Jacques Sapir : « Vers une crise de régime ? »

Les sondages indiquent un effondrement de la popularité du Président, mais aussi du Premier Ministre et des ministres du gouvernement. Moins d’un an après l’élection présidentielle, et les élections législatives, c’est un phénomène très rare de désaffection massive, qui conduit certains commentateurs à parler d’« enfer ».

[...] La conjonction de la colère politique et de la colère sociale est redoutable. Le potentiel d’une explosion massive ne fait donc que se renforcer, mais cette explosion suivra des voies différentes de celles qui ont été tracées par les syndicats. Seuls ceux qui sauront s’y adapter y survivront. Cette explosion sera, selon toute vraisemblance, violente.

Suite et commentaires sur Fortune

«La France qui craque» (Le Monde)

Article de Luc Bronner, journaliste au Monde.

Le pire pour un homme politique est de donner l’impression qu’il tourne à vide. Et donc de conforter le sentiment général d’impuissance. Un danger majeur. Parce que, si les politiques continuent de renforcer l’idée qu’ils ne servent à rien, alors la société française n’hésitera pas, demain, à élire un bouffon ou un extrémiste.

François Hollande se trompe. Imaginer pouvoir répondre à la crise politique actuelle par des exercices de communication est une erreur. […] M. Hollande continuera de s’enfoncer dans les limbes d’une impopularité record – ce qui en soi n’est pas très grave.

Ce qui est grave, c’est de constater, jour après jour, les germes d’une crise politique souterraine – dont témoigne l’élection partielle dans l’Oise. On en connaît les fondements, notamment le chômage et ses pouvoirs de destruction massive. On en connaît les risques aussi – l’histoire ne se répète pas mais cela n’interdit pas d’en tirer des enseignements. […]

Le Monde

Lagarde, Cahuzac, Sarkozy…Eva Joly : «Cette succession d’affaires est une bombe à fragmentation»

La députée européenne Europe Ecologie-les Verts Eva Joly,ancienne juge et candidate à la présidentielle, dénonce avec vigueur les affaires, à droite comme à gauche. Elle propose le lancement en France d’un plan d’urgence contre les affaires, à la manière du mouvement Mani pulite en Italie dans les années 1990.

Nos élites doivent se ressaisir. Leurs égarements sont d’autant plus insupportables pour les Français qu’ils ont été incapables de combattre la crise qui frappe les citoyens ordinaires.

Jérôme Cahuzac aurait-il dû démissionner plus tôt ?

Oui. L’effet de son maintien est désastreux. L’ouverture d’une information pour blanchiment de fraude fiscale, quand on est ministre du Budget qui doit trouver les milliards qui manquent et demander des économies, c’est intolérable. Affirmer les yeux dans les yeux, aux députés et aux citoyens, qu’il n’a pas de compte et se voir démenti parce que sa voix est reconnue… c’est pathétique. Mais cette affaire révèle aussi un certain dysfonctionnement du système : Jérôme Cahuzac a été, tour à tour, au cabinet du ministère de la Santé et conseiller des laboratoires pharmaceutiques. Quelque chose ne tourne pas rond dans notre système. […]

François Hollande doit retrouver l’esprit du Bourget. ll s’est fait élire avec la promesse de combattre la finance mais sa main a tremblé.

Cette semaine il y a également eu une perquisition au domicile de Christine Lagarde dans l’affaire Tapie. Ces successions d’affaires ne vont-elles pas profiter au Front national ?

Quelle semaine! J’avais mis en garde contre la nomination de Christine Lagarde au FMI en disant qu’elle risquait une mise en examen dans le dossier Tapie. Cette succession d’affaires qui nourrit l’idée du « tous pourris » est une bombe à fragmentation pour la démocratie! Nos élites doivent se ressaisir. Leurs égarements sont d’autant plus insupportables pour les Français qu’ils ont été incapables de combattre la crise qui frappe les citoyens ordinaires. Crise politique et crise économique s’alimentent l’une l’autre. C’est le même système qui est à genoux devant la finance et laisse prospérer l’impunité. Dans les deux cas, ce qu’il faut, c’est un retour de l’éthique, du sens des limites, du respect des règles. […]

Le Parisien

UE : Le Maroc veut organiser le retour de ses ressortissants «en situation difficile»

Le ministère des Marocains Résidant à l’Etranger (MRE) cherche actuellement des consultants pour définir sa stratégie de réinsertion des MRE qui reviennent au pays à cause des conditions de vie difficiles en Europe, avec la crise. Le Maroc aidera ainsi bientôt l’Union européenne à renvoyer chez eux des immigrés un peu trop pauvres.

