « peu à peu, la France s’enfonce ».

LE FIGARO.- Quels sont les principaux revers du gouvernement depuis 2012 ?

Brice HORTEFEUX.- Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’inscrira dans l’histoire comme le champion toutes catégories des couacs et des flops: j’ai recensé 37 couacs en 19 mois! Cela commence avec les hésitations sur la fiscalité du diesel et se termine par un rapport calamiteux sur l’intégration et une mauvaise blague de François Hollande sur l’Algérie. Quant aux flops, ils sont hélas si nombreux: baisse du pouvoir d’achat pour la première fois depuis 1984, trois dégradations des agences de notation, déficits publics atteignant 4,1 % au lieu des 3 % annoncés, dette devant être limitée à 90 % du PIB mais grimpant vraisemblablement à 95,4 % en 2014, augmentation de plus de 50 milliards de la pression fiscale alors qu’était promise une pause, dépense publique devant diminuer mais augmentant en réalité de plus de 4 milliards, taux de marge des entreprises au plus bas depuis 1985 bloquant l’investissement… Bref, 2013 se résume en trois mots: mensonges, erreurs et provocations.

2013 a été difficile pour la gauche et la droite. Le grand gagnant n’est-il pas le FN ?

Le seul vrai gagnant dans les urnes en 2013 a été l’UMP. Ne faisons pas du FN l’alpha et l’oméga de la vie politique, même si l’action de la gauche au pouvoir lui donne, comme à chaque fois, de l’oxygène. Profitons de cette période pour ne laisser aucun terrain en jachère – sécurité, justice, immigration où nous devons être aussi forts que justes – et dénoncer les propositions ubuesques du FN sur la sortie de l’euro, le recrutement des fonctionnaires ou l’augmentation ridiculement impossible pour les salaires jusqu’à 1500 euros !

(…) Le Figaro

Les téléphones d’Hortefeux, Copé et de membres de la famille Dassault piratés

Les téléphones portables de l’ex-ministre Brice Hortefeux, du président de l’UMP, Jean-François Copé, et de plusieurs membres de la famille de Serge Dassault ont été piratés et écoutés pendant plusieurs semaines, révèle Le Canard enchaîné à paraître mardi 7 mai.

L’hebdomadaire affirme qu’au total une quinzaine de personnes ont été victimes de ce piratage, dont une grande partie de la famille Dassault, trois élus de l’Essonne, ainsi que Brice Hortefeux et Jean-François Copé. Mis à part les deux responsables de l’UMP, toutes les victimes appartiennent à la « galaxie » de l’Essonne, fief électoral de l’industriel Serge Dassault qui a dirigé la ville de Corbeil-Essonnes entre 1995 et 2009. (…)

Le Monde

Hortefeux accuse le gouvernement « d’ouvrir les vannes de l’immigration »

L’ancien ministre UMP de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a accusé dimanche le gouvernement « d’ouvrir les vannes de l’immigration », alors qu’en 2012 la France a battu le record des expulsions d’étrangers en situation irrégulière avec 36.822 personnes reconduites.

Invité à commenter ce chiffre des reconduites à la frontière, lors du « Grand rendez-vous » Europe1/LeParisien/i>TELE, M. Hortefeux a fait valoir qu’il fallait « l’affiner »: « sur les mois de présidence Sarkozy 20.300 personnes en situation irrégulière ont été reconduites et sur les mois du gouvernement 16.500. Ce qui constitue une baisse immédiate de 20% sur les reconduites à la frontière ».

Il a en outre dénoncé « les signaux adressés » comme les « critères de naturalisation revus dans le sens d’une ouverture à tous vents ». « On ouvre les vannes de l’immigration et on encourage le regroupement familial », a-t-il dit. (…)

Yahoo

Voitures brûlées : Hortefeux dénonce une spectaculaire augmentation

Brice Hortefeux (UMP) a évoqué jeudi une «augmentation spectatulaire» du nombre de voitures brûlées à Paris et en petite couronne et a regretté que Manuel Valls soit revenu sur sa décision de ne pas publier ces chiffres pour la nuit de la Saint-Sylvestre. Sur Europe 1, l’ancien ministre de l’Intérieur a rappelé avoir décidé, fin 2009, « de mettre fin à ce palmarès » de véhicules incendiés, « un bingo, un concours stupide consistant en une émulation entre différentes collectivités ».

