Européennes/circonscription Est : FN en tête à 26%, PS-PRG à 15,5%. (Ajout débat vidéo)

Addendum 23.04.2014 :

Trois invités pour la circonscription Est des européennes étaient réunis mercredi pour un débat organisé par Europe 1, LCI et Le Figaro: les têtes de liste UMP et FN, Nadine Morano et Florian Philippot, et la numéro deux de la liste PS et eurodéputée sortante, Catherine Trautmann. À un mois du scrutin, la campagne est lancée pour les candidats qui sollicitent les suffrages des électeurs de Champagne-Ardenne, Bourgogne, Lorraine, Franche-Comté et Alsace.

En l’absence de la tête de liste PS Édouard Martin, Catherine Trautmann a mis en avant la «chance» de voir un ancien leader syndicaliste «représenter les ouvriers et les artisans au Parlement européen». «Édouard Martin est un traître à sa cause», a répondu Nadine Morano.

Autre passe d’armes sur la question du traité de libre-échange transatlantique que l’Union est en train de négocier avec les États-Unis. Pour Trautmann, le Parlement européen sera très vigilant sur les conclusions de l’accord. «Nous avons conditionné le mandat de la Commission», explique-t-elle en rappelant les précédents de traités non adoptés par les eurodéputés. Philippot juge, lui, le traité «très inquiétant car il va faire sauter toutes les barrières». «Vous jetterez les ouvriers et les paysans dans le grand bain de la mondialisation», estime-t-il. «Philippot rime avec Maginot», lui répond Morano, qui rejette toute idée de protectionnisme, tout en souhaitant une «Europe qui protège». «Si nous ne mettons pas en place des règles de réciprocité, les Français ont de quoi être inquiets», dit-elle.

Le Figaro

Selon un sondage Ifop pour le Figaro, les intentions de vote dans la circonscription amplifient la tendance nationale, avec un Front national qui devance l’UMP et le PS.Avec 26% des intentions de vote, la liste FN conduite par Florian Philippot arrive en tête devant celle de l’UMP Nadine ­Morano, créditée de 24% des voix.

La liste PS-PRG, dont le numéro un est l’ex-syndicaliste Édouard Martin, ne recueillerait que 15,5% des suffrages et la liste EELV de Sandrine Bélier 12,5 %. […]

Selon ¬Frédéric Dabi, directeur du département Opinion de l’Ifop., cet écart s’explique par les spécificités de la circonscription: «Dans ces régions très touchées par la désindustrialisation, le vote frontiste a toujours été haut. Marine Le Pen y avait recueilli 22,4% des voix à la présidentielle, alors que son score national était de 18,3%. Elle obtiendrait 55% des suffrages des ouvriers, une catégorie où le FN est depuis longtemps en tête, mais rarement à ce point. »

L’extrême droite réalise aussi des performances inédites chez les 25-34 ans et les 35-49 ans, dont elle rafle 32% des voix. Dans l’Est, le Front national progresse donc bien au-delà de ses «segments» traditionnels, ce qui est logique étant donné le niveau qu’il atteint. En 2009, la liste de Bruno Gollnisch n’avait recueilli que 7,6 % des voix.[…]

Le Figaro

Analyse de la montée des extrêmes droites™ en Europe (vidéo)

« il y a cette crise économique (…) mais au delà et de manière plus structurelle, il y a aussi une crise identitaire (…) cette crise identitaire provoquée notamment par l’immigration, une crise liée au phénomène de mondialisation, l’union européenne qu’on rejette, la peur de voir disparaitre son identité »


lien direct sur : VK
source : compilation de Europe, La montée des extrêmes droites – Le monde en face – Carole Gaessler – France 5 – 22 04 2014

Magali Balent est chercheur associée à l’IRIS, spécialiste des extrémismes et nationalismes en Europe. Elle est par ailleurs chercheur à la Fondation Robert Schuman, et directrice des projets de ce think tank dédié aux questions européennes. Spécialiste du discours de l’extrême droite française et européenne, et du fait nationaliste en Europe, elle est diplômée de l’Institut des Hautes Etudes internationales de Genève (HEI) où elle a obtenu un doctorat en relations internationales (discipline science politique). Sa thèse a porté sur le discours du Front national sur les relations internationales de 1972 à nos jours. Elle est l’auteur de plusieurs études sur le défi national-populiste en Europe et la dynamique identitaire du discours d’extrême droite. Elle enseigne sur ces sujets en tant que Maître de conférences à Sciences Po.

