Bruno Roger-Petit : «Si Robert Ménard est élu, Béziers tombera dans le chaos»

Pour Bruno Roger-Petit, l’élection de Robert Ménard, «soutenu par le FN mais refusant l’étiquette» conduira Béziers au «chaos».

Ménard est sans doute bien plus potentiellement dangereux que le FN lui-même.

De ce point de vue, les mots de Ménard, rapportés par « Valeurs actuelles », au sujet de sa propension à virer de plus en plus à droite prennent une saveur particulière : « Vous croyez que les gens pensent que je suis un fasciste avec une chemise brune, non mais, vous m’avez vu ? » Ben oui Robert, on t’a vu. Et bien vu même. La chemise brune, elle est dans ta tête.

Robert Ménard a beau avoir intitulé sa liste «Choisir Béziers», histoire de brouiller les pistes, c’est bien «Choisir FN» que voteront les électeurs. […]

Le «Midi Libre» avait déjà dénoncé la présence dans l’équipe de Robert Ménard de deux deux membres du Bloc identitaire, Arnaud Naudin et Christophe Pacotte, ce que la tête de liste de « Choisir Béziers avait confirmé : «Ils nous aident dans la campagne. Ils sont les bienvenus».

Or le Bloc identitaire, pour qui connait la galaxie de l’extrême droite française, c’est un groupuscule qui entend mener la lutte contre «l’islamisation et l’américanisation de notre culture», entre autres combats délirants au temps de l’incontournable et nécessaire mondialisation. […]

L’histoire est déjà écrite : élu sur un mensonge politique, soutenu par des forces sombres, lui-même en proie à une dérive politique personnelle, entre narcissisme et provocation, le poussant de plus en plus à l’extrême droite, Ménard a toutes les chances de précipiter une ville de 71.000 habitants dans le chaos, la division et la haine. […]

Nouvel Obs

Municipales. UEJF : «La situation est grave». Appel à «faire obstacle au parti de la haine». Sos Racisme : «pas de ni-ni» (MàJ)

Addendum 23.03.2014/ 22h39 :

SOS Racisme a pris connaissance des résultats du Front national au premier tour des élections municipales dont l’ampleur se situe dans des niveaux élevés, supérieur au précédent de 1995. Il apparaît à cette heure que le Front National serait en mesure de se maintenir dans plus de 300 villes.

Ibrahim Sorel Keita, Vice Président de SOS Racisme déclare : «Face à cette situation nous demandons aux responsables des partis politiques, de l’opposition comme de la majorité, d’appliquer sans faiblesse le principe de désistement républicain lorsqu’il y a un risque de victoire du candidat FN. Il ne saurait être question d’un quelconque « ni-ni » ou d’un désistement pour un candidat supposé être le « moins sectaire ».

Nous rappelons aux électeurs concernés les conséquences dévastatrices qu’ont eu par le passé les victoires municipales du Front national.
Nous appelons les militants républicains à occuper le terrain d’ici au second tour. Pour notre part nous serons dès demain à Hénin Beaumont et poursuivons notre campagne partout en France, notamment dans les villes menacées d’une victoire du Front National pour appeler localement à la mobilisation citoyenne et à la constitution d’un front républicain efficace.

SOS Racisme


Après les résultats du premier tour des municipales, l’UEJF appelle à la responsabilité des candidats à mettre en place le Front républicain et annonce un Tour de France de la fraternité pour lutter contre le Front National.

Suite aux résultats obtenus par le Front National à Forbach, Avignon, Fréjus, Béziers, Perpignan et Carpentras, l’UEJF et SOS Racisme se rendront dans toutes ces villes afin de rencontrer les habitants et les sensibiliser aux dangers que représente le vote pour le Front National.

L’UEJF entend transmettre dans ces villes un message d’espoir et de fraternité, afin de lutter contre l’abstention et le repli, en se rendant dès le lundi 24 mars à Forbach FN.

