Le catholicisme est en chute libre depuis 25 ans en France

Une majorité de Français se déclare catholique (56%), mais ce chiffre ne cesse de chuter au fil des années. Selon une étude du CSA, la moitié des Français sera sans religion d’ici 20 à 30 ans.

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Les Français croient de moins en moins en Dieu. Une étude menée par le CSA tente d’analyser cette perte de foi pour mieux cerner l’audience du catholicisme. Premier enseignement, presque un adulte sur deux de moins de 35 ans est sans religion. « Leur proportion atteint 47% chez les jeunes âgés de 18 à 24 ans et décroît progressivement avec l’âge des individus pour s’établir à seulement 16% chez les plus de 65 ans », explique Yves-Marie Cann,  directeur adjoint du Pôle Opinion Corporatel, qui a conduit cette étude.

D’ici 20 à 30 ans, les personnes sans religions seront majoritaires en France, ce qui  »marquerait, à n’en pas douter, un tournant historique », écrit-il.  [...]

La région la moins catholique est l’Ile-de-France, où sept des huit départements qui la composent figurent dans le top 10 des départements où la proportion de catholique est la plus faible (38% en Seine-Saint-Denis ou encore 42% à Paris). [...]

Par ailleurs, l’étude du CSA essaye de déterminer l’orientation politique des catholiques. La majorité d’entre eux se classe ainsi à droite et au centre (41%). Mais « le catholicisme de gauche n’en reste pas moins une réalité, un quart des pratiquants réguliers et un tiers des pratiquants occasionnels se disant proches de la gauche parlementaire », peut-on lire.  Enfin, si 11% des catholiques manifestent une proximité avec le FN (une propension équivalente à celle du reste de la population), ils sont bien moins nombreux chez les pratiquants réguliers (6%) que chez le pratiquants occasionnels (12%).

TF1 News

Le déclin du mâle blanc allemand

Bien sûr, les Allemands s’intéressent à la campagne électorale qui commence. L’augmentation du prix de l’énergie les inquiète. La situation au Mali ne les laisse pas indifférents. Mais ce qui les passionne ces jours-ci – du moins si l’on se fie à la place que la presse accorde au sujet -, c’est le sexisme de la société allemande.

Tout a commencé le 24 janvier avec le témoignage dans Stern (une sorte de Paris-Match allemand) d’une des journalistes de la rédaction. Agée de 29 ans, Laura Himmelreich accuse Rainer Brüderle, président du groupe parlementaire libéral, d’avoir eu à son égard un comportement « inapproprié ». (…)

Bien sûr, Die Zeit consacre la semaine suivante un de ses éditoriaux à la question, estimant que « cela fait des années » que l’Allemagne n’a pas eu un tel débat. Comme le Spiegel Online,

Die Zeit voit dans cette polémique un signe supplémentaire du déclin du mâle blanc : « Les règles non écrites du vieux jeu entre les hommes et les femmes se renouvellent », peut-on lire. Puis ceci : « Est-ce qu’un homme doit avoir peur d’aller en prison s’il fait un compliment à une femme ? Quelle absurdité. »

Dans ce pays très à cheval sur l’égalité formelle – un homme qui tient la porte pour laisser passer une femme est parfois regardé avec suspicion -, les femmes restent largement discriminées et souvent cantonnées à des tâches subalternes. Dans le magazine Focus du 4 février, qui consacre sa couverture à la question : « Que peut encore se permettre un homme ? », Hannelore Kraft apporte un témoignage intéressant. La puissante ministre-présidente sociale-démocrate de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie remarque : « Plus j’ai gagné en influence, moins j’ai été importunée. Car le sexisme est un instrument de pouvoir. Personne n’est sexiste pour être spirituel. C’est le contraire d’un flirt. Le sexisme va être précisément utilisé pour montrer son pouvoir. » En provoquant ce débat, Rainer Brüderle a peut-être, à son corps défendant, fait légèrement progresser la cause des femmes allemandes.

Le Monde

Nicolas Domenach dénonce «la vague xénophobe et islamophobe qui ne cesse de monter»

Nicolas Domenach revient sur l’enquête IPSOS-Cevipof-Le Monde qui soulignait le rejet de l’Islam par une majorité de Français.

