Histoire : « Le martyre du Kosovo », mensonges et mystifications de l’OTAN

Le livre de Nikola Mirkovic ne se contente pas de démonter mensonges et mystifications.

Par Jean-Baptiste Noé.

Le Kosovo nous rappelle les guerres balkaniques de ces dernières décennies : Yougoslavie (1992), Serbie (1999), puis indépendance du Kosovo (2010). Si nous en avons connu l’avers du décor, le livre de Nikola Mirkovic nous en présente l’envers.

Mirkovic Kosovo

D’origine serbe et vivant en France, Nikola Mirkovic travaille dans une association humanitaire qui œuvre pour les habitants du Kosovo. Il connaît donc très bien la région et le sujet, et s’exprime ici en expert. [...]

Ce qu’il nous montre dans ce livre, c’est l’ensemble des mensonges orchestrés par l’OTAN pour organiser une guerre qui n’avait pas lieu d’être. Comment de faux charniers ont été créés, des massacres inventés de toutes pièces, et comment les forces de l’OTAN, appuyées par des médias moutonniers, ont présenté les Serbes comme des agresseurs, alors qu’ils défendaient leur région contre les attaques albanaises. Les mensonges de l’OTAN ont été éventés avec la fameuse fiole d’armes de destruction massive, armes irakiennes qui n’ont jamais été trouvées. Puis en Libye, de fausses images de liesse tournées aux États-Unis. Le Kosovo fut le champ d’expérimentation de ces mensonges répétés, qui ont abouti à une guerre funeste pour les populations locales. [...]

Nikola Mirkovic, Le martyre du Kosovo, Édition Jean Picollec, 2013, 200 pages.

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Histoire : Les liens étroits entre la gauche et la guerre

Rafales Mali

Par Jean-Baptiste Noé

S’il fait bombarder la Syrie, François Hollande entre ainsi en guerre contre un deuxième pays depuis un peu plus d’un an d’exercice du pouvoir. C’est un fait assez rare dans l’histoire moderne de la France, fait qui témoigne des liens passionnels que la gauche entretient avec la guerre.

Depuis la Révolution française, la gauche est belliciste, et la droite pacifiste. C’est la gauche révolutionnaire qui entre en guerre contre la Prusse et l’Autriche le 20 avril 1792, alors même que les monarchistes y sont opposés, au nom du pacte de familles. La guerre se fait non pas pour des motifs stratégiques ou de conquêtes, mais pour des raisons idéelles : il s’agit de renverser les tyrans et d’établir des républiques sœurs. [...]

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15 Août : Histoire de la Saint-Napoléon

les 3 Napoléon
Napoléon I. – Napoléon II. – Napoléon III, estampe, 1851-1852 (cliquez pour agrandir).

La Saint-Napoléon est une fête nationale instituée par Napoléon Ier en 1806 et célébrée le 15 août, date anniversaire de la signature du Concordat de 1801 et jour anniversaire de la naissance de l’Empereur. Elle se tint de 1806 à 1813 et de 1852 à 1869.

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Histoire : Salazar, dictateur du Portugal (1932-1968)

Auteur : Malaparte

Salazar et Franco
Salazar et Franco (respectivement à gauche et à droite).

Lorsqu’António Salazar décède en 1970, le Portugal lui doit beaucoup : s’être échappé des méandres de la Seconde Guerre Mondiale n’est pas l’exploit majeur. Voici déjà une décennie que le petit pays de l’extrême-ouest de l’Europe se débat, avec une moyenne de huit millions d’habitants, pour conserver un empire colonial qui en compte treize millions.

L’armée salazariste, après avoir essuyé la perte de l’Etat portugais de l’Inde par la cause de Nehru, parvient à tenir ses objectifs défensifs et à contenir les guérillas rebelles. Bien avant même, António Salazar a réussi le tour de force de se faire accepter par les nations occidentales au sein d’institutions internationales telles que l’ONU, l’OCDE ou le FMI. Le personnage y est pour beaucoup : sa simplicité plaît.