Pour Sacha Reingewirtz, Président de l’UEJF : «La situation est grave : jamais le Front National n’a été en passe de diriger autant de villes, jamais l’abstention n’a été aussi forte. Mais nous pouvons faire barrage au Front National dans les villes où il est aux portes du pouvoir : j’en appelle à la responsabilité des candidats à appliquer les principes du Front Républicain. Il faut que les candidats arrivés en troisième position se désistent systématiquement au profit des deuxièmes, sans distinction aucune ; nous attendons des partis des consignes claires. Nous serons nombreux à être mobilisés toute cette semaine, dans différentes villes de France pour empêcher l’élection de candidats du Front National, en appelant les citoyens à voter massivement à faire obstacle au parti de la haine.»

UEJF

«Une sourde dislocation menace la société française» (Balasko, Boujenah, Bruel, Noah, Sopo…)

Tribune d’un «groupe de personnalités» dans libération intitulée : «Après la haine, la fraternité»

Une sourde dislocation menace la société française. Le constat nous coûte mais il s’impose : aujourd’hui, en France, on ne débat plus, on crache ; on ne s’oppose pas, on lynche ; on ne conteste pas, on conspue ; et ce qui était, hier, impensable est devenu, aujourd’hui, banal.

Que l’on ne s’y trompe pas : ce qui, à terme, est menacé, par le racisme, l’antisémitisme ou l’homophobie ce ne sont pas seulement les personnes d’origine immigrée, les juifs et les homosexuels, mais c’est la possibilité de vivre en république, c’est-à-dire la république elle-même.

Dans la France de 2014, quand on manifeste en famille son désaccord avec la politique de la garde des Sceaux, on la traite de «guenon». Dans la France de 2014, un rassemblement prétendument organisé pour s’opposer au président de la République devient un raout antisémite, raciste et homophobe dans les rues de Paris où l’on scande «Juif, la France n’est pas à toi». Dans la France de 2014, la haine antijuive est à ce point populaire qu’elle est devenue une forme d’humour particulièrement rentable pour un prédicateur vénal qui se moque de la loi comme de ceux qu’il offre à la vindicte des rires gras. […]

Ceux qui ont hurlé doivent se taire ; ceux qui se sont tus doivent parler. En ces temps de haines rances, de clameurs incendiaires et de ressentiment généralisé, nous devons nous rassembler sous un seul mot, une seule bannière, un unique mot d’ordre, quels que soient notre origine, notre âge, notre orientation ou notre condition. Dans la France de 2014, il appartient à chacun d’entre nous de décider que le temps de la haine est révolu et que celui de la fraternité est venu.

Signataires : Yvan Attal, Josiane Balasko, Bérénice Bejo, Tahar Ben Jelloun, Pierre Bergé, Pascal Blanchard, Michel Boujenah, Patrick Bruel, Elie Chouraqui, Caroline Fourest, Michel Hazanavicius, Patrick Klugman, Pierre Lescure, Bernard-Henri Lévy, Jacques Martial, Yann Moix, Scholastique Mukasonga, Yannick Noah, Dominique Sopo, Eric Toledano.

Libération

Complément :

Municipales : La LDH en campagne contre la «haine» et «l’extrême droite»

Campagne de la Ligue des Droits de l’homme (LDH) : « Les municipales notre affaire ». L’association met en ligne le même texte avec 7 titres différents :
Ma ville, ma vie, je la veux : fraternelle-solidaire-juste-libre-ouverte-accueillante-démocratique.

« Vivre ensemble», cela se pose à l’ensemble des pays européens, mais il faut d’abord trouver une réponse au niveau local, là où l’extrême droite cherche à ancrer ses solutions xénophobes et racistes. C’est dans le débat démocratique que se construit le «vivre ensemble». […]

Les élections municipales sont l’occasion pour les citoyen-ne-s de confronter leurs problèmes, l’analyse des maux qui travaillent la société française, de débattre avec les élu-e-s et les candidat-e-s. Porter des propositions de démocratie et de progrès, c’est bannir la haine du débat public. […]

Parce que les étranger-e-s aussi ont des droits, les mêmes pour toutes et tous, la LdH refuse une politique de l’immigration fondée sur l’enfermement des sans-papiers, les expulsions policières et la réduction de l’asile. Elle milite pour l’égal accès de chacun-e à la dignité et aux droits (vie familiale, logement, soins, accès au travail, éducation). Cela suppose notamment la régularisation des sans-papiers qui vivent parmi nous, avec un titre pérenne et de plein droit, l’accueil et la scolarisation de leurs enfants, une action concertée pour favoriser l’insertion des populations qui vivent dans les squats ou les campements, tels les Roms, victimes d’un rejet raciste insupportable.

