Desouche Histoire : Napoléon III et la modernisation de la France (partie 1) (rediff.)

L'apothéose de Napoléon III - Cabasson, 1854
L’apothéose de Napoléon III (Guillaume Alphonse Cabasson, 1864).
En haut à gauche, deux putti tiennent l’urne du suffrage universel, celui de gauche brandit le parchemin où est inscrit le résultat : Napoléon III Empereur.

« L’Empereur peut attendre avec confiance le jugement de la postérité.
Son règne restera comme l’un des plus glorieux de notre histoire. »

Louis Pasteur, le 5 septembre 1870.

Ennemi personnel de Victor Hugo, dénigré par les républicains de la fin du XIXe siècle, éclipsé par la légende dorée de son oncle, Napoléon III reste perçu comme un empereur faible, hésitant et rêveur, portrait que lui ont brossé ses adversaires. Pourtant, son règne coïncide avec un essor économique sans précédent et marque une amélioration significative de la condition des classes laborieuses. Et au contraire de son illustre oncle, il laissa la France plus puissante qu’il ne l’a trouvé.

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Desouche Histoire : Le passage de la Bérézina (26-29 novembre 1812)

Le 18 octobre, après 34 jours passés à Moscou, l’hiver approchant, Napoléon, ne voyant pas de proposition de paix arriver et craignant de voir se briser les lignes de communication, se résout à quitter Moscou pour rentrer en France. La campagne de Russie, commencée le 22 juin et dont il ne doutait pas un instant de la réussite, tourne au cauchemar : 200.000 à 300.000 des hommes mobilisés en juin 1812 (600.000) trouvent la mort et beaucoup d’autres ne rentreront jamais (prisonniers, soldats qui firent souche en Russie).

I. Le début d’une retraite désastreuse

Le départ de Moscou a lieu le 19 octobre et Napoléon dispose encore d’environ 95.000 hommes. Les soldats sortent de la ville bien habillés, bien reposés, avec de nombreux convois de bagages, davantage remplis de butin que de provisions. Le maréchal Mortier quitte la ville en dernier avec ses 10.000 hommes. L’empereur, qui s’est laissé intoxiquer par la propagande russe, croit que l’hiver sera tardif et qu’il a du temps devant lui.

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Desouche Histoire : La « civilisation des moeurs » (XVIIe-XVIIIe) (rediff.)

Louis XIV et sa famille par Nicolas de Largillière
Louis XIV et sa famille par Nicolas de Largillière (1710).

A partir du règne de Louis XIII, une fois les troubles des guerres de religion passés, la monarchie reprend le processus de centralisation politique. Celui-ci se double d’une acculturation du peuple auquel est imposé de nouvelles valeurs (christianisation et civilité). Les mentalités se transforment dans un premier temps dans les villes puis le processus touche d’une façon moins forte les campagnes. Ce processus est dénommé par les historiens « civilisation* des mœurs » et nous en sommes encore largement héritiers.

(* note : à entendre au sens de processus : civiliser)

« La centralisation et l’absolutisme engendrent obligatoirement un effort d’unification culturelle. Au fil des générations, de la Flandre au Midi, de la Bretagne à l’Alsace, à Paris comme dans le plus petit hameau, les officiers et les prêtres, bientôt relayés par ceux qu’ils ont convaincu, imprègnent leur millions de contemporains de valeurs nouvelles véhiculées par la centralisation triomphante » – Robert Muchembled dans Culture populaire et culture des élites dans la France moderne.

● Les moyens de l’acculturation

Ce que Benoît Garnot nomme le « dressage culturel » (imposition de nouvelles valeurs) se fait par trois voies principalement : l’Église, l’école et le milieu social. Ce dernier point recouvre la pression sociale (faire comme ses semblables) et le mécanisme naturel d’imitation des élites (le grand bourgeois imitant le noble, le petit bourgeois imitant le grand bourgeois, ainsi de suite).

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Desouche Histoire : Rome et l’Ibérie, la guerre de Numance (rediff.)

Numance, reconstitution
Reconstitution d’une partie de la muraille et de la porte d’entrée de Numance.

