Hollande/Valls : «Cela peut mal finir, c’est une forme de cohabitation qui ne dit pas son nom»

La cote de popularité du président français François Hollande a chuté de cinq points en avril, à 18%, le plus bas niveau jamais atteint depuis deux ans, tandis que celle de Manuel Valls, tout nouveau premier ministre, s’affiche à 58%, selon le baromètre mensuel Ifop pour le Journal du dimanche.

«Hollande pense qu’il va user Valls, et Valls pense que Hollande ne pourra jamais plus remonter. Valls n’est pas naïf (…) Il va s’énerver. Quand il sentira que Hollande l’emmène trop vers le bas, il s’en ira. Cela peut mal finir, c’est une forme de cohabitation qui ne dit pas son nom». Cette analyse cinglante, le JDD du 13 avril la prête à un proche de l’exécutif resté anonyme. […]

Surtout, relève l’Ifop, un tel écart de 40 points entre les cotes de popularité du président de la République et du premier ministre n’a jamais été vu depuis 1958 (hors cohabitations). Le plus important jusqu’alors était le différentiel de 21 points enregistré entre Nicolas Sarkozy (37) et François Fillon (58) en mars 2008. […]

Le Figaro

Ce soir sur France 3 : Que se passe-t-il dans la tête de François Hollande ?

France 3 diffuse ce soir à 20h 45 une enquête intitulée « Que se passe-t-il dans la tête de François Hollande ? »

Malgré une cote de popularité au plus bas, François Hollande garde son masque de la jovialité. Franz-Olivier Giesbert est parti à la rencontre de ceux qui le connaissent bien pour tenter de comprendre qui est vraiment l’homme que les Français ont élu en mai 2012.

Avec entre autres intervenants les politiques François Rebsamen, Manuel Valls, Julien Dray, Stéphane Le Foll, Jack Lang, le philosophe Michel Onfray et les journalistes Catherine Nay, Serge Raffy et Edwy Plenel. Ils commentent les trente ans du parcours politique sans tapage de François Hollande et son action à l’Elysée.

programme-tv

Un collectif de gauche appelle à refuser le vote de confiance au nouveau gouvernement

Dans une tribune intitulée « François Hollande et la rupture irrémédiable du PS avec la gauche », un collectif de chercheurs, d’écrivains et d’artistes appelle à refuser le vote de confiance au nouveau gouvernement.

L’élection de François Hollande en 2012 n’avait pas suscité d’enthousiasme démesuré. Pour beaucoup d’électeurs de gauche le vote témoignait d’une volonté de rompre avec la sarkozie plus que d’une adhésion au projet bien falot du candidat.

C’est aux députés de gauche et écologistes, majoritaires à l’Assemblée nationale, que nous nous adressons donc. Refuser de voter la confiance au nouveau gouvernement peut être le premier acte. Mais c’est une motion de censure qui pourrait vraiment contraindre notre cacique présidentiel à revoir ses choix.

Le changement, ce devait être maintenant. Rapidement pourtant c’est le constat de la continuité avec la politique de la droite qui s’est imposé. Ainsi en matière de sécurité où les coups de menton de Manuel Valls ont rappelé ceux de M. Guéant, les deux ministres de l’intérieur prouvant leur autorité et leur fermeté dans leur chasse aux roms. Il est beaucoup d’autres secteurs, on pourrait citer l’enseignement supérieur, la politique étrangère etc., où le changement s’est fait dans la continuité, pour reprendre l’expression pompidolienne. Mais c’est incontestablement la ligne économique suivie qui traduit le plus, à la fois dans le symbole et dans ses effets, cette continuité. A peine installé, le gouvernement Ayrault a fait du libéralisme économique sans le proclamer. Jusqu’aux vœux présidentiels du 31 décembre dernier où l’annonce d’un « pacte de responsabilité », salué par la droite, a confirmé la conversion du gouvernement à la politique de l’offre, explicitement libérale. Les effets sont connus. Loin de restaurer la croissance et de réduire le chômage, ce type de politique creuse les inégalités. […]

Anaïs de Courson, comédienne ; Keith Dixon, angliciste ; Susan George, écrivaine ; Thomas Lacoste, cinéaste ; Bernard Lahire, sociologue ; Christophe Mileschi, italianiste ; Frédéric Neyrat, sociologue ; Louis-Georges Tin, essayiste.

Le Monde

La dernière chance de François Hollande

Au lendemain de municipales désastreuses, le cap est fatidique pour le nouveau gouvernement du chef de l’Etat.

Le succès de Marine Le Pen aura joué un rôle non négligeable dans ce retour au réalisme. Elle-même en a senti la nécessité. Elle a abandonné le discours idéologique de son père, ses ambiguïtés malsaines, et les dérives d’un Mégret. Pragmatique, elle a axé sa campagne sur quatre thèmes : chômage, sécurité, immigration, Europe. On n’est plus dans les nuées mais dans l’existence quotidienne.