Européennes : La CFDT appelle à faire barrage «aux populismes et à l’extrême droite» (MàJ)

Addendum : Que sont devenus les anciens secrétaires généraux du syndicat CFDT ? (voir en fin d’article)

A un mois des élections européennes, la CFDT mène campagne pour la participation à ce scrutin en vue de renforcer la «légitimité» du Parlement européen et de faire barrage «aux populismes et à l’extrême droite».

«J’ai besoin de l’Europe. Le 25 mai je vote», proclame une affiche de la CFDT illustrée de l’image d’une jeune athlète qui porte au bras un tatouage pro-européen.

Pour la CFDT, «la crise que traverse l’Union européenne, avec 27 millions de chômeurs et un taux de pauvreté en hausse, exacerbe les tentations de repli national». Mais, «c’est en renforçant l’Union européenne qu’on sortira de la crise», estime la centrale pour laquelle «il reste beaucoup de progrès à faire» dans la construction européenne. Le syndicat appelle à une Europe «plus sociale», qui réduit le dumping social et la concurrence entre Etats, «plus démocratique» avec une plus grande place accordée au dialogue social et enfin «plus dynamique» à l’appui d’un plan d’investissement. […]

Le Figaro

Jean Kaspar (1988-1992) : Il est par ailleurs vice-président de l’Observatoire social international7 et lié à Entreprise & Personnel, un club RH regroupant plusieurs grandes entreprises françaises, par un contrat de partenariat. Il intervient dans divers cursus du CNAM, de Sciences Po Paris dans le master de gestion des ressources humaines, de l’IAE de Paris, de l’Université de Haute-Alsace (UHA) et de l’Université de Marne-La-Vallée. Il a été coordinateur pour l’ENA d’un séminaire sur le dialogue social (promotion Romain Gary 2003-2004). Il est conseiller de la Fondation pour l’innovation politique.
Il a été membre de la Commission pour la libération de la croissance française dite « Commission Attali ». Il est nommé en 2012, président de la Commission du Grand Dialogue de La Poste par Jean-Paul Bailly.

Nicole Notat ( 1992-2002) : En juillet 2002, elle fonde Vigeo dont elle est actuellement PDG, où elle s’engage pour une conception du développement durable. Elle est aussi membre du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe présidé par Felipe González et établi par le Conseil européen et Elle est membre du club Le Siècle dont elle assure la présidence depuis le 1er janvier 2011.

François Chérèque (2002-2012) : 3 janvier 2013, il est nommé inspecteur général des affaires sociales (5e tour) en conseil des ministres à compter du 7 janvier 2013, au statut de haut fonctionnaire5. Dans le cadre de ces fonctions, il est également chargé du suivi du plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté et rémunéré 7257 € net par mois . Il est également élu président du think-tank Terra Nova le 12 janvier 20138. Le 6 décembre 2013, il succède à Martin Hirsch à la présidence de l’Agence du service civique.

Européennes : UMP et FN au coude à coude. Jeunes pour le FN, retraités pour l’UMP

D’après l’enquête Eurorolling Paris Match-Ifop-Fiducial-Sud Radio, le Front national n’a plus qu’un demi-point d’avance sur l’UMP. Autre enseignement : 60% des sondés affirment qu’ils prendront position en fonction d’enjeux nationaux.

L’Ifop précise également «que ces deux formations font l’objet d’un soutien plus important auprès de segments très différenciés et conformes à leur coeur de cible : le Front National obtient des scores particulièrement élevés chez les jeunes de moins de 35 ans et les catégories populaires tandis que l’UMP surperforme chez les personnes âgées de plus de 65 ans et parmi les retraités».

Le Front national restera-t-il encore longtemps en tête des intentions de vote? La question se pose, ce vendredi, alors que la dernière vague de notre enquête en continu Eurorolling Paris Match-Ifop-Fiducial-Sud Radio témoigne d’un léger recul du parti d’extrême droite, à 23% d’intentions de vote (-0,5% par rapport à jeudi, -1% en une semaine). L’UMP talonne le FN, avec 22,5% d’intentions de vote (stable).

