«La France qui craque» (Le Monde)

Article de Luc Bronner, journaliste au Monde.

Le pire pour un homme politique est de donner l’impression qu’il tourne à vide. Et donc de conforter le sentiment général d’impuissance. Un danger majeur. Parce que, si les politiques continuent de renforcer l’idée qu’ils ne servent à rien, alors la société française n’hésitera pas, demain, à élire un bouffon ou un extrémiste.

François Hollande se trompe. Imaginer pouvoir répondre à la crise politique actuelle par des exercices de communication est une erreur. […] M. Hollande continuera de s’enfoncer dans les limbes d’une impopularité record – ce qui en soi n’est pas très grave.

Ce qui est grave, c’est de constater, jour après jour, les germes d’une crise politique souterraine – dont témoigne l’élection partielle dans l’Oise. On en connaît les fondements, notamment le chômage et ses pouvoirs de destruction massive. On en connaît les risques aussi – l’histoire ne se répète pas mais cela n’interdit pas d’en tirer des enseignements. […]

Le Monde

Vaincre l’extrémisme en « développant un islam belge »

Sarah Turine, ancienne co-présidente d’Ecolo, a estimé qu’il fallait soutenir les musulmans de Belgique à développer un islam belge, en instaurant des formations pour les imams de Belgique: « Ainsi, on ne devrait plus faire appel à des imams étrangers qui ne connaissent pas la réalité de notre pays et qui peuvent se montrer radicaux », a-t-elle déclaré. (…)

RTL.be

Sarkozy souhaite criminaliser les visiteurs réguliers de sites appelant à la haine (vidéo)

« Désormais, toute personne qui consultera de manière habituelle des sites internet qui font l’apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine et à la violence sera punie pénalement. »

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L’affaire de Toulouse encore chaude, Nicolas Sarkozy annonce d’ores et déjà un nouveau délit pénal. Celui de la consultation habituelle de site faisant l’apologie du terrorisme. Le chef de l’État précise aussi que « la propagation et l’apologie d’idéologies extrémistes seront réprimées par un délit figurant dans le Code pénal avec les moyens qui sont déjà ceux de la lutte antiterroriste ».

Ce futur délit de consultation habituelle des sites qui font l’apologie du terrorisme ou de la haine est exceptionnel puisque

généralement, les démocraties sanctionnent ceux qui diffusent et enregistrent, non ceux qui lisent.

Ils laissent aussi présager une nouvelle couche sécuritaire pour isoler les visites ponctuelles des visites habituelles [...]

Cependant rien que le concept d’apologie de la haine est une notion particulièrement floue. Par exemple, est-ce que lire un site où des commentaires comparent un candidat à Hitler est « haineux » ? Si oui, est-ce que lire habituellement ces propos sera réprimé ?

De même, où commence et où s’arrête la haine ? Va-t-elle frapper par exemple ceux qui tentent de cliver une population en gesticulant sur la question de la viande hallal et casher ? Ou ceux qui considèrent qu’un ça va, mais c’est quand il y en a beaucoup que cela pose problème ?

Se pose aussi un problème de liberté d’information et de communication. Autant, la pédopornographie est manifestement illicite, autant la haine est d’humeur changeante. Ainsi, quid du travail des journalistes ? Est-ce que les historiens, sociologues seront punis lorsqu’ils consulteront ces contenus dans le cadre de recherches ? [...]

PCInpact

Asie centrale : Les islamistes marquent des points

Le Kazakhstan a connu en 2011 l’activisme d’extrémistes religieux et “cessé d’être un îlot de stabilité religieuse en Asie centrale”. “En dix ans, 1 500 mosquées ont été construites, pour une raison simple : les jeunes tentent de donner du sens à leur vie à travers la religion, s’exposant à une répression des autorités, qui, pour peu qu’ils portent une barbe et un pantalon retroussé, les qualifient d’extrémistes”, explique Ninel Fokina, présidente du Comité Helsinki (rattaché à la Fédération internationale d’Helsinki pour les droits de l’homme) d’Almaty.

Au Turkménistan, où l’Etat contrôle la vie religieuse, hormis dans une petite région à la frontière avec l’Ouzbékistan, aucune structure politique islamiste n’a pris racine. “Même dans les régions les plus religieuses”, constate Oasis.

Le Kirghizistan connaît une “radicalisation religieuse” qui passe par plusieurs lignes de division. […]. Ensuite entre les musulmans de la vieille école et les jeunes ayant fait leurs études dans les écoles coraniques étrangères. Enfin, les versions arabe et turque de l’islam, s’affrontent pour“gagner les âmes de jeunes de moins de 15 ans”.

La lutte contre les organisations extrémistes et les centres d’enseignement religieux illégaux est le quotidien des forces de l’ordre du Tadjikistan, qui a connu une guerre civile entre laïques et islamistes de 1992 à 1997. Le pays compte dix-neuf écoles coraniques officielles et une université islamique, d’où sortent 400 théologiens chaque année. “N’est-ce un peu trop pour un pays de 7 millions d’habitants ?” questionne Oasis.