Le 28 juillet 1970, le journal Le Monde écrit ainsi ces quelques lignes, preuve de la considération dont bénéficie le chef d’État lusitanien : « Le vieux monsieur de Lisbonne, au visage fin et aux cheveux blancs, courtois et coupant de manières, avec son élégance passée de mode, ses costumes stricts et ses bottines, a déconcerté beaucoup plus encore qu’il n’a indigné ou séduit. Ses admirateurs [...] ont cherché sans grand succès à humaniser un personnage glacial et guindé de dictateur de cabinet ». Tandis qu’en France Salazar se voit classé aux côtés de personnages comme Franco, Mussolini, Ceaucescu ou Tito, lui se sera constamment défendu, et offusqué, d’être un dictateur à l’image du Duce. [...]

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Histoire : La bataille de Fredericksburg (1862)

Auteur : Armen

Fredericksburg 1862

Trois mois après l’échec et le massacre collectif de l’Antietam, les deux principales armées de la guerre de Sécession, l’armée fédérale du Potomac et l’armée confédérée de Virginie du Nord, sont revenues sur leurs positions ou à peu près. Epuisant, déprimant sentiment que rien ne bouge vraiment depuis maintenant plus d’une année. Pourtant, quelque chose bouge : c’est le renforcement de l’armée sudiste.

I. Du haut des collines

Cependant que l’armée fédérale qui protège Washington et devait, depuis le printemps 1861, mettre fin à la guerre civile en deux coups de cuillère à pot, se recompose en permanence, et conserve toujours à peu près le même effectif, impressionnant, d’environ 100 000 hommes, l’armée de Lee connaît enfin un puissant effort de montée en puissance. Le président confédéré Davis a tiré les conséquences du ratage sanglant de Sharpsburg (Antietam pour les nordistes) et a décidé, non seulement de mieux protéger sa capitale, mais aussi de donner au général Lee les moyens qu’il demandait depuis de nombreux mois.

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Second Empire : Hymnes et documents (1852-1870)

Hymne à Napoléon III et à son vaillant peuple (1867) par Rossini.
Dieu tout-puissant,
Ô toi, notre père,
Des cœurs français
Entends la prière !
Pendant la paix
Et pendant la guerre,
Par des succès nouveaux
Couronne nos travaux !

Daignez du haut des cieux,
Exaucer nos vœux,
Et sur tes fils pieux
Abaisser tes yeux.

Pour sa grandeur,
Pour son bonheur,
Veillez Seigneur,
Sur l’Empereur !

France, à son règne honneur !

De nos héros dans les combats,
Braves comme eux, suivons les pas !
Versons gaiement à nos soldats
L’ardent nectar et l’oubli du trépas !

Dans la bataille,
Si la mitraille
Des régiments
Eclaircit les rangs,
Lorsque la poudre
Lance la foudre
Dans le sillon,
Au bruit du canon,
Quand les blessés
Tombent pressés,
À leur secours
On risque ses jours.
Pour nos amis bat notre cœur,
Aide au vaincu, gloire au vainqueur !

Peuple à genoux !

Ô Providence,
Notre espérance,
Garde la France,
Protège-nous !
Sainte Patrie,
Arts, industrie,
A ton génie
Tout rend honneur.

Vive l’Empereur !

Hymne « officieux » du Second Empire. Composé par Hortense de Beauharnais (mère de Napoléon III) et Alexandre de Laborde vers 1807.
Napoléon III fit très souvent jouer cet air lors des bals et des défilés.
Partant pour la Syrie,
Le jeune et beau Dunois,
Allait prier Marie
De bénir ses exploits :
Faites, Reine immortelle,
Lui dit-il en partant,
Que j’aime la plus belle
Et sois le plus vaillant.

On lui doit la Victoire.
Vraiment, dit le seigneur ;
Puisque tu fais ma gloire
Je ferai ton bonheur.
De ma fille Isabelle,
Sois l’époux à l’instant,
Car elle est la plus belle,
Et toi le plus vaillant.

A l’Autel de Marie,
Ils contractent tous deux
Cette union chérie
Qui seule rend heureux.
Chacun dans la chapelle
Disait en les voyant :
Amour à la plus belle,
Honneur au plus vaillant.

