Le fardeau des 800 milliards de créances douteuses de la zone euro inquiète le FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) estime à 800 milliards de dollars les créances douteuses détenues par les banques de la zone euro. Un montant qui a doublé depuis 2009 et continue à croître, rappelle l’institution.

Un « fardeau ». C’est ainsi que le FMI qualifie, sans détour, les plus de 800 milliards de dollars de créances douteuses qu’ont accumulées les banques des pays en difficulté de la zone euro, dans son dernier rapport sur la stabilité financière mondiale publié mercredi. Des créances qui ne cessent de croître, s’inquiète l’institution, alors même que le secteur financier européen s’apprête à être soumis à un examen de santé.
Assainir le bilan des banques et entreprises

« Les banques dans les pays en difficulté de la zone euro restent plombées par un stock important et grandissant de créances douteuses, résultant du poids de la dette au sein des entreprises et du ralentissement économique », écrit le Fonds.

Un stock qui a doublé depuis 2009, affirme l’institution, qui se penche plus particulièrement sur les pays européens en difficulté financière (Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal et Slovénie).

Tout en saluant « l’amélioration » de l’image de ces pays auprès des marchés, elle assure que ce « fardeau » des créances douteuses fait peser une menace sur la solvabilité de ces banques, limite leur « rentabilité » et restreint leur capacité à soutenir l’activité économique.

« Les dirigeants de la zone euro font face au difficile défi d’accélérer l’assainissement des banques et des bilans des entreprises sans compromettre le retour de la confiance des marchés », écrit le Fonds.

Se tournant de l’autre côté de l’Atlantique, le FMI s’inquiète de la « course au profit » qui s’accélère sur les marchés financiers américains, portés par la politique de « l’argent facile » fourni par la Réserve fédérale (Fed). Selon le Fonds, cette tendance se traduit par un endettement « croissant » du secteur privé et s’accompagne d’un « affaiblissement » de la qualité des créances sur certaines poches du marché du crédit.

« La stabilité financière mondiale s’améliore (…) mais il est trop tôt pour crier victoire », résume José Vinals, directeur du département des marchés financiers du FMI.

La Tribune

Le mot du jour : Populisme

(tout est extrait de wikipédia sans aucune modification)

Définition :
Le populisme met en accusation les élites ou des petits groupes d’intérêt particulier de la société. Parce qu’ils détiennent un pouvoir, le populisme leur attribue la responsabilité des maux de la société : ces groupes chercheraient la satisfaction de leurs intérêts propres et trahiraient les intérêts de la plus grande partie de la population. Les populistes proposent donc de retirer l’appareil d’État des mains de ces élites égoïstes, voire criminelles, pour le « mettre au service du peuple ». Afin de remédier à cette situation, le dirigeant populiste propose des solutions qui appellent au bon sens populaire et à la simplicité. Ces solutions sont présentées comme applicables immédiatement et émanant d’une opinion publique présentée comme monolithique. Les populistes critiquent généralement les milieux d’argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative, etc.), censés avoir accaparé le pouvoir ; ils leur opposent une majorité, qu’ils représenteraient.

Typologie des mouvements populistes européens :

  • Pays du Nord Europe : S’opposent aux transferts entre pays : Parti de la Liberté (Autriche), Parti du peuple Danois (Danemark) , Parti pour la Liberté (Pays-Bas) , Parti socialiste (Pays-Bas), Vrais Finlandais (Finlande)
  • Pays de L’Est Europe : Refusent de subventionner les pays les plus riches : Droit et Justice (Pologne), Fidesz (Hongrie), Jobbik (Hongrie), Liberté et solidarité (Slovaquie), Parti démocratique civique (République tchèque), Parti des citoyens libres (République tchèque)
  • Pays du Sud Europe : S’opposent à l’austérité : Front national (France), Ligue du Nord (Italie), Parti communiste (Grèce), SYRIZA (Grèce), Front de gauche (France), Gauche unie (Espagne)
  • Pays de l’Ouest Europe : Souhaitent prendre ses distances avec l’UE : Parti conservateur (Royaume-Uni) , Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (Royaume-Uni)