Si une majorité écrasante de Français jugent l’Islam «intolérant» et «incompatible avec la société», ce n’est pas seulement parce qu’ils sont en crise d’économie et d’identité. C’est aussi parce que les républicains musulmans ou non n’ont pas fait leur boulot…

Il est temps, plus que temps, de penser et d’agir contre le déclinisme narcissique et xénophobe qui à la faveur de la crise s’est répandu comme un incendie de forêt avec la complicité des élites. […]

C’est la peur qui tient lieu de pensée, et les prétendus penseurs en cour sont les bardes apeurés de la nostalgie franco-française. Ceux qui prophétisent la fin de la civilisation blanche et masculine, les Ivan Rioufol et Éric Zemmour qui ne communient plus que dans le souvenir jauni d’une grandeur perdue et entretiennent une mélancolie qui tourne à l’aigre, à la détestation de l’étranger en général, et de l’Islam en particulier. Ils sont la caution intellectuelle de la beaufitude de comptoir. […]

Les Gaulois ont toujours eu peur que le ciel leur tombe sur la tête, aujourd’hui on dirait que chacun ne sort plus que casqué et armé de méfiance, de crainte de son ombre…

On pourra toujours se rassurer en constatant comme le fait l’historien Michel Winock qu’il en a déjà été ainsi dans des périodes de difficulté économique. Le seul changement consisterait en un transfert de l’antisémitisme vers l’anti-islamisme chaque jour plus radical, avec des points communs qui demanderaient d’ailleurs à être mis à jour et refroidiraient ceux qui espèrent que les juifs soient épargnés par ce rejet des musulmans ! D’un bouc émissaire l’autre […]

Marianne

Delors : «Les Européens ont le choix entre la survie et le déclin»

L’ancien président de la Commission européenne, le socialiste Jacques Delors, a estimé qu’un changement de traité européen était nécessaire, lors de l’émission BFM TV/Le Point/RMC diffusée dimanche.

«Je considère qu’un changement de traité, même du point de vue des intérêts français, est meilleur que son report», a déclaré Jacques Delors. «La solidarité, ça passe par un abandon de souveraineté en ce qui concerne la gestion de la monnaie commune, l’harmonisation progressive des fiscalités, l’effort de cohésion à l’intérieur de la zone euro», a-t-il détaillé. En revanche, a-t-il poursuivi, «les systèmes sociaux sous contrôle économique doivent relever des décisions de politique nationale».

«Aujourd’hui, c’est simple : les Européens ont le choix entre la survie ou le déclin», a-t-il dit. «Vous remarquerez que Mme Merkel a fait allusion à un nouveau traité. Et une fois de plus, c’est la France qui a dit :’On verra ça plus tard’», a-t-il ajouté. «Si nous ne faisons pas cela, c’est-à-dire consolider l’euro, trouver un bon accord avec la Grande-Bretagne, alors nous irons vers une zone de libre-échange. Une zone de libre-échange sans pouvoir politique, sans aller de l’avant, sans politique de solidarité, c’est une Europe qui disparaîtra», a-t-il pronostiqué.

Le Point

Ivan Rioufol : «Voici donc venue l’échéance de ces décennies d’erreurs»

Ivan Rioufol reconnaît que les partisans du «non» avaient raison en 2005 et qu’il va falloir payer la facture de décennies d’erreurs.

En réalité, le chef de l’État n’est que le dernier héritier d’une succession d’incompétences.

Les «déclinistes», ainsi nommés par ceux qui raillaient les sonneurs de tocsin, avaient vu juste : la France doit faire face, soudainement, à une série de décompositions (économique, politique, morale, sociale, éducative, culturelle) dont aucune n’aura été anticipée. Pourquoi  ?

Parce qu’il était de bon ton, pour faire moderne, ouvert et tolérant, de ne rien voir des prémices. Appeler un chat un chat valait la condescendance politico-médiatique. C’est à cette oligarchie que l’on doit aussi les sarcasmes sur les «nonistes» de 2005, qui trouvaient irresponsable de construire sur du sable une Europe hétérogène, sans racines ni frontières reconnues. Eux non plus ne s’étaient pas trompés ; la Grèce en témoigne. Et voici donc venue l’échéance de ces décennies d’erreurs.

Dans la saga des élites aveuglées, Nicolas Sarkozy aura cherché à être parmi les plus lucides, même si la rupture promise en 2007 n’a pas eu lieu. Cet échec est le sien. Néanmoins, quand l’opposition et ses médias l’accusent d’être le responsable de la France qui tombe, ils usent d’un raccourci dont le seul mérite est d’éviter à la gauche de s’interroger sur ses défaillances. […]

La Figaro/Blog d’Ivan Rioufol

L’Europe, cette idée d’un autre siècle

Et si la construction européenne, avec sa souveraineté partagée si délicate à manier entre Etats-membres, était une idée révolue à l’heure paradoxale du grand métissage mondial et du retour effréné des frontières? L’idée, ces temps-ci, se répand peu à peu. Le sommet Asie-Europe des 4 et 5 octobre à Bruxelles pourrait accentuer le débat.