Ce ne sont pas « les plus fins de nos compatriotes qui brûlent les voitures, ce ne sont pas les Einstein du coin », a relevé l’eurodéputé. « Il fallait adresser un signal : il n’y aura pas de comparaison ».

M. Hortefeux a assuré qu’il n’y avait pas eu chez lui de « souci de cacher quoi que ce soit, puisque je rendais publics les chiffres annuels ». « Est-ce que ça a marché ? Oui, ça a marché, puisque le nombre de véhicules brûlés a diminué », a assuré le proche de Nicolas Sarkozy, en citant « sur 2011, par rapport à 2010, 300 » en moins.

Au contraire, pour lui, concernant l’agglomération parisienne – Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne – il y a cette année «une augmentation de 23%, près du quart». «Au niveau national, ce qui est certain, c’est qu’il y a une hausse», a poursuivi l’ex-ministre.

(…) Le Parisien

Relaxe d’Hortefeux pour injure envers les Arabes : pourvoi examiné le 30 octobre

La Cour de cassation examinera le pourvoi du Mrap relaxant Brice Hortefeux après sa sortie sur un militant UMP d’origine arabe en 2009

La Cour de cassation examinera le 30 octobre le pourvoi du Mrap contre l’arrêt de la cour d’appel relaxant Brice Hortefeux après sa sortie sur un militant UMP d’origine arabe en 2009, a-t-on appris lundi auprès de l’un des avocats du Mrap.

La polémique était née en septembre 2009, avec la diffusion par lemonde.fr d’une vidéo où l’ancien ministre de l’Intérieur tenait des propos ambigus pendant qu’il posait avec un jeune militant, Amine, né de père algérien, lors de l’université d’été de l’UMP à Seignosse dans les Landes. (…)

Condamné en première instance à 750 euros d’amende, Brice Hortefeux avait été relaxé le 15 septembre 2011 par la cour d’appel, qui avait néanmoins jugé ces propos « méprisants » et « outrageants ».

Les juges d’appel avaient estimé irrecevable la constitution de partie civile du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples. Pour eux, les propos de Brice Hortefeux n’étaient pas publics et le délit d’ »injure publique » qui lui est reproché devrait être requalifié en « injure non publique » – passible d’une contravention.

Or, la partie civile à l’origine des poursuites ne peut agir en justice qu’en matière de délit, avaient-ils rappelé.

Contestant ce raisonnement, le Mrap a formé un pourvoi, qui sera examiné le 30 octobre, selon Me Patrice Spinosi, avocat de l’association devant la Cour de cassation.

BFMTV

La blague auvergnate d’Hortefeux, son « pire souvenir politique »

Il y avait du soleil et un dernier goût de vacances, on était entre soi, on était bien. L’UMP tenait son université d’été à Seignosse (Landes). Après un débat, le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, est arrêté dans une allée, aux côtés de Jean-François Copé, par un groupe de militants. Il s’attarde quand on lui présente Amine, ce jeune et grand gaillard d’origine maghrébine qui veut se faire photographier avec les deux stars. Dans le petit groupe, des propos s’échangent qui, s’ils devaient trouver une place parmi les figures de rhétorique, pourraient intégrer la catégorie « gros beauf ».

Extraits : « Amine, ça c’est l’intégration ! » s’exclament certains. « Il est beaucoup plus grand que nous, en plus ! » réplique Brice Hortefeux. « Il mange du cochon et il boit de la bière ! » précise une voix. M. Hortefeux : « Ah, mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas au prototype. C’est pas du tout ça ! » « C’est notre petit Arabe » lance quelqu’un. « Bon, tant mieux, conclut le ministre. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes… »

On rigole bien. Manque de chance, la scène est filmée. Le ministre de l’intérieur pris en flagrant délit de « franchouillardise » raciste sur le dos des Arabes : de l’explosif !

