Avec les Amis du CRIF, venez rencontrer Philippe Val, directeur de France-Inter

Les Amis du Crif ont le plaisir de vous inviter à une rencontre avec :

Philippe Val, directeur général de France Inter, ancien directeur de la rédaction de Charlie Hebdo.
Cette soirée aura lieu le mardi 29 avril 2014 de 19h30 à 21h30 dans les salons de l’hôtel Intercontinental le Grand,
L’entrée est gratuite pour les adhérents aux Amis du CRIF et payante (20€) pour les autres.

Crif

Le CRIF demande à un candidat PS d’aller au bout de ses convictions et de se retirer face au FN (MàJ)

Dans un communiqué, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) demande à Garo Hovsépian, candidat socialiste à la mairie du 7e secteur de Marseille (13e-14e arrondissements) arrivé hier en troisième position du premier tour avec 21,66% des suffrages, de retirer sa liste au second tour.

« Nous demandons à Monsieur Garo Hovsépian, grand humaniste qui a toujours combattu la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme d’aller au bout de ses convictions en retirant sa liste au profit du candidat en place en seconde position (Richard Miron, candidat UMP-UDI, avec 27,83%, ndlr). » Le Crif justifie cette demande en raison du risque de victoire de Stéphane Ravier, candidat FN qui a obtenu 32,88% au premier tour dans ce secteur.

La Provence, merci à DANY

Relire :

Déjeuner-débat du CRIF Marseille-Provence : Garo Hovsepian, Maire des 13ème et 14ème arrondissements de Marseille

De sa voix forte et convaincante, le Président de la J.A.P a rappelé que : « ce partage de la table, est un signe d’amitié fort et un honneur que vous me faites, je respecte ce que vous êtes et ce que vous faites pour la défense de votre identité juive, nous, les Arméniens et vous les Juifs, avons les mêmes valeurs familiales ». Il nous a déclaré que sa ligne politique était toujours la même. Il a insisté sur le fait qu’il est un homme de terrain soucieux du bien-être de ses administrés, qu’il aide autant qu’il peut.

Merci à Claude

Meeting du CRIF ‘contre l’antisémitisme’ : Un journaliste juif antisioniste se fait tabasser par la LDJ (vidéo)

Déjà beaucoup de tension lors de la présentation du rassemblement du CRIF dans On ne va pas se mentir sur ITélé avec Sophie de Menthon et Émilie Frèche :

Le rassemblement du CRIF avec Manuel Valls, BHL, Harlem Désir, Claude Goasguen, Meyer Habib (député UDI), Ibrahim Sorel Keita (président de SOS Racisme), Hassen Chalghoumi (imam de Drancy), Louis-Georges Tin (président du CRAN), Serge Klarsfeld,
Père Thierry Vernet (cardinal archevêque de Paris), Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne Hidalgo, Bertrand Delanoë, David Assouline, etc…


lien direct de la vidéo sur : VK
source : inconnue à cette heure, le lien de la référence est mort, peut être l’Agence Info Libre ou InfoCritiqueWeb ?

Alors qu’il est lui-même juif, Jonathan Moadab de l’Agence Info Libre a été agressé par un groupe de la Ligue de Défense Juive .

Valls : « les juifs de France sont plus que jamais à l’avant-garde de la république et de nos valeurs » (vidéo)

A l’invitation du CRIF avait eu lieu ce mercredi 19 mars (deux ans après les meurtres de Mohammed Merah à Toulouse) un rassemblement contre l’antisémitisme au Trocadéro.

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a appelé à «être lucide», à «réfléchir» et à «résister» face à l’antisémitisme.

Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, il faut faire preuve d’une «très grande lucidité», a déclaré le ministre devant des centaines de personnes réunies à l’appel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) sur l’esplanade du Trocadéro.

« Les juifs de France sont plus que jamais à l’avant-garde de la république et de nos valeurs »

Les «actes antisémites sont en progression depuis quelques années» et ils sont le fait «d’une partie de l’extrême droite française», mais «l’antisémitisme se nourrit aussi de l’antisionisme», a-t-il dit. «Il se nourrit dans nos quartiers populaires des ambiguïtés sur l’Etat d’Israël», a ajouté le ministre, en disant : «nous devons résister, résister, résister face à cet antisémitisme».

Manuel Valls a également lancé un vibrant hommage à la communauté juive de France, «à l’avant-garde de la République et de ses valeurs», en lançant «juifs de France, sans vous, la France n’est plus la France !»

