Salif Doukoure, Mohamed Traoré : Viol homophobe aux assises de l’Hérault

Homophobie ordinaire, violente et sordide… les deux accusés d’un viol homophobe en 2010 à Béziers sont devant la cour d’assises de l’Hérault. La victime, démolie psychologiquement, n’assistera pas à ce procès qui s’ouvre ce mercredi et pour trois jours à Montpellier.

[...] Au cours d’une soirée arrosée, cette femme aujourd’hui âgée de 34 ans avait accepté de laisser entrer à son domicile les deux hommes, mais avait repoussé leurs avances, en leur indiquant qu’elle était lesbienne.

Selon son témoignage, tous deux lui ont alors imposé plusieurs rapports sexuels, utilisant même une bouteille de bière, en lui disant :

« Sale homosexuelle, il faut arrêter ». Tout en abusant d’elle, ils l’ont obligé à déclarer : « Je jure que je n’aimerai plus les femmes ! »

Elle était ensuite parvenue à s’enfuir en sautant depuis son balcon sur celui de l’étage inférieur, et en appelant à l’aide son voisin, pour qu’il prévienne la police.

L’examen des lieux a permis la découverte de l’ADN des deux hommes, celui de Salif Doukoure sur des préservatifs et sur les prélèvements faits sur la victime, celui de Mohamed Traoré sur un filtre de cigarette et des lunettes de soleil trouvées dans l’appartement.

Les deux accusés, originaires du Sénégal pour l’un, de Côte d’Ivoire pour l’autre, ont nié les faits à l’ouverture de l’audience. [...]

[...] Salif Doukouré, un colosse en chemise blanche, s’exprimant avec un léger bégaiement, [...] a par ailleurs déjà été condamné en 2005 à Paris à trois ans de prison pour une agression sexuelle ayant entraîné une blessure. [...]

Le Midi Libre
(Merci à Antibarbare)

«Ce qui fédère les opposants au mariage pour tous est la haine homophobe»

Pour Daniel Borrillo, juriste, Paris-Ouest-Nanterre, l’affaire est entendue. Le ressort profond qui fédère les opposants au mariage est la «haine homophobe» qui selon lui, se banalise.

Dans aucun pays au monde, une fois le mariage pour les couples de même sexe adopté, la mobilisation conservatrice n’aura déployé autant d’énergie pour dénoncer une loi démocratique comme la droite extrême française. […]

Pendant longtemps, à chaque avancée des droits, ces mêmes médias et ses idéologues n’hésitaient pas à brandir la menace du communautarisme gay, désintégrateur du tissu républicain. En revanche, face à l’organisation d’une minorité agissante basée sur le refus des droits pour une partie des citoyens, personne ne fait référence au communautarisme homophobe. D’abord, il s’agit d’une minorité. Contrairement à l’idée répandue par certains médias selon lesquels la loi Taubira diviserait les Français, les opposant à l’égalité des droits pour les LGBT constituent une minorité. […]

Il s’agit bien d’une communauté, dans le sens donné par la sociologie, c’est-à-dire un groupe d’individus caractérisé par l’attachement spontané à certaines valeurs : la famille traditionnelle, la patrie, la religion… Valeurs considérées comme relevant du sens commun («un père + une mère c’est élémentaire», «il n’y a pas d’ovules dans les testicules» pouvait on lire dans les pancartes de la manif pour tous). […]

Le sentiment anti-homosexuel (plus ou moins déguisée en défense de l’intérêt de l’enfant) se déployant de surcroit sur les allures de la Gay Pride (Manif pour tous) ou aux accents de révolte à la Act-Up (le Printemps français), constitue le lien unissant des groupes aussi variés que le Renouveau français, les Jeunesses nationalistes, le GUD, les catholiques traditionnalistes, certains militants et représentants du Front National et de l’UMP. Toutefois, sans la complicité de milliers de personnes qui disent ne pas appartenir à ces formations mais qui n’hésitent pas à manifester à leurs côtés, ce type d’expression se réduirait à sa dimension purement folklorique. […]

Libération

Dimanche, ce sera la dernière fête des mères !