« C’est mon pire souvenir politique » admet Brice Hortefeux. « Cette histoire m’a sonné. Je ne suis pas raciste. C’était une caricature de moi qui ne correspondait ni à mon tempérament ni à mes valeurs. Quand on se ramasse un boulet pareil en pleine face, c’est moralement très dur, un choc violent. Je guettais le regard de tout le monde. »

Sur le moment, la défense du ministre prend un tour rocambolesque. Au micro de RTL, l’élu d’Auvergne sort un lapin de son chapeau : ce n’était pas des Arabes qu’il parlait, mais… des Auvergnats ! Bon sang, mais c’est bien sûr ! Il est vrai que le ministre ne désigne pas explicitement ceux qui, « quand il y en a beaucoup » posent un problème, mais, à revoir la scène, « notre petit Arabe » est bien le seul à inspirer, dans cet échange haut de gamme.

La trouvaille a mis du temps à quitter les commissariats, où l’on s’amusait à repérer « des individus suspects de type auvergnat » … Trois ans plus tard, Brice Hortefeux l’admet volontiers : cette histoire d’Auvergnats était bel et bien loufoque. « Le jeune homme et des amis avaient trouvé ça pour me soutenir, reconnaît-il. Sur le moment, je ne les ai pas contredits. A vrai dire, je ne sais même pas de quoi je parlais. Je voulais aller nager. Mon commentaire stupide pouvait à juste titre être mal interprété. L’atmosphère était à la blague potache, je me suis laissé aller et j’en ai eu honte. »

Brice Hortefeux a été condamné en 2010 pour injures raciales, à la requête du MRAP. « La preuve qu’on [lui] a fait un mauvais procès » note-t-il, est qu’il a été relaxé en appel au motif qu’il ne s’adressait qu’au cercle restreint des militants qui l’entouraient. La cour d’appel n’en a pas moins qualifié ses propos d’ « outrageants » et « méprisants. »

Entre-temps, le ministre a expié. Il a passé l’épreuve morale des « regrets » le 14 septembre 2009, au dîner du Conseil français du culte musulman, soutenu par Fadela Amara, ministre « de la diversité » et… auvergnate comme lui. Le lendemain, c’était l’épreuve politique : les questions d’actualité à l’Assemblée – « l’exercice le plus difficile et pénible dans la vie d’un ministre » confie-t-il. Ses conseillers lui avaient soufflé d’évoquer des socialistes pris dans des situations semblables. M. Hortefeux, à l’époque, s’est voulu magnanime. Il n’a pas donné de noms.

Il n’est pourtant pas le seul à s’être autorisé une petite vanne raciste. Peu après lui, l’ex-président Jacques Chirac, déjà célèbre pour sa phrase sur « les odeurs » des immigrés en 1991, plaisantait avec Alain Juppé dans les rues de Bordeaux sur un passant « pas tout à fait né natif ». La même année, le ministre de l’intérieur alors maire d’Evry, Manuel Valls, demandait, oubliant les micros de Direct 8, en se promenant dans une brocante de quartier : « Tu me mets quelques Blancs, des White, des « Blancos ».