Peu avant, sur la tribune, le président du Crif Roger Cukierman a estimé que le «sursaut» face à ce «mauvais climat» passerait d’abord par «l’affirmation de notre citoyenneté française». «Oui, les Français juifs sont chez eux ici !», a-t-il affirmé, ajoutant «la haine des Juifs, ça suffit».

Libération

70 ans du Crif : «La citoyenneté n’exclut pas la diversité d’appartenance nationale»

Extraits d’une tribune du Père Antoine Guggenheim publiée dans le hors-série des Études du CRIF anniversaire des 70ans du CRIF : «Ce qu’est pour moi le CRIF»

La présence des Juifs en Allemagne, et dans les pays d’Europe centrale et orientale, est maintenant réduite à l’état de traces. Aujourd’hui semble naître un nouveau rapport avec la culture juive européenne, fait d’estime et de nostalgie. Mais en France, par un concours de diverses circonstances liées à son histoire et à son esprit, la présence juive, bien que très diminuée, atteint un niveau qui lui permet d’exister comme une réalité dans l’espace publique.

Réfléchir à la France, à sa place singulière en Europe et dans le monde, à ses difficultés comme à ses espérances, sans tenir compte de ce fait constituerait une erreur politique, économique et culturelle. Ce qu’est le CRIF apparaît aussitôt à mes yeux, ou en tout cas une partie essentielle de sa mission. […]

La mission du CRIF est de valoriser et de protéger cette présence pour le bien des Juifs français et pour le bien commun de la nation. […]

Le CRIF a un rôle de représentation, de cohésion et d’intervention au service des Juifs français, afin qu’ils exercent leur responsabilité de citoyens. Il ne suffit pas au bien commun de la France et des Juifs de France qu’existent des institutions républicaines chargées de veiller sur les Droits de l’homme, ou des instances spirituelles qui favorisent le dialogue et la liberté religieuse.

Il faut, pour répondre à une phrase célèbre*, que ne soit pas dénié aux Juifs comme membres d’un peuple ce qui leur est accordé comme individus.

Il faut tout refuser aux Juifs comme nation et tout accorder aux Juifs comme individus». Discours du Comte de Clermont-Tonnerre à l’Assemblée, décembre 1789 [NDLR]

La citoyenneté n’exclut pas la diversité d’appartenance nationale.

Cela est vrai pour la France et peut donner à penser, avec liberté, aux voies de l’intégration dans le modèle national des populations récemment immigrées, et souvent en manque de reconnaissance. Cela éclaire aussi l’avenir de l’Europe des nations, qui sera sûrement marqué par une convergence plus forte, qui ne doit pas affaiblir l’identité et la mémoire des peuples européens, mais les garantir comme des trésors spécifiques et communs. Que l’Europe ne soit elle-même qu’en reconnaissant la place et la contribution des Juifs en son sein peut aussi affermir la conviction des peuples que l’Europe unie est aujourd’hui une valeur spirituelle importante pour eux et pour l’humanité globalisée.

Crif

Diner du Crif : Hollande se trompe sur la confession catholique d’une victime de Merah

Albert Chennouf-Meyer, le père d’Abel Chennouf, militaire tué par Mohamed Merah à Montauban, a protesté aujourd’hui dans une lettre ouverte à François Hollande, après que celui-ci a qualifié dans son discours devant le Crif son fils de musulman, alors que le jeune homme était catholique.

«Lors de votre intervention au dîner du Crif (…), vous affirmiez dans votre discours (…) que Merah avait assassiné quatre juifs et trois musulmans », indique Chennouf.

«Mon épouse Katia, Tony et Sabrina mes enfants et moi-même, nous nous élevons et condamnons fermement votre inculture, votre agression verbale et votre mépris vis-à-vis de notre enfant Abel Samy Arnaud, qui est catholique de son état et non musulman», écrit Chennouf.

«C’est le fanatisme et non l’islam, qui a guidé le bras assassin de Merah à Toulouse et à Montauban lorsqu’il a abattu Jonathan, Gabriel, Arieh, Myriam, Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf. Quatre juifs, trois musulmans. Tous Français», a déclaré François Hollande, mardi, au dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

« J’ajoute qu’être musulman n’est pas une tare », précise le père du soldat victime de Mohamed Merah, tout en dénonçant «le mépris» manifesté selon lui par le chef de l’Etat « envers les familles de victimes, notamment Abel et Mohamed Legouad». «Je vous saurai gré de ne plus citer le prénom de mon fils, laissez-le dormir en paix», conclut Chennouf.

Les familles Chennouf et Legouad avaient déjà dénoncé en novembre les «deux poids deux mesures » dans le traitement réservé, selon elles, par l’Elysée aux familles des victimes du tueur au scooter.