Aujourd’hui c’est la Fête des mères. Edouard Frémy, journaliste se demande si elle pourra encore être célébrée alors que le mariage gay a été voté…

La fête des mères ne peut subsister. Ce sera trop de souffrance pour certains enfants, c’est trop injuste, c’est inégal. Certains ont un père et une mère ? Tant pis pour eux ! Effaçons cette différence, écrasons cette richesse supplémentaire, il n’y aura plus que la fête des parents.

Pour la dernière fois, dimanche, vous allez célébrer la maternité, l’abnégation, l’exemple de celle qui vous a mis au monde. Oui, bien sûr, dimanche, c’est la dernière fête des mères. Comment peut-il en être autrement ? Puisque, désormais, un enfant pourra avoir un père et un père, et pas de mère ! Puisque désormais un enfant pourra avoir une mère et une mère, et cette question : du ventre de laquelle suis-je né ? Et toutes les autres questions : j’ai deux pères, mais qui est ma mère ? Pourquoi m’en a-t-on privé ?

J’ai deux mères, donc il faudra que je fasse deux dessins, deux bouquets de fleurs pour la fête des mères ; c’est plutôt sympa, je comblerai de bonheur deux personnes plutôt qu’une ! Mais dans trois semaines, dimanche 16 juin, pour la fête des pères, à qui offrirai-je un dessin et le coupe-papier que j’ai fabriqué à l’école ? Et la mère porteuse indienne tenue en esclavage pendant neuf mois, elle n’a pas droit à un dessin, elle aussi ? […]

Vous n’êtes pas d’accord pour supprimer la fête des mères ? Mais puisqu’on vous dit que ce n’est pas juste parce ce n’est pas égal ! Vous êtes ennemi de l’égalité ? Alors vous êtes un fasciste ! Doublé, en l’espèce, d’un homophobe. Et puis, celui qui institua la fête des mères, Pétain, était bien fasciste, non ?

Bd Voltaire

Un nouveau chantier pour le gouvernement : l’homophobie dans les maisons de retraite

Alors que la loi sur leur mariage gay a été promulguée samedi, le gouvernement étudie des mesures pour améliorer la prise en charge de des seniors gay. Le problème de l’homophobie envers les personnes âgées homosexuelles se pose à domicile, en établissement spécialisé mais aussi en maison de retraite. Le gouvernement souhaite sensibiliser les personnels travaillant avec des seniors à ce sujet délicat.

Les associations consultées. La ministre demande aux associations de concevoir, d’ici l’an prochain, des programmes de formation spécifique, à destination des personnels de maisons de retraite.

Des remarques déplacées. Si elle ne va pas jusqu’à la maltraitance physique, l’homophobie est bien présente en maison de retraite. Par des remarques, des allusions, qui deviennent vite blessantes pour les pensionnaires visés […].

La nécessité d’un accompagnement particulièrement attentif. La ministre des personnes âgées, Michèle Delaunay, reconnaît qu’il y a bien un effort à faire sur la formation des personnels : «c’est particulièrement nécessaire car, pour beaucoup de personnes homosexuelles, il y a beaucoup de solitude : souvent, elles n’ont pas d’enfants, se sont éloignées de leur famille pour une raison ou pour une autre. Il doit donc y avoir un accompagnement particulièrement attentif dans ces cas de solitude», fait valoir la ministre. Outre l’isolement, certains seniors gay peuvent, par ailleurs, être lourdement malades, séropositifs par exemple, ce qui rend leur prise en charge plus complexe.

Europe 1

Reims. Les associations homosexuelles pro-mariage gay à la rencontre des futurs enseignants

L’association rémoise Ex Aequo et la mission Égalité de l’URCA se rendent à l’IUFM de Reims, ce mercredi 15 mai, pour parler de l’homophobie à l’école. Après la projection du film documentaire « It’s Elementary » prévue à 13h15, un débat est organisé pour faire taire les préjugés.