Des dizaines de membres des organisations islamistes Hizb ut-Tahrir, Mouvement islamique de l’Ouzbékistan, Salafia, Baïat et Jamaat Tablighi, militant pour un califat islamique en Asie centrale, sont arrêtés chaque année. Interdites dans les cinq pays , ces organisations gagnent en influence et recrutent. “Al-Qaida ne cache pas que le régime du président ouzbek, Islam Karimov, est son principal ennemi en Asie centrale”, écrit le site Centrasia.ru, qui note aussi “une influence croissante des talibans”, augurant “de secousses importantes pour l’Ouzbékistan”.

Courrier International/Oasis

Bruxelles annonce le lancement d’un réseau européen de «sensibilisation à l’extrémisme»

La Commission européenne a lancé, vendredi 9 septembre, le «Réseau de sensibilisation à la radicalisation», l’un des nouveaux outils d’une possible lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. La première réunion s’est ouverte par une réflexion sur les attaques meurtières, en Norvège, au mois de juillet, du fait d’un militant d’extrême droite anti-musulman.

On peut craindre, a souligné l’intervenant, que le geste de Anders Behring Breivik soit, à l’avenir, une source d’inspiration pour d’autres extrémistes car les idées des groupes hostiles à l’islam se sont largement répandues depuis 2001. […]

«Les idées populistes dans l’Union européenne constituent une source d’inspiration idéologique pour une radicalisation», a ajouté Mme Malmström. L’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux pour la diffusion de la propagande extrémiste sera l’une des autres priorités du réseau de sensibilisation. Comme l’action à la base, au niveau local, celui où se diffuse le plus aisément un message de haine à l’égard des non-musulmans, des «mécréants» et de la société occidentale en général, a souligné Salma Belaala, une spécialiste du djihadisme. […]

Le Monde

Suisse : un officier de l’armée suisse converti à l’islam tenu à l’écart

En raison de ses convictions extrémistes, un officier suisse converti à l’islam sera tenu à l’écart d’informations sensibles. Le Tribunal administratif fédéral (TAF) donne raison au Service spécialisé chargé des contrôles de sécurité. Ce dernier avait procédé à un examen en raison des fonctions exercées par ce militaire, qui a reçu le grade de premier-lieutenant.

Le service avait appris que l’officier avait été condamné en 2007 par le Tribunal de district de Kreuzlingen à 300 francs d’amende pour achat et consommation de cannabis. De plus, il avait annoncé sa conversion à la foi musulmane et exprimé sur certains sujet des opinions extrémistes.

Membre du Conseil central islamique, ce premier-lieutenant s’est décrit comme un « idéologue extrémiste », reconnaissant à l’islam le privilège d’une vérité universelle. Il avait également précisé qu’il ne condamnait pas des pratiques telles que la lapidation.

Le Service chargé des contrôles de sécurité s’était inquiété de ces prises de position. Il avait recommandé de tenir cet officier à l’écart d’informations trop sensibles.

Saisi d’un recours, le TAF confirme cette décision en raison des risques que le premier-lieutenant pourrait présenter pour la sécurité. Il annule toutefois la décision du service de contrôle dans la mesure où celle-ci recommandait d’examiner son éventuelle exclusion de l’armée et de confisquer son arme.

Le Matin

Serge Galam : «Le débat est une machine à produire de l’extrémisme»

Serge Galam, physicien au CNRS et à l’Ecole polytechnique, estime que certains sujets peuvent être débattus et d’autres non. Son argumentation se base sur la «sociophysique», un domaine émergent qui utilise des «concepts et des techniques issus de la physique du désordre». Il prend comme exemples, la laïcité et le nucléaire.

Soit on recherche un extrémisme, soit on le redoute. C’est paradoxalement le débat public qui devrait être banni d’une société démocratique car il cache une machine infernale de production d’extrémisme au service des a priori, des menteurs, des préjugés.

Majoritairement, les défenseurs du débat sur la laïcité sont demandeurs de plus de restrictions vis-à-vis des religions et les défenseurs du débat sur le nucléaire sont demandeurs de plus de restrictions vis-à-vis du nucléaire civil. Il est remarquable de constater que de nombreux opposants à l’un des deux débats sont simultanément les partisans de l’autre.

Y a-t-il un paradoxe à tenir une telle posture contradictoire en fonction du sujet ? Pour l’un, on l’exige, pour l’autre, on le condamne. Si la posture est cohérente, c’est que des mécanismes universels seraient à l’œuvre dans le fonctionnement d’un débat public, indépendamment de la question évoquée. Se pose alors la triple question de la nature propre d’un débat public, de sa dynamique et de ses conséquences sur l’opinion. […]

La rationalité s’accompagne de la possibilité de douter. Et ce fait, pourtant garant d’un anti-fanatisme, bouleverse totalement la nature démocratique du débat. […]

Suite sur Le Monde (Merci à Misanthrope modéré)