L’Ibérie avant l’arrivée des Romains est un territoire morcelé entre de nombreux peuples et tribus (Tartessiens, Vaccéens, Vettons, Turdetans, Astures, Cantabres, Alergetes, …) dont les deux principaux sont les Lusitaniens et les Celtibères. La péninsule n’est pas unie par une culture commune, à la différence de la Gaule, mais divisée en quatre zones principales que l’on peut délimiter avec les inscriptions retrouvées en quatre langues : la Celtibérie au centre, la Lusitanie au centre-Ouest, l’Ibérie sur la côte méditerranéenne (langue non indo-européenne), la Tartessie au Sud-Ouest (non indo-européen). A cela il faut ajouter des comptoirs carthaginois dans le Sud et grecs à l’Est : ces peuples étrangers viennent s’installer pour exploiter les grandes richesses minières de l’Ibérie (or, argent, fer, plomb, étain), la péninsule étant alors perçue comme l’« eldorado » de la Méditerranée.

Les Romains arrivent dans la péninsule pendant la seconde guerre punique (218-202 av. J.-C.) pour y chasser les Carthaginois, objectif rempli avec succès dès 208 (chute de Gadès). Mais une fois le conflit terminé, ils ne repartent pas pour autant : ils poursuivent au contraire la guerre en soumettant une à une les tribus locales. Dès 197 av. J.-C, la péninsule est divisée en deux provinces : la Citérieure (Est) et l’Ultérieure (Sud-Ouest), chacune étant dotée d’un préteur (gouverneur) avec une légion de 5000 hommes renforcés d’auxiliaires venant d’Italie. Pour autant, les hostilités sont loin d’être terminées : les autochtones vont par plusieurs fois secouer violemment le joug romain.

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Desouche Histoire : La noblesse contre la monarchie absolue (XVIIIe siècle)

Le thé à l'anglaise Michel-Barthélémy Ollivier
Michel-Barthélémy Ollivier, Le Thé à l’anglaise servi dans le salon des quatre-glaces au Palais du Temple à Paris en 1764.

Une idée longtemps admise, car entrant dans le schéma marxiste de la lutte des classes dominant dans les universités françaises au cours des années 1950-1970, voudrait que la noblesse et la bourgeoisie se soient opposées au XVIIIe siècle, la bourgeoisie étant finalement sortie victorieuse de cette « lutte des classes » à l’issue de la Révolution. La noblesse de la fin du XVIIIe n’aurait été qu’une vieille citadelle assiégée, garante des anciennes traditions et lois du royaume soumises aux coups de boutoirs de la bourgeoisie des Lumières. Et si elle était présente aux Etats généraux de 1789, ce ne pouvait être que pour s’opposer à toute tentative de réforme, conserver ses droits et privilèges.

Ces idées, enseignées longtemps dans les écoles et jusque dans les facultés, ont été balayées depuis les années 1980 environ mais persistent dans le grand public. Au contraire, la noblesse a très largement épousé les idées des Lumières (y compris la plus ancienne) qu’elle a contribué à façonner. Elle se montrait tout aussi critique que la bourgeoisie sur l’« arbitraire royal », le « despotisme ministériel », la censure, les inégalités dans la société, les entraves au libéralisme économique. Dans les décennies pré-révolutionnaires, il n’y a pas lieu d’opposer une pensée bourgeoise à une pensée noble.

I. La noblesse et les Lumières

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Desouche Histoire : La bataille de Las Navas de Tolosa (16 juillet 1212) (rediff.)

Las Navas de Tolosa
Las Navas de Tolosa (Francisco de Paula Van Halen).

Au XIe siècle, en Espagne, le califat omeyyade entre dans une phase de « décomposition ». En 1031, il n’y a plus de calife, et al-Andalus éclate en une multitude de petits États appelés taifas, sur des bases ethniques. La reconquête s’accélère pour les États chrétiens du Nord. En 1086, l’année qui suit la prise de Tolède, les rois des taifas appellent à l’aide les Berbères almoravides qui venaient de fonder un empire en Afrique du Nord. L’émir Yûsuf ibn Tashfin stoppe alors la reconquête en écrasant l’armée chrétienne à Sagrajas (1086) avant de rembarquer pour le Maroc.