Pour Hollande voici venu le quart d’heure de Rabelais. Ce moment désagréable où, faute d’échappatoire, il faut prendre les décisions qu’impose la nécessité. Il n’a plus la ressource de la tergiversation et de la procrastination, qui lui ont été reprochées. Il doit agir vite, dans le sens de la clarification et de la cohérence. Il y est condamné s’il ne veut pas voir s’accroître le rejet dont sa politique et, par voie de conséquence, sa personne elle-même sont l’objet. […]

Les grands mots creux, les envolées lyriques, la menace fasciste, aussi intempestive que le « CRS : SS » de Mai-68, l’appel à l’esprit républicain, déjà démonétisés, ne font plus recette auprès des électeurs : ceux-ci, touchés dans leur mode de vie, leur pouvoir d’achat, au portefeuille pour dire les choses crûment, menacés dans leurs retraites et les avantages dans lesquels ils ont été dorlotés, regardent la vie politique avec un sens des réalités qui est nouveau. […]

Paris Match

Municipales : Hollande «sait qu’il joue sa survie»

L’inquiétude est grande chez les proches de Hollande. Le chef de l’État attend de mesurer dimanche soir l’ampleur de la défaite du PS. Il décidera ensuite du sort de Jean-Marc Ayrault.

«Il sait qu’il joue sa survie», raconte un socialiste partisan du président au Journal du dimanche. Les premiers chiffres de la participation de ce second tour des municipales sont mauvais, et les spéculations sur un prochain remaniement vont bon train.

La déroute des socialistes au premier tour va-t-elle se transformer, dimanche soir, en débâcle? Ou bien la gauche parviendra-t-elle à atténuer la défaite grâce à un sursaut de la mobilisation? Les élections municipales se suivent et se ressemblent pour les partis au pouvoir. Il y a six ans, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, l’UMP essuyait un de ses plus sérieux revers électoraux. Deux ans après son accession à l’Élysée, c’est François Hollande qui risque, à son tour, de subir pareille sanction. […]

Le Figaro ; Le JDD

Les «musulmans de gauche», une nouvelle famille politique ?

Dans une étude qui vient de paraître, le directeur de la Fondation Jean-Jaurès, Gilles Finchelstein, révèle la naissance d’une nouvelle famille dans le paysage politique français. Un groupe favorable à l’immigration et au droit de vote des étrangers mais «conservateur» sur les questions de société.

Pourquoi «de gauche» ? Parce qu’ils ont massivement voté pour François Hollande (72%) en mai 2012.

Vous dites avoir hésité à publier cette étude. Est-ce l’expression d’un doute sur les conclusions auxquelles vous êtes parvenu ? Ce qui expliquerait d’ailleurs le point d’interrogation qui accompagne le titre de votre note : « Des musulmans de gauche ? » Ou avez-vous craint les interprétations auxquelles elle pouvait donner lieu ?

- La question des musulmans est instrumentalisée à tort et à travers dans le débat public. Alors, oui, je me suis demandé si cette étude qui manipule des objets explosifs et bouscule beaucoup d’idées reçues ne risquait pas d’être utilisée dans je ne sais quel combat douteux. Mais la réalité doit être regardée en face et la connaissance étayée des mouvements qui traversent la société française ne saurait être un handicap pour ceux qui, comme moi, croient à la République. |…]

Je ne vous étonnerai guère en vous disant que des groupes idéologiquement cohérents ont émergé et, pour certains d’entre eux, ont confirmé des stéréotypes traditionnels : je pense aux «bobos de gauche», mais aussi aux « mondialisés libéraux » ou aux «conservateurs assumés» de droite ou encore à ceux que l’on peut appeler «les anxieux désorientés» et qui sont proches de l’extrême droite. […]

Mais alors pourquoi […] qualifier ce groupe comme vous le faites ?

- […]Pourquoi «musulmans » ? Parce que ce groupe se distingue des autres en ce qu’il rassemble des populations fragilisées socialement – c’est très important – mais aussi parce que sa véritable singularité tient dans le fait que la moitié des musulmans appartiennent à cette famille et que cette famille est composée à moitié de personnes qui se déclarent elles-mêmes de religion musulmane. C’est une surreprésentation que l’on ne constate dans aucune autre famille pour aucune autre catégorie… […]

Quant à la gauche, ce que montre cette étude, c’est l’impasse de la stratégie électorale qui avait été portée, il y a deux ans, par mes amis de Terra Nova. L’alliance privilégiée des bobos et des populations issues de l’immigration – le plus souvent musulmanes – ne serait pas seulement une erreur politique grave parce qu’elle négligerait le poids des seniors et des milieux populaires, elle se heurterait en outre, on le voit, à la difficulté de rassembler durablement des familles diamétralement opposées sur les questions culturelles. En politique, il y a une seule façon de surmonter ces clivages : c’est de porter un projet qui sache transcender les différentes familles, groupes ou communautés, et s’adresse à chacun. C’est cela la République !