bonus : résumé du documentaire ‘Populisme, l’Europe en danger’ de Arte

« le premier risque de la démocratie, c’est la tyrannie de la majorité »


lien du documentaire complet : VK

Le réalisateur Antoine Vitkine sur wikipédia :
Vitkine a fait partie du Think tank français, le Cercle de l’Oratoire, créé en 2001, ayant édité la revue atlantiste ‘Le Meilleur des mondes’.
Le Cercle de l’Oratoire est un cercle de réflexion français créé peu après les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center, à New-York. Ce cercle de pensée, qualifié de néoconservateur, dispose, depuis 2006, d’une revue intitulée Le Meilleur des Mondes, fondée initialement pour défendre le bien-fondé de la guerre en Irak et s’opposer à la montée de l’antiaméricanisme en France.

Amnesty International accuse la police française de «harceler» les Roms (vidéo)(maj 2)


lien direct de la vidéo sur : VK
source : montage réalisé à partir du documentaire d’Enquête Exclusif – Roms : Pourquoi ils dérangent ? – M6


Près de 3 000 Roms ont été évacués de force au premier trimestre 2014, un chiffre comparable à celui de 2013, selon un décompte d’associations publié lundi à la veille de la journée internationale des Roms. Du 1er janvier au 31 mars, les autorités ont démantelé 27 bidonvilles, ce qui a forcé 2 904 personnes à quitter leur lieu de vie, selon ce recensement de la Ligue des droits de l’homme (LDH) et de European Roma Rights Center (ERRC). Neuf autres sites, habités par 524 personnes, ont été abandonnés à cause d’incendie, ajoutent ces associations qui ont croisé témoignages et articles de presse pour établir ce bilan « a minima ».

Le Point


Les Roms sont de plus en plus victimes de violences en Europe mais les États n’ont pas pris la mesure du problème, dénonce Amnesty International dans un rapport publié mardi à l’occasion de la Journée internationale des Roms. «Les gouvernements rechignent à reconnaître l’ampleur du problème et se montrent peu réactifs lorsqu’il s’agit de les combattre», estime Marco Perolini, chercheur d’Amnesty International.

En France, l’organisation met en cause le rôle de la police, accusée de «harceler» cette minorité lors des démantèlements de bidonvilles, qui se sont accélérés en 2013 avec la suppression de 165 camps ayant abrité quelque 20 000 personnes.

Les policiers européens en ligne de mire

L’organisation accuse aussi les forces de l’ordre de ne pas assez protéger les Roms et de ne pas toujours enquêter pour trouver les coupables d’agressions. Ainsi, écrit-elle, la police est arrivée une heure après avoir été prévenue lors d’une attaque en mai 2013 de familles roms sur une aire d’accueil à Hellemmes (Nord). Et l’enquête n’a pour l’instant rien donné.

L’organisation épingle aussi la République tchèque, où des groupes d’extrême droite ont organisé en 2013 plusieurs manifestations anti-Roms sans entraîner de condamnation claire des autorités. Dans la ville de Duchcov, la maire a même participé à l’une de ces marches, écrit Amnesty.

En Grèce, l’association accuse la police de ne pas être intervenue lors d’une attaque de la communauté rom à Etoliko (ouest) en janvier 2013 par des individus qui ont lancé des cocktails Molotov et des pierres sur leurs maisons.

Amnesty appelle donc les gouvernements à veiller à ce que les policiers ne fassent pas un usage disproportionné de leur force lors de leurs interventions dans des campements, à poursuivre avec plus d’efficacité les auteurs d’actes à caractère raciste, ou encore à réaliser des statistiques sur les violences contre les Roms.

Le Parisien

En Allemagne, conservateurs et sociaux-démocrates à l’unisson contre les eurosceptiques

Angela Merkel a donné, samedi 5 avril, le coup d’envoi de la campagne de son parti, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), pour les élections européennes du 25 mai.

