Un ressortissant marocain, lié au groupuscule salafiste Forsane Alizza (dissous le 1er mars 2012), a été expulsé aujourd’hui vers le Maroc, a annoncé le ministère de l’Intérieur.
«En application d’un arrêté ministériel du 14 janvier 2013, après avis favorable de la commission d’expulsion, Ali Benhamou, ressortissant marocain, a fait l’objet, aujourd’hui, d’une mesure d’expulsion du territoire français. Il a été éloigné vers le Maroc», selon le ministère précisant que «les faits qui lui sont reprochés sont graves».
Par arrêté paru hier au « Journal officiel », les avoirs d’Emilie K., qualifiée de soutien actif à l’organisation islamiste radicale Forsane Alizza, ont été gelés. Une décision qui irrite les magistrats.
L’arrêté, émanant du ministère de l’Economie et des Finances, a été publié hier matin au « Journal officiel ». Il a pour effet de geler les avoirs d’Emilie K., une jeune femme de 27 ans de nationalité française, née dans le Morbihan, habitant à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
La formulation du texte est sans appel. Présentée comme « un soutien actif de Forsane Alizza », Emilie K. « envisage de se rendre prochainement dans une zone de combat à l’étranger afin d’y mener le jihad armé », indique l’arrêté. Sont désormais interdits « les mouvements ou transferts de fonds, instruments financiers et ressources économiques au bénéfice d’Emilie K. ». [...]
Sur fond de menace terroriste, les tensions se ravivent entre services administratifs et juges du siège. « Dès lors qu’une enquête judiciaire est ouverte, ce qui est le cas, c’est au juge de décider de l’opportunité et de la date d’un éventuel gel des avoirs. L’administration doit rester à sa place », estime Marie-Antoinette Houyvet, déléguée régionale de l’Union syndicale des magistrats et ancienne juge antiterroriste.
A Boulogne-Billancourt, l’appartement d’Emilie K., également connue sous le nom de Samra, semble désert. Sa boîte aux lettres déborde. Sa ligne téléphonique est aux abonnés absents. La jeune femme est-elle en fuite ? En vacances ? A-t-elle déjà gagné la « zone de combat » évoquée par l’arrêté de Bercy ? Hier, le ministère des Finances n’a pas souhaité répondre [...]
La descente aux enfers continue pour Baroudi Bouzid, arrivé en France dans les années 70, et qui a découvert le coran à l’âge de 18 ans. Cet ancien ouvrier qui aura 50 ans cet été a arrêté de travailler en 2002 pour s’occuper, à Givors, de ses cinq enfants et de sa femme handicapée. En juin 2010, il est condamné à un an ferme pour avoir privé de soins ses enfants et les avoir empêchés d’aller à l’école. Membre du groupe islamiste Forsane Alizza, il est soupçonné d’avoir projeté l’enlèvement du juge d’instruction lyonnais Albert Lévy. Un dossier pour lequel il est incarcéré depuis le 3 avril. Détenu dans une prison du Val d’Oise, Bouzid a effectué hier un bref retour à Lyon pour comparaître dans un dossier familial qui lui avait valu ses premiers déboires judiciaires. En juin 2010, un long procès révélait la personnalité despotique de cet homme de 49 ans qui avait privé ses enfants de soins, d’aller à l’école, et même de lumière dans l’appartement de Givors.
Deux mois après ce jugement débute une nouvelle affaire. Deux des cinq enfants du couple, encore mineurs, vont tour à tour disparaître de leurs foyers où ils ont été placés. Six longs mois de fugue durant lesquels personne n’a su comment ces deux gamins, rachitiques et presque analphabètes, ont fait pour vivre. Bouzid avait-il tout organisé pour soustraire ses enfants au conseil général qui en avait la charge ? L’homme nie fermement les faits. Or, cet homme qui inonde l’administration de courriers et de plaintes, et qui avait pour le coup de bonnes raisons d’être inquiet, avait subitement arrêté de se manifester pendant cette période. « J’avais rencontré des jeunes qui m’avaient rassuré sur la situation dans laquelle étaient mes enfants », justifie-t-il.
