Philippe Tesson : « La gauche découvre la racaille »

[extraits] Il existe assez de vastes lieux à Paris et dans sa proche banlieue pour qu’on y trouve des espaces plus appropriés que le Trocadéro pour célébrer la gloire dérisoire d’une équipe de football. Mais, aux yeux de la Ville, le PSG a tous les droits.

C’était une provocation. Tout naturellement, la racaille, trop heureuse, l’a saisie. On dit bien la racaille puisque depuis mardi on a le droit de le dire. Le ministre de l’Intérieur en effet a employé le mot.

Les mots n’ont pas le même sens selon la bouche qui les prononce. La bouche de la gauche est pure. La gauche est pure, la droite pue.

De même la gauche n’est pas responsable. Responsable de rien. Le maire de Paris a prononcé à propos des émeutes cette parole historique : « Je ne rejette la responsabilité sur personne ».

Nous, si. Sur la racaille d’abord, que les dirigeants socialistes se sont évidemment empressés d’identifier à l’extrême droite, trop heureux d’exploiter ce filon politique qui sert leurs intérêts depuis Mitterrand.

Sur le préfet de police ensuite, qui offre à la racaille un théâtre de rêve (…) M. le préfet était sans doute trop occupé à gérer le rentable racket de la fourrière automobile parisienne.

Le ministre de l’Intérieur a réduit ces émeutes à la dimension d’une « bousculade ». On peut à juste titre s’étonner de sa modération quand on se rappelle qu’il n’a pas eu de mots assez violents pour dénoncer les récentes manifestations des adversaires du mariage homosexuel.

Et s’étonner en même temps du zèle montré par les forces de l’ordre lors de ces manifestations, en regard de la mollesse des comportements policiers lundi au Trocadéro.

Le gouvernement socialiste estime sans doute qu’il est plus payant et moins dangereux de cogner les catholiques que les voyous. (…)

Ce gouvernement et ce président vivent dans la totale inconscience de ce qu’ils sont, de ce qu’ils font, des erreurs qu’ils commettent. À cet aveuglement et à leur capacité à dominer les situations qu’ils créent ou qu’ils affrontent s’ajoute une morgue insupportable.

Le responsable, c’est l’autre. Cette perpétuelle défausse finira par leur coûter cher.

lepoint.fr

Sarkozy : «Je vais peut-être être obligé de revenir»

Nicolas Sarkozy, qui part demain pour Las Vegas où il donnera une conférence, penserait de plus en plus à son retour en politique, rapporte Le Parisien aujourd’hui.

La situation actuelle l’inquiète : «La société est très fragile, il suffit d’une allumette», estimant que «ça peut exploser».

«Le pouvoir socialiste est en train de s’effondrer sur lui-même. Je suis extrêmement inquiet» a confié l’ancien président à ses proches. Il se soucie ainsi des «1500 chômeurs de plus par jour» et juge François Hollande «vraiment nul». Il critique notamment son «manque d’autorité». «Quand le chef ne donne pas le cap, il ne faut pas s’étonner… », aurait-il lancé au sujet de l’opposition entre Arnaud Montebourg et le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Il n’écarterait donc pas un retour à la politique, «je vais peut-être être obligé de revenir», constatant des sondages en sa faveur. Il assure n’avoir «rien à se reprocher» dans l’affaire Bettencourt.

Le Figaro

Hollande : Un an après, espoirs déçus, musulmans désabusés

Il y a un an jour pour jour, le 6 mai 2012, François Hollande était élu président de la République. Un bilan de la première année de son quinquennat s’impose et n’est pas des plus reluisants de la 5e République. Saphirnews estime que le bilan est décevant, particulièrement pour les musulmans.

La montée inexorable de l’islamophobie à laquelle le gouvernement ferme les yeux nourrit toujours plus le sentiment de déception.

La déception demeure vive chez beaucoup d’électeurs de Hollande. La promesse emblématique du droit de vote des étrangers extra-communautaires a été jetée aux oubliettes, tout comme les mesures en vue de lutter contre les contrôles au faciès. Et l’intransigeance du ministre de l’Intérieur Manuel Valls sur le volet de l’immigration est une désillusion pour les associations de défense des sans-papiers qui espéraient bien mieux avec l’arrivée de la gauche au pouvoir.

Quant aux musulmans qui ont voté majoritairement pour François Hollande lors de la présidentielle 2012, ils peuvent être légitimement déçus d’un président qui a dernièrement estimé nécessaire le vote d’une loi pour interdire les signes religieux dans les crèches après l’annulation, par la Cour de cassation, du licenciement d’une salariée voilée de la crèche Baby Loup. […]

saphirnews

Sur le terrain, les militants socialistes broient du noir

Ils avaient voté François Hollande avec enthousiasme le 6 mai 2012. Un an plus tard, le cœur n’y est plus. Tour de France du (mauvais) moral des troupes.

Grenoble, le 19 avril. Militants et électeurs de gauche sont rassemblés dans un gymnase, pour les Ateliers du changement, organisés par le premier secrétaire du PS. Une vaste thérapie de groupe. Anthony prend le micro. Sa mère est italienne, son père algérien. Enfant, sa mère lui répétait: «Mon fils, on est de gauche parce que nous sommes ouvriers. » Le Grenoblois se tourne vers Harlem Désir: «DSK, Cahuzac, même Hollande… moi, je ne me sens pas représenté. Pour vous, qu’est-ce qu’être de gauche ? ».