Nouvel Obs

Cécile Duflot veut « remettre à l’ordre du jour » le droit de vote des étrangers après les municipales

Elle dit avoir le « cœur serré » à chaque fois qu’elle rencontre un étranger non communautaire, en France depuis des années, et dans l’impossibilité de voter pour son maire.

Invitée d’Europe 1 ce 28 mars, Cécile Duflot a redemandé à François Hollande d’appliquer sa promesse de campagne en mettant en œuvre le droit de vote des étrangers aux élections municipales, une fois cette échéance de 2014 passée :

Moi qui ai fait campagne d’arrache-pied ces dernières semaines, je peux vous dire que ça me sert le cœur quand des gens à qui je distribue un tract ou à qui je parle de la vie politique locale me disent « vous savez, ça fait 35 ans que j’habite ici mais j’ai pas le droit de voter ».

Il faut que, comme cela avait été promis, et comme le président de la République l’avait annoncé, on puisse remettre ce dossier à l’ordre du jour après les municipales, comme ça personne n’aura de crainte sur l’instrumentalisation.

François Hollande avait relancé la perspective d’une loi sur le vote des étrangers le 16 mai lors de sa grande conférence de presse :

Après les élections municipales, comme cela il n’y aura plus d’enjeu, il sera soumis au Parlement et le Parlement en fera l’adoption s’il le souhaite…

Le Lab

Relire :

Paris : l’accord EELV/PS accorde 18 conseillers de Paris aux Verts

Emploi : 31500 chômeurs de plus en février, nouveau record

Un coup de massue pour le gouvernement en plein entre-deux tours des municipales. Dévoilé ce mercredi par le ministère du Travail, le nombre de demandeurs d’emplois inscrits fin février à Pôle emploi en catégorie A (sans aucun emploi) s’est établi au niveau record de 3347700, soit 31500 (+0,9%) de plus que fin janvier 2014.

«Même si on a réussi à ralentir les choses» sur le chômage, «on ne l’a pas inversé, chacun le sait (…) c’est normal que les Français soient dans une forme de colère», avait reconnu mardi le ministre du Travail, Michel Sapin. «Même si on a réussi à ralentir les choses» sur le chômage, «on ne l’a pas inversé, chacun le sait (…) c’est normal que les Français soient dans une forme de colère», avait reconnu mardi le ministre du Travail, Michel Sapin. […]

Le Parisien

Municipales : Pour Hollande le premier tour est une «injustice»

Le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, a assuré aujourd’hui que François Hollande voyait «une forme d’injustice » dans les mauvais scores enregistrés par des maires PS sortants au 1er tour des municipales.

Le président de la République «voit la forme d’injustice qu’il y a à ce qu’on reproche aujourd’hui (aux maires socialistes) des éléments dont on voit bien qu’ils ont trait à un mécontentement national, alors que leur politique locale est bien souvent plébiscitée», a affirmé Bruno Le Roux sur BFMTV. […]

«Le message du premier tour a été entendu», a martelé Bruno Le Roux

Bruno Le Roux a assuré qu’il y aurait après ces élections municipales «une plus grande cohérence dans les messages donnés par le gouvernement, peut-être un resserrement de ce gouvernement».[…]

Il s’est également adressé directement aux électeurs: «ne croyez pas que nous n’allons pas tirer quelques conclusions de ce que vous nous avez dit au premier tour». «Nous avons entendu la dimension nationale de cette élection, pour autant, je n’ai pas envie de tendre l’autre joue pour le deuxième dimanche», a lancé le député de Seine-Saint-Denis.

Le Figaro

Le journaliste Philippe Tesson parle d’incompétence (vidéo)


lien direct de la vidéo sur : VK
source : Le match des éditorialistes – ITélé – 25 03 2014

