Le krach de 2010 : la crise systémique

Par Paul Bara (ancien trader, économiste de marché puis directeur financier, il a parallèlement enseigné l’économie et la finance à Paris X et à l’ENA)

Hokusai, La grande vague de Kanagawa (1831)

La crise actuelle n’est pas une crise comme celles que nous avons connues depuis 1945. La croissance au quatrième trimestre 2009, en France et aux États-Unis, n’est due (en partie) qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage des entreprises. Nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

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Les doutes grandissent sur la reprise économique mondiale

Depuis quelques semaines, l’optimisme s’est installé sur la planète économique. Pourtant, les économistes pointent du doigt les nombreux risques qui pèsent sur la reprise.

Les indicateurs avancés de conjoncture surprennent agréablement les économistes, la production industrielle se redresse, au point que certains pays, comme l’Allemagne, la France et le Japon, ont affiché des croissances économiques positives au deuxième trimestre. Il n’en fallait pas plus pour doper des marchés financiers habitués à la morosité depuis la mi-2007. Ces derniers atteignent actuellement des plus hauts sur l’année 2009.

Après des mois de déstockage, les entreprises n’ont pas d’autre choix que de se remettre à produire, quand bien même ce serait à des niveaux plus faibles qu’avant la crise. Le secteur automobile, dopé par les plans de relance y compris dans les pays émergents, agit aussi comme un accélérateur de croissance. Trop conscients de l’importance du soutien à ce secteur, les gouvernements ne vont probablement pas retirer du jour au lendemain leurs aides.
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