C’est pourquoi la LdH entend porter dans le débat public des valeurs et des propositions qui servent l’intérêt général, basées sur la liberté, l’égalité et la fraternité.

Il est d’autant plus important de le réaffirmer que les thématiques d’extrême droite, qu’elles soient portées par le Front national ou d’autres forces ou personnalités politiques, s’acharnent à dévoyer le débat public pour faire de l’étranger l’origine de tous nos maux.

Site de la LDH ; Ma ville, ma vie, je la veux fraternelle

Cukierman (Crif) : «Les Juifs ressentent la montée d’une haine à leur égard». L’antisémitisme en baisse en 2013 (MàJ)

Addendum 03.03.2014 :

L’antisémitisme a baissé en 2013, mais pas assez pour les associations.

Selon les chiffres du dernier rapport mené par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), les juifs, qui représentent 1% de la population, sont l’objet de 40% des actes de violences racistes. Le président du Conseil représentatif des associations juives (Crif) craint de très mauvais chiffres pour 2014 à cause de l’affaire Dieudonné. Invité du dîner annuel du Crif mardi soir, la réponse de François Hollande sur le sujet sera très attendue par les associations.

Voir le Rapport 2013

Une personne juive en France risque toujours davantage qu’une autre d’être un jour agressée, menacée ou insultée.

Cependant, les agressions antisémites ont baissé en 2013. 31% de moins d’actes antisémites ont été recensés par rapport à 2012, mais l’année 2012 était «hors norme», note dans son rapport annuel le Service de protection de la communauté juive (SPCJ). En 2012, les assassinats commis par Mohamed Merah avaient entraîné une flambée des agressions contre les juifs. Si l’on compare à 2011, le nombre d’actes antisémites commis a en revanche progressé de 9%.

423 actes antisémites ont donc été recensés en 2013, dont 49 étaient des violences, 52 des dégradations et faits de vandalisme, 3 incendies ou tentatives et une tentative d’homicide. Il s’agissait aussi de 318 «menaces» (propos, gestes, injures, inscriptions, tracts et courriers). […]

Face à cette «violence antisémite ancrée dans la société», le SPCJ juge «indispensable de mettre en place un plan interministériel concret, doté de moyens importants, notamment pour la création et le soutien de programmes de prévention et d’éducation».

L’antisémitisme «ne peut plus être considéré comme un phénomène conjoncturel lié aux événements et conflits du Proche-Orient», estime le service de protection de la communauté juive, «il s’agit d’un mal structurel qui, n’étant pas combattu comme tel, n’a pu être enrayé à ce jour». Michel Wievorka, sociologue auteur de L’antisémitisme expliqué aux jeunes (à paraître au Seuil) explique notamment la persistance de l’antisémitisme en France par sa capacité à se réinventer. «Aucun autre phénomène de haine ne s’est autant renouvelé à travers l’histoire. Depuis quelques années, un nouveau fantasme antisémite se diffuse, celui selon lequel les juifs sont les seuls responsables de la traite négrière et du malheur des noirs. L’antisémitisme progresse donc au sein de certaines populations antillaises ou d’origine africaine sub-saharienne, parallèlement à celui qui existe auprès de certaines populations qui s’identifient aux Palestiniens.»

Le Figaro

Roger Cukierman, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), estime dans une interview pour Le journal du dimanche que la situation des Juifs «s’est détériorée» en France. Il explique redouter une hausse de l’antisémitisme cette année. Le dîner annuel du Crif, en présence du chef de l’Etat, se déroulera le 19 mars prochain.

