Pakistan : En quête de protection, des chrétiens candidats pour les islamistes

Pervaiz Masih, un chrétien pakistanais est candidat pour le parti de la Jamaat-e-Islami à Peshawar. En rejoignant des partis islamistes, les chrétiens du Pakistan espèrent être mieux protégés face à la montée du fondamentalisme. Géant musulman de 180 millions d’habitants, le Pakistan compte entre trois et quatre millions de chrétiens.

«L’islam est la seule religion qui protège le droit des minorités. Si la loi islamique est appliquée ce seront donc les minorités qui en bénéficieront le plus», lance Akram Waqar Gill, un chrétien du Pendjab inscrit sur la liste des islamistes de la Jamaat-Ulema-e-Islam.

Le 9 mars 2013 restera à jamais gravé dans les mémoires des chrétiens de Joseph Colony, ghetto miséreux perdu dans les entrailles de Lahore (est), capitale du Pendjab. Ce jour là au petit matin, près de 3.000 musulmans en colère, deux fois plus que les chrétiens de Joseph Colony, y ont saccagé et incendié plus d’une centaine de maisons de la minorité. Les assaillants assurent qu’un chrétien avait tenu des propos jugés «blasphématoires» envers l’islam. Les victimes soupçonnent elles un motif moins louable : la foule aurait été poussée par des commerçants musulmans décidés à faire main basse sur les modestes terres chrétiennes. […]

Ce jour là, la Ligue musulmane des frères Nawaz et Shahbaz Sharif (PML-N), au pouvoir dans la province du Pendjab, comme le Parti du Peuple pakistanais (PPP) alors à la tête du gouvernement fédéral, ont laissé libre cours à la rage. Mais les deux partis ont ensuite versé une généreuse compensation financière aux victimes de Joseph Colony. Et à quelques jours du scrutin législatif, leurs affiches tapissent les murs du quartier. «Ils ont chacun donné 5.000 dollars par famille, nous allons donc voter pour eux», explique Mehmood Masih, approuvé par ses amis.

Pour éviter d’autres dérapages comme Joseph Colony ou Gojra, petite ville du Pendjab où sept chrétiens avaient été brûlés vifs par des musulmans en 2009, d’autres chrétiens ont fait un choix surprenant: voter et même se présenter sous la bannière des partis islamistes ! […]

Dans l’orthodoxie musulmane, le versement d’une taxe spéciale, la «jizya», garantit aux chrétiens la «protection». Ici, il n’est toutefois pas question d’un impôt particulier, mais de bâtir des ponts pacifiques entre communautés. […]

L’Orient Le Jour (Merci à DANY)

Pourquoi le FN n’a pas du tout gagné la bataille des idées

«Nous avons déjà gagné la bataille des idées», a lancé Marine Le Pen lors de son discours du 1er mai, alors qu’un sondage CSA pour BFMTV montre que si le premier tour de l’élection présidentielle avait lieu dimanche prochain, la présidente du FN accéderait au 2nd tour et y obtiendrait 33%.

Interview de Christophe Bouillaud, professeur de sciences politiques à l’Institut d’Études politiques de Grenoble, et de Sylvain Crépon, docteur en sociologie et chercheur au laboratoire Sophiapol de l’université Paris-Ouest-Nanterre.

Le Français sont d’accord pour dire qu’il y a trop d’immigration en France et pour freiner les flux qui en sont à l’origine. A tel point que plus personne à l’UMP et même au PS n’ose plus dire que l’immigration n’est pas un problème.