Dans sa note d’étape, l’Ifop souligne que «l’avantage dont bénéficient les listes FN sur les listes de l’UMP ne dépasse pas 1 à 1,5 point voire 0,5 point pour la vague d’enquête du vendredi 18 avril. Ce faible écart, situé dans la marge d’erreur, traduit une forte incertitude s’agissant de l’ordre d’arrivée au soir du 25 mai entre le FN et l’UMP».

Paris Match

Nicola Sirkis (Indochine) : « L’extrême droite tient le même discours qu’Hitler dans les années 30″

Nicola Sirkis ne mâche pas ses mots. Interrogé par le magazine Paris Match, le chanteur du groupe Indochine se dit atterré par l’intolérance qui divise notre société, le manque d’implication de certains artistes qu’il compare à des employés de maisons de disques, mais aussi par la montée des partis d’extrême droite.

Le rôle d’un artiste est-il d’éveiller les consciences ? Une question qui alimente le débat dans cette interview fleuve de Nicola Sirkis et Xavier Dolan, qui se plaint d’une Europe qui « régresse au niveau des mentalités et de la tolérance » : « La montée des droites chez vous nous horrifie en Amérique du Nord » explique le réalisateur, avant d’être repris par le leader du groupe Indochine. « En France, il n’y a plus de Jean-Moulin, plus personne pour dire haut et fort que l’extrême droite française tient le même discours qu’Adolphe Hitler dans les années 1930, toutes proportions gardées » affirme-t-il, sans en craindre les conséquences.

Il va même encore plus loin en attaquant les banques, les vrais « responsables de la crise ». « Ce ne sont ni les juifs, ni les immigrés, ni les homosexuels qui sont les responsables » dit-il, en référence aux idées généralement associées au parti d’extrême droite, avant de parler d’une France qui « crève de jalousie ». « Je suis atterré par l’ignorance générale, de deux qui gobent tout. Nous avons beau avoir un patrimoine culturel énorme, nous sommes de plus en plus incultes » conclu-t-il.

Charts In France

Associations et syndicats publient un petit manuel pour s’attaquer aux «idées fausses» de l’extrême droite

Des associations et syndicats tels que la CGT, FSU, l’Unef ou la Ligue des droits de l’homme soutiennent cet ouvrage, qui décortique 73 arguments sur l’immigration, l’insécurité, l’islam, pour les démonter.

Comment affronter la pensée d’extrême droite sur d’autres terrains que celui de la morale ? Des syndicats (CGT, Solidaires, FSU, Unef, UNL, Fidl) et associations (Ligue des droits de l’homme, Mrap, JOC) ont mené cette réflexion, face à la «banalisation préoccupante» des antiennes répétées notamment par le Front national. Ils soutiennent la publication d’un livre, En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite.

«Sortir de l’euro permettrait de revenir au franc et d’avoir des prix plus compétitifs pour les produits exportés»; «les travailleurs sans papiers ne payent pas de cotisations sociales ni d’impôts»; «il y a trop de main-d’œuvre disponible et pas assez d’emploi pour tout le monde», etc. Des affirmations qui seraient, selon les organisations partenaires du petit ouvrage, reprises avec de plus en plus d’aplomb, de moins en moins de complexes. Du bon sens, se voient rétorquer les militants associatifs ou syndicaux. «Ces idées, on ne les entend plus simplement dans les meetings ou sur les plateaux de télé, mais aussi dans les cafés, les usines», s’inquiète l’éditeur Bernard Stéphan (Ed. de l’Atelier).

La porte-parole de Solidaires, Annick Coupé, reconnaît que sur le terrain, son syndicat s’est souvent trouvé démuni, en mal d’arguments pour contrer la progression de ces positions xénophobes et réactionnaires : «L’année dernière, nos équipes militantes ont assisté totalement sidérées à la montée du Front national et ne savaient pas quoi répondre.» Pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, de tels discours sont d’autant plus délicats à déconstruire que des partis comme celui de Marine Le Pen savent désormais choisir leurs mots. «Le FN vient sur le terrain du syndicalisme en tentant de nous instrumentaliser, utilise des termes généreux et les détourne en faisant croire qu’il a des réponses sociales», a-t-elle constaté.