Le Figaro (Merci à pierre le poulchre )

Pour qui parle le Crif?

Le Crif, machine à communiqués?


Le Crif se présente comme le « porte-parole de la communauté juive de France auprès des pouvoirs publics ». « De la théorie », pour David Chemla, co-fondateur de JCall, une association juive qui milite pour la paix au Moyen-Orient :

« Le Conseil représentatif des institutions juives, comme son nom l’indique, ne représente que les institutions qu’il fédère – associations et institutions religieuses, communautaires, sociales…. Or on estime que seulement un tiers des quelque 600 000 juifs de France appartient à l’une de ces associations. Par conséquent, le Crif ne peut représenter qu’une petite partie des juifs français ».


BFM Story: François Hollande est l'invité d… par BFMTV

Au-delà de cette constatation mathématique, le Crif serait mal perçu par les plus jeunes générations de Juifs, comme en témoigne Alain Granat, directeur de la publication de JewPop, site internet porté sur l’auto-dérision – comme en témoigne sa base-line « Le site qui voit des Juifs partout »:

« Nos lecteurs, juifs ou non-juifs, reprochent notamment au Crif des interventions qui n’ont pas lieu d’être, comme lorsqu’il s’est fendu d’un communiqué pour dénoncer un sketch diffusé sur France Inter, en voyant de l’antisémitisme là où il fallait voir de l’humour. Le CRIF aimerait être un lobby à l’américaine, qui influerait sur la politique extérieure de la France – mais dans les faits il n’a pas d’influence et produit surtout des communiqués, parfois à bon escient, parfois non ».

Plus globalement le Crif est aussi visé pour son soutien, perçu comme inconditionnel, à l’actuelle politique d’Israël vis-à-vis de la Palestine:

« Même s’il serait caricatural de dire que tous les membres du Crif sont sionistes, force est de constater que la majorité d’entre eux le sont, juge David Chemla. Or le rôle du Crif devrait être de dénoncer l’antisémitisme, pas de faire de la politique ».

« Un dîner ridicule »
Les critiques, enfin, sont très vives sur l’intérêt de continuer à organiser la grande messe annuelle du Crif: « Un dîner ridicule », pour Alain Granat, « Du communautarisme », pour David Chemla. Et une image désastreuse pour l’ensemble de la communauté juive, comme le résume la blogueuse SefWoman sur JewPop:

« Le dîner du Crif, finalement, c’est une réunion de mecs qui toute l’année expliquent que les Juifs ne dominent pas le monde contrairement à ce que pensent les antisémites, et qui salopent tout en un soir en faisant se déplacer toute la classe politique ».

En mai 2013, le président du Crif, alors Richard Prasquier, déclarait au journal Actualité Juive: « Non, le CRIF ne représente pas « tous » les Juifs. Il représente ceux qui se sentent représentés par lui, d’où qu’ils viennent ». Il ne croyait pas si bien dire.

L’Express

François Hollande au dîner annuel du CRIF (vidéo discours complet)

Addendum 05.03.2014 :

Antisémitisme à l’extrême droite, antisionisme à l’extrême gauche : le président du Crif Roger Cukierman a appelé mardi soir François Hollande, présent lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France ce mardi, à mobiliser la France contre ces deux «fléaux» en en faisant «une cause nationale».

Il a évoqué la progression spectaculaire du Front national avec «sa cohorte d’antisémites, de vichystes et de négationnistes réfugiés derrière sa dirigeante, attentive à ne pas commettre d’impair». Mais il a également dénoncé, à l’extrême-gauche, «l’antisionisme, nouvel habit de l’antisémitisme. Car s’il n’y est pas convenable d’être antisémite, il est élégant de fustiger l’Etat d’Israël»

Le Point.


Dîner annuel du CRIF du 4 mars 2014 :
Beaucoup de sujets sont abordés… l’Ukraine, la votation des Suisses sur l’immigration, l’Iran, les manifestations, la censure d’Internet, etc…

 

 

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Cukierman (Crif) : «Les Juifs ressentent la montée d’une haine à leur égard». L’antisémitisme en baisse en 2013 (MàJ)

Addendum 03.03.2014 :

L’antisémitisme a baissé en 2013, mais pas assez pour les associations.

Selon les chiffres du dernier rapport mené par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), les juifs, qui représentent 1% de la population, sont l’objet de 40% des actes de violences racistes. Le président du Conseil représentatif des associations juives (Crif) craint de très mauvais chiffres pour 2014 à cause de l’affaire Dieudonné. Invité du dîner annuel du Crif mardi soir, la réponse de François Hollande sur le sujet sera très attendue par les associations.