La présidente de la CDU s’est félicitée de la sortie progressive de la crise de la zone euro. « Je suis contente que nous ayons décidé que la Grèce reste dans l’euro. La Grèce emprunte un chemin difficile mais nous sommes à ses côtés. L’euro est un projet politique et financier. Un projet couronné de succès. » Pour elle, l’Europe, c’est « 7 % de la population mondiale, 25 % du PIB mondial et 50 % des dépenses de protection sociale mondiale ».

Alors que les Verts centrent leur campagne sur les thèmes écologistes traditionnels, le SPD et la CDU se battent moins entre eux que contre les eurosceptiques.

Sans faire ouvertement partie de ces derniers, l’Union chrétienne-sociale (CSU) bavaroise joue sur les deux tableaux. Le parti, allié de la CDU et membre de la coalition d’Angela Merkel, veut une « meilleure Europe qui se limite à l’essentiel, qui est forte vis-à-vis de l’extérieur mais mince vis-à-vis de l’intérieur, qui est plus démocratique et plus proche des citoyens ».

La CSU a lancé, début janvier, une campagne controversée sur le thème « celui qui triche, dégage ! » qui visait surtout les immigrants bulgares et roumains, accusés d’abuser du système social allemand. Cette campagne a suivi de peu la nomination à la vice-présidence du parti de Peter Gauweiler, un eurosceptique pur et dur qui n’hésite pas à attaquer la politique européenne d’Angela Merkel devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

La CSU veut manifestement retenir une partie de son électorat tentée de voter pour le nouveau parti anti-euro, Alternative pour l’Allemagne (AfD). Ayant échoué de peu à entrer au Bundestag en septembre, ce dernier devrait entrer au Parlement européen, puisqu’il n’y a plus de seuil à atteindre pour disposer d’élus.

L’AfD devrait faire campagne « contre cet euro-là » et pour la limitation du droit d’asile. Paradoxalement, elle pourrait séduire une partie de l’électorat de Die Linke, le parti de la gauche radicale, très anti-européen et actuellement très critique vis-à-vis du gouvernement de transition en Ukraine.

Le Monde

Quand l’Union Européenne encourage le tourisme médical

Abordé à plusieurs reprises au Parlement Européen, le tourisme médical est présenté comme un outil bénéfique au développement de l’Europe, il « apparaît peu à peu comme un sous-secteur d’activité dynamique qui peut contribuer à l’économie de l’Union et aider certaines destinations touristiques à surmonter des obstacles tels que la dépendance excessive vis-à-vis d’une saison touristique intensive de courte durée. Il contribue aussi à la concrétisation d’un objectif de la Commission : permettre aux citoyens de vivre sainement et de vieillir en bonne santé. »

L’EU Bookshop est un site proposant à la fois une librairie, une bibliothèque et les archives des publications remontant à 1952. En plus des différentes publications officielles, l’UE a mis en place un certain nombre de publications destinées au grand public pour mieux les aider à comprendre le fonctionnement des institutions européennes.

Parmi ses publications, elle met en avant un certain nombre d’entre elles au sein du « coin des lecteurs ». On trouve dans cette rubrique, des « brochures faciles à lire, dont beaucoup sont abondamment illustrées, utilisent des termes simples pour expliquer l’organisation de l’Union européenne et définir ses politiques et champs d’action  ».

Si, sur les seize brochures mises en avant, certaines paraissent tout à fait à leur place (Le Parlement européen, Une Europe, une monnaie, …) l’une d’entre elle surprend. Intitulée «  Aller se faire soigner dans un autre État membre de l’UE, Vos droits  » cette brochure de quatre pages invite clairement les citoyens européens à s’intéresser aux avantages médicaux des autres pays.

Si vous prévoyez de recevoir un traitement médical dans un autre pays de l’UE, vous avez les mêmes droits qu’un citoyen de ce pays et votre traitement sera soumis aux mêmes règles et normes (Page 3).