« Dans notre société telle qu’elle fonctionne médiatiquement, où tout n’est qu’images volées, conclut Brice Hortefeux, un ministre ne doit parler que dans le cadre prévu à cet effet. Je suis beaucoup plus prudent maintenant. » Il assure que « la grosse vanne de beauf » ce n’est pas son genre. Qu’il a « plutôt l’humour britannique, fait d’autodérision. » Un modèle en understatement ["litote"], si l’on comprend bien. « Je n’ai pas voulu démissionner, avoue-t-il, car je n’avais pas commis de faute. Je peux dire maintenant que par inattention, par faiblesse, j’avais fait une erreur. »

Le Monde

Hortefeux : « il n’y a pas eu pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy d’émeutes urbaines »

La mémoire sélective de Brice Hortefeux sur les émeutes urbaines

« J’observe – et c’est curieux que personne ne le note – qu’il n’y a pas eu pendant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy d’émeutes urbaines. » Invité sur BFM-TV, vendredi 17 août au matin, Brice Hortefeux, président de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy, monte au créneau pour défendre la politique de l’ancien chef de l’Etat en matière de sécurité. « Quand j’étais ministre de l’intérieur, je donnais des consignes très strictes : il faut interpeller très vite », assène M. Hortefeux, en faisant référence aux événements d’Amiens.

Tout à sa démonstration, M. Hortefeux a sans doute parlé un peu vite. Il a oublié les émeutes urbaines de Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) en novembre 2007, qui ont duré deux nuits pendant lesquelles des armes à feu ont été utilisées contre la police. Celles de Firminy (Loire), qui s’est enflammée pendant trois nuits en juillet 2009, après la mort d’un homme dans un commissariat de Chambon-Feugerolles.

Celles du quartier de la Villeneuve, à Grenoble, en juillet 2010, où, après plusieurs nuits d’affrontements avec la police, M. Sarkozy viendra en personne limoger le préfet et prononcer son désormais célèbre discours de Grenoble, qui marque un virage sécuritaire dans le quinquennat. Il semble oublier également les incidents de Woippy (Moselle) en novembre 2010 ou ceux de Grigny (Essonne) en 2011. [...]

Le Monde

Brice Hortefeux veut muscler la «droite forte»

Dans la nouvelle géographie de l’UMP qui va se dessiner cet automne, c’est un courant qui compte bien peser. Ses contours sont encore flous, son nom n’est pas définitif, mais la date de son lancement est déjà arrêtée : ce sera au lendemain des législatives. C’est Brice Hortefeux qui est à l’initiative de la «droite forte» (le nom provisoire de ce mouvement). Son objectif : occuper la droite de l’UMP et incarner les valeurs traditionnelles de l’ex-majorité.

Cette sensibilité devrait compter deux porte-parole : la révélation de la campagne présidentielle, Guillaume Peltier, et le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti. Elle devrait mettre en avant de nouvelles figures (le conseiller régional d’Ile-de-France Geoffroy Didier, ou Camille Bedin, qui est pressentie pour devenir la patronne des jeunes UMP). Des personnalités déjà bien installées pourraient également en faire partie : Christian Estrosi, Nadine Morano…

Mais pour occuper une large surface, Hortefeux et les siens (Alain Carignon est particulièrement à la manœuvre) voudraient convaincre d’autres chapelles de les rejoindre. Logiquement, La Droite populaire pilotée par Thierry Mariani, qui a beaucoup fait parler d’elle ces deux dernières années, devrait en être.

Mais la Droite sociale de Laurent Wauquiez a aussi été approchée. Pour l’instant, le maire du Puy-en-Velay, qui a frôlé la réélection dès le premier tour des législatives, réserve sa réponse. […]

Paris Match

Hortefeux : « une proportion importante de Français a le sentiment de vivre une «intrusion culturelle» qui les inquiète »

Interview de Brice Hortefeux dans Le Figaro

« L’UMP a besoin d’une droite forte »

[...] Dans ce débat sur les frontières, nous avons mesuré l’angoisse identitaire et économique face à la mondialisation. Au-delà, trois observations utiles pour l’avenir doivent être formulées. D’abord, une proportion importante de Français a le sentiment de vivre une «intrusion culturelle» qui les inquiète. Ils ressentent aussi l’Europe comme lointaine, tatillonne, construite sans eux et donc illégitime. Enfin, à leurs yeux, la zone euro a surtout pour effet de créer des files de chômeurs… Nous devons impérativement répondre à ces ­besoins de protection.