Sylvain Crépon : Non, il faut relativiser les sondages qui ont semblé indiquer qu’une majorité des Français se sentait proches des idées de Marine Le Pen. Lorsqu’on analyse ces sondages de plus près, on constate que si 32% des Français partagent le même diagnostic que Marine Le Pen, ils ne sont que 12% à adhérer aux solutions du FN. Il faut donc bien discerner les deux notions. […]

De manière générale, les Français sont en désaccord avec les solutions du FN : la sortie de l’Euro ou encore la préférence nationale, rebaptisée priorité nationale, ne sont pas du tout plébiscitées par les Français. Tous ce qui constitue la pierre angulaire du programme du Front national est rejeté. En revanche, le Front national dénonce des problèmes réels qui font échos aux préoccupations des Français : le climat des affaires, la coupure entre le peuple et les élites, la misère sociale. Les Français se montrent très sensibles à cette dimension. Marine Le Pen a également réussi à faire sauter un tabou et «respectabiliser» certaines idées du Front national. […]

Le fait que le PS ait plus ou moins renoncé au droit de vote des étrangers est indirectement une victoire du FN. Avec un Front national à 10 %, cette réforme était possible. Elle ne l’est plus avec un FN à 18%.

Christophe Bouillaud : Et s’il y a un «corpus idéologique», est-il plus ou moins radical qu’auparavant? Pour ne prendre que cet exemple, le FN se veut, par ses déclarations récentes, de plus en plus «social», et tend à faire oublier la vision néo-libérale qui fut indéniablement la sienne dans les (lointaines) années 1980. En faisant du mauvais esprit, est-ce à dire que ce parti ambitionne désormais de devenir «national et socialiste», pour ne pas dire «national-socialiste» ? Je suppose qu’à cette seule évocation, particulièrement stigmatisante, la direction du FN se récrierait en affirmant sa loyauté envers l’économie de marché, et son refus absolu d’être assimilé au nazisme liberticide et génocidaire. […]

Dans le fond, aujourd’hui, en tenant un discours «social», le FN s’inscrit aussi dans l’air du temps. Quel parti politique va oser par les temps qui courent aller raconter aux Français que, par exemple, la finance dérégulée est bonne pour eux et pour la France? On peut ainsi dire que c’est le FN qui suit l’opinion publique, plutôt que l’inverse. Par contre, si l’on reste sur les coordonnées classiques du discours public du FN (anti-immigration, ordre public, vision traditionnelle de la famille et de la société), on peut effectivement constater que l’opinion publique va plutôt dans son sens. Par exemple, sur l’immigration, et surtout sur la place de l’Islam dans la société française, l’opinion publique se rapproche plutôt de ses positions pendant toutes ces dernières années.

Atlantico

Jacques Sapir : « Vers une crise de régime ? »

Les sondages indiquent un effondrement de la popularité du Président, mais aussi du Premier Ministre et des ministres du gouvernement. Moins d’un an après l’élection présidentielle, et les élections législatives, c’est un phénomène très rare de désaffection massive, qui conduit certains commentateurs à parler d’« enfer ».

[...] La conjonction de la colère politique et de la colère sociale est redoutable. Le potentiel d’une explosion massive ne fait donc que se renforcer, mais cette explosion suivra des voies différentes de celles qui ont été tracées par les syndicats. Seuls ceux qui sauront s’y adapter y survivront. Cette explosion sera, selon toute vraisemblance, violente.

Suite et commentaires sur Fortune

Face au FN, le «front républicain» va de plus en plus mal

Le «front républicain», constitué pour faire barrage au FN, donne de sérieux signes de fatigue et apparaît de moins en moins efficace. La dernière élection partielle dans l’Oise en est une illustration.

«Tel qu’il est entendu par les électeurs, le front républicain devient une sorte de syndicat des sortants, une sorte de mot d’ordre pour maintenir un dispositif politique», explique à l’AFP l’ancien président de SOS Racisme, Malek Boutih.

Avec la forte poussée de la candidate frontiste, Florence Italiani, entre les deux tours de la législative partielle de l’Oise — de 7.249 à 13.190 voix, de 26,5% à 48,6% — beaucoup se demandent si des électeurs du PS, éliminé au premier tour, sont allés voter FN.