Le 24 janvier 2011, les enfants rentrent au bercail. « J’ai pu les convaincre, par des intermédiaires, de revenir sinon c’est moi qui risquais d’aller en prison », poursuit Bouzid. Il faut dire que dans les jours précédents, une information judiciaire avait été ouverte pour soustraction de mineurs. Le juge d’instruction chargé du dossier ? Un certain Albert Lévy.
Le conseil général, qui s’est porté partie civile, évoque un désastre éducatif. (…)
Le prévenu encourrait 12 mois de prison dans ce dossier. Le tribunal l’a condamné à 8 mois ferme.
Officiellement, Brahim est «inconnu des services de police français ou belges». Cet homme de 34 ans a pris le Thalys depuis la France, vendredi 8 juin, pour aller poignarder deux policiers belges choisis au hasard, au sortir de la rame de métro qui l’a déposé à Molenbeek, en Belgique. Il entendait ainsi réagir à «la façon dont les femmes musulmanes sont traitées», selon lui. À Molenbeek, du 31 mai au 1er juin, des émeutes avaient éclaté après l’arrestation d’une femme voilée qui refusait de se découvrir et avait agressé les policiers belges qui voulaient lui faire ôter son niqab.
Une commission rogatoire internationale a été délivrée après l’arrestation de l’auteur de l’agression des policiers dans le métro de Molenbeek. Ce week-end, la structure antiterroriste de Paris, s’est organisée pour qu’un magistrat français puisse faire exécuter ces actes d’instruction en France, pays dont est originaire le suspect.
Des perquisitions à son domicile supposé ont été réclamées, les enquêteurs devant notamment trouver toutes traces et indices permettant d’étayer l’enquête belge. «Il faut savoir comment cet individu a préparé son agression, avec qui il était en contact avant les faits et puis surtout s’assurer qu’il n’a pas de complices susceptibles de poursuivre son djihad», explique un policier spécialisé.
Les connections Internet de ce fanatique vont être épluchées. Car lors de son arrestation, les Belges ont retrouvé sur lui des tracts imprimés du site Internet islamiste Sharia4Belgium, bien connu des services de renseignement. Un magistrat révèle que ce site est adossé à une association qui a entretenu des liens avec le groupuscule Forsane Alizza («Les Cavaliers de la fierté») interdit en France par Claude Guéant en février 2012, avant que ses animateurs ne soient arrêtés en mars.
Le cas de Brahim, islamiste apparemment «autoradicalisé», évoque instantanément pour les policiers en France «un profil à la Merah», le tueur de Toulouse.
Selon une source policière, trois personnes originaires de l’agglomération ont été interpellées lundi après-midi par les services du renseignement intérieur.
Ils seraient membres du groupuscule islamiste Forsane Alizza.
Les trois hommes s’apprêtaient à partir en voyage en zone pakistano-afghane. Ils ont été placés en garde a vue et ils pourraient être transférés à la brigade anti-terroriste de Paris.
Forsane Alizza a déjà été visé le 30 mars dernier par une grande vague d’arrestations partout en France, notamment dans les banlieues de Lyon et à Givors, avec l’interpellation de Baroudi Bouzid. Il prévoyait l’enlèvement d’un juge d’instruction lyonnais qui avait enquêté sur un manque de soins et un manque de scolarisation pour ses enfants.
L’affaire Merah a entre autres conséquences d’attiser la haine et d’être réutilisée. Claude Guéant a demandé à Youtube le retrait d’une vidéo montrant un prêcheur algérien pour « apologie du terrorisme ».
