Guilou : « il n’y a pas beaucoup de ministres noirs en Europe, notamment en France »

Le chanteur antillais Guy Adélaïde Lafages dit Guilou a fait les beaux jours du zouk à la fin des années 80. “Fille du Soleil”, “Abidjan”, “Libreville”, “Jésus” sont quelques tubes qui ont marqué la carrière de cet artiste.

http://img443.imageshack.us/img443/9945/guiloumariecelinejobyva.jpg

Ces dernières années, il s’était lancé dans la musique religieuse. Après cette incursion dans le milieu chrétien, il annonce son retour dans son genre de prédilection : le zouk populaire. Nous l’avons croisé à Ouaga aux Kundé d’or 2012 où il a reçu un trophée d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Un trophée d’honneur aux Kundé. Quelle signification donnes-tu à ce prix ?

- Ce sont des sentiments de joie et de satisfaction. C’est quelque chose qui reste un souvenir du travail accompli. Et ça vient de l’Afrique. Ce qui est une reconnaissance du continent. pour tout vous dire, je suis très fier de cette récompense.

• En recevant le trophée,

tu as dit que cela te touche d’autant plus que c’est un ministre noir qui te remet le trophée. Pourquoi ?

- Beh ! ça me touche parce que nous les Noirs francophones, sommes un peu en retard par rapport à la position des Noirs aux Etats-Unis.

Et quand on a un ministre africain, noir de peau en face d’un Antillais, il y a un sentiment familial qui s’installe.

Un sentiment de valeur également car il n’y a pas beaucoup de ministres noirs en Europe, notamment en France.

On a dans les gouvernements beaucoup de Blancs et très peu de Noirs. Donc c’est une fierté pour moi que l’Afrique me reconnaisse comme un enfant de la diaspora et surtout qu’une personnalité comme un ministre soit choisi pour me remettre le prix. C’est un clin d’œil à l’histoire. (…)

Top visages

Crise : «Des juntes civiles» pour remplacer des gouvernements démocratiques ?

Après les nominations en Grèce et en Italie, de technocrates comme chefs de gouvernement Michel Colomès, directeur du Point, craint que «la crise ne fasse reculer la démocratie»

C’est Mariano Rajoy, président du Parti populaire espagnol, qui, le premier, a lancé l’avertissement : «Les gouvernements européens devraient être des représentants élus de leur peuple plutôt que des technocrates cooptés par Bruxelles.» […]

Lucas Papademos, qui a succédé à Georges Papandréou est un ancien gouverneur de la Banque de Grèce puis vice-président de la Banque centrale européenne. Quant à Mario Monti, 68 ans, successeur de Berlusconi, il est professeur à l’université Bocconi de Milan, ancien commissaire à la Concurrence de la Commission de Bruxelles jusqu’en 2004, il n’a jamais siégé dans aucune assemblée parlementaire.

On peut certes objecter que ces deux gouvernements, constitués dans la hâte après que la crise de liquidités traversée par leur pays eut fait chuter les gouvernements en place, ont bénéficié d’un vote de confiance de leurs assemblées parlementaires respectives. Il n’empêche que ces équipes issues de la société civile, dont les Britanniques disent déjà méchamment qu’elles ressemblent à des «juntes civiles», vont devoir faire rapidement leurs preuves et notamment celle-ci : sont-elles capables de faire accepter, sans débordements violents excessifs, par les peuples grecs et italiens des mesures d’austérité drastiques forcément impopulaires ?

Le Point

Crise de la dette, la spirale infernale

Le scénario se déroule exactement comme prévu : après la Grèce, dont les bons du Trésor sont assimilées depuis hier à des obligations pourries, c’est au tour du Portugal de voir sa note dégradée. Lisbonne peut trembler. Car les marchés ne veulent tout simplement plus de la dette grecque : plus de 10% ce matin pour les taux à 10 ans, près de 18% pour ceux à 2 ans… !

Suite et commentaires sur Fortune

La dette de l’Europe de l’Est ne sera pas remboursée

« La dette publique en Grèce n’est que la première d’une série de bombes européennes de la dette qui vont exploser, » avertit l’économiste Michael Hudson. Nombre de pays de l’Europe de l’est, à commencer par la Lettonie, très durement touchée par la crise, seront incapables de rembourser les prêts libellés en euros qui ont été accordés durant la période d’euphorie financière, prévient-il.

Les gouvernements devront bientôt choisir entre ruiner leurs économies et saigner à quatre veines leurs peuples pour rembourser ou bien renégocier la dette et la convertir en devises locales, provoquant ainsi des pertes dans le système bancaire européen. Le combat entre créanciers et débiteurs promet d’être acharné, à l’image de celui qui se déroule aujourd’hui entre la Grande Bretagne et l’Islande, mais l’issue ne faire guère de doute, selon lui. Entre la défense des intérêts de leurs mandants promis au servage de la dette, et ceux des banques étrangères, les gouvernements devront se déterminer et vont choisir, comme l’ont fait les islandais qui refusent de régler les dettes des banques privées.