Partant pour la Syrie,
Le jeune et beau Dunois,
Allait prier Marie
De bénir ses exploits :
Faites, Reine immortelle,
Lui dit-il en partant,
Que j’aime la plus belle
Et sois le plus vaillant.

● Affiche de proclamation du Second Empire à Toulouse :

affiche Second Empire toulouse
Cliquez sur l’image pour agrandir.

● Le 2 décembre 1852 d’après Viel-Castel

Le canon tonne, l’empereur entre dans Paris, élu par 7,824,189 oui contre 253,145 non. Il revient habiter aux Tuileries. [...]

La France n’a jamais été républicaine, car elle est le royaume de la vanité. Il faut voir nos nouveaux seigneurs, les Baroche, les Maupas, les Persigny, quel air aristocratique, quelle affectation de morgue, et leurs femmes ! et Mme Ducos, mariée seulement depuis deux ans, qui étale autour d’elle des enfants de cinq ans.
Maupas a l’encolure d’un bel avoué chantant.
Persigny cherche ses aïeux parmi les dauphins du Viennois ! [...]

Heureusement je crois l’empereur plus fort et plus raisonnable que son entourage. Il doit rire de toutes ces puériles vanités lorsqu’il contemple cette bourgeoisie qui a si longtemps glosé sur la morgue de l’aristocratie.
Les Jourdains abondent, mais où trouverons-nous un Molière ?
La Cour de la Princesse Mathilde va se former, les rivalités naissent déjà. Mme Desprès voudrait fort devenir grande dame…
Nous verrons.

Source : Mémoires du comte Horace de Viel-Castel sur le règne de Napoléon III (1851-1864), Paris, 1883, pp. 123-126 (année 1852).

● Napoléon III et Eugénie au musée des Souverains d’après Viel-Castel (11 février 1853)

L’Empereur et l’Impératrice ont visité hier le musée des Souverains et ils m’ont complimenté ainsi que Nieuwerkerke sur son arrangement. L’Impératrice a voulu qu’on lui lut la belle lettre testamentaire de Marie-Antoinette à Mme Elisabeth ; pendant cette lecture, l’Empereur s’est montré profondément recueilli et touché. Les souvenirs de Louis XVI et de Marie-Antoinette l’émeuvent toujours beaucoup. Il y avait quelque chose de triste et de saisissant l’âme, à assister à cette lecture faite devant une jeune et belle Impératrice au début de son règne, encore dans les premiers enivrements d’un bonheur presque inespéré. Les adieux de la reine empruntaient plus de solennité de l’auditoire qui les écoutait. Il y avait là un enseignement du malheur, un sanglot des temps passés, impossible à faire comprendre par un simple récit.

L’Impératrice écoutait en silence et avec des larmes dans les yeux, ces dernières paroles d’une reine prête à monter sur l’échafaud, d’une mère qui, à ce moment terrible, ne peut pas même embrasser les enfants qu’elle laisse aux mains de ses bourreaux.

Source : Mémoires du comte Horace de Viel-Castel sur le règne de Napoléon III (1851-1864), Paris, 1883, pp. 165-166 (année 1853).

● Victor Hugo vu par Viel-Castel (23 août 1854)

Le nom de Victor Hugo revient souvent sous ma plume, mais il est impossible qu’il en soit autrement. Cet homme représente la plus mauvaise fraction de la société française ; et je l’ai si bien connu, si bien suivi dans sa carrière qu’il doit m’être permis de le marquer du fer qu’il a mérité, même en faisant abstraction de sa politique.

Personne au monde n’est tout à la fois plus lâche et plus dénué que lui de sens moral. Il parle sans cesse de la famille, de la sainteté de l’intérieur, du respect dû à la mère, mais toutes ces belles prêcheries ne sont que locutions de bavardage imprimé, sa conduite privée dément son langage officiel. Il ne s’est jamais fait faute de maîtresses qu’il consacrait par sa poésie, et sa famille est composée, dans une égale proportion, d’enfants légitimes et de bâtards.