La vidéo en question a été postée sur Internet le 30 mars. Jeudi, dans un courrier, le ministre de l’Intérieur Claude Guéant a demandé au ministre de la Justice Pascal Mercier, si Youtube s’y refusait, à « prendre toutes dispositions utiles, en urgence » pour que cette séquence de moins de deux minutes disparaisse des écrans. Dans son courrier, le ministre de l’Intérieur cite, parmi « les propos incriminés, un soutien non équivoque à Mohamed Merah (le tueur au scooter de Montauban et de Toulouse), présenté comme un héros, et au fondateur du groupe Forsane Alizza ». (…)
Mais le prêche est interrompu par un homme barbu, qui dit vouloir « aider ». « Je veux que Sarkozy, l’ennemi d’Allah, voie ça »,
dit-il en déchirant et en tendant les morceaux épars de son passeport français devant la caméra.
« Je fais ça en soutien à mon frère dans l’Islam, le moudjahid Mohamed Merah ». Puis l’homme disserte sur sa vision du Coran, qui selon lui dit :
« S’ils tuent notre femme, tuons leur femme, s’ils tuent nos enfants, tuons leurs enfants ».
Suit un hommage à Forsane Alizza et à son chef Abu Hamza, injustement envoyés en prison. Et cette phrase : « Sarkozy, qu’Allah te maudisse».
Chez Forsane Alizza, le djihad a d’abord pris des allures de cyber-guerre.
Dès 2010, le groupe se dote d’un site internet afin de diffuser sa propagande. Sur la première bannière du site, un djihadiste pose avec un look moderne devant un drapeau noir frappé d’une inscription calligraphiée indiquant qu’“Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mohammed est son envoyé”. Dans leur imagerie, le pistolet et la kalachnikov ont remplacé les sabres traditionnels. Très vite, le groupuscule salafiste s’attaque aux sites d’extrême droite. La recette est aussi vieille qu’internet. Pour se faire connaître quand on est petit, on “trolle” les gros.
A coups de clash-vidéos et d’articles interpellant “les fachos”, Forsane Alizza s’attire la sympathie d’autres musulmans. “On les trouvait tellement grotesques qu’on relayait à chaque fois leurs vidéos mais avec le recul, je me dis qu’on leur a fait vachement de pub”, confie l’un des administrateurs du site Fdesouche.
Se présentant comme la force anti-Fdesouche, Forsane Alizza utilise pourtant la même méthodologie. A savoir le renvoi de liens vers des contenus externes, l’utilisation intensive de la vidéo, une démarche participative et des appels aux dons récurrents. “
On observe une forme de rivalité mimétique, note Gilles Kepel (1), politologue spécialiste de l’islam. Chaque camp conforte l’autre dans sa représentation fantasmatique.”
Addendum : Entretien entretien entre Fdesouche.com et Les Inrocks
A partir de quand précisément, Sirat Alizza a commencé à s’attaquer à vous ? J’ai fait des recherches sur FDS, j’ai rien trouvé avant 2010.
Je ne connais pas la date exacte. Quoi qu’il en soit Fdesouche.com a été le premier à s’intéresser à ce groupe et à le médiatiser. Avant qu’on en parle personne ne les connaissait.
Tu m’as dit que Forsane avait diffusé le téléphone et l’ adresse perso de Pierre Sautarel. Est-ce qu’il a reçu des appels ou des menaces ?
Pierre Sautarel a reçu quelques coups de fil et des messages internet menaçants. Mais rien de bien grave. D’ailleurs, il n’a même pas porté plainte tant il jugeait tout cela dérisoire.
Tu m’as dit que Forsane s’était inspiré de la méthodologie de FDS. A part l’agrégation de contenus, quels autres points communs avais-tu relevé ?
Nous dénonçons, entre autres, les conséquences sécuritaires de la société plurielle. Dans cette logique, nous agrégeons un certain nombre de faits-divers. Or leurs auteurs sont souvent musulmans ou d’origines étrangères. Pour nous répondre, Forsane Alizza regroupait des délits commis par des Français de souche. Genre meurtriers, pédophiles et cie.
Ils ont aussi publié une vidéo d’un de leurs membres se faisant passer pour un ‘Fdesouche’ et racontant sa soi-disant conversion à l’Islam.
http://www.youtube.com/watch?v=2pUbWnj_Ty8
Comme nous, ils essayaient aussi de créer une interaction avec leurs lecteurs et d’en faire des collaborateurs du site.