«Beaucoup avaient une situation difficile en France : des familles au chômage qui ne vivaient que du RSA ou des allocations familiales»

Le Maroc se transforme, toujours un peu plus, en fer de lance de la politique migratoire européenne. Depuis le 28 février, le ministère des MRE recherche des consultants pour définir sa «stratégie de réinsertion des migrants de retour». Ceux qui correspondent aux critères définis par le ministère, sur son site, ont jusqu’au 15 mars, pour envoyer leurs propositions. Le Maroc veut réintégrer les MRE mais pas n’importe lesquels : ceux qui vivent des temps difficiles. Cette décision a toutes les raisons de plaire à l’Union européenne, trop heureuse de se débarrasser de quelques pauvres, en pleine crise économique.

«Après la crise de 2009, il n’y a pas eu un mouvement de retour massif, mais un bon nombre d’entre eux veut revenir et essayer de se réintégrer», explique Fatima Tigratine.

«Beaucoup d’autres pays, comme le Mexique, qui ont une forte proportion de diplômés qui sont partis, ont entrepris une politique d’aide au retour des migrants qualifiés», précise Thomas Lacroix, chargé de recherche au CNRS. Au contraire, le Maroc s’intéresse, pour sa nouvelle stratégie, aux Marocains qui sont en situation économique difficile à l’étranger. […]

yabiladi

24 heures d’attente aux urgences pour la patiente âgée de 103 ans

« Vendredi, 19 malades ont attendu un lit. Certains étaient là depuis la veille et surtout il y a eu le cas de cette dame de 103 ans qui est restée sur un lit-porte pendant vingt-quatre heures dans les couloirs où elle a reçu les soins et le nursing. C’est inadmissible », confie Smaïn Djellouli, médecin urgentiste qui était de garde ce week-end.

Le cas de la patiente n’est pas isolé. Malgré l’ouverture de treize lits en chirurgie, dix patients n’ont pu trouver de place et il a fallu trouver cinq lits en gynécologie et d’autres réservés pour des admissions pour des interventions programmées : trois en chirurgie digestive et deux en urologie. « L’infirmière en gynécologie s’est retrouvée seule avec 20 patients dont certains nécessitaient de gros soins ».

De son côté, la CGT du CHBM dénonce une fois encore une situation qui se détériore. « L’activité augmente et les effectifs diminuent. Le manque de lits est devenu un cauchemar. Les médecins des urgences passent leur temps à chercher des lits pour leurs patients et l’attente aux urgences peut aller jusqu’à vingt-quatre heures ».

Le Pays

Législative partielle en Angleterre : deuxième place pour les eurosceptiques d’UKIP, camouflet pour Cameron (MàJ)

La deuxième place obtenue vendredi 1er mars par le parti anti-européen UKIP (United Kingdom Independence Party) lors de l’élection législative partielle d’Eastleigh (sud de l’Angleterre) a provoqué une tempête politique outre-Manche. Avec 28 % des voix, celui-ci arrive presque trois points devant les conservateurs, relégués à la troisième place.

Cela vient confirmer la percée de l’UKIP enregistrée dans les sondages depuis six mois. Lors du précédent scrutin législatif, en 2010, il n’avait recueilli que 3,6 % des voix dans cette circonscription.

L’élection partielle, provoquée par la démission d’un député, n’est certes pas représentative de l’ensemble du Royaume-Uni : la circonscription est dominée par les libéraux-démocrates, qui ont réussi à conserver leur siège, et les travaillistes y sont relégués à la quatrième place. L’humiliation n’en est pas moins vive pour le premier ministre conservateur David Cameron : il était venu en personne faire campagne à Eastleigh.