Une militante associative lui succède au micro. Elle vote à gauche depuis toujours, a participé à la Marche des Beurs dans les années 1980. «Notre pays est un pays d’accueil. J’aimerais qu’on ne l’oublie pas ! En 1981, il y a eu la carte de dix ans pour les étrangers. En 1997, nous avons eu des régularisations. Aujourd’hui, qu’avons-nous? Si on continue, comme on le fait, à couper les immigrés du travail, on tombe dans les idées d’extrême-droite !»;

Un jeune diplômé aimerait que le président soit «aussi déterminé sur le droit de vote des étrangers que sur le mariage pour tous».

En coulisses, Malek, un encarté PS, ne cache pas sa déception: «On a beaucoup critiqué Sarkozy sur la question des étrangers. Mais c’est pire avec Valls! Sarkozy avait un discours très ferme, mais dans la réalité, il était souple. Valls, lui, il a durci les règles. Quand je fais un tour des quartiers difficiles, je ne sais plus quoi dire aux jeunes qui m’interpellent ! » […]

«Le moral n’est pas au beau fixe», note de son côté Nadia El Hjjaji, secrétaire de la section de Mulhouse. Cette responsable sent bien que les militants aimeraient plus de résultats «au niveau de l’entreprise, de la facture énergétique et du pouvoir d’achat». […]

Le Figaro

Manif de Mélenchon : l’Internationale chantée le poing levé, la Marseillaise aurait été sifflée… (MàJ)

Le discours se termine au son de l’Internationale, poing levé pour la moitié (communiste ?) de la foule. Suivie de La Marseillaise, sous les sifflets et les huées d’une partie de l’assemblée. Les autres chantent.

Rue89

Contrairement aux assertions de Rue89, il ne semble pas que la Marseillaise ait été sifflée…En tout cas, pas de manière significative.

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Benoît Hamon (PS) : «Mon obsession, ce sont les classes populaires»

Ministre délégué chargé de l’Economie sociale et solidaire et de la Consommation et figure de proue de la gauche socialiste, Benoît Hamon revient sur un an d’exercice du pouvoir pour la gauche et défend le «travail collectif» du gouvernement.

Notre projet politique c’est de stopper le déclin du modèle français et reprendre la marche du progrès social.

Un an après la victoire de François Hollande, pensez-vous, comme certains, qu’il faut ouvrir dès maintenant un «deuxième temps» du quinquennat ?

François Hollande a défini lui-même les deux temps de son quinquennat : d’abord le redressement, ensuite la redistribution. Forcément, ce deuxième temps est pensé comme le résultat des efforts qu’on demande actuellement aux Français. Dans cette séquence du «mieux vivre» à venir, il faut hiérarchiser les priorités, c’est certain. Mon obsession à moi, ce sont les classes populaires. Le défi, c’est comment cette majorité sociale se reconnaît à nouveau totalement dans la majorité politique, parce que nous aurons su lui apporter des réponses concrètes et durables. La gauche ce n’est pas qu’une prime de Noël plus épaisse que la moyenne. […]

Une partie de la gauche estime qu’Hollande a échoué et réclame dimanche dans la rue une autre politique à l’appel du Front de gauche…

Y aurait-il eu un seul chômeur de moins depuis un an, si Jean-Luc Mélenchon avait été ministre du gouvernement Ayrault, alors que le pays est ruiné par dix ans de politique libérale ? Ce n’est pas certain… La situation sociale d’aujourd’hui est le résultat de politiques qui n’ont rien à voir avec ce gouvernement. Que la gauche de la gauche ne se trompe pas en essayant de nous faire payer les fautes de la droite. […]

Libération

France terre d’asile : «M. Hollande, qu’attendez-vous pour réformer l’immigration ?»

Le 6 mai 2013, ce sera le premier anniversaire de l’élection de François Hollande Pierre Henry, directeur général de France terre d’asile, interpelle le président sur l’inaction gouvernementale en termes d’immigration.

Il est aujourd’hui plus que temps de transformer la question migratoire en une politique garante du vivre-ensemble.

Il y a quelques jours, Libération, dans un article titré «L’immigration est devenue un sujet normal», soulignait la volonté du président de la République de maintenir la question migratoire loin de l’agenda politique. Le résultat de cette posture est notable : la tonalité du discours sur les migrants et sur un bon nombre de nos compatriotes a changé. Qui de sensé pourrait critiquer cela ? […]

Les quatre piliers de la réforme – accès et durée de la procédure, qualité de décision et accompagnement des personnes – sont facilement identifiables, simples à mettre en œuvre et pour un coût égal à ce qui existe actuellement.

Devrons-nous attendre 2017 pour espérer une réforme de l’accès à la nationalité ? La mise en œuvre d’un titre pluriannuel de séjour débouchera-t-elle sur la consolidation de la carte de résident de dix ans, conquête essentielle des années 1980 ? Quand disposerons-nous d’une évaluation partagée des effets de la circulaire de régularisation de novembre 2012 lancée par le ministre de l’Intérieur ? […]

Sans volonté réformatrice aujourd’hui, le «sujet sensible» risque de se transformer demain en «sujet brûlant» qu’aucun pompier ne sera en mesure d‘éteindre.

Le Nouvel Obs