Voir le Rapport 2013

Une personne juive en France risque toujours davantage qu’une autre d’être un jour agressée, menacée ou insultée.

Cependant, les agressions antisémites ont baissé en 2013. 31% de moins d’actes antisémites ont été recensés par rapport à 2012, mais l’année 2012 était «hors norme», note dans son rapport annuel le Service de protection de la communauté juive (SPCJ). En 2012, les assassinats commis par Mohamed Merah avaient entraîné une flambée des agressions contre les juifs. Si l’on compare à 2011, le nombre d’actes antisémites commis a en revanche progressé de 9%.

423 actes antisémites ont donc été recensés en 2013, dont 49 étaient des violences, 52 des dégradations et faits de vandalisme, 3 incendies ou tentatives et une tentative d’homicide. Il s’agissait aussi de 318 «menaces» (propos, gestes, injures, inscriptions, tracts et courriers). […]

Face à cette «violence antisémite ancrée dans la société», le SPCJ juge «indispensable de mettre en place un plan interministériel concret, doté de moyens importants, notamment pour la création et le soutien de programmes de prévention et d’éducation».

L’antisémitisme «ne peut plus être considéré comme un phénomène conjoncturel lié aux événements et conflits du Proche-Orient», estime le service de protection de la communauté juive, «il s’agit d’un mal structurel qui, n’étant pas combattu comme tel, n’a pu être enrayé à ce jour». Michel Wievorka, sociologue auteur de L’antisémitisme expliqué aux jeunes (à paraître au Seuil) explique notamment la persistance de l’antisémitisme en France par sa capacité à se réinventer. «Aucun autre phénomène de haine ne s’est autant renouvelé à travers l’histoire. Depuis quelques années, un nouveau fantasme antisémite se diffuse, celui selon lequel les juifs sont les seuls responsables de la traite négrière et du malheur des noirs. L’antisémitisme progresse donc au sein de certaines populations antillaises ou d’origine africaine sub-saharienne, parallèlement à celui qui existe auprès de certaines populations qui s’identifient aux Palestiniens.»

Le Figaro

Roger Cukierman, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), estime dans une interview pour Le journal du dimanche que la situation des Juifs «s’est détériorée» en France. Il explique redouter une hausse de l’antisémitisme cette année. Le dîner annuel du Crif, en présence du chef de l’Etat, se déroulera le 19 mars prochain.

Il craint que l’affaire Dieudonné entraîne un «nouveau pic d’actions antisémites». L’interdiction du spectacle de l’humouriste voulue par Manuel Valls était selon lui utile. Mais «l’opinion considère qu’on a porté atteinte à la liberté d’expression», explique-t-il, regrettant que les précédentes sanctions contre Dieudonné «n’ont pas été exécutées».

En 2013, 423 actes antisémites ont été recensés, soit 32 % de moins qu’en 2012. Malgré le recul des actes antisémites, il considère que la situation s’est «détériorée». «Les Juifs ressentent la montée d’une haine à leur égard».

«Les Juifs aiment rire d’eux-mêmes», poursuit-il, mais «la limite, c’est la liberté d’autrui», en allusion aux propos de Dieudonné sur le journaliste Patrick Cohen et les chambres à gaz. «La haine des Juifs, cela suffit», conclut-il.

Le Figaro (Merci au General)

Le syndicat de la magistrature reçu par le Crif

Le Président du CRIF, Roger Cukierman, entouré d’une délégation de l’institution, a reçu, le 26 février 2014, la Présidente du syndicat de la magistrature, Madame Françoise Martres.

En préambule, le Président Cukierman a fait état de la préoccupation du CRIF face à une recrudescence de l’antisémitisme et plaidé pour un «vivre ensemble» mieux partagé.

Madame Martres, en introduction, a présenté le syndicat qu’elle préside, le premier du genre dans l’histoire de notre pays, à s’être constitué en 1968. Classé plutôt à gauche, il a recueilli 25% des voix aux dernières élections professionnelles et prône notamment l’indépendance de la justice.

Dans une atmosphère très conviviale, de nombreux sujets ont été abordés : les problèmes de délinquance, le statut des mineurs, la situation des détenus à leur sortie de prison, l’état des prisons françaises, la notion de délit de presse, l’usage de travaux d’intérêt général comme modèle de peine, le rôle des enseignants, la protection accrue des lieux de culte juifs ou encore la récente affaire du «Mur des Cons».

Interrogé sur le boycott des produits israéliens, le syndicat de la magistrature a signifié qu’il ne souhaite actuellement pas prendre position sur cette question.