Lorsque ses deux fils étaient en prison avant le 2 décembre, il allait en compagnie de sa maîtresse dîner avec eux et leurs maîtresses. Alors poète, écrivailleurs et femmes se livraient à de telles orgies que Proudhon leur voisin de captivité a dû se plaindre plusieurs fois du bruit.

Enfin, après le 2 décembre, V. Hugo réfugié en pays étranger fait venir près de lui sa maîtresse Juliette (l’ancienne actrice de la Porte St-Martin) dont il a plusieurs enfants. A cette époque, Mme Hugo restait encore à Paris pour arranger les affaires de son mari. [...]

Voilà la vie fangeuse de cet homme qui s’est réduit, au nom d’une morale qu’il outrage chaque jour, au rang des plus vils pamphlétaires. Il se meurt d’envie et d’impuissance.

Source : Mémoires du comte Horace de Viel-Castel sur le règne de Napoléon III (1851-1864), Paris, 1883, pp. 234-236 (année 1854).

Desouche Histoire : Napoléon III et la modernisation de la France (partie 1) (rediff.)

L'apothéose de Napoléon III - Cabasson, 1854
L’apothéose de Napoléon III (Guillaume Alphonse Cabasson, 1864).
En haut à gauche, deux putti tiennent l’urne du suffrage universel, celui de gauche brandit le parchemin où est inscrit le résultat : Napoléon III Empereur.

« L’Empereur peut attendre avec confiance le jugement de la postérité.
Son règne restera comme l’un des plus glorieux de notre histoire. »

Louis Pasteur, le 5 septembre 1870.

Ennemi personnel de Victor Hugo, dénigré par les républicains de la fin du XIXe siècle, éclipsé par la légende dorée de son oncle, Napoléon III reste perçu comme un empereur faible, hésitant et rêveur, portrait que lui ont brossé ses adversaires. Pourtant, son règne coïncide avec un essor économique sans précédent et marque une amélioration significative de la condition des classes laborieuses. Et au contraire de son illustre oncle, il laissa la France plus puissante qu’il ne l’a trouvé.

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Desouche Histoire : Paul Déroulède (1846-1914)

Ligue des patriotes - 14 juillet 1912
Manifestation de la Ligue des patriotes le 14 juillet 1912. Au centre Paul Déroulède et Maurice Barrès (respectivement à gauche et à droite).

Paul Déroulède, homme politique et poète sous la IIIe République, fondateur et chef de la Ligue des patriotes, est aujourd’hui oublié, y compris dans les milieux patriotes, alors qu’il fut une figure emblématique du nationalisme français jusqu’à sa mort en 1914. La mémoire a oublié ce « premier nationalisme » auquel il se rattache pour le second incarné par Charles Maurras et Maurice Barrès qui se développa dans les années 1890. Pourtant, malgré ses contradictions, son intransigeance et une obstination parfois incompréhensible dans ses erreurs, Déroulède fut un personnage hardi, sincère, opiniâtre mais sans haine. Au-delà de la thématique de la Revanche tombée en désuétude, son courage et sa ténacité qu’il a incarné dans son Quand même ! peuvent interpeller.

I. Le parcours

Paul Déroulède naît à Paris le 2 septembre 1846, fils d’un père juriste et catholique convaincu. Le cousin du futur fondateur de la Ligue des patriotes est Ludovic Trarieux, futur fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme (1898) ! Après une scolarité passable, il obtient son baccalauréat en lettres en 1863. Son père le pousse à l’inscrire à l’Ecole de Droit et il y obtient péniblement sa licence en 1868 et n’aura jamais un seul client au barreau. Il déteste l’Empire et se décrit alors comme pacifiste, antimilitariste, humanitariste voire internationaliste. La guerre de 1870 va le bouleverser.

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Desouche Histoire : 2 décembre 1851, coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte


Hymne à Napoléon III et à son vaillant peuple (G. Rossini).
Hymne officiel de l’Exposition universelle de 1867.