L’idée était donc de disséquer les rengaines de l’extrême droite pour les démonter à l’épreuve des chiffres et des faits. De lancer «une offensive sur le fond», décrit l’auteur Pierre-Yves Bulteau. Le journaliste décortique 73 «idées reçues» sur l’immigration, l’UE et l’euro, l’insécurité, l’islam, la concurrence entre les travailleurs, etc. L’ouvrage aurait pu passer davantage le programme du FN à la moulinette du fact-checking, fournir plus de chiffres et de données précises. Il s’agit en fait moins d’un travail de désintox que d’un contre-argumentaire. Objectif assumé par les partenaires à la recherche d’objections pour répliquer dans les entreprises, les facs et les lycées : «On veut en faire un outil militant pour armer les membres de nos organisations qui nous demandent comment répondre», explique Bernadette Groison (FSU).

Pédago, le petit manuel tiré à 17 000 exemplaires, fournit des munitions intéressantes. Sur le prétendu manque à gagner que représentent les travailleurs étrangers pour la France, il explique que si ceux-ci perçoivent 47,9 milliards d’euros de l’Etat (allocations, prestations de santé, retraites), «ils en reversent 60,3 milliards en impôts, cotisations et taxes à la consommation. Soit un solde positif de 12,4 milliards.» Concernant l’intégration des Roms, il rappelle que sur la période 2007-2013, la France «a touché 1,7 milliard d’euros» du Fonds social européen : 53 projets d’insertion ont pu être montés, mais au bénéfice «principalement de gens du voyage ou de personnes vivant en campement, c’est-à-dire une majorité de Français et non de Roms».

Libération

«Dé-fascisation» du FN et théorie du complot

Pour Jacob Rogozinski (Professeur de philosphie à la faculté de Strasbourg), la «dédiabolisation» du Front national peut expliquer ses succès électoraux mais cette «normalisation» apparente laisse le champ libre à la «droite de la droite».

Comment riposter à la montée de cette nouvelle extrême droite, répondre aux angoisses, aux fantasmes qu’elle mobilise ? L’argumentation rationnelle et la pédagogie sont certes nécessaires ; mais elles ne suffisent jamais.

Aujourd’hui encore, le recours à la loi demeure le plus sûr rempart contre les semeurs de haine ; à condition toutefois qu’il s’accompagne d’une réflexion approfondie sur les facteurs qui engendrent cette haine et d’une intense mobilisation citoyenne.

Les dernières élections municipales ont confirmé l’implantation toujours plus forte du Front national. Comme l’on sait, ce parti a entrepris de se «dédiaboliser» ou, plus exactement, de se normaliser en abandonnant sa référence aux thèmes traditionnels de l’extrême droite, et cette stratégie a certainement contribué à ses récents succès.

Mais certains effets de cette dé-fascisation du FN se font déjà sentir de manière inattendue : elle tend en effet à laisser vide un espace politique à la droite de la droite, ce qui favorise l’émergence d’une nouvelle mouvance extrémiste. Quel rapport y a-t-il entre cette mouvance extrémiste et un FN qui tente de se normaliser ? Aucune rupture décisive ne peut être constatée. La frontière qui les sépare reste poreuse, comme celle qui, au sein de la droite catholique, sépare les « ultras » du Printemps français des « modérés » de La Manif pour tous. […]

Nul ne sait si cette nouvelle extrême droite est appelée à se développer. Il nous semble cependant que son émergence soulève des interrogations essentielles ; qu’elle nous invite à réfléchir sur la logique de la haine, sur les dispositifs qui la propagent et les fantasmes qui la sous-tendent. Qu’est-ce qui caractérise ces folles rumeurs et ces campagnes agressives qui se succèdent depuis quelques mois ? Même si les cibles peuvent sembler différentes, elles mettent en cause à chaque fois un complot, tramé dans l’ombre par un puissant «lobby» avec la complicité des médias et de l’Etat. […]

Le Monde

L’extrême droite hongroise se veut un modèle en Europe

Le succès du parti Jobbik le week-end dernier aux élections législatives hongroises en a fait la plus grande force d’extrême droite en Europe.

C’est aussi un modèle pour des mouvements aux idées similaires en Pologne, en Slovaquie, en Bulgarie, en Croatie et jusqu’en Grande-Bretagne, où le British National Party (BNP) entretient des relations étroites avec le parti de Gabor Vona.

Ces formations se retrouvent sur des thèmes communs: nationalisme, rejet de l’immigration, de la mondialisation et de la « toute-puissance des institutions financières », méfiance voire aversion envers les « technocrates » de l’Union européenne, révolte contre la « décadence morale » – notamment l’homosexualité.