Il craint que l’affaire Dieudonné entraîne un «nouveau pic d’actions antisémites». L’interdiction du spectacle de l’humouriste voulue par Manuel Valls était selon lui utile. Mais «l’opinion considère qu’on a porté atteinte à la liberté d’expression», explique-t-il, regrettant que les précédentes sanctions contre Dieudonné «n’ont pas été exécutées».

En 2013, 423 actes antisémites ont été recensés, soit 32 % de moins qu’en 2012. Malgré le recul des actes antisémites, il considère que la situation s’est «détériorée». «Les Juifs ressentent la montée d’une haine à leur égard».

«Les Juifs aiment rire d’eux-mêmes», poursuit-il, mais «la limite, c’est la liberté d’autrui», en allusion aux propos de Dieudonné sur le journaliste Patrick Cohen et les chambres à gaz. «La haine des Juifs, cela suffit», conclut-il.

Le Figaro (Merci au General)

Bernard-Henri Lévy et le «vive la haine» généralisé

Tribune de Bernard-Henri Lévy sur son blog La Régle du Jeu.

En ces temps de quenelles et de bananes, de haines rances et de clameurs incendiaires, en ces temps de ressentiment généralisé et de rivalités vindicatives, il y a un mot qui fait défaut et qu’il faudrait réinventer : le mot de fraternité.

Il n’a pas bonne presse, ce mot. […]

Cette fraternité n’est pas un mot d’ordre, c’est un horizon. Ce n’est pas un programme, c’est un idéal, une perspective, une utopie.

Ce n’est pas le troisième terme d’une devise usée jusqu’à la corde, c’est une idée régulatrice qui fait que les deux autres conjurent leurs penchants criminels.
C’est cela qu’avaient en tête, il y a trente ans, quand fut fondé SOS Racisme, les protagonistes d’une belle aventure, étrangement diffamée ces jours-ci, alors que nous lui devons d’avoir, pour un temps, tenu la bête en lisière.

C’est cet esprit que devraient retrouver, à droite autant qu’à gauche, les républicains qu’inquiètent le retour des identités-prisons, le choc des communautés rivalisant dans la protestation victimaire et dans les droits censés lui être attachés , le «vive la haine» généralisé.

La Règle du jeu

Le tribunal d’Orléans reconnaît que “Fuck Islam” n’est pas une incitation à la haine raciale

C’est un jugement très important qui vient d’être rendu par le tribunal d’Orléans. Un homme de 44 ans était accusé d’avoir tagué, sur une dizaine de lieux publics et de boucheries halal, ce message : « Fuck islam » (…)

Lire l’article sur Riposte Laïque

Frédéric Haziza : Certains «n’ont pas à polluer les plateaux télés. Ils polluent déjà suffisamment les réseaux sociaux et le Net»

Le journaliste de LCP (La Chaîne Parlementaire), Frédéric Haziza, revient sur le procès que lui intente un proche de Marine Le Pen et estime que certaines personnalités ne doivent pas être invités dans les médias : Dieudonné, Alain Soral, Marc Edouard Nabe… Il en veut particulièrement au chroniqueur Eric Naulleau qu’il accuse d’être «complaisant».

Il y a des émissions qui favorisent la sympathie du public. C’est pour cette raison que Michel Drucker a raison de refuser d’inviter ces gens-là.

Frédéric Chatillon, un proche de Marine Le Pen, a assigné en référé Frédéric Haziza pour un passage de son livre, Vol au-dessus d’un nid de fachos, où le journaliste de LCP le qualifie, entre autres, de néo-nazi. Journaliste de combat et personnalité téméraire, cette signature de la chaîne de l’Assemblée nationale ne s’en laisse pas compter.

Les discours qu’ils tiennent sont en contravention avec la loi. Ce ne sont pas des opinions, ce sont des délits. Ils n’ont pas à polluer les plateaux télés. Ils polluent déjà suffisamment les réseaux sociaux et le Net. D’ailleurs, ils savent si peu dialoguer que leur seul moyen de le faire c’est de nous traîner en justice.

