Quand l’Union Européenne encourage le tourisme médical

Abordé à plusieurs reprises au Parlement Européen, le tourisme médical est présenté comme un outil bénéfique au développement de l’Europe, il « apparaît peu à peu comme un sous-secteur d’activité dynamique qui peut contribuer à l’économie de l’Union et aider certaines destinations touristiques à surmonter des obstacles tels que la dépendance excessive vis-à-vis d’une saison touristique intensive de courte durée. Il contribue aussi à la concrétisation d’un objectif de la Commission : permettre aux citoyens de vivre sainement et de vieillir en bonne santé. »

L’EU Bookshop est un site proposant à la fois une librairie, une bibliothèque et les archives des publications remontant à 1952. En plus des différentes publications officielles, l’UE a mis en place un certain nombre de publications destinées au grand public pour mieux les aider à comprendre le fonctionnement des institutions européennes.

Parmi ses publications, elle met en avant un certain nombre d’entre elles au sein du « coin des lecteurs ». On trouve dans cette rubrique, des « brochures faciles à lire, dont beaucoup sont abondamment illustrées, utilisent des termes simples pour expliquer l’organisation de l’Union européenne et définir ses politiques et champs d’action  ».

Si, sur les seize brochures mises en avant, certaines paraissent tout à fait à leur place (Le Parlement européen, Une Europe, une monnaie, …) l’une d’entre elle surprend. Intitulée «  Aller se faire soigner dans un autre État membre de l’UE, Vos droits  » cette brochure de quatre pages invite clairement les citoyens européens à s’intéresser aux avantages médicaux des autres pays.

Si vous prévoyez de recevoir un traitement médical dans un autre pays de l’UE, vous avez les mêmes droits qu’un citoyen de ce pays et votre traitement sera soumis aux mêmes règles et normes (Page 3).

Le problème qui se pose est que les systèmes de remboursements de soin sont fort différents d’un pays de l’UE à l’autre. Ainsi la France a une politique de couverture de sécurité sociale fort généreuse, découlant de sa mentalité d’état-providence.

Les Français ont-ils conscience que l’Union Européenne invite les citoyens des autres pays d’Europe à venir se faire soigner en France, sans aucune réflexion sur le coût que cette mesure entraîne sur les finance du régime de sécurité social français déjà bien mal en point ?

via Le Rouge & Le Noir

Plus de 26 millions d’Européens sans emploi,10 millions de chômeurs de plus qu’en 2008, et dans 18 des 28 pays de l’UE les salaires réels ont chuté selon les syndicats

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants d’une vingtaine de pays européens ont défilé vendredi à l’appel des syndicats à Bruxelles pour dénoncer « l’austérité » et réclamer aux dirigeants de l’UE une « autre voie » plus sociale pour l’Europe.

La première « euro-manifestation » de l’année a rassemblé « plus de 52 000 personnes de 21 pays », s’est réjouie Bernadette Ségol, la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui misait sur la présence de 40 000 personnes. Ils étaient 25 000, selon la police.

Parti de la gare du Nord, le cortège aux couleurs traditionnelles des syndicats belges – rouge pour les socialistes, vert pour les chrétiens et bleu pour les libéraux – a parcouru les boulevards de la capitale belge pour se rendre jusqu’au quartier abritant les institutions européennes. La plupart des manifestants, qui venaient également de France, de Pologne, du Danemark, d’Espagne ou de Grèce, ont manifesté dans la calme, scandant des slogans et lançant des pétards…

Les manifestants ont réclamé une Europe plus sociale : « Mesures d’austérité = pauvreté durable », « People, not profit », pouvait-on, entre autres, lire sur les calicots brandis dans le cortège. « Notre message est simple, mais c’est un message que les responsables européens ne veulent pas entendre. Notre message est que leurs politiques en réponse à la crise financière ne suffisent pas et ont en réalité aggravé la crise sociale et économique. Notre message est que l’austérité ne fonctionne pas », a expliqué Bernadette Ségol….

