Ce lycée catholique où les élèves fêtent Noël et l’Aïd-el-Kébir

C’est un lycée catholique où les élèves participeront vendredi à la messe de Noël mais ont aussi déjà mangé le mouton à l’Aïd-el-Kébir: loin d’une sacro-sainte laïcité, l’établissement du Sacré-Coeur, à Thiais, dans le Val-de-Marne, se fait l’apôtre du pragmatisme.

Dans cet établissement, se côtoient 180 jeunes de 14 à 23 ans d’une vingtaine de nationalités différentes: des jeunes issus de la banlieue voisine, d’autres suivis par l’aide sociale à l’enfance et une trentaine de mineurs étrangers isolés. Bien que l’établissement soit catholique, les familles musulmanes sont nombreuses à y envoyer leurs enfants, comme dans d’autres établissements privés: « Ils se disent qu’au moins ici on entendra parler de Dieu », avance Sylvestre Wozniak, responsable de la pastorale à Apprentis d’Auteuil, qui gère ce lycée.

En 2010, le secrétariat général de l’enseignement catholique a élaboré un dossier intitulé « Musulmans en école catholique » pour donner des clés de compréhension sur l’islam et aider les établissements à prendre des décisions. A Apprentis d’Auteuil, une islamologue, Moumena Chérif, a aussi été recrutée pour conseiller les équipes éducatives. « Si les élèves réclament du halal à la cantine, je conseille de ne pas céder parce qu’il faut que les élèves puissent s’adapter pour s’intégrer plus tard à la société », cite-t-elle en guise d’exemple. A la cantine du Sacré-Coeur, pas de halal ou de casher mais une diversité de plats pour que les élèves puissent choisir ce qui leur convient. Pour les élèves musulmans pratiquants, « pendant le ramadan, on aménage une salle où ils peuvent se reposer, discuter pendant l’heure du déjeuner », explique la directrice, Sophie Meysselle, petite croix autour du cou.

« Parfois, les familles me demandent si les élèves peuvent ne pas venir en cours exceptionnellement parce que c’est une fête religieuse importante. J’accepte si ça ne désorganise pas le fonctionnement de l’établissement », tranche la directrice. « On facilite le fait que chaque jeune pratique sa religion », poursuit-elle.

Faire cohabiter des adolescents d’origines et de croyances différentes n’est pas sans difficultés. « Après des événements comme le 11 septembre, certains jeunes sont arrivés avec des expressions extrêmement provocantes », rapporte M. Wozniak. « Il peut y avoir des réactions antisémites ou des tensions entre des jeunes de confessions différentes ».

(…) Le Progres

Perpignan : Quand l’école catholique découvre la mosquée

Je ne l’imaginais pas aussi grande ». « Je me demande pourquoi, il n’y a pas de minaret ». « C’est impressionnant de venir découvrir un lieu où l’on ne vient jamais et que même nos parents ne connaissent pas ». Hugo, Laura ou Damien s’interrogent, s’émeuvent, questionnent. Comme 150 élèves de 5e du collège privé Maintenon, ils découvraient, hier, la mosquée de Perpignan. Un moment fort pour ces enfants issus de l’enseignement catholique.

Une initiative née de la rencontre de Salim Bencheikh, président du Collectif des musulmans de Perpignan et du père Jean-Baptiste Blondeau, délégué épiscopal au dialogue interreligieux.

(…) L’Indépendant

(Merci à Antibarbare)

Belgique : Des cours de religion islamique à l’école catholique ?

L’enseignement catholique a demandé samedi de pouvoir à nouveau dispenser des cours de religion islamique, dans une perspective de «dialogue inter-convictionnel» à l’école.

«Est-il juste, lorsqu’une majorité des élèves qui fréquentent une école catholique est de confession musulmane, de ne pas offrir le choix de suivre un cours de cette confession», a demandé Etienne Michel, directeur du SeGEC (Secrétariat général de l’enseignement catholique), au terme d’un congrès sur les perspectives de l’enseignement catholique pour les dix prochaines années.

Actuellement, une seule école catholique d’enseignement fondamental à Cheratte (province de Liège) bénéficie d’une dérogation pour pouvoir dispenser un tel cours, que le cadre légal exclut de l’enseignement catholique depuis plus d’une dizaine d’années. […]

Nombre de familles musulmanes inscrivent leur(s) enfant(s) dans des écoles de l’enseignement officiel, où les cours de religion islamique sont dispensés.[…]

Le Soir

Aider les écoles catholiques à intégrer les musulmans

Le nombre d’élèves de confession musulmane est en hausse dans ces établissements privés, où ils se retrouvent même parfois en majorité. L’enseignement catholique distribue à ses enseignants un manuel de «bonne conduite».

Dans un lycée catholique, un groupe d’élèves de Terminale refuse d’aller à la piscine pendant le Ramadan sous prétexte qu’ils risquent d’avaler de l’eau. Invoquant une raison d’ordre médical, leurs parents réclament une dispense d’activités sportives. Malaise du côté du corps enseignant : ces activités donnent lieu à une évaluation qui compte pour l’obtention du baccalauréat. Autre lieu, autre scène : une école primaire catholique accueille plus de 200 élèves. Parmi eux, environ 70% sont de confession musulmane. Or, le chef d’établissement décide d’installer une crèche dans le hall pendant l’Avent. Un parent musulman exige alors le retrait de celle-ci, «un musulman ne pouvant pas entendre que Jésus est Fils de Dieu.»

Le Figaro

(Merci à K., Alap et Michel)