La journée mondiale contre l’homophobie a lieu ce vendredi 17 mai. Pour l’occasion, l’association LGBT Ex Aequo, basée à Reims, propose des animations afin de faire évoluer les mentalités, après plusieurs mois de débats houleux autour de l’ouverture au mariage pour les personnes du même sexe.

A 1 min 50 : « L’école est l’endroit où les enfants sont peut être plus libres, écartés des préjugés de la maison, c’est un endroit idéal pour lancer un débat.« 

(…) France 3 Champagne Ardenne

Etats-Unis : La carte de la haine

Le site de micro-blogging [Twitter] est régulièrement attaqué lorsqu’il autorise la publication de certains hashtags à caractère haineux. Des professeurs et étudiants américains, réunis autour du groupe Floating-sheep, ont ainsi créé une carte virtuelle interactive des États-Unis, recensant les zones à forte concentration de tweets homophobes ou racistes, pour « mesurer » la haine…

[La carte interactive a été créée à partir] de plus de 150 000 tweets « géotaggés », publiés sur Twitter entre juin 2012 et avril 2013. Déjà, après la réélection de Barack Obama, le groupe Floating-sheep avait mis au point une cartographie des tweets contenant des insultes racistes envers le président. [...]

Cliquez ici pour accéder la à la carte de la haine

Jolpress

Lille: l’affaire du bar gay fait pschittttt….

C’était quasiment la guerre civile et les trois présumés agresseurs homophobes avaient été incarcérés. Tout s’est calmé comme par enchantement et les trois ont été libérés jeudi soir.

Tout commence le 17 avril par une agression, peu après une manifestation à Lille des anti-mariages homos, au bar le « Vice-Versa » rue de la Barre à Lille. Des coups, des injures homophobes, une vitrine étoilée. Rapidement, une patrouille de police interpelle les trois présumés agresseurs non loin de là dans le quartier du Vieux-Lille.

Le 17 avril, quel est le contexte? Le climat est à l’orage, des manifestations dérapent, des commentateurs évoquent un climat de guerre civile et les ligues factieuses des années trente du siècle dernier, ceux qui sont contre les mariages homos s’énervent tandis que ceux qui sont pour ont tendance à se prendre pour des résistants face aux hordes réactionnaires. En réalité, une majorité existe depuis longtemps, tant à l’assemblée que dans l’opinion, pour légaliser sans trop de vagues l’extension du mariage aux personnes de même sexe.

Bref, quand les trois hommes jamais condamnés se retrouvent en comparution immédiate et qu’ils ajoutent ne pas vouloir être jugés tout de suite, la chambre correctionnelle concernée les envoie sans coup férir en détention provisoire. Alors que, pour bien plus grave, on a vu des prévenus rester en liberté.

15 jours plus tard, l’orage s’est calmé. Le même dossier examiné par la Cour d’Appel de Douai a suscité jeudi soir une décision infirmant le jugement lillois: les trois présumés « skins » ont été remis en liberté et vont donc comparaître en meilleure position sur le fond à Lille à la mi-mai. Satisfactions non dissimulées de Me Maxime Moulin et de Me Guillaume Ghestem.

Peripetiesjudiciaires

Homophobie dans le foot: 41% des joueurs professionnels «hostiles» à l’homosexualité

Selon une étude réalisée pour le Paris Football Gay…

(…)

Les résultats sont donc édifiants. Chez les pros, ils sont 41% à «exprimer des opinions hostiles à l’homosexualité», dans le cadre d’un questionnaire anonyme. Un pourcentage qui grimpe à 50% chez les jeunes joueurs des centres de formation. Chez les sportifs en général, le chiffre tombe à… 8%. «Il est possible que les joueurs qui perçoivent cette norme et qui désirent être intégrés à l’équipe exagèrent leur propre pensée», nuance l’étude.

