Alain Duhamel. La dépression française : rejet de l’islam et de l’immigration, populisme…

Tribune de Alain Duhamel dans Libération.

Le sondage Ipsos publié vendredi dans le Monde donne une image littéralement effrayante de l’état d’esprit des Français. On savait déjà, par de multiples enquêtes d’opinion, qu’ils battent des records de pessimisme et d’insatisfaction, qu’ils regardent leur situation de façon plus noire que des pays en guerre ou des nations en perdition.

La nouveauté de ce sondage est que la France présente de surcroît toutes les caractéristiques du populisme : forte demande d’autorité (87% pensent que la France a besoin «d’un vrai chef pour remettre de l’ordre»), rejet brutal de l’immigration, aversion de la religion musulmane, sentiment massif de dépossession, détestation du monde politique.

On constate, d’étude en étude, que les Hexagonaux détestent la mondialisation, ont horreur du capitalisme (plus que les Chinois), désespèrent de l’Europe et sont persuadés qu’un déclin inexorable nous entraîne dans une chute sans fin. […]

Libération

Derrière la crise de l’euro, l’inquiétant retour de l’ultra-nationalisme

La montée des nationalismes provoquée par la crise ressemble-t-elle à ce qui s’est passé après la grande dépression ? Point de vue de l’historien britannique Anthony Beevor.

Si une nouvelle crise se préparait avec la troïka (FMI, BCE, zone euro) [...] le gouvernement Samaras n’y résisterait sans doute pas. Ce serait alors un vrai saut dans l’inconnu pour Athènes. Et pour le reste de l’Europe.

L’historien, qui dans un livre monument sur la Seconde Guerre mondiale décrit avec précision la montée des nationalismes dans l’Europe des années 30, refuse l’amalgame, même s’il perçoit certains traits communs entre les deux époques. Et il concluait qu’heureusement la différence majeure entre les deux situations, c’est qu’il n’existe pas aujourd’hui d’idéologie, comme le nazisme ou le communisme, susceptibles de mobiliser les masses et d’anesthésier les esprits, comme ce fut le cas à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Pourtant, ajoute Beevor, la montée d’un certain extrémisme, notamment en Grèce, commence à devenir inquiétante pour la cohésion de la zone euro et même de l’Europe. En effet, si les incidents qui se produisent là-bas sont moins médiatisés qu’au moment des élections du printemps, les manifestations de voyous racistes, issus du mouvement d’extrême droite Aube dorée, se multiplient dans des proportions alarmantes.

Depuis le moi de mai, des dizaines de témoins rapportent des histoires de ratonnades, particulièrement à Athènes, contre des immigrés pakistanais ou somaliens, ou des réfugiés irakiens ou syriens. Étrangement, ces faits sont rarement suivis d’actions judiciaires. Alors que leurs auteurs sont souvent connus pour leurs idées néo-nazies. Pour une bonne raison : les victimes n’osent pas porter plainte, car tout le monde le sait, en Grèce, la police est gangrenée par l’extrême droite. […]

Le Point

La Banque de France prédit l’entrée de la France en récession au 3e trimestre

La Banque de France (BdF) s’attend à un recul de 0,1% du produit intérieur brut de la France au troisième trimestre 2012 qui signifierait l’entrée du pays en récession, selon son enquête mensuelle de conjoncture publiée mercredi. Début juillet, la Banque de France (BdF) avait confirmé s’attendre déjà à un recul de 0,1% du PIB français au deuxième trimestre. Si ces prévisions se confirmaient, l’économie française connaîtrait une nouvelle récession avec deux trimestres consécutifs de recul du PIB.

Le Dauphiné

L’Europe en route vers la dépression

En mai 2010, le gouvernement de la Grèce a été confronté à un problème sur le service de sa dette. Dans le contexte de la zone euro dans son ensemble, les difficultés grecques étaient mineures, équivalant par exemple à un État américain incapable d’équilibrer son budget, comparativement aux USA. La solution évidente était que la Banque centrale européenne acquiert tout ou partie de la dette grecque, mettant ainsi fin au problème d’un trait de plume. Une fois cette difficulté purement financière éliminée, les discussions politiques auraient pu débuter.

La mission d’une banque centrale est double : 1) Assurer la liquidité du système financier structurellement fragile en raison du désappariement des maturités et de l’effet de levier sur la monnaie centrale qui sont à la base de l’activité des banques. 2) Soutenir l’activité et prévenir la surchauffe en pilotant les taux directeurs, ce qui inclut le taux appliqué à la dette d’Etat, qui définit un plancher au dessus duquel viennent s’étager les autres compartiments de risque. Ces objectifs impliquent que l’institut d’émission intervienne en soutien aux banques, mais aussi au Trésor, comme c’est massivement le cas aux USA, au Japon, en Grande Bretagne, et même au Canada, où la banque centrale acquiert 15% des émissions souveraines.