Plus de 26 millions d’Européens sont sans emploi. Il y a 10 millions de chômeurs de plus qu’en 2008, et dans 18 des 28 pays de l’UE les salaires réels ont chuté, font remarquer les syndicats européens.

« La situation des jeunes est pire encore : 7,5 millions de jeunes Européens ne travaillent pas, ne suivent pas d’études ou de formation. Nombreux sont ceux parmi les plus éduqués et les plus entreprenants qui tout simplement désertent leur pays d’origine pour chercher du travail ailleurs », a souligné Bernadette Ségol en évoquant le risque d’une « génération perdue »…

Le Point, merci à Force bleue

Julien Rochedy (FN) : «Nous lançons un mouvement européen de jeunes patriotes, le YEAH»

INTERVIEW – Le Front national de la jeunesse lance, vendredi à Vienne (Autriche), une alliance des jeunes patriotes européens. Julien Rochedy, président du FNJ, explique le projet au Figaro.

Vous lancez vendredi à Vienne le YEAH (Young European Alliance for Hope). De quoi s’agit-il ?
Julien ROCHEDY – C’est une initiative commune puisque nous avons appris à bien nous connaître entre différents mouvements de jeunes patriotes depuis deux ans. Nous avons pensé qu’il serait bien de créer, au niveau des jeunes, l’équivalent de l’Alliance européenne des libertés. Ces structures existent déjà chez les socialistes, les libéraux et les écologistes. Désormais, après six mois de préparation, nous lançons ce projet dans le cadre des élections européennes et nous organiserons une réunion en France probablement le 1er mai lors du meeting dédié à ces élections.

Quels sont les objectifs de ce nouveau groupe ?
Si nous le lançons au début de la campagne des européennes, c’est pour envisager des actions communes (communication, propagande…). Le FNJ, qui sera très impliqué dans la campagne, veut démontrer qu’il n’est pas le seul mouvement de jeunes patriotes en Europe. Ce groupe veut aussi montrer qu’il n’est pas du tout anti-européen mais contre l’organisation particulière qu’est l’Union européenne. Nous voulons incarner un mouvement de «vrais Européens».
Nous souhaitons nous associer à des mouvements qui nous ressemblent le plus, éloignés de toutes formes d’extrémismes inutiles mais portés sur la défense de la liberté de leur nation et de leur souveraineté. D’ailleurs, ces mouvements qui prospèrent en Europe font tous aujourd’hui le même constat sur l’Union européenne.

Interview complète sur LeFigaro.fr

D’après l’UE, les citoyens veulent donner plus de pouvoir à l’Europe

Si le chômage reste aujourd’hui cité par 53 % des Européens comme l’un des deux défis majeurs, le progrès et l’innovation arrivent en seconde position avec 34 % des Européens : mais cela en fait 4 % de moins qu’en 2012, année de la précédente enquête.

Les Européens pensent aussi que la plupart de ces défis nécessitent plus de décision au niveau européen : c’est le cas pour la protection de l’environnement (72 % de répondants favorables), la lutte contre le chômage (62 %) et les questions d’immigration (59 %). À noter toutefois que pour les deux premiers, la proportion d’Européens souhaitant plus d’Europe est en diminution depuis 2012… Quant aux questions de politique économique et fiscale, les avis sont plus partagés : 48 % estiment qu’elles doivent faire l’objet de plus d’Europe, mais 44 % sont d’avis contraire. Et si ce renforcement rencontre l’agrément d’une majorité de répondants dans 11 États membres, on n’y trouve que deux pays de la zone euro (Belgique et Italie).

Les réponses sont également partagées sur la question de savoir s’il faut accepter que des pays qui le souhaitent puissent aller plus loin dans l’intégration européenne, laissant s’installer une Europe à deux vitesses : 47 % d’Européens y sont favorables (+2 % par rapport à 2012), représentant une majorité dans 16 États membres, tandis que 43 % (que l’on trouve surtout en Grèce, Espagne et Portugal) estiment que les pays souhaitant aller vers plus d’intégration devraient patienter.