Les chrétiens parviennent néanmoins à rétablir la situation et l’expansion chrétienne reprend. En Afrique du Nord, la puissance almoravide s’effondre, remplacée par les Almohades. Ceux-ci débarquent en Espagne et s’opposent aux chrétiens, avec sur le plan militaire des hauts et des bas. En 1195 survient le désastre d’Alarcos pour les chrétiens, un traumatisme en Occident car survenant peu après la reprise de Jérusalem par les musulmans en Orient (1187). Les chrétiens sont repoussés jusqu’au Tage.

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Desouche Histoire : Paul Déroulède (1846-1914)

Ligue des patriotes - 14 juillet 1912
Manifestation de la Ligue des patriotes le 14 juillet 1912. Au centre Paul Déroulède et Maurice Barrès (respectivement à gauche et à droite).

Paul Déroulède, homme politique et poète sous la IIIe République, fondateur et chef de la Ligue des patriotes, est aujourd’hui oublié, y compris dans les milieux patriotes, alors qu’il fut une figure emblématique du nationalisme français jusqu’à sa mort en 1914. La mémoire a oublié ce « premier nationalisme » auquel il se rattache pour le second incarné par Charles Maurras et Maurice Barrès qui se développa dans les années 1890. Pourtant, malgré ses contradictions, son intransigeance et une obstination parfois incompréhensible dans ses erreurs, Déroulède fut un personnage hardi, sincère, opiniâtre mais sans haine. Au-delà de la thématique de la Revanche tombée en désuétude, son courage et sa ténacité qu’il a incarné dans son Quand même ! peuvent interpeller.

I. Le parcours

Paul Déroulède naît à Paris le 2 septembre 1846, fils d’un père juriste et catholique convaincu. Le cousin du futur fondateur de la Ligue des patriotes est Ludovic Trarieux, futur fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme (1898) ! Après une scolarité passable, il obtient son baccalauréat en lettres en 1863. Son père le pousse à l’inscrire à l’Ecole de Droit et il y obtient péniblement sa licence en 1868 et n’aura jamais un seul client au barreau. Il déteste l’Empire et se décrit alors comme pacifiste, antimilitariste, humanitariste voire internationaliste. La guerre de 1870 va le bouleverser.

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Desouche Histoire : 2 décembre 1851, coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte


Hymne à Napoléon III et à son vaillant peuple (G. Rossini).
Hymne officiel de l’Exposition universelle de 1867.

Après une vie en exil (Suisse et Grande-Bretagne principalement) ou en prison (fort de Ham), Louis-Napoléon Bonaparte se trouve libre de circuler en France après la révolution de 1848 qui a renversé la monarchie de Juillet, ce qui lui permet de se lancer à la conquête du pouvoir.

Le 4 juillet 1848, candidat à l’Assemblée nationale constituante (mais sans l’intention d’y siéger), il est élu dans 4 départements (Seine, Yonne, Charente-inférieure et Corse) ainsi que ses cousins Napoléon-Jérôme Bonaparte, Pierre Bonaparte et Lucien Murat. Aux élections législatives de septembre il est à nouveau élu dans ces 4 départements ainsi qu’en Moselle ; il obtient même 300.000 voix venant de départements où il n’était pas candidat.

Après l’adoption de la Constitution de la Seconde République, il se porte candidat à la première élection présidentielle au suffrage universel masculin, en décembre 1848. Une bonne partie des républicains, orléanistes et légitimistes voyant d’un mauvais œil cette candidature, il a été décidé dans la Constitution que l’Assemblée choisira le nouveau président parmi les deux finalistes lors du deuxième tour. Mais contrairement à toute attente, c’est un raz-de-marée qui se produit pour Louis-Napoléon Bonaparte avec 74,2 % des suffrages (près de 5,6 millions de voix), loin devant les républicains Cavaignac (19,8 %), Ledru-Rollin (5 %), Raspail (0,5 %), Lamartine (0,2 %) et le royaliste Changarnier (0,06 %). Ayant obtenu plus de 50 % des voix, il n’y a pas de deuxième tour devant l’Assemblée.

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