Taubira : « Je ne conçois pas qu’on renonce au principe même de la souveraineté » (vidéo)

Archive vidéo Juin 1993

« Nous avons une histoire, nous avons une culture. Je ne suis pas venue à l’Assemblée nationale pour défendre l’indépendance de la Guyane mais je ne vais pas cracher sur mes propres fantasmes. Je ne conçois pas qu’on renonce au principe même de la souveraineté.

Reconnaître que la Guyane, c’est ailleurs qu’en Europe, physiquement, culturellement, historiquement, c’est flirter avec l’idée d’une souveraineté.» (Extrait de la vidéo ci-dessous)


Merci LittleTiger

Justice : Christiane Taubira, son pays et Paris

Dix jours après l’assassinat de Jacques Nacer, Manuel Valls et Christiane Taubira reviennent en Corse ce dimanche. Après des débuts difficiles, la garde des Sceaux impose peu à peu son style. Mais chez elle, à Cayenne, certains voient dans son ascension un reniement de ses engagements passés. Enquête sur une Guyanaise si proche et si lointaine. (…)

L’Express

Guyane française : « Ici c’est la guerre civile »

[extraits] Éric Mauriès, prof de sports, vit depuis sept ans en Guyane. Il aime le département mais la spirale de la violence l’inquiète. Il est en train de monter un collectif contre l’insécurité.

« J’entends des gens dire qu’il faut monter des milices. (…) Tous les jours, il se passe un truc ici et je ne vois rien bouger. Et ce n’est sûrement pas en montant des milices qu’on va régler le problème. »

« J’entends des gens dire qu’il faut monter des milices. On sent que les gens sont à bout »

[journaliste] Qui parle de milices ?
« Ce sont des choses qu’on entend ici. On sent que les gens sont à bout. Pratiquement tous les gens que je connais ont été victimes de cambriolage. J’ai l’impression qu’il y a une volonté d’étouffer ce qu’il se passe pour ne pas affoler les gens et puis aussi parce qu’il n’y a pas de moyens. (…) »

« Il y a une volonté d’étouffer ce qu’il se passe pour ne pas affoler les gens »

« Ici c’est la guerre civile. Ce sont les mots que j’entends. Si on ne fait rien, ça va finir par des homicides. Ça ne peut plus continuer comme ça. (…) On a l’impression en tout cas qu’il y a une volonté que les faits de délinquance ne se sachent pas, la volonté de ne pas faire de vague parce que c’est mauvais pour la fusée. Mais les personnes qui travaillent dans le spatial sont elles aussi victimes de la délinquance. (…) Ce que me disent les gens, c’est qu’on est abandonné, même par les gendarmes, même par la justice.

« On est abandonné, même par les gendarmes, même par la justice. »

(…) En fait, il n’y a pas beaucoup de choses qui sont faites pour occuper les jeunes. On ne va pas que punir non plus.

Source - merci wersus

Guyane : deux militaires tués

Deux militaires des commandos du 9e RIMa ont trouvé la mort en Guyane, dans la région de Dorlin, dans une opération conjointe entre l’armée et la gendarmerie contre l’orpaillage clandestin. Deux gendarmes ont été grièvement blessés lors de cet accrochage.

Un peu plus tôt, vers 10 heures locales, un hélicoptère de la gendarmerie avait été pris sous un feu nourri qui avait blessé un gendarme à la cuisse.
Cet appareil participait à une opération de sécurisation de la zone devant permettre l’installation progressive d’une société minière légale dans cette région. «C’est comme si quelqu’un avait vidé le chargeur de son pistolet sur l’hélicoptère», a rapporté un témoin. Il y a eu au moins six impacts de tir sur l’appareil.

«Ils sont tombés dans une embuscade»

Vers 13 heures locales, les autorités décidaient de déposer à quelque 2 km de l’incident une douzaine de gendarmes et 18 à 20 militaires. Après avoir marché une centaine de mètres sur un sentier bordé de forêts, ils ont essuyé un feu nourri. «Ils sont tombés dans une embuscade», a assuré la préfecture. Les deux militaires et les deux gendarmes touchés étaient en tête du groupe.

Un premier militaire est mort sur place durant l’opération et un deuxième des suites de ses blessures. L’un est un caporal-chef de 32 ans, père d’un enfant, l’autre un adjudant de 29 ans. Le pronostic vital des deux gendarmes blessés n’est pas engagé, a assuré le colonel Didier Laumont, commandant de gendarmerie de la région. Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, se rendra sur place jeudi matin pour «rendre hommage aux deux militaires tués et se rendre au chevet des blessés», selon son ministère.

Un dispositif visant à éradiquer l’orpaillage clandestin

Dorlin est un haut lieu isolé de l’orpaillage clandestin de Guyane, depuis près de vingt ans, sans accès terrestre depuis le littoral. Il se situe sur l’immense territoire de la commune de Maripasoula (18.000 km carrés). Le dispositif Harpie, mis en place en 2008 et faisant suite à l’opération Anaconda, a pour mission d’éradiquer l’orpaillage clandestin et associe le parquet, la gendarmerie, l’armée, la police aux frontières, la douane et l’Office national des Forêts.