Enfin, une forte majorité – 69 % – souhaite que le président de la Commission européenne soit directement élu par les citoyens européens. L’Eurobaromètre a aussi testé deux autres idées : la désignation d’un ministre européen de la Justice (58 % d’avis favorables), et la création d’une armée européenne (46 % de pour, mais 47 % de contre).

Eurobaromètre. L’avenir de l’Europe. Enquête réalisée en janvier 2014 dans les 28 États membres de l’UE sur un échantillon total de 27.739 personnes.

En finir avec l’euro pour sauver l’Europe: quatre journalistes brisent le tabou

L’euro est cliniquement mort. Pour sauver l’Europe, il faut revenir aux monnaies nationales, réunies au sein d’une monnaie commune. C’est la thèse de Casser l’euro, ouvrage écrit par quatre journalistes.

Il ne s’agit en aucun cas d’un « réflexe populiste », se défendent les auteurs, mais le fruit d’un travail journalistique quotidien au contact des acteurs de ce système. C’est le constat, après cinq années d’une crise sans précédent, que l’euro, tel qu’il existe aujourd’hui, est « cliniquement mort ». « Plus d’une décennie après le lancement de l’euro, la convergence tant attendue des économies n’a pas eu lieu, les modèles sociaux ont été détricotés et la spéculation s’est déchaînée », écrivent les quatre journalistes.

Et de dénoncer tout à tour un euro « made in Germany » (l’Allemagne a un droit d’accès sans restrictions tarifaires à des marchés voisins et un taux de change compétitif), destructeur de croissance (historique des performances à l’appui), machine à fabriquer de l’hétérogénéité (dopage de la demande intérieure au Sud, choc de compétitivité au Nord), instrument de dumping social (devant l’impossibilité de dévaluer, les seules stratégies sont la baisse de la fiscalité ou la baisse des salaires), ou encore l’euro « cheval de Troie de la rigueur ». Les auteurs écornent aussi au passage la Banque centrale européenne (BCE), « dogmatique et déstabilisante ».

Le livre évoque aussi « la vie après le monnaie unique ». Non, la sortie de l’euro ne va pas provoquer le chaos dans les transactions quotidiennes, grâce à la règle du « un pour un » qui consiste à caler, temporairement, l’unité de chaque devise nationale sur l’euro. Non, la dette ne vas pas exploser, car un Etat peut discrétionnairement modifier le libellé de sa dette sans en affecter la valeur nominale (autrement dit, les 2000 milliards d’euros de dette tricolore vaudront 2000 milliards de francs). Non, les marchés ne vont pas se fermer, et même s’ils refusaient de prêter à la France, l’Etat pourrait toujours mobiliser les quelque 3000 milliards d’euros d’actifs financiers dont disposent les Français. Non, l’inflation ne va pas exploser, et qu’on se le dise, 4% d’inflation annuelle permet d’alléger 35 milliards de dette d’un coup.

Ces arguments sont séduisants. Nul doute qu’ils offriront du grain à moudre aux opposants à la monnaie unique. Mais ils restent contestables. Et contestés. « Sortir de l’euro peut être tentant », écrit dans une tribune le journaliste des Echos Guillaume de Calignon. Mais « la sortie de l’euro serait un saut dans l’inconnu, une réaction en chaîne d’événements qui risque de tétaniser les agents économiques, ménages comme entreprises. Sans compter les réactions politiques de nos voisins. Sans l’euro, les Français savent ce qu’ils perdront mais n’ont aucune idée de ce qu’ils gagneront. Les problèmes ne seront pas réglés par un retour en arrière. »

L’Express

L’union européenne couvre un tiers du déficit budgétaire de la Tunisie

Dans les années à venir, la coopération entre l’Union Européenne et la Tunisie visera à appuyer les réformes socio-économiques, à assurer un développement plus équilibré du territoire, à renforcer la gouvernance, mais aussi la société civile, a déclaré l’ambassadrice de l’Union Européenne en Tunisie Laura Baeza, dans un entretien avec le Centre d’information pour le Voisinage européen, publié sur son site.

