Stéphane Troussel (PS) Vs Marine Le Pen ; « L’histoire de l’architecture ne s’est pas arrêtée aux huttes gauloises ! « 

Après les propos de Marine Le Pen sur l’architecture en Seine-Saint-Denis, le président du conseil général de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel lui répond que « l’histoire de l’architecture ne s’est pas arrêtée aux huttes gauloises ! »

La réplique de Stéphane Troussel ne s’est pas fait attendre « Non, l’histoire de l’architecture ne s’est pas arrêtée aux huttes gauloises ! Comme à son habitude, Mme Le Pen répond à des questions complexes par des idées simplistes (…) En proposant de détruire les cités pour les remplacer par un habitat traditionnel, on atteint un niveau rare de bêtise, d’incompétence et de violence, sans doute n’a-t-elle jamais entendu parler de Le Corbusier ou de Niemeyer. Peut-être pourrions-nous résoudre aussi la question énergétique en revenant au silex et au feu de bois ».

L’élu socialiste ajoute que « La Seine-Saint-Denis se passera de Mme Le Pen pour construire son avenir en poursuivant et en amplifiant les chantiers de rénovation urbaine ».

« Manif pour tous » suite… Et ensuite ?

Tribune libre de Paysan Savoyard

Le mouvement de « la manif pour tous » se poursuit donc. Des veillées chaque soir dans telle ou telle ville de France. Des défilés régionaux prévus. Une nouvelle manifestation nationale le 26 mai. C’est elle qui déterminera sans doute la suite du mouvement. Si la lassitude s’installe et que la participation faiblit par rapport aux manifestations précédentes, le gouvernement pourra considérer qu’il a cette fois gagné la partie.

Si en revanche la foule est encore plus nombreuse, la suite deviendra imprévisible : poursuite d’un cycle de manifestations régulières jusqu’aux municipales ; déstabilisation de l’UMP contrainte de s’engager nettement pour ou contre la poursuite du mouvement ; crise politique majeure débouchant sur une dissolution … ? A suivre.

  • La naissance d’un mouvement de fond

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Pourquoi le FN n’a pas du tout gagné la bataille des idées

«Nous avons déjà gagné la bataille des idées», a lancé Marine Le Pen lors de son discours du 1er mai, alors qu’un sondage CSA pour BFMTV montre que si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, la présidente du FN accéderait au 2nd tour et y obtiendrait 33%.

Interview de Christophe Bouillaud, professeur de sciences politiques à l’Institut d’Études politiques de Grenoble, et de Sylvain Crépon, docteur en sociologie et chercheur au laboratoire Sophiapol de l’université Paris-Ouest-Nanterre.

Le Français sont d’accord pour dire qu’il y a trop d’immigration en France et pour freiner les flux qui en sont à l’origine. A tel point que plus personne à l’UMP et même au PS n’ose plus dire que l’immigration n’est pas un problème.

Sylvain Crépon : Non, il faut relativiser les sondages qui ont semblé indiquer qu’une majorité des Français se sentait proches des idées de Marine Le Pen. Lorsqu’on analyse ces sondages de plus près, on constate que si 32% des Français partagent le même diagnostic que Marine Le Pen, ils ne sont que 12% à adhérer aux solutions du FN. Il faut donc bien discerner les deux notions. […]

De manière générale, les Français sont en désaccord avec les solutions du FN : la sortie de l’Euro ou encore la préférence nationale, rebaptisée priorité nationale, ne sont pas du tout plébiscitées par les Français. Tous ce qui constitue la pierre angulaire du programme du Front national est rejeté. En revanche, le Front national dénonce des problèmes réels qui font échos aux préoccupations des Français : le climat des affaires, la coupure entre le peuple et les élites, la misère sociale. Les Français se montrent très sensibles à cette dimension. Marine Le Pen a également réussi à faire sauter un tabou et «respectabiliser» certaines idées du Front national. […]

Le fait que le PS ait plus ou moins renoncé au droit de vote des étrangers est indirectement une victoire du FN. Avec un Front national à 10 %, cette réforme était possible. Elle ne l’est plus avec un FN à 18%.

Christophe Bouillaud : Et s’il y a un «corpus idéologique», est-il plus ou moins radical qu’auparavant? Pour ne prendre que cet exemple, le FN se veut, par ses déclarations récentes, de plus en plus «social», et tend à faire oublier la vision néo-libérale qui fut indéniablement la sienne dans les (lointaines) années 1980. En faisant du mauvais esprit, est-ce à dire que ce parti ambitionne désormais de devenir «national et socialiste», pour ne pas dire «national-socialiste» ? Je suppose qu’à cette seule évocation, particulièrement stigmatisante, la direction du FN se récrierait en affirmant sa loyauté envers l’économie de marché, et son refus absolu d’être assimilé au nazisme liberticide et génocidaire. […]

Dans le fond, aujourd’hui, en tenant un discours «social», le FN s’inscrit aussi dans l’air du temps. Quel parti politique va oser par les temps qui courent aller raconter aux Français que, par exemple, la finance dérégulée est bonne pour eux et pour la France? On peut ainsi dire que c’est le FN qui suit l’opinion publique, plutôt que l’inverse. Par contre, si l’on reste sur les coordonnées classiques du discours public du FN (anti-immigration, ordre public, vision traditionnelle de la famille et de la société), on peut effectivement constater que l’opinion publique va plutôt dans son sens. Par exemple, sur l’immigration, et surtout sur la place de l’Islam dans la société française, l’opinion publique se rapproche plutôt de ses positions pendant toutes ces dernières années.