Au nom de la solidarité régionale, Le Jobbik cherche à exporter son idéologie et ses méthodes à l’étranger, avant les élections européennes du mois prochain. Mais ses positions radicales parfois teintées d’antisémitisme ont poussé plusieurs partis nationalistes d’Europe de l’Ouest à prendre leurs distances.

Dans un communiqué envoyé à Reuters, le Jobbik (Mouvement pour une meilleure Hongrie) dit son espoir de créer une alliance des peuples « de l’Adriatique à la Baltique », afin de tenir tête à l’ »euro-atlantisme ».

Plusieurs réunions ont rassemblé le Jobbik et le parti polonais Ruch Narodowy (Mouvement national) en vue des élections européennes du mois prochain. Une marche en novembre dernier à Varsovie a entraîné des affrontements avec la police mais le Jobbik assure être hostile à la violence.

Des contacts existent aussi avec des partis nationalistes en Slovaquie, en Croatie et en Bulgarie. A l’Ouest, le BNP de Nick Griffin revendique des relations étroites avec la formation hongroise. [...] Ces partis ne cachent pas leur méfiance envers les immigrés et les Roms. En Slovaquie, Hromoslav Skrabak, dirigeant du Slovenska Pospolitost, prône une politique de ségrégation et des méthodes « humaines » en vue de réduire la fertilité des Roms.

Il précise que son groupe entretient des contacts avec des partis d’extrême droite en Biélorussie, en Bulgarie, en République tchèque, en Hongrie, en Pologne, en Roumanie et en Serbie afin de combattre les « diktats de Bruxelles ».

En Europe occidentale, à part en Grande-Bretagne avec le BNP, le Jobbik réussit moins à attirer la sympathie des groupes d’extrême droite, notamment en raison de ses déclarations parfois teintées d’antisémitisme.

Aux Pays-Bas, le Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders, farouchement pro-israélien, et en France le Front national, soucieux de « dédiabolisation », gardent leurs distances avec la formation hongroise. En Grèce, le parti Aube dorée affirme ne pas avoir de contacts avec le Jobbik, ce que confirme ce dernier.

Challenges

Les nouveaux militants perdus de l’extrême droite radicale

Responsables du récent regain d’actes violents en France, ces ultra-radicaux se disent nationalistes mais servent un discours sur la race blanche à défendre contre les immigrés, les juifs et les promoteurs du métissage. Ça ne vous rappelle rien ?

Dans le bilan à l’Intérieur de Manuel Valls, saille un effort tout particulier de contrôle de l’extrême droite radicale. La mort du jeune militant antifa Clément Méric a entraîné une vague de dissolutions de groupuscules radicaux. Le combat personnel engagé par l’alors ministre de l’Intérieur contre Dieudonné a aussi dévoilé comment ce dernier avait pu développer son business politique en toute quiétude.

Néanmoins, il est moins que certain que Bernard Cazeneuve, le successeur de Manuel Valls à la place Beauveau, ne retrouve pas le dossier de l’extrême droite radicale. En effet, un certain nombre de violences impliquant des membres de cette mouvance est à relever. Ainsi, le dernier rapport de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), remis le 1er avril dernier, montre une hausse de l’intolérance vis-à-vis des populations musulmanes et Roms, ainsi qu’une inquiétude globale face à l’immigration, atteignant les records de 2002.

L’analyse régulière de la Presse Quotidienne Régionale montre un regain récent d’actes violents en provenance de l’extrême droite radicale dans certaines villes, notamment à Paris, Lyon, Lille et Toulouse, et, depuis quelques années, en Picardie, Alsace, Nord-Pas de Calais, Rhône, Île-de-France et Rhône-Alpes. En janvier 2014, un jeune néonazi a tiré sur des militants d’extrême gauche lors d’un concert; le 14 février 2014, à Lyon, deux militants antifascistes ont été poignardés par un néonazi.

[...]

De fait, les actes antimusulmans se multiplient dans notre pays, associés à l’idée que l’intégration fonctionne mal, voire plus du tout. Ainsi, 68% des personnes interrogées par les auteurs du rapport estiment que les personnes étrangères ne font plus l’effort de s’intégrer.