Sa récente promesse de tenir un référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne (UE), qui était censée dégonfler la « bulle UKIP », n’a visiblement pas fonctionné. Elle semble au contraire avoir apporté de l’oxygène à ce petit parti, qui milite pour sortir de l’UE. Traditionnellement, l’UKIP n’enregistre de bonnes performances que pendant les élections européennes, avant de retomber dans l’oubli. Pas cette fois-ci : ce résultat est le meilleur score de son histoire pour une législative.

« LES TROIS GRANDS PARTIS SONT TOUS SOCIAUX-DÉMOCRATES »
Son succès dépasse cependant la simple opposition à l’Europe. Il surfe aussi sur le rejet des partis traditionnels.

« Nos électeurs regardent les trois grands partis et voient qu’ils sont tous sociaux-démocrates et qu’il n’y a pas l’épaisseur d’un papier à cigarettes entre eux sur leurs politiques », affirmait dimanche à la BBC Nigel Farage, le chef de file de l’UKIP.

Lui se veut le tenant des valeurs de la droite traditionnelle : nationaliste, opposé à l’immigration et à l’UE, sans franchir la barrière du racisme. Il est également contre le mariage homosexuel, en faveur d’une baisse de la fiscalité sur les petites entreprises, sceptique sur le réchauffement climatique… Cela explique sa popularité auprès de l’aile droite des tories.

Nigel Farage est d’ailleurs un ancien conservateur, qui a démissionné pour protester contre la signature du traité de Maastricht en 1992 par John Major, alors premier ministre.

Le Monde

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Les libéraux-démocrates ont conservé jeudi leur siège de député d’Eastleigh, dans le sud de l’Angleterre, infligeant une défaite cinglante au premier ministre David Cameron, dont le Parti conservateur n’est arrivé qu’en troisième position derrière les nationalistes du petit parti UKIP.

Selon le président du bureau de vote, les libéraux-démocrates du candidat Mike Thornton ont obtenu 13 342 voix, soit seulement 1 771 de plus que la représentante de l’UKIP, Diane James, arrivée seconde avec 11 571 voix, la conservatrice Maria Hutchings n’arrivant que 3e avec 10 559 voix. « Cette nuit est une grande nuit pour les libéraux-démocrates sur le plan national. Un signal fort de soutien a été adressé à Nick Clegg », a déclaré M. Thornton.

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« ÉNORME CHOC »

En fait, c’est le parti UKIP, l’outsider nationaliste, anti-immigration et anti-européen, qui, en capitalisant sur le désenchantement des électeurs, a remporté la deuxième place. « Si nous arrivons en troisième position, ce serait une crise », avait jugé jeudi sur la BBC le conservateur David Davis. Signe de l’enjeu du scrutin, David Cameron et Nick Clegg, avaient fait le déplacement à Eastleigh.

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L’UKIP Diane James a estimé que sa deuxième place constituait « un énorme choc » qui montrait que le parti était devenu une force majeure du monde politique britannique.

Quant au chef de l’UKIP Nigel Farage, il a estimé que la focalisation de Cameron sur « les éoliennes et le mariage gay au lieu de s’occuper de la libre entreprise et des affaires, l’avait privé d’une partie de ses soutiens dans les fiefs du parti ».

Le Monde

Filière porcine française: la crise à tous les étages

Entre des éleveurs pris à la gorge et des abattoirs sous pression, la filière porcine française vit une crise profonde avec comme issue probable une restructuration drastique du secteur du producteur au distributeur.

Premier signe apparent du malaise de la filière, les abattoirs bretons, Gad SAS (Abattage/découpe, 1.700 salariés), ont été placés en redressement judiciaire mercredi.

Et depuis plusieurs années déjà, de nombreux éleveurs –étranglés par un prix du porc trop bas, une flambé du prix des aliments pour les animaux, des normes européennes contraignantes– ont dû cesser leur activité.

Le phénomène va s’accentuer en 2013: ce sont de 10 à 15% des éleveurs qui vont jeter l’éponge avec une baisse prévue de la production estimée à 1.100.000 porcs, soit l’équivalent du nombre de porcs abattus par an dans un gros abattoir (…)

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