Le problème qui se pose est que les systèmes de remboursements de soin sont fort différents d’un pays de l’UE à l’autre. Ainsi la France a une politique de couverture de sécurité sociale fort généreuse, découlant de sa mentalité d’état-providence.

Les Français ont-ils conscience que l’Union Européenne invite les citoyens des autres pays d’Europe à venir se faire soigner en France, sans aucune réflexion sur le coût que cette mesure entraîne sur les finance du régime de sécurité social français déjà bien mal en point ?

via Le Rouge & Le Noir

Plus de 26 millions d’Européens sans emploi,10 millions de chômeurs de plus qu’en 2008, et dans 18 des 28 pays de l’UE les salaires réels ont chuté selon les syndicats

Plusieurs dizaines de milliers de manifestants d’une vingtaine de pays européens ont défilé vendredi à l’appel des syndicats à Bruxelles pour dénoncer « l’austérité » et réclamer aux dirigeants de l’UE une « autre voie » plus sociale pour l’Europe.

La première « euro-manifestation » de l’année a rassemblé « plus de 52 000 personnes de 21 pays », s’est réjouie Bernadette Ségol, la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats (CES), qui misait sur la présence de 40 000 personnes. Ils étaient 25 000, selon la police.

Parti de la gare du Nord, le cortège aux couleurs traditionnelles des syndicats belges – rouge pour les socialistes, vert pour les chrétiens et bleu pour les libéraux – a parcouru les boulevards de la capitale belge pour se rendre jusqu’au quartier abritant les institutions européennes. La plupart des manifestants, qui venaient également de France, de Pologne, du Danemark, d’Espagne ou de Grèce, ont manifesté dans la calme, scandant des slogans et lançant des pétards…

Les manifestants ont réclamé une Europe plus sociale : « Mesures d’austérité = pauvreté durable », « People, not profit », pouvait-on, entre autres, lire sur les calicots brandis dans le cortège. « Notre message est simple, mais c’est un message que les responsables européens ne veulent pas entendre. Notre message est que leurs politiques en réponse à la crise financière ne suffisent pas et ont en réalité aggravé la crise sociale et économique. Notre message est que l’austérité ne fonctionne pas », a expliqué Bernadette Ségol….

Plus de 26 millions d’Européens sont sans emploi. Il y a 10 millions de chômeurs de plus qu’en 2008, et dans 18 des 28 pays de l’UE les salaires réels ont chuté, font remarquer les syndicats européens.

« La situation des jeunes est pire encore : 7,5 millions de jeunes Européens ne travaillent pas, ne suivent pas d’études ou de formation. Nombreux sont ceux parmi les plus éduqués et les plus entreprenants qui tout simplement désertent leur pays d’origine pour chercher du travail ailleurs », a souligné Bernadette Ségol en évoquant le risque d’une « génération perdue »…

Le Point, merci à Force bleue

Julien Rochedy (FN) : «Nous lançons un mouvement européen de jeunes patriotes, le YEAH»

INTERVIEW – Le Front national de la jeunesse lance, vendredi à Vienne (Autriche), une alliance des jeunes patriotes européens. Julien Rochedy, président du FNJ, explique le projet au Figaro.

Vous lancez vendredi à Vienne le YEAH (Young European Alliance for Hope). De quoi s’agit-il ?
Julien ROCHEDY – C’est une initiative commune puisque nous avons appris à bien nous connaître entre différents mouvements de jeunes patriotes depuis deux ans. Nous avons pensé qu’il serait bien de créer, au niveau des jeunes, l’équivalent de l’Alliance européenne des libertés. Ces structures existent déjà chez les socialistes, les libéraux et les écologistes. Désormais, après six mois de préparation, nous lançons ce projet dans le cadre des élections européennes et nous organiserons une réunion en France probablement le 1er mai lors du meeting dédié à ces élections.