Le papier des contrats, la finance prédatrice, les dettes odieuses, seraient-elles donc plus sacrées que les vies, la santé des économies et le bien être des sociétés ? Faute d’un allègement de la dette sous forme de réduction des créances, du recours à la monétisation et à l’inflation, à des impositions exceptionnelles sur les actifs spéculatifs, accompagnés par une réduction de la mobilité des capitaux et un contrôle renforcé sur le secteur bancaire, nombre de pays occidentaux risquent de s’enfoncer dans le marasme et la misère sociale – et pour longtemps – au moment même où les émergents accélèrent leur course.

Suite et commentaires sur Fortune

Ne m’appelez plus jamais Europe !

Les gouvernements européens maquilleraient donc leurs bilans pour cacher ou édulcorer leurs déficits ! Voilà où en est aujourd’hui réduite la crédibilité de certains Etats Européens et non des moindres.

Ces manipulations comptables, pénalement répréhensibles dès lors qu’elles émanent d’une entreprise quelconque, auraient ainsi été appliquées par les Etats dans le but de satisfaire aux critères du Pacte de Stabilité, en termes de déficits et d’objectifs d’endettement. Ce pêché originel européen, inadmissible et scandaleux, hantera l’Union assurément pendant encore de longues années, car la Grèce – qui a escamoté certaines dépenses publiques – ou le Portugal – qui a fait passer des dépenses pour des investissements – n’ont fait que suivre l’exemple des « grandes nations » leur ayant montré le chemin.

Ces artifices et ces tromperies comptables ne sont, en définitive, que la résultante de machinations politiciennes de dirigeants (de l’époque) ne reculant devant aucun mensonge pour intégrer certains pays dans l’Union, dans le seul but de favoriser certains lobbies capitalistes ayant misé sur des concentrations et des regroupements d’entreprises au niveau européen !

Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance, si la politique elle-même, dévoyée de sa noble mission de servir l’intérêt public, déguise sciemment la réalité afin de parvenir à ses fins ? La crise des années 2007-2009 a-t-elle été provoquée par la gourmandise du milieu financier, par les bonus inacceptables de certains banquiers ou traders, ou par une politique qui, une fois de plus, s’est faite – le coeur léger – instrument et bras armé du système financier et capitaliste ? La vérité est que la politique n’est plus qu’une excroissance de la finance, trop contente de lui rendre service à la moindre occasion.

Une détérioration des conditions économiques européennes, qui semble aujourd’hui inévitable, fera franchir à cette crise ayant démarré en 2007, un nouveau palier dangereux, car ce sont les Etats eux-mêmes, leur crédibilité et leur aptitude à nous diriger sainement, qui seront progressivement remis en question. Après la déconfiture confirmée ou prévisible de petits pays européens – Grèce, Portugal, Irlande -, il conviendra de scruter avec la plus grande attention les développements au sein des « grandes nations », comme la France ou l’Allemagne.

L’Europe est aujourd’hui devenue le maillon faible de l’économie globale.

Suite et commentaires sur Fortune

«L’Union européenne, un instrument de déni de la démocratie»

Roger Köppel, ancien rédacteur en chef du quotidien berlinois Die Welt, est aujourd’hui éditeur et rédacteur en chef de l’hebdomadaire de Zurich Die Weltwoche. Il a défendu dans ses colonnes l’interdiction des minarets. Au nom de la lutte contre l’islam politique, il se félicite du résultat et accuse l’UE de déni de démocratie.

C’est d’une seule voix que les muezzins des grands médias ont clamé leur indignation : la votation des Suisses (…) est, selon eux, contraire au droit international, immoral et indigne d’un pays ouvert au monde. (…) Les Suisses, nous dit-on, étaient trop bêtes pour comprendre les implications de leur décision politique.

Un spectre rôde, celui de la démocratie. Qui dit démocratie dit pouvoir du peuple, et il arrive parfois que le peuple ressente et pense différemment de ses dirigeants et de leurs pythonisses médiatiques, cela fait partie des risques du métier dans cette forme de gouvernement. (…) les menaces n’ont pas pris : l’initiative critique envers l’islam semble avoir trouvé un écho jusque dans les rangs de la gauche et des milieux libéraux. Rarement aura-t-on vu se creuser en Suisse un tel fossé entre les élites et les citoyens ordinaires.

(…) Il faut avoir une vision bien étriquée de la démocratie Lire la suite