Par construction, l’Union européenne, en interdisant le soutien de la dette publique, a créé les conditions de sa faiblesse, acceptant de facto de s’exposer aux effets déstabilisateurs et déstructurants des mouvements browniens spéculatifs, voyant sans doute dans la menace de sanction des marchés un garde fou souhaitable. Ce faisant, elle impose aux États des règles qui ont depuis longtemps été abandonnées concernant les banques. On sauve les unes, on sanctionne les autres, les acculant à l’austérité et bientôt à la faillite. Tout cela parce que les marchés, n’est-ce pas, ont toujours raison.

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La «malbouffe» rendrait dépressif

Le régime alimentaire de 12’000 volontaires a été analysé. Selon les résultats de cette étude, la malbouffe induirait davantage de dépression.

La consommation d’acides gras trans et de graisses saturées, tels que contenus dans les frites par exemple, accroîtrait le risque de dépression, selon une étude espagnole publiée mercredi aux États-Unis qui conforte d’autres recherches liant «malbouffe» et déprime. Les chercheurs de l’étude ont également constaté que l’huile d’olive –riche en acide gras mono insaturé (oméga 9) et base de la cuisine méditerranéenne–, ainsi que d’autres huiles végétales et poissons gras contenant des graisses insaturées contribuaient à réduire le risque de maladie mentale [...]

Nous avons conclu qu’il était important de tenir compte des effets des acides gras trans et des graisses saturées sur la santé mentale dans des pays comme les États-Unis où l’énergie dérivée de ces aliments est beaucoup plus élevée. »

20minutes.ch

Crise : le système est au bord du gouffre ? Faisons un pas en avant !

La violence de la crise aurait dû provoquer une remise en question du système. Paradoxalement, la rapidité du sauvetage et les moindres conséquences de la crise par rapport à celle de 1929 font que rien n’avance. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir les solutions en main.

Des intellectuels alternatifs se sont levés

Venus de toutes les familles de pensée, de la gauche (Frédéric Lordon, Jacques Généreux, Emmanuel Todd, Jean-François Kahn ce week-end sur son blog dans un très bon papier), du libéralisme humaniste (Jean-Luc Gréau, Maurice Allais), du libéralisme étasunien (Paul Krugman, Joseph Stiglitz, Robert Reich) ou d’ailleurs (Jacques Sapir, Paul Jorion), un nombre toujours plus important d’économistes et d’intellectuels nous proposent des solutions pour refonder le système économique. Laurent Pinsolle propose ici les 18 mesures emblématiques qu’il a retenues. Oui, un autre monde est possible !

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Bienvenue à la Grande Correction

Par Bill Bonner

Nous allons rebaptiser notre théorie. Nous vivons plus qu’une dépression ; c’est plutôt un phénomène économique et financier. Il inclut un transfert du pouvoir… un retour à la normale après quatre siècles d’aberrations… et l’échec de toute une série de sottises économiques récompensées par des prix Nobel — dont l’Hypothèse des marchés efficients et la Théorie du portefeuille moderne. Appelons cette phase la « Grande Correction »… et attendons que les événements nous donnent raison.

Les tendances profondes se poursuivent. L’influence gouvernementale augmente… et file tout droit vers la faillite. La plupart des pays développés accumulent de gigantesques déficits dans leurs finances publiques. C’est la Grèce qui fait les gros titres en ce moment. Les autres pays à la périphérie de l’Europe, observent avec attention. Ce que la Grèce vit maintenant, ils vont probablement le subir plus tard.

Jour après jour, les roues grincent et cahotent… en route vers des gouvernements toujours plus présents, avec des dettes plus grandes… Un gouvernement se tourne vers un autre lorsqu’il a besoin d’aide. Ce dernier se tourne vers un autre encore. Un pays dépend de sa Banque centrale… et sa Banque centrale dépend de la Réserve fédérale américaine, le capo di tutti capi de toutes les banques centrales de la planète.

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La crise en Russie

La crise en Russie : un phénomène d’une durée limitée et aux causes diverses

La crise économique est en train de s’estomper en Russie. À l’exception du taux de croissance des investissements fixes, qui continue d’être déprimé, quoique en progrès relatif, les autres indicateurs témoignent de la sortie de la phase de dépression brutale que le pays a connue.

Ces résultats correspondent par ailleurs à l’ensemble de l’économie mondiale, même si ils ont été plus marqués à la baisse mais aussi à la hausse. La crise a pris, en Russie, la forme d’un « V » particulièrement brutal, mais dont la durée n’a pas excédé une année.

Ceci pose alors la question des causes de la crise.
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