Enfin, ce «lieu autre» qu’est internet participe au phénomène. Des sites sont apparus qui, outre leur contenu politique d’extrême droite, vendent des armes de combat de rue comme des poings américains, des gants lestés de sable, des matraques télescopiques, des triplex, des battes de baseball, des bombes lacrymogènes, etc. (dans la catégorie «sport et défense»), ainsi que des vêtements de marques radicalement d’extrême droite, comme Thor Steinar, Consdaple, Hoelzer Reich, Ansgar Aryan etc.

[...]

Ces militants sont surtout des jeunes très précarisés, souvent au chômage, cumulant les petits emplois et les aides de l’État. Ils ont un faible niveau de diplômes, le plus généralement un BEP ou un CAP, les tenant à l’écart de l’intégration à la mondialisation. Ils sont les victimes de la crise et de la désindustrialisation, les premiers à avoir été touchés par les pertes d’emplois. Ils ont grandi dans des familles où le plus souvent une seule personne travaille ou ont été élevés au sein de familles monoparentales avec une mère en grande précarité.

Ils souhaitent un régime à la fois beaucoup plus à gauche sur le plan économique, beaucoup plus sécurisant, défendant un État-Providence fort, mais qui exclurait tous les étrangers de cet État et de ses bienfaits. Il s’agit donc d’une manifestation d’une sorte de «chauvinisme de l’État-providence» raciste, xénophobe. C’est un «socialisme du ressentiment», qui est un discours gauchisant, socialisant au niveau économique mais réservé uniquement, par racisme, par rejet et peur de l’autre aux nationaux et aux nationaux de la même race, c’est-à-dire blanche.

S’opère une radicalisation croissante depuis 2010 environ, qui se concrétise par une augmentation du nombre de militants de cette frange la plus radicale. Il s’agit de groupes ou de personnes extérieures au FN, lequel condamne publiquement la violence, tout en donnant naissance paradoxalement, de par son inclusion dans le jeu électoral, à des mouvements qui ne refusent pas cette même violence, bien au contraire.

[...]

Un fait analogue provoqua le 1er mai 1995 une prise de distance définitive entre le DPS et les milieux skinheads: la mort par noyade du jeune Marocain Brahim Bouaram, poussé dans la Seine par un groupe de skinheads proches du néo-nazi Parti Nationaliste Français et Européen (disparu depuis) et de l’Œuvre française (dissoute par l’Etat en 2013), en marge du défilé annuel du FN. Le DPS communiqua alors à la police les enregistrements vidéo de la manifestation frontiste, aidant de manière décisive à l’identification des coupables…

La stratégie frontiste de dédiabolisation est à double tranchant: d’un côté, elle permet à ce parti de se débarrasser des éléments les plus radicaux, mais de l’autre, elle les laisse libres d’agir et de provoquer des violences. Sur le plan de l’ordre public, leur intégration au FN est une plus-value, car ils y sont contrôlés et encadrés. D’ailleurs, les provocations verbales d’un Jean-Marie Le Pen contentaient globalement les éléments les radicaux, qui ne cherchaient pas à passer à l’acte, ce qui n’est plus le cas.

[...]

Slate

Pamiers (09) : un collégien tabassé à la sortie des cours à cause « de son look »

Un collégien de seize ans, scolarisé à Pamiers, a fait l’objet d’un tabassage en règle ce vendredi, après les cours. Il a été grièvement blessé, victime notamment d’une double fracture à la mâchoire. Le jeune homme, fortement charpenté, affichait ouvertement des idées racistes et se déclare d’extrême-droite.

Chez ses parents, à Foix, Kévin(1) se remet de l’agression dont il a été victime ce vendredi après-midi, à Pamiers, lorsqu’il s’est retrouvé entouré par un groupe de six jeunes gens qui l’ont violemment frappé, notamment à la tête. «Je vais mieux, même si j’ai encore du mal à parler ou à manger, explique le jeune homme, âgé de 16 ans, collégien. J’ai une double fracture de la mâchoire, le nez abîmé, un traumatisme crânien mais, avec les cachets, la douleur est supportable». Sa mère montre les radios faites à son fils : les deux fractures sont particulièrement visibles, une de chaque côté de la mâchoire.

