« Pas question de renégocier l’adhésion britannique à l’UE »

Le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a exclu mardi toute renégociation par la Grande-Bretagne de ses conditions d’adhésion à l’Union européenne, à quelques jours d’un discours attendu du Premier ministre David Cameron sur l’Europe.

« Il ne peut être question d’une renégociation par un État membre des conditions de son adhésion. Ni pour la Grande-Bretagne, ni pour tout autre État membre. Nous avons besoin d’une Union européenne intégrée, pas d’une Europe à la carte, avec son funeste cortège d’exemptions, d’exceptions, de dérogations et autres rabais. Ces divisions sont mortifères pour l’Union car elles tuent le sentiment d’unité », a lancé mardi l’ancien Premier ministre belge lors d’un débat dans l’hémicycle strasbourgeois. [...]

« David Cameron doit être honnête avec le peuple britannique et ses partenaires européens. Une renégociation signifie, soit le retrait du Royaume-Uni de l’UE, soit la fin du marché unique et de l’Union européenne. Et ce n’est clairement pas dans l’intérêt des citoyens européens, y compris des Britanniques. En sortant de l’UE, le Royaume-Uni aurait le même statut que la Norvège ou la Suisse, qui payent, mais n’ont rien à dire. Ce serait du suicide pour un pays dont 53% de ses exportations vont vers le continent », a jugé M. Verhofstadt. [...]

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Guy Verhofstadt persiste: « L’identitaire, c’est Auschwitz »

L’ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, revient, dans une nouvelle carte blanche publiée mercredi dans Le Soir et De Standaard, sur la polémique suscitée par son intervention dans le débat français sur l’identité nationale. Il y développe longuement sa vision d’une Europe post-nationale.

Guy Verhofstadt, qui avait choqué en déclarant voir « quelque chose de pourri » dans le débat organisé par le gouvernement français, maintient que « la recherche unidimensionnelle d’une identité collective (…) conduit à des ‘bunkers’ ethniques, nationaux, culturels ou religieux, qui enferment l’individu ».

Cette identité « conduit à la haine, à la violence, dégénère en émeutes dans nos quartiers et en guerres dans le monde », affirme-t-il. « La conséquence ultime de la pensée ‘identitaire’, c’est Auschwitz ».

« C’est l »identité’ qui a si longtemps empêché la Serbie de livrer ses criminels de guerre. C’est l »identité’ qui retient la communauté islamique mondiale ‘d’excommunier Oussama ben Laden », poursuit Guy Verhofstadt.

Qualifiant l’Europe de nations de « reliquat du passé, incapable de résoudre les problèmes, ni de jouer un rôle dans le monde multipolaire du XXIe siècle », il conclut que « l’avenir de l’Europe et de l’Union européenne sera post-national ou ne sera pas ».

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L’identité française selon Guy Verhofstadt

Guy Verhofstadt, président du groupe de l’Alliance des démocrates et des libéraux au Parlement européen et ancien premier ministre belge, condamne en termes virulents le débat sur l’identité nationale en France. Il estime que l’Europe à besoin d’une France, «pays ouvert et solidaire, qui s’est forgée une identité plurielle et universelle».

Pour ses voisins, la France a souvent été un modèle d’inspiration et d’admiration, par l’intensité et la portée universelle des débats intellectuels dont elle a le secret. Elle est source d’accablement pour ses amis qui la voient se perdre dans une polémique stérile sur l’identité nationale.

L’opportunité politicienne de ce débat, sa conduite hésitante et ses finalités floues donnent en effet l’impression désastreuse que la France a peur d’elle-même. Il y a décidément quelque chose de pourri en République française.

(…) censé contrer le Front national, le débat sur l’identité nationale a au contraire remis les thématiques d’extrême droite au premier plan. Ensuite, sa conduite a fait défaut : faute de consensus politique au sein même de la majorité présidentielle, ces discussions de sous-préfecture et le site dédié sont devenus un défouloir au remugle vichyste. Enfin, quelles sont les finalités de cette affaire ? Apprendre La Marseillaise à l’école ? L’absurde le dispute au grotesque. (…)
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