A force de laisser tout dire et tout faire, il y a une perte de substance de notre démocratie. La liberté d’expression ne signifie pas diffuser des messages de haines qui contreviennent à la loi. A l’heure où le climat politique se délite, où les groupuscules d’extrême-droite retrouvent de la voix, les journalistes ont-ils le devoir de canaliser, voire d’empêcher, la prolifération de propos antisémites ou racistes sur leurs antennes ? […]

Avertissement de modération (de l’Express) : Frédéric Haziza le dit très bien, les dérives qu’il dénonce passent notamment pas Internet – elles ne passeront pas par L’Express. Nous serons donc tout particulièrement attentifs à ce qu’elles ne polluent pas les commentaires de cet article. Merci d’en tenir compte.

L’Express

«Jour de colère» : «Mais quelle est cette France qu’ils veulent défendre ?»

Pour David Rey, collaborateur parlementaire, le mouvement «Jour de colère» est une atteinte «aux principes fondamentaux de la République» et une «mise en cause du vivre-ensemble». Extraits de son analyse sur ce rassemblement nauséabond et le «réveil de la bête immonde»…

On me dira que cela a de tout temps existé, et qu’ils n’étaient que quelques milliers. Certes. La différence, c’est qu’avant, ils étaient libre de le penser, mais pas de l’exprimer.

À quelques jours de l’anniversaire du 6 février 1934, qui avait vu les ligues fascistes marcher contre la République, il établit un parallèle tout à fait saisissant avec la manifestation de dimanche dernier.

Pourtant, 80 ans et une guerre mondiale qui a vu la mise en place de la solution finale au problème juif» séparent les deux événements. Les défenseurs de la «France éternelle», concept empreint de chauvinisme mêlé à la nostalgie d’une soi-disant grandeur de la France, sur fond de pétainisme fascisant, défilaient en 2014 à Paris. […]

Mais quelle est cette France qu’ils veulent défendre ? Cette prétendue «France éternelle» menacée selon eux par je ne sais quel péril minoritaire ? Cette défense de leur droit à être des «bons Français» contre ceux qui seraient les «mauvais Français», les fossoyeurs du pays, les responsables du déclin et de la perte de la grandeur de la France.

Au-delà de la haine, qui est un puissant facteur unificateur, je voudrais revenir sur une motivation qui semble commune à cet assemblement hétéroclite : la défense de la France.

Défense de la France contre le juif qui contrôlerait tout. Défense de la France contre cette gauche qui n’aurait d’autre but que de la mettre à genoux. Défense de la France contre le lobby gay qui ose demander les mêmes droits que tout le monde. Défense de la France contre l’étranger qui viendrait profiter d’un système social avantageux. Défense de la France contre le musulman qui voudrait imposer sa religion. Défense de la France contre ses femmes qui revendiquent le droit à disposer de leur corps. Défense de la France contre ses francs-maçons qui ourdiraient je ne sais quel complot. […]

Le Nouvel Obs

Marek Halter : « Notre société permissive, décomplexée est prête à suivre tous les chants des sirènes »

L’écrivain Marek Halter revient sur « l’affaire Dieudonné ». Il estime que la frontière est mince entre les mots antisémites et les actes de haine et que notre société charche des « boucs émissaires ».

Le 6 janvier 2014, au Champ-de-Mars, à Paris. L’écrivain Marek Halter nettoie un grafti sur le Mur pour la paix.

L’antisémitisme est de nouveau à la une. Grâce à Dieudonné. Et les intellectuels, les politiques, les médias en France se déchirent à son sujet. Nous savions que les choses allaient mal et quand les choses vont mal, on cherche, comme l’a brillamment démontré René Girard, un bouc émissaire. Il faut reconnaître que nous avons, ces dernières années, cherché d’autres boucs émissaires que les Juifs pour exorciser le surplus de désarroi et de colère devant la crise qui nous accable. Ce furent d’abord les étrangers, puis les immigrés, ensuite les musulmans et enfin les Roms. Le résultat ne fut pas probant. Pour que la haine prenne, pour qu’elle se propage, il faut que nous soyons préparés à l’assumer grâce à l’éducation, à la tradition, à l’histoire et aux préjugés. Les Juifs éparpillés à travers le monde se prêtent bien au mythe d’un complot mondial responsable de tous nos malheurs. […]