En janvier dernier, dans cette même région, de Guyane quelques heures avant la visite de Nicolas Sarkozy, des heurts entre bandes armées avaient fait cinq morts avérés – leurs corps ont été retrouvés – et « vraisemblablement un 6e », avait indiqué le parquet sur la base de « témoignages concordants ». Le sixième corps aurait été jeté à Dorlin au fond d’un puits clandestin de l’orpaillage et n’en a, depuis, jamais été extirpé.

Le Parisien

Guyane : Le haut fonctionnaire lui aurait imposé des relations sexuelles contre l’obtention d’un titre de séjour

Un haut fonctionnaire en Guyane a été mis en examen pour viols, agressions sexuelles et corruption passive. Il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion.

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La nouvelle a fait l’effet d’une bombe en Guyane. Le numéro 2 de la sous-préfecture de Saint-Laurent du Maroni a été incarcéré il y a quelques jours. Christian Dorival, 53 ans, secrétaire général de la sous-préfecture, a été mis en examen pour viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel, et corruption passive. Des faits qu’il nie en bloc selon son avocat, Me José Lobeau. Il est en détention provisoire depuis le 8 mars dernier, et sa remise en liberté lui a été refusée ce mardi. Celle-ci sera réexaminée le 20 mars prochain par la chambre de l’instruction.

Tout a commencé en janvier dernier, lorsqu’une jeune femme de nationalité étrangère dépose plainte contre lui.

Elle affirme que le haut fonctionnaire lui aurait imposé des relations sexuelles contre l’obtention d’un titre de séjour.

« L’enquête a permis de recueillir par la suite le témoignage de plusieurs jeunes femmes de nationalité étrangère qui relatent avoir dû céder aux avances du mis en examen pour obtenir la régularisation de leur situation administrative », explique le procureur de Cayenne. « Des dénonciations » confortées par « l’audition des personnels féminins subordonnés de Christian Dorival », qui elles sont six à avoir porté plainte pour harcèlement sexuel.

Au total, ce sont dix plaignantes aujourd’hui qui se sont manifestées contre Christian Dorival. De source proche du dossier, l’une des plaignantes était âgée de 17 ans au moment des faits présumés, qui se seraient déroulés entre 2009 et 2012. (…)

France Soir

Gendarmes passés à tabac à Kourou : prison ferme pour les trois agresseurs

Trois gendarmes qui n’étaient pas en service ont été frappés par une meute de jeunes adultes devant une discothèque, la semaine dernière. Jugés hier, trois hommes ont été condamnés à de la prison ferme.

Nous sommes devant la boîte de nuit le Vieux Montmartre à Kourou, dans la nuit de vendredi 10 à samedi 11. Trois jeunes gendarmes auxiliaires qui ne sont pas en service, et donc en civil, sortent de l’établissement. (…)
Ce qui semble acquis, c’est que des jeunes Kourouciens auraient reconnu en ces trois personnes qui sortaient de la discothèque des « babylones » .
C’est la substitut du procureur, Marie-Noëlle Collobert, qui a expliqué le terme. Dans le lexique rasta, « c’est d’abord un système totalitaire et par extension un gendarme ou un policier » .
Bref les trois gendarmes, dont il a été rappelé au tribunal par la voix du juge qu’ils « avaient le droit de sortir et de s’amuser comme tout le monde » , ont été tabassés par un groupe de jeunes.
Combien étaient-ils au total ? On ne sait pas. Six, sept, huit, peut-être davantage. Les coups pleuvent. Un des trois militaires se retrouve au sol. La meute continue de lui donner des coups de pieds. Il risque aujourd’hui de perdre l’usage de l’oeil gauche.
Au cours de la bagarre, un couteau aurait été sorti. L’audience d’hier n’a pas permis d’éclaircir ce point. En tout cas, les gendarmes, choqués par cet épisode de violence gratuite, veulent rentrer au plus tôt dans l’Hexagone.
Seuls trois des agresseurs étaient jugés au tribunal hier. Ils ont été décrits comme les responsables de la rixe. Frantz Dessalines, un Haïtien de 18 ans, a commencé par s’excuser auprès des deux gendarmes présents dans la salle (le troisième a fini sa mission). John Rozemblad, jamais condamné jusqu’ici, Guyanais de 35 ans, père de deux enfants, explique que les gendarmes étaient ivres. (…)
Andy Alekie, après moins d’une heure de délibération, a été condamné à sept mois de prison ferme ; John Rozemblad à cinq mois ferme et Frantz Dessalines à un mois ferme. Ils ont été incarcérés.

Guyane: un homme et son fils poursuivis pour avoir tué un braqueur présumé

Un chef d’entreprise guyanais exerçant dans le BTP et son fils ont été mis mercredi en examen pour «homicide volontaire» après à la mort d’un des présumés braqueurs de leur domicile, dimanche soir, a-t-on appris de source judiciaire.