Rappel Philippe Tesson sur wikipédia :
Le 9 janvier 2014, dans le contexte de « l’affaire Dieudonné », Philippe Tesson appelle à l’exécution physique de l’humoriste dans l’émission Accords/désaccords, animée par Guillaume Durand sur Radio Classique. Il déclare précisément : « Ce type, sa mort par un peloton d’exécution de soldats me réjouirait profondément », et : « Pour moi, c’est une bête immonde donc on le supprime, c’est tout… Je signe et je persiste. » Le lendemain, sur LCI, le journaliste réitère ses appels au meurtre et déclare : « Dieudonné est un animal abominable, il faut le faire taire, je regrette qu’il n’y ait plus la peine de mort. Ce mec, il faut le museler, le faire taire à jamais ». Ni Guillaume Durand, ni la chaine d’information ne dénoncent ces propos. Invité de Jean-Marc Morandini sur Europe 1 le 15 janvier, alors qu’une plainte a été déposée au tribunal de grande instance de Paris pour « appel au meurtre » selon RMC, Philippe Tesson explique qu’il « confirme ces propos » mais qu’il faut « les remettre dans le contexte, le contexte d’un débat polémique », estimant qu’il s’agit d’une « formule de style » et non d’un appel au meurtre. Le 6 mars 2014, les deux médias, LCI et Radio Classique, ont été mis en garde par le CSA.

Pour Sihem Souid, conseillère de Taubira à la justice : « Hollande doit se libérer de son atavisme énarchique »

Hollande bunkérisé à l’Élysée n’est plus en phase avec la réalité
Pour Sihem Souid, les responsables de ce premier tour calamiteux se trouvent à l’Élysée et rue de Solférino. Pour survivre, une mue rapide est nécessaire !

À force d’écouter les énarques, François Hollande a perdu la main. Le Parti socialiste dirigé par Harlem Désir vient de subir un échec sans précédent. À force de jouer aux apprentis sorciers, voilà que le Front national ne gêne pas seulement l’UMP, mais désormais bien plus le Parti socialiste. Les couches populaires ont déserté le PS un an et demi après la victoire de Hollande à la présidentielle.

Et parmi celles-ci, les électeurs des cités de banlieue. Certains d’entre eux ne se cachent plus, ils revendiquent même un vote en faveur des candidats de Marine Le Pen. Jaurès, dont on commémore cette année le centenaire de la mort, doit se retourner dans sa tombe.

Il n’est pas trop tard pour que le parti, enfermé à double tour à Solférino, et le président devenu autiste se ressaisissent. Les militants avaient prévenu qu’on courait à la catastrophe ; qui les a écoutés ? Personne ne les aura entendus parmi ceux qui nous gouvernent.

Les députés ou les élus de terrain n’ont pas plus l’oreille du gouvernement ou du président. À s’enfermer dans leur bunker à lire ce qui leur reste de médias favorables, ils ont fini par croire les belles histoires des plumitifs de service qui, à force de taper sur Sarkozy, ont laissé croire que le président n’est mû que par sa réélection. Et que celle-ci devait passer par les crocs-en-jambe réalisés sur Nicolas Sarkozy dont l’Élysée pense qu’il est son plus redoutable adversaire.

Hollande doit se libérer de son atavisme énarchique

Mais, comme on l’a parié, cette stratégie toute perso ne peut convaincre aucun électeur de voter pour le PS. Mis à part les militants disciplinés. La réalité, c’est que Hollande doit se libérer de son atavisme énarchique et faire une place non pas aux courtisans mais à ceux qui relaient efficacement la réalité du terrain. On ne peut pas dire que le cabinet de Hollande, ni celui du Premier ministre, ni l’équipe d’Harlem Désir brillent par la diversité de leur profil. Président, fissurez votre bunker, ouvrez les portes à d’autres expériences de vie qu’à l’Ena et vous aurez des chances d’être réélu. Avec ce résultat aux municipales, c’est mal barré. Et si vos courtisans vous disent le contraire, c’est qu’ils vous mentent.

Le Point 

Hollande adopte plan de lutte contre le djihad des Français

François Hollande a adopté aujourd’hui lors d’un conseil de Défense restreint un plan de lutte contre les filières djihadistes qui acheminent des combattants de France en Syrie, ont indiqué les services de la présidence.

« Une stratégie a été adoptée et un plan d’actions a été décidé », écrit l’Elysée dans un communiqué qui précise que leur contenu serait présentés « ultérieurement ». Ce plan d’action vise aussi à aussi lutter contre « la radicalisation violente », précise la présidence française.

Plusieurs candidats au djihad ont été écroués ces derniers mois en France pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme ». Certains avaient commis des vols à main armée pour tenter de financer leur voyage. Fin janvier le ministre de l’Intérieur Manuel Valls avait promis des mesures, comme la mise en place d’un service d’alerte pour les familles, afin de faire face au phénomène des départs de jeunes Français vers la Syrie pour y combattre Bachar al Assad. Manuel Valls avait alors estimé que 250 Français ou résidents étaient en Syrie et 21 déjà morts sur place.

L’exode des jeunes Français candidats au djihad en Syrie s’est accéléré avec le retour d’une première génération qui s’efforce d’embrigader ses proches, a récemment déclaré à Reuters le juge antiterroriste Marc Trévidic.

Le Figaro