«J’ai d’abord été frappé à la tête, et je suis tombé», reprend le jeune homme. Kévin pense avoir reçu les autres coups alors qu’il était encore debout, mais ses souvenirs sont flous. Il est possible qu’il ait été frappé, notamment à la mâchoire, alors qu’il se trouvait au sol.
«À cause de mon look»

Reste les circonstances de ce tabassage en règle. Le jeune garçon, de forte carrure, et dont le style vestimentaire – celui affiché par les militants d’extrême-droite – ne passe pas inaperçu, se trouvait dans un parc, à Pamiers, lorsqu’il a été abordé par un jeune homme en scooter. Ce dernier s’est arrêté et l’a interpellé, faisant référence à un différend survenu dans l’établissement scolaire, voici plusieurs semaines, avec un jeune élève. Le jeune en scooter invite Kévin à le suivre, et surviennent alors six autres jeunes qui l’encerclent. «Ils disaient des trucs, ils me provoquaient», se souvient le jeune homme, qui estime qu’il a été pris pour cible à cause de son apparence physique et son «look». «Ils ont profité que je sois seul», conclut-il. Ses parents, eux, font allusion à un autre incident survenu voici quelques mois : sur sa page face book, le jeune homme avait publié des propos clairement racistes, signalés par la direction de son collège au commissariat de Foix. Le jeune homme avait d’ailleurs dû s’y présenter. Mais aucune poursuite n’avait été engagée contre lui.

Parvenant à rejoindre son collège à la suite de cette agression, le jeune homme a été pris en charge par l’infirmerie de l’établissement, puis les pompiers, transféré au Chiva, puis à Toulouse, où il a subi une opération samedi matin. Une plainte a été déposée ce lundi. Une enquête a été ouverte pour retrouver les auteurs de cette agression. Mais sans succès : la victime ne connaissait pas ses agresseurs et n’a pas été en mesure de fournir une description précise.

La Dépêche

Hongrie : Le «conservateur» Viktor Orban grand vainqueur des législatives (vidéo)(màj)

Addendum du 07/04/2014

Analyse de la victoire de Viktor Orbán sur LCP :

source : extrait de LCP - Politique Matin – 07 03 2014

Présentation de la victoire de Viktor Orbán sur Euronews :

Ce dimanche, les Hongrois sont renouvelé leur parlement. Les premières projections ont confirmé les derniers sondages: le parti de Viktor Orban est donné grand vainqueur, il aurait recueilli 48 % des voix, contre 52 % lors du dernier scrutin voici 4 ans. L’opposition de centre-gauche obtiendrait 27 % des voix et devancerait largement le parti d’extrême-droite Jobbik qui, aurait cependant glané 18 % des voix, soit le double de son score de 2010. Les Verts libéraux du LMP entrerait au parlement avec 6 % des voix. 

[...] Le gouvernement actuel peut se prévaloir d’un bilan économique à faire rougir non seulement l’opposition, mais plus d’un des donneurs de leçons européens. Et c’est sans doute là une des clés du succès annoncé de Victor Orban.

En 2009, la Hongrie dans les griffes du FMI

Pour comprendre, il faut revenir en arrière. En 2009, la crise commerciale et la fuite des investisseurs vers la qualité fait chuter le forint, la monnaie nationale et l’activité. Les ménages sont étranglés par les prêts contractés en euros ou en francs suisses pour bénéficier de taux plus attractifs. La Hongrie est au bord de la faillite et le gouvernement de centre-gauche fait appel au FMI et à l’UE. Elle est alors, avec la Roumanie et les pays baltes, un laboratoire des plans d’ajustement qui seront imposés en zone euro un an plus tard. Les recettes habituelles sont mises en place : privatisations, coupes dans les dépenses, « réformes structurelles. »

Changement de politique économique

En 2010, Victor Orban arrive au pouvoir. Le changement de politique économique est radical. L’ambition du nouveau gouvernement est de se libérer des griffes du FMI et de continuer à s’appuyer sur la demande intérieure, notamment la consommation. Pas question, donc, de pratiquer l’ajustement proposé par les bailleurs de fonds. A l’époque, nul ne parie un forint sur le succès d’une telle politique.

La volonté de se libérer du FMI

Budapest fixe alors ses priorités. D’abord, se libérer du FMI. Pour cela, tous les moyens sont bons. Il faut nécessairement en passer par une période d’austérité budgétaire et par une hausse de la TVA de 24 à 27 %, mais pour adoucir l’amertume de la pilule, le gouvernement joue sur la fibre nationaliste en taxant les secteurs économiques où règnent les entreprises étrangères, comme la distribution et les banques. Surtout, il met la main sur le fonds de retraite privé de quelques 10 milliards d’euros. Pour s’assurer du succès de sa politique, il modifie la loi sur la banque centrale, réduisant l’indépendance de cette dernière. Il s’agit évidemment pour Viktor Orban de disposer du levier monétaire pour adoucir les effets de l’austérité.