D’après une source proche de l’enquête, quatre braqueurs armés ont fait irruption dimanche soir au domicile du chef d’entreprise guyanais, Franck Louison, frappant violemment son épouse.
Selon des circonstances qui restent à éclaircir, après que les trois premiers malfaiteurs eurent pris la fuite, une bagarre a éclaté entre le quatrième braqueur, d’un côté, Franck Louison et son fils Franklin, de l’autre. «Le quatrième braqueur a reçu des coups à la tête. Il est ensuite décédé», a indiqué une source proche de l’enquête.
«Nous étions en train de nous défendre. Je voulais sauver ma famille», a indiqué mercredi le chef d’entreprise». (…)

Guyane : la nouvelle d’un pont franco-­brésilien s’est répandue à Port-au-Prince

Au bout de la Guyane, loin de tout, un pont magnifique relie deux forêts désertes en attendant… d’improbables voyageurs. [...]

Le pont sur l’Oyapock, qui unit en un saisissant raccourci la France et le Brésil, appartient à ces épopées, à ces conquêtes aussi inutiles qu’indispensables.

« Concrètement, humainement, économiquement, ce pont ne servira à rien », m’a prévenu, au départ de Cayenne, le chercheur Gérard Police, Guyanais depuis plus de trente ans et docteur en études brésiliennes. [...]

« De toute façon, la plupart des produits brésiliens ne sont pas aux normes européennes et ne peuvent donc transiter, tranche le major Drouault.

Quant aux clandestins, ils n’emprunteront pas le pont mais continueront à passer en pirogue. » Pour la seule année 2011, la Paf de Saint-Georges a ainsi effectué près de 2 000 reconduites à la frontière, c’est-à-dire juste de l’autre côté du fleuve ­Oyapock, dans la ville brésilienne d’Oiapoque. Ce sont dans leur immense majorité des Brésiliens, de pauvres bougres attirés par l’abondance supposée en Guyane française. Lire la suite

Guyane : « Mission sécurité intérieure, immigration, nationalité » (vidéo)

C’est le thème d’une mission menée ces jours-ci par la sous-préfecture sur le Maroni. Il s’agissait d’aller à la rencontre des élus et des chefs coutumiers, mais aussi de rapprocher les services de l’Etat des populations du fleuve.

[NDLR : RESF, par la voix d'un représentant local, conteste les chiffres officiels du nombre de clandestins (43000) et tente de "nous rassurer sur l'état réel" de cette population au moyen d'une savante arithmétique après laquelle on peut se demander si l'immigration clandestine en Guyane n'est pas, en fin de compte, une vue de l'esprit.]

Il y a des peurs qui ont été entretenues avec des grands chiffres, et il est vrai que si on dit «43000 sans-papiers» ça fait peur alors que la réalité est tout autre » [...] Guyane 1ère – 04/11/2011

Suriname-Guyane, la frontière Schengen oubliée

Seule frontière terrestre de l’Union sur le continent américain, le département d’Outre-mer accueille un grand nombre d’immigrés en provenance de l’ancienne colonie néerlandaise. Ils sont ainsi 13 000 à demander chaque année un titre de séjour valable dans toute la zone Schengen. [...]

Surinamiens, ils sont en quête d’un permis de séjour tant désiré et, encore mieux, d’un passeport français.

Ils participent à une immigration de masse à la frontière sud-américaine de l’Union européenne [...]

Cette frontière floue occasionne toute une palette de problèmes : un commerce aussi animé qu’informel s’est installé : sur le marché de Saint-Laurent, on entend parler le Sranantongo, la langue du Suriname, et de nombreux marchands arborent des t-shirts avec le drapeau de l’ancienne colonie néerlandaise.

En même temps, la criminalité s’est développée : les attaques armées sont monnaie courante et les auteurs des délits cherchent refuge de l’autre côté du fleuve, côté surinamien.

[...] Les Surinamiens continent à frapper à la porte du DOM français. Au total 70 000 des 217 000 habitants de la Guyane française sont désormais d’origine surinamienne. Et plusieurs d’entre eux ont choisi de se rendre dans la métropole.

« De temps en temps, nous fermons les yeux et faisons comme s’il s’agissait d’une urgence, afin de pouvoir hospitaliser des patientes sur le point d’accoucher. Et oui, elles obtiennent ainsi un certificat de naissance qui leur permet de demander la nationalité française entre leur treizième et dix-huitième anniversaire. » — Gabriel Carles, médecin à l’hôpital du centre de Saint-Laurent

D’après Carles, les Surinamiens, qui traversent le Maroni en bateau et s’inscrivent pour obtenir des soins gratuits et de qualité, absorbent chaque année la moitié du budget de l’hôpital. La moitié des bébés qui y naissent sont d’origine surinamienne. [...]

Trouw (Amsterdam) via Presseurop

Du pétrole au large de la Guyane

Le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell a annoncé que du pétrole avait été découvert au large de la Guyane française, au cours de forages exploratoires à environ 150 km au large des côtes. Dans un communiqué, Shell indique qu’il est trop tôt à l’heure actuelle pour évaluer les réserves, mais que « les premiers résultats sont encourageants ». (…)

Le Figaro