«L’Europe à 27 est vouée à l’échec!» La formule, cinglante, ne vient pas d’un opposant notoire à la construction européenne mais de l’ancien premier ministre français Edouard Balladur, interrogé récemment par Le Monde. «Quand ça ne va pas, il faut le dire. ajoute-t-il. C’est la passivité et le silence qui peuvent conduire au sentiment anti-européen que vous décrivez et qui se répand dans bien des pays de l’Union.»

Suivent, cités par M. Balladur, les exemples électoraux qui ont défrayé la chronique ces derniers mois: la percée fulgurante du mouvement d’extrême droite «Jobik» en Hongrie, la victoire du populiste anti-islam Geert Wilders aux Pays-Bas, la poussée forte de l’extrême droite en Suède… Exemples auxquels l’on doit ajouter la «déconstruction» en cours de la Belgique sous la pression des nationalistes flamands arrivés en tête des législatives du 13 juin. Car tout en plaidant la cause des régions dans l’Europe unie, ceux-ci, dans la réalité, sapent le modèle communautaire actuel.

La réalité du monde ne peut pas être ignorée. Nous ne sommes plus au vingtième siècle. Nous ne sommes (peut-être) plus dans le siècle de l’Europe.

Ainsi, l’Europe serait en danger de devenir un concept désuet, mal adapté aux réalités du monde global où l’arme suprême de la concurrence est le rapport de forces (et non la norme, chère à Zaki Laidi), la rapidité (et non le compromis forgé avec difficulté) et la capacité des Etats à se trouver des alliés ponctuels en fonction des défis qu’ils affrontent (au lieu de s’efforcer de présenter un front uni). La thèse, il faut le reconnaître, mérite un examen approfondi. D’autant qu’elle vient de recevoir un autre soutien de poids en la personne de l’ancien ministre français des affaires étrangères Hubert Védrine.

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Sondage : la France en « déclin » pour 71% des Français

Plus de sept Français sur dix (71%) estiment que la France est « en déclin », même si elle dispose de « beaucoup d’atouts » aux yeux de 79% d’entre eux, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche.

L’institut a repris pour cette enquête les questions posées il y a cinq ans, en 2005, après le rejet par référendum de la Constitution européenne. A 71%, les Français voient la France « en déclin », soit cinq points de plus qu’en 2005 (66%). 28% expriment un sentiment contraire.

Invités à dire si la France a « beaucoup d’atouts », 79% répondent positivement (contre 21%). Ce chiffre reste élevé mais recule de dix points par rapport au sondage de 2005, où 89% des personnes interrogées avaient répondu oui. Les Français sont très légèrement plus nombreux (70% contre 69% en 2005) à penser que le pays « est capable de se réformer ». 30% pensent le contraire.

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Du déclin des sociétés modernes : idéal stratégique ou destinée tragique ?

L’essor militaire et technologique de la Chine s’accompagne d’une réflexion doctrinale portée par les colonels Liang Qiao et Xiangsui Wang, dans laquelle il s’agit de contourner la logique des armes, actuellement dominée par les États-Unis, par une stratégie « hors limites. » Cette approche n’est pas surprenante en soi parce qu’elle reprend le conseil de Sun Zi « d’attaquer le vide au lieu du plein, » c’est-à-dire de combattre là où l’adversaire s’y attendra le moins.

Cependant, l’analyse historique des conflits tend à prouver que les coûts matériel, humain et financier finissent toujours par nuire sur le long terme aux sociétés qui ont choisi de « poursuivre leur politique par (ces) autres moyens. » En quoi cette stratégie échapperait-elle aux mêmes frictions engendrées par l’affrontement des volontés et le brouillard de la guerre ? Poussons dans ce cas la logique jusqu’au bout, et envisageons une stratégie idéale qui consisterait à affaiblir une société à son insu, au point de la détruire ou de la rendre incapable de contester notre hégémonie. Comment nous y prendrions nous ?

Une réflexion « jusqu’au-boutiste, » pragmatique et affranchie des principes éthiques et juridiques, tend à prouver que le champ des possibles demeure infini, au point d’y voir actuellement d’inquiétantes coïncidences qui font étrangement échos au thème de l’inéluctable déclin des civilisations.

Imaginons-nous à la tête d’une société prospère, moderne et en position dominante sur l’échiquier international. Comment ferions-nous pour conserver cette position dans le cas où une société en pleine croissance viendrait à contester notre hégémonie sur le plan économique, politique et militaire ?

