Centrafrique, Françafrique…

« Je romprai avec la Françafrique », promettait le candidat François Hollande. Une promesse bien difficile à tenir par le président de la République, comme on est en train de le voir en Centrafrique. Quoi qu’elle fasse, ou ne fasse pas, la France sera tenue pour responsable de l’évolution de la situation dans ce petit pays misérable de moins de cinq millions d’habitants, où la guerre civile vient de repartir.

(…) Face à la dégradation de la situation (attaque de l’ambassade de France, menaces éventuelles sur un millier de ressortissants européens, dont des binationaux), Paris a décidé de renforcer son dispositif militaire, qui est aujourd’hui de 600 hommes.

Pour quoi faire ? C’est tout le problème. Car, en Centrafrique, la France n’a le choix qu’entre deux mauvaises solutions.

Sauver le régime Bozizé, largement discrédité, en « tapant » sur les rebelles du mouvement Seleka ou laisser les choses suivre leur cours sans intervenir. La seconde hypothèse, a priori raisonnable, semble avoir la préférence de l’Elysée.

Reste que, dans ce cas, il y aura un prix à payer : l’effondrement possible du pays. Le chaos va s’installer, comme au Mali ou en RD Congo voisine. L’Etat, déjà bien virtuel, risque tout simplement de disparaître. Les violences se développeront, avec leur cortège de massacres interethniques. La France sera accusé d’avoir laissé faire – alors qu’elle s’était plutôt bien sortie de la crise en Côte d’Ivoire.

La seule chance d’échapper à ce dilemme est d’obtenir une solution négociée entre le pouvoir et les rebelles. Bref, de mettre les mains dans le cambouis de la politique intérieure centrafricaine. Vous avez dit Françafrique ?

Marianne

RDC : Yamina Benguigui a rencontré Joseph Kabila « sans a priori »

La ministre française de la Francophonie, Yamina Benguigui, a rencontré ce samedi le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila. Envoyée par le président français, François Hollande, rétif à l’idée de se rendre au prochain Sommet de la Francophonie à Kinshasa, la ministre a clairement illustré l’évolution de la position française.

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La ministre française de la Francophonie, Yamina Benguigui, a rencontré ce samedi le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila. Ce dernier organise du 12 au 14 octobre 2012, à Kinshasa, le 14e Sommet de la Francophonie. Ce déplacement fait suite aux violentes déclarations du chef de l’Etat français, François Hollande, contre les autorités du pays. Il laisse toujours planer le doute quant à sa présence lors de l’évènement. Toutefois, la visite de sa ministre prend des airs de rabibochage. (…)

A Paris, plusieurs associations avaient récemment demandé au président français de ne pas se rendre en RDC, afin de ne pas cautionner le régime de Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

Le déroulement frauduleux des dernières élections, en 2011, et le non-respect des droits de l’homme, font du président de la RDC un homme peu fréquentable pour le nouveau président français. Qui plus est de gauche !

Le principal parti d’opposition, l’Union populaire pour la démocratie et le progrès social (UPADS) a même demandé, la semaine dernière, la délocalisation du sommet afin de ne pas légitimer celui qui, à leurs yeux, incarne l’usurpation.

Le 9 juillet, François Hollande, se voulant pourfendeur de la « Françafrique », avait affirmé dans un communiqué, peut-être un peu rapidement, que sa présence serait fonction du comportement du régime de Kinshasa. « Les autorités de la RDC doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit ».

Sans le savoir, en donneur de leçons, il venait de réitérer le péché français en Afrique : la certitude de disposer d’un droit de regard sur les affaires internes des Etats. (…)

Afrik

La Chinafrique va-t-elle tuer la Françafrique ?

La Chine vient d’annoncer le doublement de ses investissements en Afrique. Pour les Etats africains, dont beaucoup ont longtemps été des partenaires clefs de la France, Pékin est devenu un allié de choix… au détriment de l’Hexagone ?

Atlantico : La Chine et les États africains discutent actuellement de leurs relations, au cours de la conférence interministérielle du Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC). Pékin y a notamment annoncé jeudi le doublement de ses investissements en Afrique à hauteur de 20 milliards de dollars. La montée en puissance de la « Chinafrique » signifie t-elle la fin des relations privilégiées entre la France et de nombreux États de ce continent ?

Philippe Hugon : Malgré des liens forts avec un certain nombre d’États africains, la France a eu tendance, sur le long terme, à se retirer de ce continent. Le poids des investissements, la présence militaire, tous les indicateurs vont dans ce sens. La France a diversifié ses interventions dans le monde, même si elle a toujours des relations privilégiées, en particulier avec les pays francophones.

A l’inverse de cette dynamique française, des pays émergents, notamment la Chine, mais aussi l’Inde ou le Brésil, arrivent massivement sur le continent africain.

On peut voir les Chinois comme des concurrents déloyaux : les questions de corruption, de non-respect des conditions environnementales, peuvent favoriser les groupes chinois face aux groupes français.

Des contrats ont certainement été perdu par Bouygues ou Bolloré pour ces raisons. Total doit aussi y faire face (…)

Atlantico

Françafrique : L’enquête sur les « valises » classée sans suite

L’enquête préliminaire sur les accusations de l’avocat Robert Bourgi évoquant la remise de fonds africains occultes à Jacques Chirac et Dominique de Villepin a été classée sans suite, a-t-on appris mercredi auprès du parquet de Paris. L’ancien conseiller officieux de l’Elysée avait expliqué en septembre dans la presse avoir remis à plusieurs reprises des valises de billets entre 1995 et 2005 au président de la République de l’époque et à son secrétaire général.