[...] au lendemain de la Révolution de janvier 2011, l’Union européenne a pratiquement doublé son aide à la Tunisie, soit 150 millions d’euros par an. Elle a été le premier bénéficiaire de l’instrument SPRING, créé en réponse au Printemps Arabe, pour encourager les pays à s’engager le plus rapidement sur la voie de la transition démocratique. Outre ces dons, d’autres soutiens ont été accordés sous forme de prêts par la Banque européenne d’investissement, pour un montant de 300 millions d’euros par an. A cela viendra s’ajouter une aide macro-financière de 300 millions d’euros qui sera accordée par l’Union européenne à la fin du printemps prochain. Ces aides cumulant dons et prêts représentent environ un tiers du déficit budgétaire de l’état tunisien, a-t-elle dit.

[…] Nous avons aujourd’hui 54 projets en cours, soit un montant de 16 millions d’euros. A cela s’ajoute un projet spécifique de 7 millions d’euros destiné à rapprocher la société civile et les acteurs publics dans toute la Tunisie grâce aux six bureaux régionaux qui ont été mis en place.

GNet

Un pacte pour une Europe de la diversité et contre le racisme

La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, la parlementaire italienne Cécile Kyenge ainsi que le ministre grec de l’Intérieur, Ioannis Michelakis, ont présenté mardi un « Pacte 2014-2020 pour une Europe de la diversité et de la lutte contre le racisme ». Ce projet de texte sera prochainement proposé aux 28 Etats membres de l’Union européenne, qui auront la possibilité de le signer lors d’une rencontre qui se tiendra le 5 mai à Bruxelles.

A l’initiative de la vice-Première ministre, ministre de l’Intérieur et de l’Egalité des chances, Joëlle Milquet, les ministres et représentants des Etats membres de l’Union Européenne s’étaient réunis, le 23 septembre, autour de leur collègue italienne Cécile Kyenge. Cette dernière, première femme noire dans un gouvernement italien, avait en effet été la cible de nombreux propos racistes, provenant le plus souvent d’élus du parti anti-immigrés de la Ligue du Nord ou de groupuscules d’extrême droite.

Les participants à la réunion de septembre avaient décidé de lancer ensemble un appel fort de rejet du racisme en Europe et d’élaborer un pacte pour une Europe de la diversité. Le projet de pacte élaboré va désormais être envoyé aux Etats membres. Le texte sera aussi lancé dans la société civile, a souligné Mme Milquet. « Le pacte contiendra un certain nombre de recommandations. Chaque Etat devra notamment avoir une stratégie claire contre le racisme », a-t-elle ajouté. A l’heure actuelle, une personne sur quatre issue d’un groupe minoritaire a déjà été confronté en Europe à un crime à caractère raciste, selon l’Agence des droits fondamentaux. De plus, entre 57% et 74% de l’ensemble des agressions et menaces, dont les groupes minoritaires ethniques ont été victimes, ne sont pas signalés à la police.

La parlementaire italienne, Cécile Kyenge, a insisté sur l’importance d’envoyer un message fort à la veille des élections et de travailler ensemble pour lutter contre ces problématiques. « La situation économique difficile dans certains Etats européens ne doit pas constituer un alibi pour négliger le rôle de l’Union qui doit faire respecter les droits de ses citoyens », a déclaré quant à lui Ioannis Michelakis, le ministre grec de l’Intérieur, dont le pays assure actuellement la présidence de l’Union européenne.

Le Vif

Grèce : doublement de la pauvreté en un an

Le taux de pauvreté est passé de 11,8 % de la population en 2012 à 23,7 % en 2013. Une hausse record dans l’UE.

La Grèce a beau se réjouir d’avoir obtenu de l’Eurogroupe, à Athènes, le déblocage d’une tranche d’aide de 6,3 milliards d’euros, le dernier rapport de la Commission européenne sur la progression de la pauvreté en Europe a de quoi lui saper le moral.