Quels sont les objectifs de ce nouveau groupe ?
Si nous le lançons au début de la campagne des européennes, c’est pour envisager des actions communes (communication, propagande…). Le FNJ, qui sera très impliqué dans la campagne, veut démontrer qu’il n’est pas le seul mouvement de jeunes patriotes en Europe. Ce groupe veut aussi montrer qu’il n’est pas du tout anti-européen mais contre l’organisation particulière qu’est l’Union européenne. Nous voulons incarner un mouvement de «vrais Européens».
Nous souhaitons nous associer à des mouvements qui nous ressemblent le plus, éloignés de toutes formes d’extrémismes inutiles mais portés sur la défense de la liberté de leur nation et de leur souveraineté. D’ailleurs, ces mouvements qui prospèrent en Europe font tous aujourd’hui le même constat sur l’Union européenne.

Interview complète sur LeFigaro.fr

D’après l’UE, les citoyens veulent donner plus de pouvoir à l’Europe

Si le chômage reste aujourd’hui cité par 53 % des Européens comme l’un des deux défis majeurs, le progrès et l’innovation arrivent en seconde position avec 34 % des Européens : mais cela en fait 4 % de moins qu’en 2012, année de la précédente enquête.

Les Européens pensent aussi que la plupart de ces défis nécessitent plus de décision au niveau européen : c’est le cas pour la protection de l’environnement (72 % de répondants favorables), la lutte contre le chômage (62 %) et les questions d’immigration (59 %). À noter toutefois que pour les deux premiers, la proportion d’Européens souhaitant plus d’Europe est en diminution depuis 2012… Quant aux questions de politique économique et fiscale, les avis sont plus partagés : 48 % estiment qu’elles doivent faire l’objet de plus d’Europe, mais 44 % sont d’avis contraire. Et si ce renforcement rencontre l’agrément d’une majorité de répondants dans 11 États membres, on n’y trouve que deux pays de la zone euro (Belgique et Italie).

Les réponses sont également partagées sur la question de savoir s’il faut accepter que des pays qui le souhaitent puissent aller plus loin dans l’intégration européenne, laissant s’installer une Europe à deux vitesses : 47 % d’Européens y sont favorables (+2 % par rapport à 2012), représentant une majorité dans 16 États membres, tandis que 43 % (que l’on trouve surtout en Grèce, Espagne et Portugal) estiment que les pays souhaitant aller vers plus d’intégration devraient patienter.

Enfin, une forte majorité – 69 % – souhaite que le président de la Commission européenne soit directement élu par les citoyens européens. L’Eurobaromètre a aussi testé deux autres idées : la désignation d’un ministre européen de la Justice (58 % d’avis favorables), et la création d’une armée européenne (46 % de pour, mais 47 % de contre).

Eurobaromètre. L’avenir de l’Europe. Enquête réalisée en janvier 2014 dans les 28 États membres de l’UE sur un échantillon total de 27.739 personnes.

En finir avec l’euro pour sauver l’Europe: quatre journalistes brisent le tabou

L’euro est cliniquement mort. Pour sauver l’Europe, il faut revenir aux monnaies nationales, réunies au sein d’une monnaie commune. C’est la thèse de Casser l’euro, ouvrage écrit par quatre journalistes.

Il ne s’agit en aucun cas d’un « réflexe populiste », se défendent les auteurs, mais le fruit d’un travail journalistique quotidien au contact des acteurs de ce système. C’est le constat, après cinq années d’une crise sans précédent, que l’euro, tel qu’il existe aujourd’hui, est « cliniquement mort ». « Plus d’une décennie après le lancement de l’euro, la convergence tant attendue des économies n’a pas eu lieu, les modèles sociaux ont été détricotés et la spéculation s’est déchaînée », écrivent les quatre journalistes.

Et de dénoncer tout à tour un euro « made in Germany » (l’Allemagne a un droit d’accès sans restrictions tarifaires à des marchés voisins et un taux de change compétitif), destructeur de croissance (historique des performances à l’appui), machine à fabriquer de l’hétérogénéité (dopage de la demande intérieure au Sud, choc de compétitivité au Nord), instrument de dumping social (devant l’impossibilité de dévaluer, les seules stratégies sont la baisse de la fiscalité ou la baisse des salaires), ou encore l’euro « cheval de Troie de la rigueur ». Les auteurs écornent aussi au passage la Banque centrale européenne (BCE), « dogmatique et déstabilisante ».