Le parquet avait ouvert une enquête préliminaire et demandé son audition afin de déterminer quelles suites judiciaires pouvaient être données à ses accusations. Robert Bourgi affirmait avoir effectué lui-même ces versements provenant selon ses dires de plusieurs chefs d’Etat africains. Il avait estimé à vingt millions de dollars les sommes en cause. Cependant, les allégations de l’avocat « n’ont pu être confortées par un quelconque élément de preuve susceptible de motiver des investigations », a souligné le parquet. [Lire la suite]

News Yahoo

Accord de partenariat de défense entre la Côte d’Ivoire et la France

ABIDJAN- Un projet d’accord de partenariat de défense entre la Côte d’Ivoire et la France a été adopté jeudi par le gouvernement ivoirien à l’issue d’un conseil des ministres [...]

Lors d’une récente visite à Abidjan, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, avait estimé que ces accords de défense, objet de polémique à tort ou à raison, devaient être rénovés en tenant compte de l’évolution du monde [...]

Abidjan.net

(Merci à Erwan)

Eva Joly : “Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons”

Dans cet extrait de son livre intitulé “La force qui nous manque” écrit avec la journaliste française Judith Perrignon, l’ex-magistrate française d’origine norvégienne, Eva Joly, fustige la Françafrique.

eva joly

Pour la députée européenne d’Europe Ecologie et l’une des personnalités en vue des Verts français, la France déstabilise les pays africains pour contrôler leurs richesses du sous-sol. Le bien-être des populations, la démocratie, etc. importent peu aux yeux de la France. [...]

« le système est là : les tyrans sont des amis que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption ; en échange, ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. [...]

Les massacres des Bamiléké au Cameroun par la France du général De Gaulle, le génocide des Tutsi commis par un régime soutenu par François Mitterrand, les assassinats d’opposants, les manipulations d’élection… Le passif de la France sur le continent africain n’a rien à envier à l’impérialisme américain en Amérique latine ou au Moyen-Orient. Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés. [...] »

La République a contracté une dette qu’il lui faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l’Europe, il pourrait être versé une rente au lieu d’un avis d’expulsion.

News Abidjan

(Merci à Erwann)

Côte d’Ivoire : Un documentaire sur la Françafrique déchaîne les passions (Vidéo)

Addendum, le reportage en question :

Partie 1 :

Partie 2 :

Le premier épisode du documentaire a semé une belle pagaille, à cause des interviews de trois hauts responsables, parmi lesquels Michel de Bonnecorse, ancien conseiller Afrique de Jacques Chirac, et feu Maurice Delaunay, ancien ambassadeur de France au Gabon, affirmant que l’élection d’Ali Bongo, le 30 août 2009, était «truquée» et que c’était bien son rival André Mba Obamé qui aurait dû l’emporter.

L’interprétation que certains Ivoiriens en font consiste à dire : «Puisque Sarkozy a menti quand il a défendu le président Ali Bongo, il ment encore quand il défend Alassane Ouattara », explique Patrick Benquet.

A qui veut l’entendre, le réalisateur rappelle que «ce n’est plus la France qui est le maître d’oeuvre en Côte d’Ivoire, mais les Nations unies, l’Union africaine et la communauté internationale au sens large, à l’heure de la mondialisation. Sarkozy aboie derrière, mais cela ne change rien au fait que la France a perdu la main en Côte d’Ivoire».

Lire la suite sur Libération

(Merci à Erwan)

WikiLeaks : La volonté affichée de Sarkozy de rompre avec la « Françafrique » a réjoui les Etats-Unis

En affichant sa volonté de « rupture » avec la vieille « Françafrique », Nicolas Sarkozy a aiguisé l’intérêt de Washington à l’égard de la politique de la France en Afrique.

Cette orientation nouvelle réjouit les Américains pour une raison simple que révèlent les télégrammes diplomatiques obtenus par Wikileaks et analysés par Le Monde : la France, en allégeant sa présence et en normalisant ses relations avec le continent, va « donner aux États-unis des occasions d’étendre leur influence en Afrique sans rencontrer de résistance » de la part des Français.

Le Monde

Fodé Sylla, de l’environnement à la Françafrique en passant par Areva

L’ancien président de SOS Racisme, Fodé Sylla, ne chôme pas. Salarié d’Areva en charge du développement et de la formation en Afrique, membre du Conseil économique et social et environnemental, il vient de décrocher une mission auprès du ministre de l’Environnement pour « développer les échanges » avec l’Afrique. De là à imaginer qu’il serait chargé de défendre les intérêts du nucléaire français, voilà qui est, selon lui, « méprisant ».

L’ancien président de SOS, proche du PS et candidat pour le Parti Radical de Gauche aux législatives de 2007 en Seine-Saint-Denis, fait dans le nucléaire ? Titulaire d’une licence d’histoire et d’une maîtrise de science politique, il n’a pas le profil de l’ingénieur…

Non, non, à Areva il fait dans le social : chargé de mission pour le développement économique et social et la formation de l’Afrique depuis deux ans, après avoir été responsable des questions de diversité.

« Des contacts importants avec les ministres de l’Environnement »

Interrogé sur le contenu de son travail, Fodé Sylla explique qu’il monte des projets de centres de microfinance pour les femmes, d’accès à l’eau pour les populations vivant dans les déserts… rien à voir avec le nucléaire.

Source : Rue 89