En 2013, la Grèce détenait le triste record du pays européen où la pauvreté a le plus progressé entre 2012 et 2013. La pauvreté touche 23,7 % de la population en 2013, contre 11,8 % en 2012. Entre 2008 et 2013, le revenu des ménages a baissé de 14,8 % et, sur la même période, le chômage des jeunes a triplé. La cure d’austérité imposée au pays depuis quatre ans n’y est pas pour rien. Evdokia Androulaki, 25 ans, est diplômée d’économie de l’université d’Athènes, elle fait partie de ces jeunes chômeurs.

Elle parle quatre langues mais derrière ses cheveux noirs frisés et ses yeux pétillants, elle cache beaucoup amertume. «J’ai passé des nuits à réviser pour obtenir mes diplômes et je me dis que ça ne sert à rien. La Grèce est en train de devenir la Côte d’Azur de l’Europe mais avec des salaires asiatiques. Au final, je ne serai jamais professeur et je vais finir serveuse tout comme mes camarades de classe à gagner 300 euros par mois.» La classe politique grecque se fait l’écho de ce désespoir ambiant qui risque de s’exprimer avec violence lors du double scrutin des élections municipales et européennes des 18 et 25 mai prochain. Cela pourrait affaiblir le gouvernement, dont la majorité parlementaire ne tient plus qu’à deux députés…

Dans ce contexte compliqué politiquement et fragile économiquement, les autorités sont prêtes à tout pour célébrer le déblocage d’une tranche de 6,3 milliards d’euros sur les 8,5 milliards d’euros accordés par l’Union européenne et la BCE. Somme à laquelle il faut ajouter les 3,5 milliards d’euros octroyés par le Fonds monétaire international (FMI).

Le Figaro

Unique en Europe : La France et ses centaines de milliers d’élus (vidéo)

Avec près de 37’000 mairies, la France compte presque la moitié des communes d’Europe! Cela peut paraître étonnant mais ce n’est qu’une seule des strates administratives que compte le pays. On appelle cela le « mille-feuille administratif ».


lien direct de la vidéo sur : VK
source : rts.ch

Nombres de conseillers municipaux par tranche démographique (wikipédia) :

Laurent Joffrin : Le FN, un «parti comme les autres partis… d’extrême droite»

Laurent Joffrin, Directeur du Nouvel Observateur, s’interroge : «Comment lutter contre le ‘gentil’ Front national ?».

Faut-il admettre cette politique du bouc émissaire quand les exemples étrangers montrent que les pays les plus ouverts à l’immigration ne sont pas ceux qui vont le plus mal, bien au contraire ?

Les habits neufs d’enfant de Marine rendent moins simple la bataille contre le parti d’extrême droite. Mais il reste tout de même des armes.
C’était tout de même plus simple quand il avait l’air méchant, quand sa vraie nature était bien visible, quand il multipliait les provocations xénophobes ou antisémites. […]

Alors faut-il ranger les drapeaux de l’antifascisme, faire taire toute indignation, mettre au rancart manifs, tracts vengeurs, conférences pédagogiques, rappel des «heures les plus noires de notre histoire», bref accorder au Front national, comme il le demande à cor et à cri, son brevet de parti comme les autres ? C’est là où tout se complique.

Bien sûr les leçons de vertu tombent à plat. Bien sûr les envolées morales sonnent le creux. […]

Mais en attendant que l’économie se rétablisse, que l’Europe se ressaisisse, que le civisme renaisse, que les tensions communautaires s’apaisent, que l’ouverture des frontières fasse moins peur – et tout cela prendra un certain temps – faut-il rester les bras croisés ? Faut-il vraiment banaliser un parti qui fait des immigrés la cause principale des difficultés françaises, au mépris de la réalité ?

Faut-il consentir à un programme qui prévoit de ramener le droit d’asile, pilier des valeurs démocratiques universelles, à la portion congrue, qui préconise les moyens les plus durs pour lutter contre les sans-papiers, allant jusqu’à proscrire toute manifestation de soutien à ces damnés de la mondialisation ? Faut-il sortir de l’euro et de l’Europe pour rétablir la fermeture des frontières, et détruire ainsi l’oeuvre de plusieurs générations, alors que cette construction fragile et improbable garantit, tant qu’elle est là, la paix aux générations futures ?