A dire que les Juifs, que les sionistes sont coupables de la crise, on ne risque rien. La liberté d’expression le permet. Et on peut de surcroît se faire applaudir. Alors quel est le rôle de Dieudonné ? Chaque phénomène de société a besoin d’un révélateur. Dans ce cas précis, c’est lui. Le débat qui secoue l’opinion en France dévoile au moins trois éléments : la figure même de Dieudonné, nous et, entre nous et lui, le langage. Les mots. […]

Les mots sont comme des grains : pour qu’ils donnent des fruits, il faut que la terre soit bien préparée, labourée. Je pense que la nôtre l’est. Notre société permissive, décomplexée, et en même temps orpheline de ses grands espoirs laïques disparus dans des camps de travail, de rééducation ou d’extermination, est prête à suivre tous les chants des sirènes.

Combien sommes-nous encore capables, comme Ulysse, de leur résister ?

Paris Match

Roubaix : deux prédicateurs saoudiens «surveillés» au cours d’un séminaire islamique

Sujet sensible. La mosquée Abou Bakr à Roubaix a accueilli en début de semaine Salih Al-Souhaymi et Mohamed Ramzan Al-Hajiri, deux prédicateurs originaires d’Arabie Saoudite, pour un séminaire.

Selon nos informations, les deux hommes seraient surveillés de près par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Ils feraient l’objet d’une mesure d’ordre intérieur dans le jargon policier.

Mesure qui selon une source proche du dossier indique que ces deux personnes « auraient dû théoriquement être refoulées à la frontière. » Mais une fois entrés sur le territoire, ils ne pouvaient plus l’être. Surveillés, mais pour quelles raisons ?

La question est posée. Les deux cheikhs – guide spirituel en arabe – seraient identifiés pour des prêches radicaux. Les deux Saoudiens appartiennent à la mouvance salafiste.

[...] « Les gens sont venus de partout, je suis venu parce que c’était traduit en français », confie ce jeune homme. La mosquée Abou Bakr, l’une des six mosquées de la ville, y a élu domicile en attendant l’aménagement de nouvelles installations dans un ancien bâtiment industriel adossé à La Condition Publique.

[...] Une mouvance qui sous d’autres latitudes prône le djihad armé. « On a parlé que de l’amour de Dieu, répète Farid Gacem. Ces savants viennent pour accompagner les jeunes dans leur pratique.

Absolument aucun appel à la guerre sainte en France. En tendant l’oreille, on note néanmoins qu’il est un moment question du Printemps arabe présenté par l’un des deux prédicateurs comme une « manigance des ennemis de l’Islam ».

Le prédicateur y présente clairement les manifestants et les laïcs comme « des ennemis de la religion d’Allah » en invitant l’assemblée à « ne pas prendre part à des partis politiques mais à suivre la voie d’Allah, celle du consensus… »

Selon nos informations, les deux prédicateurs étaient attendus en région parisienne après leur passage à Roubaix..

La Voix du Nord

Désir dénonce une droite «sous l’influence du FN»

A la veille de l’ouverture de l’université d’été du PS à La Rochelle, le numéro un socialiste, à la tête du PS depuis octobre 2012, affirme que sa deuxième année à ce poste «sera celle de l’offensive pour gagner les élections municipales et européennes en 2014».

«Le Front national est plus que jamais une menace réelle.».

« Je veux que nous engagions une bataille idéologique, culturelle et politique contre l’extrême droite et un mouvement réactionnaire ‘anti-Lumières’ qui va d’une partie de l’UMP au FN. Ce bloc droitier se nourrit de la résignation, du déclinisme, des peurs, de la haine de l’autre et du refus du progrès», déclare Harlem Désir.

Selon lui, «la droite est sous l’influence du FN, aimantée et prête au pire pour reprendre le pouvoir. Elle alimente une forme de défaitisme et de délitement de la République». «J’ai donc décidé de lancer un arsenal anti-FN à La Rochelle pour déconstruire son discours, son programme et ses mensonges économiques», ajoute-t-il.

Le Figaro