L’axe de campagne désigné comme trop droitier ne vous a-t-il pas fait perdre des voix au centre?

Nicolas Sarkozy ne s’est pas adressé à telle ou telle catégorie partisane, mais au peuple de France. Et la réalité est simple: ce n’est pas tant le centre que l’attitude de Marine Le Pen qui a permis le succès de la coalition PS-Front de gauche-Verts. [...]

Le Figaro

Sarkozy-Kadhafi: la preuve du financement

Selon un document officiel libyen daté du 10 décembre 2006, le régime Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d’euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Dans cette note que nous publions, Moussa Koussa, alors chef des services de renseignements extérieurs libyens, autorise le directeur de cabinet de Kadhafi, Béchir Saleh, à entreprendre les versements secrets.

M. Koussa évoque dans ce document des réunions préparatoires avec Brice Hortefeux et l’intermédiaire Ziad Takieddine. « Ce document prouve qu’on est en présence d’une affaire d’Etat », confirme ce dernier à Mediapart.

Mediapart.fr

Quand les politiques se confient aux journalistes autour de déjeuners

Personne n’attend de se voir confier un gros scoop au dessert. [...] Et des réponses anodines en disent parfois long. C’est à un groupe de déj’ que Brice Hortefeux, interrogé sur ce qui empêche une alliance avec Marine Le Pen, répond : « L’euro. Elle veut en sortir… » – sans un mot sur l’immigration.

C’est souvent l’invité qui pose les premières questions. Il flatte un peu les journalistes, glisse quelques remarques pour montrer qu’il est au fait de la vie des rédactions. « Mélenchon n’a pas arrêté de nous passer la brosse à reluire… Il nous a dit que journaliste était un métier formidable, qu’il nous enviait ! », se souvient Alexandra Ackoun.

Le Monde

Relire: Mélenchon: le journalisme est un «métier pourri»

Zebda : «Qu’est-ce qui nous convainc que la laïcité n’est pas islamophobe ?»

(pochette de l’album de Zebda)

Zebda est de retour ! Les «toulousains» reviennent avec un disque très politique, « Second Tour », sorti cette semaine. Mustapha Amokrane et Magyd Cherfi évoquent le voile islamique, la laïcité, le métissage de la société, les femmes, la politique, Brice Hortefeux, le racisme, l’éducation. Extraits.

Pourquoi un blanc réussit et les gens de couleurs s’intègrent ? C’est quoi cette discrimination ?

Mus’ : L’idée d’une droite décomplexée s’est accompagnée d’une libération de la parole raciste. Et ça ça nous touche, nous, enfants d’immigrés algériens. Ça nous provoque. Ça nous donne le besoin impératif de réagir. […]

Magyd : Il y a là-bas un mélange qui ne nous oblige pas à être des enfants de chœur. La France voudrait un métissage docile, souriant et plaisant. Le vrai métissage – auquel on aspire – ne se raconte pas d’histoires. Le métissage c’est violent, ce sont des accrochages. Avant les harmonies, il y a des accrochages. Notre vision c’est celle-là : cessez d’imaginer un conte de fée. […]

Mus’ : Nous sommes des laïques. La laïcité telle qu’elle est prônée par l’extrême-droite et par des gens soi-disant de gauche est une vision rétrograde. On ne peut pas dire la laïcité c’est comme en 1905, c’est pas réaliste. On n’a pas la possibilité d’avoir un vrai débat sur la laïcité, c’est impossible. On ne peut pas dire d’un côté aux parents vous n’êtes pas présents et de l’autre interdire aux femmes voilées d’aller chercher leurs enfants à la sortie de l’école. […]

Magyd : Qu’est-ce qui nous convainc que la laïcité n’est pas islamophobe ? Elle est d’obédience judéo-chrétienne alors est-ce qu’on peut s’y fier ? J’étais pour la loi anti-voile mais je ne dis pas qu’elle n’est pas islamophobe… […]

chartsinfrance.net (Merci à Juan et Herz)