Ceux qui apprécient, malgré la perte de mémoire contemporaine, ce formidable documentaire sur la guerre de 1914 intitulé « Apocalypse », comprendront de quoi on parle…

Faut-il se rallier à une politique étrangère qui ferait de la France l’alliée de Poutine, l’amie d’Assad, la Ponce Pilate de tous les massacres, l’adversaire des révolutions arabes et la nostalgique de tous les dictateurs déchus, qui ferait de Paris la Mecque de tous les national-populistes d’Europe, la nouvelle Rome des xénophobes ? Le Front national est effectivement un parti comme les autres. Comme les autres partis d’extrême droite…

Ceux qui prétendent le contraire ne le font pas par lucidité, par réalisme, ou par une suprême habileté. La plupart du temps, ils veulent favoriser sans le dire l’intégration du FN au jeu républicain, c’est-à-dire, à terme, l’alliance entre les frontistes et l’UMP, en bloc ou en détail, qui donnerait à la droite très dure une majorité dans le pays. […]

Nouvel Obs

Alain Duhamel : «Le parfum aigre des années 30»

Extraits d’une tribune de Alain Duhamel intitulée «Le parfum aigre des années 30» évoquant «cette régression démocratique, cette rechute nationaliste dégagent une sale odeur d’années 30». Le 27 mars 2013 il avait publié une tribune : «L’aigre parfum des années 30»

PS ou UMP, les deux principaux partis sont semblablement atteints et déconsidérés à travers les figures mises en cause ou démasquées. L’effet est dramatique, parce qu’il ouvre la voie aux populismes et à la démagogie. Il est consternant, parce que la démocratie française ne parvient décidément pas à se montrer vertueuse.

Depuis que l’on observe une montée incontestable des populismes et de l’extrême droite en Europe, la comparaison avec les années 30 suscite un débat. Les uns insistent sur la parenté des deux périodes, les autres jugent le rapprochement exagéré, voire artificiel. Les derniers événements donnent cependant manifestement raison aux tenants de la ressemblance. Un parfum aigre des années 30 ne cesse de se renforcer. La crise économique en constitue le décor décisif. Elle avait fait des ravages au tournant des années 30. […]

La technologie moderne noircit encore plus le climat que jadis Gringoire, Candide ou l’Action française.

La longueur de la crise, sa dureté suscitent un périlleux désenchantement : à travers les alternances et les spécificités nationales, le sentiment de l’impuissance du politique s’enracine. Ils essaiment en Europe, notamment en Europe méditerranéenne et dans les Balkans, ils triomphent en France, plus qu’ailleurs. Le scepticisme vis-à-vis du personnel politique et souvent le mépris s’intensifient. La tentation de l’abstention ou de l’extrémisme se renforce. Le pessimisme devient le premier caractère national, le ressentiment le suit de près. Personne ne peut raisonnablement en douter : la démocratie française est malade et seules les institutions empêchent que la dégradation ne s’amplifie encore. Ce dernier point constitue d’ailleurs une des rares différences positives avec les années 30. […]

On pouvait espérer, jusqu’à ces derniers mois, qu’au moins l’Europe constituerait un stabilisateur et un rempart. Il faut déchanter. Comme durant les années 30, la montée des populismes et des extrémismes s’accompagne mécaniquement d’une montée des protectionnismes, des nationalismes et des xénophobies. Dans une première phase, on a pu croire qu’il s’agissait de phénomènes avant tout internes.

Ils ont néanmoins permis à l’extrême droite ou au populisme de participer à un moment ou à un autre au gouvernement en Autriche, aux Pays-Bas, en Slovaquie, en République tchèque, aujourd’hui en Serbie et surtout en Hongrie. On constate maintenant que des tensions croissantes entre Etats se manifestent, qu’une agressivité nouvelle affleure, que des prétentions territoriales apparaissent.

La Russie n’appartient certes pas à l’Europe démocratique mais l’Ukraine, si. On l’ampute de la Crimée avec un argument ethnique et culturel qui reproduit dramatiquement celui qui était employé avant la Seconde Guerre mondiale.

Libération