Le livre évoque aussi « la vie après le monnaie unique ». Non, la sortie de l’euro ne va pas provoquer le chaos dans les transactions quotidiennes, grâce à la règle du « un pour un » qui consiste à caler, temporairement, l’unité de chaque devise nationale sur l’euro. Non, la dette ne vas pas exploser, car un Etat peut discrétionnairement modifier le libellé de sa dette sans en affecter la valeur nominale (autrement dit, les 2000 milliards d’euros de dette tricolore vaudront 2000 milliards de francs). Non, les marchés ne vont pas se fermer, et même s’ils refusaient de prêter à la France, l’Etat pourrait toujours mobiliser les quelque 3000 milliards d’euros d’actifs financiers dont disposent les Français. Non, l’inflation ne va pas exploser, et qu’on se le dise, 4% d’inflation annuelle permet d’alléger 35 milliards de dette d’un coup.

Ces arguments sont séduisants. Nul doute qu’ils offriront du grain à moudre aux opposants à la monnaie unique. Mais ils restent contestables. Et contestés. « Sortir de l’euro peut être tentant », écrit dans une tribune le journaliste des Echos Guillaume de Calignon. Mais « la sortie de l’euro serait un saut dans l’inconnu, une réaction en chaîne d’événements qui risque de tétaniser les agents économiques, ménages comme entreprises. Sans compter les réactions politiques de nos voisins. Sans l’euro, les Français savent ce qu’ils perdront mais n’ont aucune idée de ce qu’ils gagneront. Les problèmes ne seront pas réglés par un retour en arrière. »

L’Express

L’union européenne couvre un tiers du déficit budgétaire de la Tunisie

Dans les années à venir, la coopération entre l’Union Européenne et la Tunisie visera à appuyer les réformes socio-économiques, à assurer un développement plus équilibré du territoire, à renforcer la gouvernance, mais aussi la société civile, a déclaré l’ambassadrice de l’Union Européenne en Tunisie Laura Baeza, dans un entretien avec le Centre d’information pour le Voisinage européen, publié sur son site.

[...] au lendemain de la Révolution de janvier 2011, l’Union européenne a pratiquement doublé son aide à la Tunisie, soit 150 millions d’euros par an. Elle a été le premier bénéficiaire de l’instrument SPRING, créé en réponse au Printemps Arabe, pour encourager les pays à s’engager le plus rapidement sur la voie de la transition démocratique. Outre ces dons, d’autres soutiens ont été accordés sous forme de prêts par la Banque européenne d’investissement, pour un montant de 300 millions d’euros par an. A cela viendra s’ajouter une aide macro-financière de 300 millions d’euros qui sera accordée par l’Union européenne à la fin du printemps prochain. Ces aides cumulant dons et prêts représentent environ un tiers du déficit budgétaire de l’état tunisien, a-t-elle dit.

[…] Nous avons aujourd’hui 54 projets en cours, soit un montant de 16 millions d’euros. A cela s’ajoute un projet spécifique de 7 millions d’euros destiné à rapprocher la société civile et les acteurs publics dans toute la Tunisie grâce aux six bureaux régionaux qui ont été mis en place.

GNet

Un pacte pour une Europe de la diversité et contre le racisme

La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, la parlementaire italienne Cécile Kyenge ainsi que le ministre grec de l’Intérieur, Ioannis Michelakis, ont présenté mardi un « Pacte 2014-2020 pour une Europe de la diversité et de la lutte contre le racisme ». Ce projet de texte sera prochainement proposé aux 28 Etats membres de l’Union européenne, qui auront la possibilité de le signer lors d’une rencontre qui se tiendra le 5 mai à Bruxelles.

