La sécurité routière, vecteur de la guerre idéologique

Tribune libre de Paysan Savoyard

Nous avons voulu mettre en exergue dans un article précédent la malhonnêteté des pouvoirs publics en matière de sécurité routière : les automobilistes moyens coupables d’avoir enfreint les limites de vitesse sont harcelés et rackettés, alors que la vitesse des voitures sur route ne joue qu’un rôle limité dans l’insécurité routière.

Il est une autre raison pour laquelle la politique de sécurité routière nous paraît contestable et malhonnête : celle-ci est utilisée par les pouvoirs publics pour atteindre d’autres objectifs qui n’ont rien à voir avec les accidents de la route.

Qu’est-ce à dire ? Comme on le sait la société française est confrontée à une augmentation continue de la délinquance depuis le milieu des années soixante. Celle-ci est officiellement stabilisée à 3,5 millions de crimes et délits par an environ. Ce chiffre cependant ne représente qu’une partie du phénomène : il apparaît en effet que seulement un tiers des crimes et délits font l’objet d’une déclaration aux forces de police. En outre, si les crimes et délits enregistrés n’augmentent plus de façon globale, le nombre des agressions, lui, continue à croître fortement. Plus grave encore, les scènes d’émeutes se multiplient, conduisant à penser qu’une forme de guerre civile est en gestation, si elle n’a pas déjà commencé.

Dans ce contexte, il nous semble que la politique de sécurité routière est détournée de son objet et utilisée par les pouvoirs publics comme un leurre afin de parvenir au résultat suivant : conduire l’opinion à accepter passivement la dégradation de la situation sur le plan de la délinquance, sans se révolter et sans mettre en cause l’incapacité des pouvoirs publics.

Tentons de recenser les effets de la politique de sécurité routière sur la population ordinaire, du plus évident au plus subtil, du plus grossier jusqu’au plus vicieux.

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