Atlantico

France : «Le fantasme de l’extrême droite au pouvoir»

Pour Alexandre Dézé, Maître de conférences en sciences politiques à l’université Montpellier-I, la crainte de voir arriver le FN au pouvoir est médias relève du «fantasme».

Le premier tour de l’élection présidentielle n’aura pas lieu demain et il est fort à parier que de nombreux événements seront alors advenus. Dans une certaine mesure, ces résultats de sondages contribuent donc également à nourrir un peu plus le fantasme d’une extrême droite aux portes du pouvoir.

«Violences extrémistes» ; «Réveil des groupuscules» ; «Situation potentiellement explosive» ; «Dédiabolisation du Front national» ; «Rapprochement UMP-FN» ; «Marine Le Pen présente au second tour de la présidentielle de 2017»… A lire les titres des médias au cours de ces dernières semaines, la France serait en proie à une menace politique des plus sérieuses : celle de l’extrême droite. Pour d’aucuns, il faudrait même s’attendre au pire : dans un entretien récemment accordé aux Inrockuptibles, le philosophe Bernard Stiegler affirmait ainsi que «si la gauche n’ouvre pas très vite une perspective nouvelle, l’extrême droite sera au pouvoir dans quatre ans». […]

Si une telle prophétie ne peut manquer de laisser songeur, elle n’en illustre pas moins le registre fantasmatique avec lequel nombre d’observateurs ont pris désormais l’habitude de traiter l’extrême droite, projetant sur le phénomène une réalité pour le moins déformée. […]

Il est utile de se souvenir que Marine Le Pen est actuellement visée par une demande de levée de son immunité parlementaire à la suite de ses propos comparant les prières de rue des musulmans à une «occupation». Son odieuse conférence de presse devant un camp de Roms installé à Wissous dans l’Essonne (le 25 avril) est également venue rappeler que la dédiabolisation ne constitue qu’un pan de la stratégie du parti, et que pour exister en politique, tout comme pour conforter le noyau dur de ses soutiens, le FN doit continuer d’entretenir ce qui fait sa singularité, c’est-à-dire sa radicalité. A Wissous, il s’agissait bien en l’occurrence de redonner corps au vieux slogan de la propagande frontiste : «immigration = insécurité». […]

C’est sur un même mode anxiogène qu’ont été évoqués les rapprochements entre l’UMP et le FN à l’occasion des mobilisations hostiles au «mariage pour tous». […] Il n’y a donc rien de bien nouveau dans ce jeu de relations, qui reste aussi condamnable hier qu’aujourd’hui, et qui procède bien plus de petits arrangements tactiques que d’une réelle collusion idéologique. Malgré tout, nombre d’observateurs semblent prendre plaisir à spéculer sur un rapprochement UMP-FN (qui, n’en doutons pas, prendra bien la forme d’alliances locales lors des prochaines élections), en jouant sur la peur d’une arrivée prochaine du FN au pouvoir, tout en faisant de ce rapprochement un indicateur supplémentaire de la «dédiabolisation» du parti. […]

Libération

Plainte du Monde suite au défilé du FN

Le quotidien Le Monde annonce dans son édition datée de demain son intention de porter plainte contre X pour dénoncer une « tentative d’intimidation » visant l’un de ses journalistes, chargé de suivre le Front national. Ce projet d’action en justice fait suite à la découverte hier, en marge du défilé du FN du 1er mai, d’autocollants anonymes sur lesquels figuraient le nom et l’adresse personnelle d’Abel Mestre, spécialiste du FN au Monde.

Certains de ces autocollants de petite taille donnant aussi l’adresse de l’essayiste Caroline Fourest, ont été vus par d’autres journalistes, placardés sur des murs ou des voitures le long du cortège emprunté mercredi par le FN.

(…) Contacté, l’avocat et trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just, a déclaré que « ces autocollants sont scandaleux, mais c’est tout aussi scandaleux de les associer au Front national. »

(…) Le Figaro

Une journaliste politique d’Europe 1 choquée par un saucisson lors de la manif du FN…

Une militante FN se « protège » avec un saucisson

La photo qui va faire parler. Ce cliché a été pris par la journaliste politique d’Europe 1 Aurélie Herbemont, dans la manifestation du Front National à Paris mercredi, à l’occasion du 1er mai. La militante, qui a attaché un saucisson sur son drapeau français, a fait la déclaration suivante à la journaliste :

« c’est pour faire un périmètre de sécurité ».

