Le monde manichéen d’Eurabia (MàJ)

Addendum 1/06/12 :

« Eurabia, néologisme forgé en 2006 par l’essayiste Bat Ye’Or » écrit J-Y Camus dans Le Monde du, 28.05.2012. Qu’il lise la date d’édition de la revue des euro-parlementaires acteurs du Dialogue Euro-Arabe, politique à part entière de l’UE :

islamisation.fr

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L’idéologie qui a conduit Anders Behring Breivik à s’attaquer à l’Etat norvégien, puis à des militants du Parti social-démocrate, en juillet 2011, n’est pas que le délire d’un homme seul : c’est une construction intellectuelle qu’il explique dans son manifeste « 2083″ – une déclaration d’indépendance européenne, qui s’avère être surtout une compilation des écrits d’auteurs anglo-saxons appartenant à la frange la plus radicale du mouvement néoconservateur.

L’idée d’Eurabia sert à justifier moralement le leadership mondial incontesté de l’Amérique

L’enquête du journaliste norvégien Oyvind Strommen, La Toile brune (Actes Sud, 206 p., 21 euros), montre bien l’obsession qui s’est emparée depuis le début des années 2000 d’une partie significative des droites radicales xénophobes en Europe occidentale. Il s’agit de la peur d’Eurabia, néologisme forgé en 2006 par l’essayiste Bat Ye’Or, désignant un continent et une culture européens soumis de leur plein gré à l’islam et à son corpus de lois normatives, la charia, ayant renié leurs racines « judéo-chrétiennes » et de surcroît en voie d’être démographiquement submergés par les musulmans, au point que les Européens « de souche » deviendraient bientôt minoritaires.

Autre néologisme, la « dhimmitude » (le fait d’être soumis au statut de sujet protégé, donc de seconde zone, qu’impose l’islam aux non-musulmans) serait l’inéluctable horizon – et le choix conscient – des peuples de notre continent, si elle n’est déjà notre réalité quotidienne. [...]

Le Monde

(merci à Camulogenos)

Jean-Yves Camus : « Le djihadisme de Breivik fait parfaitement symétrie à l’islamisme radical »

Jean-Yves Camus est spécialiste de l’extrême-droite à l’IRIS.

[...] Par ailleurs, en lisant le manifeste de Breivik, je suis frappé par le nombre d’occurrences du mot «Eurabia», très utilisé dans les milieux d’extrême droite pour dénoncer une prétendue islamisation rampante de l’Europe. Ce terme a été créé par une pseudo-islamologue britannique. Après le 11 septembre 2001, certains milieux ultraconservateurs ont exploité ce concept. À force de confondre islam et islamisme, de théoriser sur un choc des civilisations, ces gens ont échauffé les esprits et alimenté les fantasmes. Le djihadisme de Breivik fait parfaitement symétrie à l’islamisme radical. [...]

Le Figaro

(merci à Anne)

Philip Jenkins : Les thèses sur l’islamisation de l’Europe «apparaissent ridicules»

Dans une tribune publiée par le site américain RealClear Religion, l’universitaire Philip Jenkins, professeur de sciences des religions à l’Université de l’État de Pennsylvanie, réfute les théories très en vogue aux États-Unis sur l’islamisation de l’Europe.

D’ici à la fin du XXIe siècle, les gens d’origine musulmane pourraient représenter jusqu’à 15 % ou 20 % pour cent de la population européenne, au maximum.

«Personne ne devrait sous-estimer les dangers réels de la subversion et le terrorisme sur le sol européen, mais la question démographique est bien distincte, écrit Philip Jenkins. Si on regarde la taille de la population musulmane d’Europe aujourd’hui – et comment elle devrait croître au fil du temps – les cauchemars ‘eurabiens’ apparaissent ridicules.»

Il rappelle ainsi que 4,6 % de la population européenne est aujourd’hui musulmane. «En chiffres bruts, les musulmans représentent environ la même proportion de la population européenne que les minorités ethniques dans l’Iowa ou le New Hampshire», relève-t-il. Or ces États sont considérés aux États-Unis comme étant très peu affectés par la diversité ethnique… Selon lui, la peur d’une islamisation de la société européenne vient de ce que les Européens actuels «ont grandi dans une société très homogène, de sorte que toute diversité – la peau brune par exemple – a tendance à les faire sursauter».

«Inquiétez-vous des militants, enquêtez sur les subversifs, et éliminez impitoyablement les terroristes, conclut Philip Jenkins. Réfléchissez bien à des lois appropriées sur la burqa et contre les discours inspirés par la haine. Mais gardez ces politiques strictement séparées des débats démographiques et des fantasmes sur l’invasion raciale.»

La Croix

Les avancées du projet «Eurabia» en 2008

Sur le site du Brussels Journal, un long article du prolifique Fjordman fait un  point très complet sur les avancées du projet «Eurabia» en 2008. Synthèse de l’article (via Visiteur)

Depuis 2006, les dirigeants des nations européennes sont de plus en plus ouvertement favorables à l’idée d’un élargissement de l’Union Européenne au monde arabe. Dès 2002, Louis Michel, ministre Belge des Affaires Etrangères et actuel membre de la Commission Européenne, avait déclaré devant le parlement belge que l’Europe devrait à terme inclure l’Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Dans une lettre parue dans le très sérieux quotidien italien « Corriere della sera », l’ancien président italien Francesco Cossiga a révélé que par le passé, le gouvernement italien avait passé avec les groupes terroristes palestiniens des accords secrets stipulant qu’ils pouvaient circuler librement sur le sol italien, et même s’y entrainer au combat, en échange de la promesse qu’aucun attentat ne serait commis sur le sol italien. Ces accords, probablement passés avec d’autres pays européens, ont marqué le début de la stratégie « pro arabe » des pays occidentaux.

La capitulation devant l’Islam guerrier se poursuit aujourd’hui sous d’autres formes, la plus notable étant probablement ces milliards d’euros versés aux pays arabes en général — et aux palestiniens en particulier —  un procédé qui ressemble fort à une « assurance protection ».

Entre 2000 et 2006, un programme nommé « MEDA », l’instrument du partenariat « Europe–Méditerranée », a versé plus de 5 milliards d’euros, selon le site officiel de l’UE. Entre 1995 et 1999, 86% des fonds alloués au programme MEDA furent dirigés vers l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Syrie, la Tunisie, la Turquie, et les autorités Palestiniennes.

En 2007, le programme MEDA fut remplacé par le European Neighbourhood and Partnership Instrument , qui prévoit de dépenser 11 milliards d’euros sur la période 2007-2013 pour, entre autres :

  • la promotion de la coopération entre états arabes et européens (secteur de l’énergie et des transports)
  • la formation et la mobilité des enseignants, des chercheurs et des étudiants
  • le dialogue multiculturel
  • les échanges internationaux d’étudiants avec les pays arabes

L’ensemble de ce projet sera coordonné par la Commission Européenne, en partenariat avec des ONG, des associations cultuelles islamiques, des mosquées…

En septembre 2008, une brève — à peine reprise dans les médias danois — nous informait que les musulmans vivant au sein de l’UE pourront dans un futur proche divorcer en accord avec la charia, la loi islamique.

C’est en tout cas la position de la Commission Européenne, qui propose Lire la suite