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Il n’y a pas qu’en Grèce que ça grince

Depuis huit semaines, la crise de l’État grec domine la discussion publique avec l’ar­rière-pensée que celle-ci risque d’entraîner une crise de l’euro. Les deux sont exagérés.

Le produit social brut de la Grèce n’est pas plus élevé que celui du Land de Basse-Saxe, elle est donc marginale pour l’espace euro. Et la Grèce ne mettra en danger l’euro que si les eurocrates ne laissent pas la Grèce s’assainir elle-même et se précipitent au secours de la Grèce en toute hâte et avec trop de zèle. Dans ce cas, la Grèce deviendrait un modèle pour d’autres pays faibles, tels l’Espagne, le Portugal, la Lettonie, l’Italie et la France et constituerait en fait un danger substantiel pour l’euro.

Ce n’est pas par hasard que les USA crient que la Grèce représente une menace pour l’euro. Cela pourrait être une manœuvre de diversion pour que les investisseurs de fonds du monde entier cessent de fuir le dollar, qui est en déclin, pour aller vers l’euro parce que celui-ci leur semble plus stable.

Le cas de la Grèce représente quand même un tournant pour l’Europe : l’excès d’argent qui est parti des États-Unis par le raz-de-marée financier de la FED et l’augmentation de placements toxiques, auraient dû entraîner l’effondrement des banques fautives, mais l’agent principal Paulson, ancien directeur de banque et ministre des finances américain, a provoqué la crise des fi­nances d’État en injectant aux banques la plus grande somme de tous les temps.

Tout ceci est dissimulé et caché actuellement, rien que parce que la FED submerge le marché d’argent bon marché à 1% et maintient ainsi la liquidité des banques et des États risquant la faillite.

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L’industrie française a perdu 36% de ses effectifs en 30 ans

L’Hexagone est passé d’une économie héritière d’une tradition industrielle à une économie principalement de services. En cause : une hausse de l’externalisation, les progrès techniques qui ont réduit les besoins en main d’oeuvre et la concurrence étrangère.

On est encore loin d’une France sans usine… mais on s’en rapproche. Un document de travail que la Direction générale du Trésor vient de publier montre qu’entre 1980 et 2007 la contribution de l’industrie à la richesse nationale est passée de 24 % à 14 %. «Un recul significatif ».

Sur cette période, l’industrie a perdu 1 913 500 emplois (tombant à 3 414 000). Soit une baisse de 36 % de ses effectifs. «La majorité de ces pertes d’emplois a eu lieu dans l’industrie manufacturière (96 %) ». Et s’il y a eu des périodes où les destructions ont ralenti (au milieu des années 1980 et au milieu des années 1990), cela n’a «pas suffit à inverser la tendance». Les services marchands ont suivi une évolution inverse.

Pourquoi ce déclin de l’industrie et surtout de son emploi ?

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L’empire américain est ruiné par ses guerres

Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit.

Pour Eric Margolis [journaliste canadien], le complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.

Les dépenses pour l’armée et le renseignement augmentent sans cesse, alors que le taux de chômage s’approche des 10% et que l’économie continue de souffrir. L’Amérique est devenue l’homme malade de l’hémisphère occidental, un estropié économique à l’image du défunt Empire ottoman.

Le Pentagone représente maintenant la moitié du total mondial des dépenses militaires. Si on y ajoute les budgets des riches alliés de l’Amérique que sont les membres de l’OTAN et le Japon, ce chiffre atteint 75%.

La Chine et la Russie réunies, ne consacrent qu’un petit 10% des sommes consacrées à la défense par les USA.

Il ya 750 bases militaires américaines dans 50 pays et 255.000 soldats stationnés à l’étranger, dont 116.000 en Europe et près de 100.000 au Japon et en Corée du Sud.

Les dépenses militaires engloutissent 19% des dépenses fédérales et au moins 44% des recettes fiscales. Sous l’administration Bush, les guerres d’Irak et d’Afghanistan – financées par l’emprunt – ont coûté plus de 25.000 dollars à chaque famille américaine.

Les États-Unis ont clairement atteint le point de rupture de leur ambition impériale. Les dépenses militaires et le service de la dette cannibalisent l’économie américaine, qui est la base réelle de leur puissance mondiale. Outre l’URSS sur le déclin, les Etats-Unis ressemblent également, de plus en plus, à l’Empire britannique agonisant de 1945, écrasé par les dettes immenses souscrites pour mener la Seconde Guerre mondiale, devenu incapable de continuer à financer ou à défendre l’Imperium, tout en restant imprégné de ses prétentions.

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