A l’initiative de la vice-Première ministre, ministre de l’Intérieur et de l’Egalité des chances, Joëlle Milquet, les ministres et représentants des Etats membres de l’Union Européenne s’étaient réunis, le 23 septembre, autour de leur collègue italienne Cécile Kyenge. Cette dernière, première femme noire dans un gouvernement italien, avait en effet été la cible de nombreux propos racistes, provenant le plus souvent d’élus du parti anti-immigrés de la Ligue du Nord ou de groupuscules d’extrême droite.

Les participants à la réunion de septembre avaient décidé de lancer ensemble un appel fort de rejet du racisme en Europe et d’élaborer un pacte pour une Europe de la diversité. Le projet de pacte élaboré va désormais être envoyé aux Etats membres. Le texte sera aussi lancé dans la société civile, a souligné Mme Milquet. « Le pacte contiendra un certain nombre de recommandations. Chaque Etat devra notamment avoir une stratégie claire contre le racisme », a-t-elle ajouté. A l’heure actuelle, une personne sur quatre issue d’un groupe minoritaire a déjà été confronté en Europe à un crime à caractère raciste, selon l’Agence des droits fondamentaux. De plus, entre 57% et 74% de l’ensemble des agressions et menaces, dont les groupes minoritaires ethniques ont été victimes, ne sont pas signalés à la police.

La parlementaire italienne, Cécile Kyenge, a insisté sur l’importance d’envoyer un message fort à la veille des élections et de travailler ensemble pour lutter contre ces problématiques. « La situation économique difficile dans certains Etats européens ne doit pas constituer un alibi pour négliger le rôle de l’Union qui doit faire respecter les droits de ses citoyens », a déclaré quant à lui Ioannis Michelakis, le ministre grec de l’Intérieur, dont le pays assure actuellement la présidence de l’Union européenne.

Le Vif

Grèce : doublement de la pauvreté en un an

Le taux de pauvreté est passé de 11,8 % de la population en 2012 à 23,7 % en 2013. Une hausse record dans l’UE.

La Grèce a beau se réjouir d’avoir obtenu de l’Eurogroupe, à Athènes, le déblocage d’une tranche d’aide de 6,3 milliards d’euros, le dernier rapport de la Commission européenne sur la progression de la pauvreté en Europe a de quoi lui saper le moral.

En 2013, la Grèce détenait le triste record du pays européen où la pauvreté a le plus progressé entre 2012 et 2013. La pauvreté touche 23,7 % de la population en 2013, contre 11,8 % en 2012. Entre 2008 et 2013, le revenu des ménages a baissé de 14,8 % et, sur la même période, le chômage des jeunes a triplé. La cure d’austérité imposée au pays depuis quatre ans n’y est pas pour rien. Evdokia Androulaki, 25 ans, est diplômée d’économie de l’université d’Athènes, elle fait partie de ces jeunes chômeurs.

Elle parle quatre langues mais derrière ses cheveux noirs frisés et ses yeux pétillants, elle cache beaucoup amertume. «J’ai passé des nuits à réviser pour obtenir mes diplômes et je me dis que ça ne sert à rien. La Grèce est en train de devenir la Côte d’Azur de l’Europe mais avec des salaires asiatiques. Au final, je ne serai jamais professeur et je vais finir serveuse tout comme mes camarades de classe à gagner 300 euros par mois.» La classe politique grecque se fait l’écho de ce désespoir ambiant qui risque de s’exprimer avec violence lors du double scrutin des élections municipales et européennes des 18 et 25 mai prochain. Cela pourrait affaiblir le gouvernement, dont la majorité parlementaire ne tient plus qu’à deux députés…

Dans ce contexte compliqué politiquement et fragile économiquement, les autorités sont prêtes à tout pour célébrer le déblocage d’une tranche de 6,3 milliards d’euros sur les 8,5 milliards d’euros accordés par l’Union européenne et la BCE. Somme à laquelle il faut ajouter les 3,5 milliards d’euros octroyés par le Fonds monétaire international (FMI).

Le Figaro