Un jeune sur deux aurait peur de se doucher avec un coéquipier homosexuel

Dans ce contexte, difficile d’imaginer qu’un joueur fasse prochainement son coming-out. Dans ce cas précis, l’enquête est une nouvelle fois très révélatrice. Chez les pros, 63% (73% en centre de formation) des sondés seraient surpris si un coéquipier se dévoilait, «car c’est un sujet tabou».

Chez les futurs joueurs de Ligue 1, qui mûrissent en ce moment dans les écoles de foot, ils sont 55% à déclarer «avoir peur de se doucher avec lui». Et même 23% à «avoir peur que l’équipe soit moins performante». Enfin, ils sont 22% à «préférer qu’il change d’équipe».

(…) 20minutes.Fr

Act-Up : « la lâcheté d’Ayrault est une caution aux homophobes »

Dans une interview à 20 Minutes parue vendredi 26 avril 2013, Jean-Marc Ayrault justifie l’arrêt de la lutte contre les inégalités entre homos et hétéros au nom du retour au calme : « Il faut donner du temps et des signes d’apaisement qui sont attendus (…) On ne va pas ouvrir tous les jours un nouveau débat ». Act Up-Paris condamne la lâcheté de Jean-Marc Ayrault.

Trahissant un engagement présidentiel, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault avait refusé de mettre la PMA – tout comme la question des droits des trans – dans le projet de loi qui s’est restreint au mariage et à l’adoption, et ne permettait donc plus d’assurer une réelle égalité des droits pour les LGBT. Dès le départ, le gouvernement envoyait des signes « d’apaisement » aux homophobes : oui, l’accès à la PMA pour les lesbiennes pose problème, oui, vous avez raison, les familles homoparentales posent problème.

(…) Expulsion de malades sans-papiErEs, fermeture des hôpitaux publics, maintien des franchises pour soins, précarité entretenue des personnes handicapées et des malades, etc. : Ayrault peut-il croire que le courage de sa majorité sur le mariage fera oublier tout le reste, à commencer par sa propre lâcheté et sa trahison vis-à-vis des LGBT ?

Médiapart

«Homophobie, un mot trop gentil » (màj)

Tribune de Sylvain Bourmeau dans Libération

Imaginerait-on devoir parler de noirophobie ou de femmophobie plutôt que de racisme ou de sexisme ?

Homophobie est un mot gentil. Trop gentil. Pas le plus approprié pour désigner des discours et des comportements discriminatoires envers les homosexuels, l’irrationnelle phobie ainsi soulignée venant presque les expliquer, si ce n’est les justifier, au nom d’une supposée pathologie.

Il nous manque donc un mot plus juste, c’est-à-dire plus sévère, pour qualifier ce que, depuis quelques mois, nous entendons plus fort qu’auparavant, de façon décomplexée comme aime désormais à se qualifier une certaine droite : ce flot de paroles souvent anodines et parfois hargneuses, ces actes souvent négligeables mais parfois violents, libérés, déverrouillés par l’attitude complaisante de quelques (ir)responsables politiques. Car la peur qui nous inquiète, c’est plutôt celle qu’éprouvent au quotidien nombre de gays et lesbiennes qui se sentent à raison en insécurité. […]

Libération

————————
Complément 1: Sylvain Bourmeau, directeur adjoint de la rédaction de Libération, ex-directeur adjoint des Inrockuptibles. est resté dans les mémoires pour avoir déclaré que l’arabe était « une langue de France » (voir la vidéo ci-dessous)
Image de prévisualisation YouTube

Complément 2: Quant à l’insécurité, il écrivait notamment le 19 aout 2012 dans Libération.

«Revenue au pouvoir , il est plus que temps que la gauche (…) renoue avec ses principes et démontre clairement que le réalisme se situe du côté de ceux qui jamais ne cherchent à attiser les peurs en confondant, par exemple, insécurité et sentiment d’insécurité.»

Libé