«S’il est probable» que Florence Italiani a «bénéficié du soutien d’abstentionnistes de premier tour» , «l’analyse objective» du scrutin «conduit à penser qu’une part significative de ces électeurs gagnés au second tour provient des rangs de la gauche», affirme Jérôme Fourquet (Ifop) dans une note diffusée mardi. […]
Côté UMP, le débat semble tranché. Depuis les cantonales de mars 2011, le parti n’appelle plus à voter à gauche contre l’extrême droite, au motif notamment que le PS est l’allié du Front de gauche et des communistes. Une position définitive ? «Globalement, moi je vote républicain contre le FN», a récemment lâché Jean-Pierre Raffarin. […]

Le Parisien (Merci à Lilib )

Européennes 2014 : Jean-Marie Le Pen candidat dans le Sud-Est

Jean-Marie Le Pen ne prendra pas encore sa retraite électorale. Après avoir laissé la présidence du Front national, remportée par sa fille Marine Le Pen, l’ancien candidat frontiste à la présidentielle a annoncé sa candidature pour les prochaines élections européennes de 2014. [...]

« La politique, ce sera jusqu’au bout, comme Molière. »

A 84 ans, l’ancien leader du Front national, anti-européen mais toujours eurodéputé, sera donc candidat de son parti sur la circonscription sud-est, qui regroupe les régions Rhône-Alpes et Paca.

Le Lab / Europe 1

Corbeil : le témoignage qui dénonce le système Dassault (vidéo)

En 2010, Rachid, 33 ans aujourd’hui, est un enfant des Tarterêts, une cité sensible de Corbeil (Essonne). Il a participé à la campagne de Jean-Pierre Bechter, bras droit du sénateur UMP Serge Dassault et élu à la mairie de Corbeil-Essonnes. En janvier, le jeune homme, qui travaille dans une entreprise de transport, a été victime d’une tentative d’homicide, dont un juge d’Evry a été saisi.

Devant les enquêteurs, Rachid Toumi a fait le lien entre son agression et les pratiques électoralistes de l’équipe Dassault-Bechter, sur lesquelles se penche la justice.

A la suite à un signalement Tracfin (organisme du ministère des Finances, chargé de traquer des mouvements de fonds suspects), une enquête préliminaire a été ouverte en 2010 sur des mouvements de fonds suspects en marge de la campagne électorale. Une autre enquête préliminaire, ouverte l’an dernier, s’intéresse à des « tentatives d’extorsion de fonds en bande organisée » et à des prêts consentis par Serge Dassault (l’industriel de la défense et de l’aéronautique est la 5e fortune de France, avec près de 10 Mds€) sous forme de virements bancaires. Enfin, une instruction a été ouverte au printemps 2012, à la suite de plaintes pour « appels malveillants » et « tentatives d’extorsion de fonds » déposés par les enfants Dassault.

(…) La semaine dernière, un homme a été victime d’une fusillade à Corbeil. Il a été grièvement blessé. Cela vous inquiète-t-il ?
Bechter a fait des promesses. Il ne les a pas tenues. Et, aujourd’hui, on est en train de s’entretuer. Qui sera le prochain ? Est-ce qu’on doit se taire ? Je les ai aidés à avoir un siège de maire. Si je parle, aujourd’hui, c’est parce que je n’ai plus rien à perdre. Corbeil, c’est devenu un système mafieux. L’argent de Dassault a tout pourri. Le jour où Dassault partira, les problèmes cesseront.

Le Parisien

Marion Maréchal-Le Pen sur la réforme du scrutin départemental

Intervention de Marion Maréchal-Le Pen sur le mode de scrutin présenté par Manuel Valls imposant l’élection de binômes homme/femme dans chacun des cantons pour les élections départementales.

Royaume-Uni : la droite courtise le «vote ethnique»

(extraits) Les conservateurs britanniques ne séduisent pas les minorités ethniques.  S’ils ne parviennent pas à les séduire davantage, leur existence même est menacée.

Le conseil en stratégie du Premier ministre Cameron a récemment fait la démonstration froide qu’il y avait urgence. Ainsi, 37 % des Blancs ont voté à droite en 2010, contre seulement 16 % des non-Blancs, et c’est un problème qu’il faut résoudre avant les prochaines élections.

Le vote ethnique peut en effet faire pencher la balance dans plus de la moitié de 80 circonscriptions

A plus long terme, la droite ne peut pas ignorer que la proportion des Blancs diminue, Lire la suite