Après une vie en exil (Suisse et Grande-Bretagne principalement) ou en prison (fort de Ham), Louis-Napoléon Bonaparte se trouve libre de circuler en France après la révolution de 1848 qui a renversé la monarchie de Juillet, ce qui lui permet de se lancer à la conquête du pouvoir.

Le 4 juillet 1848, candidat à l’Assemblée nationale constituante (mais sans l’intention d’y siéger), il est élu dans 4 départements (Seine, Yonne, Charente-inférieure et Corse) ainsi que ses cousins Napoléon-Jérôme Bonaparte, Pierre Bonaparte et Lucien Murat. Aux élections législatives de septembre il est à nouveau élu dans ces 4 départements ainsi qu’en Moselle ; il obtient même 300.000 voix venant de départements où il n’était pas candidat.

Après l’adoption de la Constitution de la Seconde République, il se porte candidat à la première élection présidentielle au suffrage universel masculin, en décembre 1848. Une bonne partie des républicains, orléanistes et légitimistes voyant d’un mauvais œil cette candidature, il a été décidé dans la Constitution que l’Assemblée choisira le nouveau président parmi les deux finalistes lors du deuxième tour. Mais contrairement à toute attente, c’est un raz-de-marée qui se produit pour Louis-Napoléon Bonaparte avec 74,2 % des suffrages (près de 5,6 millions de voix), loin devant les républicains Cavaignac (19,8 %), Ledru-Rollin (5 %), Raspail (0,5 %), Lamartine (0,2 %) et le royaliste Changarnier (0,06 %). Ayant obtenu plus de 50 % des voix, il n’y a pas de deuxième tour devant l’Assemblée.

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Desouche Histoire : Napoléon III et l’Europe (partie 2)

Napoléon III à Gênes - Gudin
La visite de Napoléon III à Gênes (Théodore Gudin, 1859).

La politique étrangère de Napoléon III a toujours suivi trois grands objectifs : le premier, ramener la France au rang des grandes puissances par l’abolition des traités de 1815 ; le deuxième, faire coïncider autant que possible les territoires avec les nationalités (l’union italienne) ; le troisième, mettre fin aux grandes guerres en favorisant le règlement des conflits par la négociation dans le cadre de congrès qui se réuniraient régulièrement. Napoléon III a réussi le premier objectif qu’il s’était fixé, le second s’est retourné contre lui (l’union allemande), il s’est montré visionnaire pour le troisième avec la mise en place plus tard de la Société des Nations.

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Desouche Histoire : La Commune de Paris (18 mars – 27 mai 1871)

Bonjour à tous ! Je vous propose aujourd’hui un article sur la Commune, à l’occasion des 140 ans de la Semaine sanglante. Bonne lecture et bon dimanche !

Incendie des Tuileries, 1871
Incendie du palais des Tuileries (24 mai 1871).

En guerre depuis juillet 1870 contre la Prusse, le Second Empire tombe à la défaite de Sedan, le 2 septembre 1870 et Napoléon III se voit contraint de s’exiler en Grande-Bretagne. En effet, à peine deux jours plus tard, la République est proclamée à Paris, après que celle-ci ait été proclamée à Lyon et Marseille. Mais la guerre continue, et les Prussiens atteignent, victoires après victoires, les bords de la Seine. Le siège de la capitale débute le 19 septembre.

La Prusse entendant traiter avec un gouvernement légitime, des élections législatives sont organisées en février 1871 et, à la surprise générale, aboutissent à la victoire des monarchistes (près de 400 sièges, plus de 58 % des voix) : si les grandes villes accordent leurs voix aux républicains, les campagnes sont restées attachées aux valeurs traditionnelles. Le blanquiste Gaston Crémieux s’exclame : « Majorité rurale, honte de la France ! »
La paix est signée par le nouveau gouvernement royaliste (1er mars), qui appelle Adolphe Thiers au pouvoir en tant que président, en attendant un accord pour une Restauration monarchique. Les Parisiens ultra-républicains, ayant subi le dur siège des Prussiens, sont scandalisés par le résultat des urnes et par cette « lâche » capitulation.

I. La révolution parisienne

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