Budget 2014 : Matignon serre la vis mais épargne les «dépenses sociales»

Matignon a adressé mardi les «lettres plafonds» de dépenses aux différents ministères et fixé l’effort de réduction des dépenses de l’Etat à 1,5 milliard d’euros pour 2014, en pleine polémique avec l’opposition sur le calcul du déficit pour cette année.

«Pour la première fois» depuis 1958, les dépenses de l’Etat «vont diminuer. (Elles) seront en diminution de 1,5 milliard d’euros», a déclaré mardi le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, depuis le perron de Matignon. «Chaque année depuis 1958, depuis les débuts de la cinquième République, les dépenses de l’Etat augmentent», a insisté le Premier ministre. «C’est la première fois qu’on va proposer au Parlement une telle diminution. C’est un effort structurel», a-t-on précisé à Matignon.

Selon Les Echos et Le Monde, un milliard d’euros supplémentaire devrait être dégagé pour financer les politiques de l’emploi, afin notamment de maintenir toute l’année un haut niveau de contrats d’avenir et de contrats aidés. Et selon le Monde, les missions concourant à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion, à savoir la solidarité et le logement, devraient également voir leurs crédits augmenter. La mission solidarité, qui représente un peu moins de 15 milliards, devrait ainsi augmenter d’une centaine de millions, selon le journal du soir. […]

Le Parisien (Merci à Bourgmestre)

La France championne du monde des dépenses sociales

Malgré une hausse générale des dépenses dites sociales (au moins en %) dans les pays de l’OCDE qu’explique la crise donc l’accroissement du chômage, la France arrive en tête du classement avec 10 points de plus que la moyenne, y consacrant 32% du PIB. Mais pour les aides aux familles, la France rétrocède au 3e rang derrière l’Irlande et le Royaume-Uni.

Petit état des lieux présenté vendredi par Emmanuel Le Chypre vendredi sur BFM Business :

Nouvelles de France

Sécu: déficit historique en 2010, pas seulement dû à la crise

La Cour des Comptes s’alarme jeudi du trou historique de la Sécu en 2010 à près de 30 milliards d’euros et de l’ampleur de la dette sociale, pressant le gouvernement de réduire les déficits des comptes sociaux qui ne sont pas uniquement dus à la crise.

C’est un poison lent, une drogue dont il faut se désintoxiquer. Nous sommes le seul pays à avoir un déficit durable de cette importance au niveau des comptes sociaux », a déclaré le premier président de la cour Didier Migaud.

A 29,8 milliards, le déficit cumulé des régimes de base et du fonds de solidarité vieillesse (FSV) a un caractère historique. Il a plus que triplé en deux ans. »(…)

L’accumulation des déficits, d’année en année, fait gonfler la dette sociale qui a atteint un total de 136,2 milliards fin 2010. »(…)

Pour tenter de combler ce déficit, la Cour des Comptes préconise d’ »intensifier la maîtrise des dépenses sociales, notamment d’assurance maladie » et d’ »augmenter les recettes en agissant prioritairement sur les « niches » sociales ».

En 2009, les Français ont consommé près de 36 milliards d’euros en médicaments, soit 18% de plus qu’en 2004, entraînant une prise en charge croissante pour la Sécu. La dépense remboursée par l’assurance maladie représente 26,8 milliards d’euros, soit 74,5% de l’achat total de médicaments

AFP

(Merci à Léonidas)

35 ans de difficultés économiques et sociales… qui n’auraient pas dû avoir lieu

Tribune libre de Paysan Savoyard

Posons cette question simple : dans quelle situation, du point de vue économique et social, la majorité de la population française se trouve-t-elle et comment cette situation a-t-elle évolué ces dernières années ?

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On peut répondre rapidement de la façon suivante : la condition de la grande majorité de la population française s’est fortement améliorée au cours des « trente glorieuses. » Puis, à partir du milieu des années 70 (période au cours de la laquelle se produit une crise économique brutale), la position d’une partie significative de la population a cessé de se bonifier et a même commencé à se dégrader : le chômage massif s’installe ; le partage de la valeur ajoutée devient moins favorable aux salaires ; l’imposition se concentre sur la classe moyenne ; les premiers durcissements du système de protection sociale interviennent.

Ce processus de dégradation est jusqu’à présent resté limité. La catégorie la plus nombreuse, celle des salariés, a pu même bénéficier, encore récemment, de différentes améliorations : 5e semaine (1982) ; retraite à 60 ans (1982) ; 35 heures (2000), cette dernière mesure ayant constitué une réforme très favorable pour une partie des salariés, notamment les fonctionnaires et les cadres. Un durcissement du régime de retraite est intervenu (en 1993 pour le secteur privé, en 2003 pour la fonction publique) mais il est jusqu’ici resté modéré. Quant au chômage, il est certes demeuré massif, mais son impact a été amorti par les nombreux dispositifs de « traitement social. »

Cependant le sentiment dominant au sein de la société française est que la période favorable inaugurée dans les années 50 à désormais définitivement pris fin ; que la situation va maintenant se dégrader de façon continue et sérieuse ; et que la position des jeunes générations devrait être significativement moins bonne que celle qu’ont pu connaître les classes d’âge précédentes.

Suite et commentaires sur Fortune

Les dépenses sociales des départements s’envolent

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les départements. «La chute des recettes pourrait atteindre 30 à 40 % cette année», estime-t-on à l’Assemblée des départements de France (ADF).

En termes de dépenses sociales par habitant, la Seine-Saint-Denis reste en tête du classement.

Il y a, côté dépenses, une envolée des dépenses d’aide sociales – qui représentent 60 % de leurs charges de fonctionnement – sur fond d’aggravation de la crise. «Nous payons notamment le RMI, l’essentiel du RSA, l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), l’aide sociale à l’enfance. Le tout avec une contribution de plus en plus réduite de l’État», explique-t-on à l’ADF.

Les dépenses d’aide sociale sont prévues en hausse de 3,6 % dans les budgets 2009, hors outre-mer et hors Paris. Et la part que prennent en charge les départements augmente de 7,4 %.

Étonnamment, les conseils généraux ont tablé sur une stabilité de leurs dépenses au titre du RMI-RSA. Les dépenses effectives pourraient au final s’avérer plus élevées, les rangs des RMIstes ayant grossi au premier trimestre 2009.

Les conseils généraux ont en revanche déjà prévu une augmentation de 5,9 % de l’APA (allocation personnalisée d’autonomie), Lire la suite