La Finlande se prépare à un éclatement de la zone euro

Les dirigeants européens doivent se préparer à la possibilité d’un éclatement de la zone euro, comme le fait déjà la Finlande, affirme le ministre finlandais des Affaires étrangères, Erkki Tuomioja, dans un entretien publié vendredi dans la presse britannique.

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« Nous devons nous préparer ouvertement à la possibilité d’un éclatement de la zone euro », déclare M. Tuomioja, selon des propos rapportés par le quotidien conservateur The Daily Telegraph. « C’est quelque chose que personne ne préconise en Finlande, pas même le parti des Vrais Finlandais (droite nationaliste), sans parler du gouvernement. Mais nous devons nous tenir prêts », ajoute le ministre social-démocrate. Selon lui, les dirigeants finlandais ont ainsi préparé des « plans pratiques pour faire face à toute éventualité ».

« Il y a un consensus sur le fait qu’un éclatement de la zone euro coûterait plus cher à court ou moyen terme que de continuer à gérer la crise.

Mais un éclatement ne signifierait pas la fin de l’Union européenne, cela pourrait au contraire permettre à l’UE de mieux fonctionner », poursuit M. Tuomioja. (…)

Midi Libre

Derrière la drague des électeurs du FN, la guerre Sarkozy-Juppé

En allant trop loin dans la chasse aux voix de Marine Le Pen, le candidat de l’UMP pourrait s’aliéner un soutien de taille.

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(…) Parce qu’il songe à l’après-6 mai face à l’échec annoncé de Sarkozy, parce qu’il craint par-dessus tout une dérive extrémiste sans fin et un éclatement de l’UMP, Alain Juppé a de son côté pris les devants dès le lendemain du premier tour.

« Si Nicolas Sarkozy perdait, nous serions un certain nombre à tout faire pour que l’UMP garde sa cohésion », a dit son fondateur sur RTL.

Une petite phrase qui a fait bondir Sarkozy.

Voilà un moment que les deux hommes sont en désaccord sur la stratégie. Juppé estime qu’il faut tenir un discours de rassemblement à l’adresse des modérés et des centristes. Sarkozy juge que c’est inutile et contre-productif. Ceux des centristes qui n’auront pas  voté pour Hollande au premier tour se reporteront naturellement sur mon nom, expliquait-il en substance.

Bref, la ligne est claire : le réservoir de voix est à droite et c’est de ce côté-là qu’il faut travailler. Pas convaincu du tout, le ministre des Affaires étrangères n’en fait qu’à sa tête. Le voilà qui suggère, dans « le Figaro Magazine », 10 jours avant le premier tour, la nomination de François Bayrou à Matignon !

Au grand dam de Sarkozy qui estime que Juppé brouille le message de sa campagne et le lui signifie sans ménagements. En privé.

En entendant Juppé lundi 23 avril se situer dans l’hypothèse de sa défaite, Sarkozy ne prend plus de gants. C’est publiquement cette fois qu’il lui vole dans les plumes : Juppé « ferait mieux de se concentrer sur le second tour », lâche Sarkozy le lendemain sur France 2.

Le désaccord au sommet de l’exécutif est total.

Sarkozy et Juppé, membre du comité stratégique de campagne, avaient fait alliance dans la perspective d’une victoire de Sarkozy. Le premier s’appuyait sur le second, seul vrai poids lourd du gouvernement et caution républicaine de sa campagne, promis pour Matignon en cas de victoire.

Aujourd’hui, ils préparent tous deux l’avenir. Mais ce n’est plus le même.

Le nouvel Observateur

Sécurité, immigration ou « made in France » : le consensus des élites européennes vole en éclats

Quand Marine Le Pen se prend à rêver d’un Front national centre de gravité de la vie politique française, il faut plutôt voir un phénomène européen de prise de conscience de la réalité de la désindustrialisation du continent.

Il se trouve qu’aujourd’hui l’objet d’un consensus élitaire en Europe est en train de voler en éclat, et que les hommes politiques sont forcés de se réintéresser à des sujets concrets et basiques, que sont la politique industrielle et la politique économique. Sans oublier ce qu’est une communauté politique et civique dans la mondialisation, soit dans un univers qui n’est pas extrêmement stable, voire relativement inquiétant pour les gens.

Lire l’article en entier…

«L’éclatement de l’Europe est un risque réel»

Pour Mark Leonard, directeur exécutif du European Council on Foreign Relations (Conseil européen des relations étrangères), deux dangers menacent, «la technocratie et le populisme», qui pourraient conduire à «l’éclatement de l’Europe».

Aux yeux [des populistes], l’UE veille au bien-être du grand négoce et des banques, mais pas à celui des gens ordinaires ; elle lève le contrôle des frontières ; et promeut la mondialisation plutôt qu’elle ne protège ses citoyens des conséquences de celle-ci.

[…]Deux tendances contradictoires mais qui se renforcent l’une l’autre ont défini l’intégration européenne : la technocratie et le populisme. [….] Mais au moment où l’Union européenne (UE) gagnait en maturité comme projet politique, c’est son succès même en tant que phénomène bureaucratique qui a alimenté une réaction populiste. Cette dernière a commencé au Royaume-Uni avec Margaret Thatcher, mais est devenue aujourd’hui une force paneuropéenne qui comprend des figures et des groupes de gauche et de droite, tels Geert Wilders aux Pays-Bas, les Vrais Finlandais, et Marine Le Pen. […]

Le Monde

Imaginer l’impensable : L’éclatement de la zone euro

La crise financière en Irlande s’est étendue au Portugal, puis à l’Espagne, obligeant l’Union européenne à épuiser le fonds de 750 milliards d’euros constitué pour soutenir les États de la zone euro en difficulté. Les 16 membres de la zone sont essorés par les mesures d’austérité, le soutien populaire à la monnaie unique s’effrite et les contribuables allemands manifestent leur agacement face à cette série de plans de sauvetage coûteux.

Au final, un ou plusieurs pays décident ou sont contraints de renoncer à l’euro et de revenir à la devise nationale utilisée avant de lier leur destin à celui de l’Europe économique et monétaire.

Inimaginable il y a quelques semaines, ce scénario fait son chemin chez un nombre, certes encore réduit, mais croissant d’experts, au cas où les dirigeants de l’UE ne parviendraient pas à s’unir autour d’une stratégie forte pour sauver l’euro et à répondre aux inquiétudes des investisseurs sur leurs déséquilibres.

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Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux États-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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