Crif

Manuel Valls : «L’antisémitisme et le racisme : mes combats»

Après l’affaire Merah, les épisodes de jeunes jihadistes partis pour la Syrie, et les récents tags antisémites sur les murs de la ville, peut-on dire qu’il existe à Toulouse et dans sa région des foyers islamistes ?

Distinguons bien : un tag antisémite et partir faire le jihad, ce sont deux choses très graves, mais ne relevant pas du même registre. Toulouse et sa région, comme la plupart des grandes agglomérations françaises, sont touchées par la radicalisation. Mais une spécificité existe : la mouvance islamiste y est anciennement ancrée. Dès les années 1990 et 2000, il y avait des filières vers l’Irak puis l’Afghanistan. Et le terrorisme a meurtri la région avec les crimes de Merah. À ce jour, une vingtaine d’individus du bassin toulousain sont impliqués dans les filières syriennes sur les 700 Français détectés, dont 240 présents sur place et 23 tués. Ces filières concernent 2 000 à 3 000 individus en Europe : c’est sans doute la menace actuelle la plus préoccupante. Voici quelques jours, deux membres de la cellule qui avait agi contre une épicerie casher de Sarcelles, en septembre 2012, ont été interpellés. On a trouvé des explosifs chez l’un d’eux : c’est la première fois que l’on arrête des individus revenus de Syrie en France avec, de toute évidence, un projet d’action….

Quand ferez-vous vos propositions au président de la République pour lutter contre l’embrigadement de jeunes jihadistes français ? Et quelles sont les pistes à l’étude ?

Je ferai de nouvelles propositions dans les quinze jours qui viennent. Il s’agit de traiter plus efficacement des cas individuels concernés par la radicalisation. Il y a la réponse judiciaire, indispensable, mais il faut aussi entraver les déplacements des jihadistes. Nous devons être plus audacieux dans les mécanismes de prévention et développer le suivi individuel et la réinsertion de ceux qui reviennent. Certains réalisent, bien tard, que le «combat» qu’ils croyaient mener n’est qu’une illusion mortifère. Et il faut aider les parents concernés qui appellent à l’aide. Nombre d’entre eux, et je les encourage à continuer de le faire, nous signalent la radicalisation de leur enfant souvent sur Internet.

L’antisémitisme a-t-il augmenté en France ?

Soyons précis : les actes antisémites mais aussi anti-musulmans ont augmenté de manière significative après les assassinats de Merah. Pour l’année 2013, en tendance, les actes antisémites sont en baisse, mais cette diminution s’explique par la violence de l’année 2012.

En revanche, le climat a changé : s’ils sont statistiquement moins nombreux, les actes et les propos antisémites sont aujourd’hui revendiqués, assumés, clamés comme on l’a vu à Paris dans la rue, sur Internet, ou ici, à Toulouse, avec les inscriptions sur les murs. Je suis inquiet de ces propos, de ces actes antisémites, anti-musulmans, anti-chrétiens, homophobes, de ces profanations de cimetières, de lieux de cultes, de ce racisme latent. Ce sont des atteintes profondes à nos valeurs. C’est pourquoi il faut être vigilants, réactifs et ne rien laisser passer.

C’est ce que vous direz à la communauté juive à Toulouse lors du dîner du Crif Midi-Pyrénées ?

Oui, même si, à travers la communauté juive, je veux aussi m’adresser à la société française dans son ensemble. Ce soir, je dirai que cette ville de Toulouse est très importante pour le judaïsme de France et que c’est aussi une terre de brassage, de laïcité, de tolérance. Je redirai également la détermination de l’État à lutter contre l’antisémitisme, le négationnisme, le racisme. Je connais l’inquiétude de la communauté juive de Toulouse, mais elle sait ma conviction et mon engagement total dans ces combats.

À Toulouse, certains Juifs voulaient aller porter la contestation à Dieudonné lors de son récent spectacle. Était-ce judicieux ?

….Si je n’avais pas pris l’initiative d’une interdiction, avec le soutien du président de la République, au mois de décembre, Dieudonné M’Bala M’Bala aurait continué sa tournée de la haine. Aujourd’hui, il a dû changer son spectacle. De plus, cette initiative a permis de mettre en lumière les actions judiciaires et fiscales à son encontre. Le rôle du politique et des ministres notamment, c’est de dire ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Dieudonné n’est pas un humoriste. Il tient un discours antisémite, ce qui est un délit puni par la loi. Si c’était à refaire, je le referai cent fois, car il s’agit des principes essentiels de notre République….

La Dépêche