Une déclaration isolée ? Toujours est-il que des manifestants ont scandé de nombreux slogans anti-musulmans, a observé la reporter.

Europe 1

(merci à Martin)

Vote FN des ouvriers : selon Le Monde, « Jean-Luc Mélenchon se trompe »

Invité de la matinale de France Inter mardi 30 avril, Jean-Luc Mélenchon a interpellé le présentateur de l’émission, Patrick Cohen, sur l’attention – démesurée selon lui, portée par les médias au vote frontiste des ouvriers.

Ce qu’il a dit : « La première chose que vous [les journalistes] trouvez à faire c’est de citer les ouvriers, combien y-a-t-il de patrons et proportionnellement combien cela représente par rapport au total du patronat ? Combien y-a-t-il de classes supérieures proportionnellement qui votent Marine Le Pen, les gens qui gagnent plus de 10 000 euros ? »

Pourquoi il a tort : Selon des études récentes, mais aussi les sondages de sortie des urnes du premier tour de la présidentielle, les ouvriers sont plus nombreux à voter Front national que les classes supérieures ou les « patrons ».

En 2013, Marine Le Pen séduit surtout les classes les plus pauvres

D’après un sondage Harris Interactive réalisé entre le 5 et le 8 avril 2013 sur les « traits d’image » de Marine Le Pen, 51% des CSP-, dont font partie les ouvriers, estiment que l’expression « a de bonnes idées pour la France » correspond « plutôt bien » à Marine Le Pen contre 33% des CSP+. [...]

Le Monde

Communiqué du MRAP pour le 1er mai

Communiqué du 30/04/2013

« Le 1er mai 1995, Brahim Bouarram, 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée. Il ne savait pas que des mains criminelles allaient le précipiter dans la Seine et mettre fin à ses jours. Les auteurs venaient de quitter le défilé du Front national.

Dix huit ans plus tard, les discours de stigmatisation, de discrimination et de rejet de l’autre ont fait tache d’huile. L’année dernière, ici même, nous avons été nombreux à exprimer notre espoir d’un changement de politique favorable aux immigré e s et leurs familles. Nous espérions une lutte plus affirmée contre les discriminations, et pour une citoyenneté à part entière. La promesse d’octroyer le droit de vote pour les étrangers, est aujourd’hui
une promesse abandonnée, et la traque des sans papiers continue avec toutes ses conséquences sur des femmes et des hommes de plus en plus fragilisé e s et abandonné es.

L’instrumentalisation des débats sur l’Islam et la laïcité, conduisent à encourager la montée de l’intolérance et de la haine, alors que doit être encouragé le vivre ensemble démocratique.

Nous, citoyens et organisations fidèles aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, ne supportons plus que la République soit ainsi défigurée, la laïcité instrumentalisée au service de la stigmatisation de millions de nos concitoyens.

Il est temps de dire notre refus de cette dérive dangereuse, de faire barrage à la lepénisation des esprits et des politiques. Oui, il faut barrer la route à l’extrême droite et aux populistes de droite, barrer la route aux idées de haine qui ont tué Brahim Bouarram.

C’est pourquoi toutes les organisations signataires, appellent à un rassemblement le 1er mai 2013, à Paris à 11h au Pont du Carrousel. Pour rendre hommage à la mémoire de Brahim Bouarram et à toutes les victimes des crimes racistes.

Pour dénoncer les discours xénophobes qui mettent en danger les étrangers et discriminent les citoyens selon leurs origines ou leurs croyances. Pour appeler à en finir avec tout ce qui, depuis des années, défigure la République. »

MRAP

Si l’élection avait lieu dimanche, Hollande serait exclu dès le 1er tour au profit de Marine Le Pen (MàJ)

Addendum : Une de Libé du mardi 30 avril 2013…

« Sans doute plus que son père, Marine Le Pen est une menace, non seulement par l’idéologie qu’elle véhicule, mais par sa volonté affichée de gagner les élections.
Le délabrement du PS et la déliquescence d’une UMP, où certains n’écartent plus de faire alliance avec l’extrême droite, font de cette perspective une hypothèse politique vraisemblable et inquiétante. »
Eric Decouty, Libération (édito)

Si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, seuls 19% des Français voteraient pour François Hollande, 34% apporteraient leur suffrage à Nicolas Sarkozy et 23% à Marine Le Pen, révèle un sondage CSA pour BFMTV. L’actuel chef de l’Etat ne serait par conséquent pas présent au second tour de l’élection. [...]

Dans l’hypothèse d’un duel opposant Nicolas Sarkozy à Marine Le Pen, l’ancien chef de l’Etat remporte 67% d’intentions de vote contre 33% pour Marine Le Pen.

Le Figaro