Quant à la mise en page de leur site, elle était clairement inspirée du nôtre.
Est-ce que tu trouves qu’ils étaient représentatifs de l’ensemble des musulmans ?
Ils sont à l’Islam ce que les Skins nazillons sont à l’extrême-droite radicale . Ce sont des caricatures et des idiots utiles Il ne sont ni vraiment représentatifs, ni vraiment l’inverse.
En diffusant leurs vidéos, qu’est ce que Tilak Raj cherchait à faire ?
On cherche à faire la même chose qu’en faisant connaître les rappeurs Cortex ou Morsay qui sont à la banlieue ce que Forsane Alizza est à l’Islam : générer des visites sur Fdesouche.com.
Canal + à les films pornos, Ruquier a les stars débiles qui lui permettent de fournir une audience importante à des invités plus intéressants mais moins vendeurs en terme d’audimat, dans la même logique Fdesouche.com a ses poulains.
Par ailleurs, comme nous sommes victimes de ce genre de procèdes, comme on nous assimile aux plus cons de nos commentateurs, comme les grands médias n’ont de cesse de nous diaboliser, on trouve qu’il est de bonne guerre de montrer qu’on peut aussi faire de même.
Ceci dit, si l’Islamisation de la France nous inquiète, ce n’est pas à cause de Forsane Alizza. Ces gens cherchaient à faire du buzz, à sortir de l’anonymat, à faire parler d’eux. Pas à faire des attentats.
L’institutionnalisation de l’UOIF par Sarkozy, la mansuétude d’une partie de la gauche progressistes à l’égards des barbus les plus rétrogrades, les calculs électoraux des uns et des autres qui les poussent à caresser les islamistes dans le sens du poil et surtout la substitution de population …. sont des réalités bien plus inquiétantes. Et j’ai l’impression, que si on crée tous ces ennuis à Forsane Alizza, c’est uniquement pour allumer un contre-feu, pour donner l’impression au quidam que le système prend les choses en main. Un peu comme cela a été fait avec la Burqa.
Apparemment, certains de leurs articles renvoyaient vers des sites d’extrême droite antisionnistes. Est-ce que tu avais remarqué ça ? Il y a d’autres choses qui t’ont frappé chez eux ?
Je n’ai pas remarqué cela.
Quels souvenirs gardes-tu de leurs vidéos ? Apparemment, ils soignaient vachement la mise en scène.
Leurs vidéos étaient surtout involontairement très drôles. Forsane Alizza, c’est la version musulmane de Groland.
Le groupe islamiste radical préparait « un acte beaucoup plus dangereux », selon une source proche du dossier.
Les enquêteurs ont acquis la conviction que les membres du groupe Forsane Alizza avaient un « projet bien plus grave » que l’enlèvement du magistrat lyonnais rendu public par le parquet la semaine dernière : « Le rapt d’Albert Levy n’a été évoqué qu’une fois, lors d’une réunion en septembre 2011. Nous avons des raisons de penser qu’ils préparaient un acte beaucoup plus dangereux », dit une source très proche du dossier. (…)
C’est l’épisode Merah qui a convaincu les enquêteurs d’accélérer le mouvement et de passer à la phase arrestations. « Nous avions plusieurs raisons de nous inquiéter, révèle un enquêteur. Les écoutes téléphoniques montraient une montée en puissance du groupe.
Nous savions alors qu’ils évoquaient depuis longtemps le projet de se fournir en armes, ils venaient de se les procurer.
Par ailleurs, nous avons craint que Mohamed Merah n’inspire certains membres du groupe, dont quatre ou cinq particulièrement excités.
Nous ne pouvions pas prendre le risque d’un passage à l’acte ».
Lors des écoutes, les policiers ont ainsi pu entendre certains de ces membres se réjouir des meurtres commis par le jeune Toulousain.
Sur les dix-sept personnes interpellées le 30 mars, treize personnes ont été mises en examen pour association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste et détention d’armes. Neuf d’entre elles sont écrouées.