L’Europe et les agences de notation matées

L’UE se fâche alors et menace. Les agences de notations, fin 2011, dégrade la dette de la Hongrie à l’état d’obligation pourrie. Mais Viktor Orban, fort d’un certain soutien populaire et d’un parlement soumis, s’en moque. Il tient tête aux Européens qui, finalement, rentrent dans le rang et le laisse faire.[...]

En 2013, l’économie hongroise s’est redressée avec des taux de croissance supérieurs à ceux de la zone euro. Au dernier trimestre de l’an passé, le PIB hongrois était supérieur de 2,7 % à celui du dernier trimestre de 2012. Le chômage a reculé de Certes, la plupart des économistes annoncent (encore) l’effondrement de ce système, mais les prévisions promettent une croissance de 2 % pour 2014 au pays, soit le double de la zone euro !

[...] Nul ne peut contester que le bilan économique du gouvernement sortant est bien meilleur que celui de l’opposition voici quatre ans. Et qu’il jouera un rôle dans l’issue du scrutin dans un pays traumatisé par la crise de 2009.

La Tribune

Addendum du 06/04/2014 : le parti de Viktor Orban largement en tête des élections

Le parti conservateur de Viktor Orban, accusé de dérives antidémocratiques ces quatre dernières années, arrive largement en tête des élections législatives hongroises dimanche, selon les sondages effectués à la sortie des urnes.

Ces résultats ne permettent pas encore de savoir si le Fidesz va conserver ou non une majorité des deux-tiers au parlement, mais sa réélection semble acquise.

Selon l’institut de référence Nezopont, il est crédité de 48% des suffrages, contre 27% pour l’alliance de la gauche et 18% pour le parti d’extrême-droite Jobbik.

20minutes.fr


En Hongrie, à un jour des élections législatives, le nom du grand vainqueur ne fait plus guère d’illusion. Le Premier ministre Viktor Orban (déjà en poste de 1998 à 2002) et son parti conservateur, Fidesz, s’apprêtent pour la seconde fois consécutive à ravir ce scrutin après leur impressionnant score de 52,7 %, obtenu en 2010. L’opposition de gauche est apathique.

Autre fait d’arme médiatique du leader du Fidesz : avoir su jouer avec la fibre patriotique de la population, en offrant par exemple le droit de vote à plusieurs centaines de milliers de Hongrois de souche, vivant hors du pays des Magyars.

Dans tous les sondages, et ce depuis plusieurs mois, Fidesz laisse peu d’espoir aux autres forces politiques. L’institut hongrois de référence, Median, crédite ainsi la formation de droite d’une confortable avance dans les intentions de vote (47 %). Bien loin devant la coalition de gauche – rassemblant socialistes et libéraux – qui parvient difficilement à rassembler 23 % des voix, talonnée de près par la formation d’extrême-droite Jobbik qui pointe à 21 %. Seule incertitude persistant donc: quelle sera l’ampleur du raz de marée électoral ? […]

La gauche et ses leaders portent le fardeau du « désastreux bilan des années de gouvernance (entre 2006 et 2010, NDLR), marquées par les scandales de corruption, le creusement de la dette et l’appauvrissement du pays »explique-Catherine Horel, historienne et directrice de recherche au CNRS.

Et pour asseoir un peu plus son pouvoir, Viktor Orban n’a également pas hésité à flirter avec le populisme.Dans les premières années de son second mandat, en vue de siphonner les voix du parti d’extrême-droite Jobbik, qui a le vent en poupe, « Viktator » s’en prend à la minorité rom (7 % de la population hongroise), épineux sujet dans le pays. Le Premier ministre décide ainsi d’abaisser drastiquement les aides sociales, vitales pour une communauté où un Rom sur deux est au chômage.

L’homme envisage même d’imposer aux bénéficiaires des travaux d’intérêt général sur des grands chantiers en échange de leurs minimas sociaux. Une idée directement puisée dans le programme du Jobbik. […]

Le Point